BORIS VIAN ET SES INTERPRÈTES 1950-1959

BORIS VIAN - JULIETTE GRÉCO - MAGALI NOËL - MOULOUDJI - MOUSTACHE - HENRI SALVADOR ...

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FA5370

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Boris Vian est un de ces aventuriers solitaires qui s’élancent à corps perdu à la découverte d’un nouveau monde, la chanson. Si les chansons de Boris Vian n’existaient pas, il nous manquerait quelque chose.
Georges Brassens

Il s’en moquait, le parodiait, et pourtant il avait tout compris : Boris Vian est le premier rocker français !
Gilles Verlant 

Cette anthologie a pour but de mettre en lumière l’oeuvre musicale de Boris Vian à travers ses chansons chantées par lui-même et par d’autres interprètes. Olivier Julien, auteur chez Frémeaux & Associés d’une « Intégrale Serge Gainsbourg », présente ici les multiples facettes musicales de Boris Vian entre 1950 et 1959 : la création d’un véritable répertoire qui sera immortalisé en chanson et en jazz, ainsi que l’invention du Rock ‘n’ Roll français !
Patrick Frémeaux

Droits : DP / Frémeaux & Associés

CD1 :
BORIS VIAN CHANTE BORIS VIAN : LES ENREGISTREMENTS ORIGINAUX - BORIS VIAN (CHANSONS POSSIBLES ET IMPOSSIBLES) MIXAGE ORIGINAL : LES JOYEUX BOUCHERS • BOURRÉE DE COMPLEXES • LA JAVA DES BOMBES ATOMIQUES • ON N’EST PAS LÀ POUR SE FAIRE ENGUEULER • JE BOIS • JE SUIS SNOB • LE DÉSERTEUR • COMPLAINTE DU PROGRÈS (LES ARTS MÉNAGERS) • CINÉMATOGRAPHE • LE PETIT COMMERCE • ON N’EST PAS LÀ POUR SE FAIRE ENGUEULER (VERS. 45-T). FREDO MINABLO : BAMBINO «GUAGLIONE» (CHOEURS : BORIS VIAN). BORIS VIAN INVENTEUR DU ROCK ‘N’ ROLL FRANÇAIS - HENRY CORDING (HENRI SALVADOR) : ROCK AND ROLL MOPS • DIS MOI QU’TU MAIMES ROCK • ROCK HOQUET • VA T’FAIRE CUIRE UN OEUF MAN. MAGALI NOËL : FAIS-MOI MAL JOHNNY (CHOEURS BORIS VIAN) • ALHAMBRA-ROCK • STRIP-ROCK • ROCK DES PETITS CAILLOUX.

CD2 : BORIS VIAN ET LE ROCK ‘N’ ROLL FRANÇAIS - PEB ROCK : CHAPERON ROCK • ROCK À LA NICHE. ROCK FAILAIR : ROCKIN’ GHOST • ROCK DE MONSIEUR FAILAIR • REQUINS DRÔLES • ROCK MONSIEUR • COEUR DE ROCK • ROCK AND ROLL SERENADE • ROCKIN’ PARTY. DANYEL GÉRARD : D’OU REVIENS-TU BILLIE BOY («WHERE HAVE YOU BEEN BILLIE BOY?»). DIDIER LAPEYRÈRE : PLUS JAMAIS («RAUNCHY»). GABRIEL DALAR : CROQUE CRANE-CREUX («THE PURPLE PEOPLE EATER») • 39°DE FIÈVRE («FEVER»). ZACK MATALON : SES BAISERS ME GRISAIENT («KISSES SWEETER THAN WINE») • CELUI QUI TIENT LE MONDE DANS SES MAINS («HE’S GOT THE WHOLE WORLD IN HIS HANDS»). ELISE VALLÉE : D’OU REVIENS-TU ELISA («WHERE HAVE YOU BEEN BILLIE BOY?»). ROLAND GERBEAU : FRANKENSTEIN. JUAN CATALANO : SES BAISERS ME GRISAIENT («KISSES SWEETER THAN WINE») • L’ARBRE AUX PENDUS («THE HANGING TREE»). TITRES BONUS - MOUSTACHE : CROQUE CRANE-CREUX («PURPLE PEOPLE EATER»). STEPHEN BRUCE : CELUI QUI TIENT LE MONDE DANS SES MAINS («HE’S GOT THE WHOLE WORLD INHIS HANDS»). SIMONE ALMA : 39° DE FIÈVRE («FEVER»).
 
CD3 : BORIS VIAN CHANTÉ PAR SES INTERPRÈTES : LES CRÉATIONS - HENRI SALVADOR : C’EST LE BE BOP. MOULOUDJI : LE DÉSERTEUR • J’SUIS SNOB • VALSE JAUNE • CINÉMATOGRAPHE. RENÉE LEBAS : NE TE RETOURNE PAS • AU REVOIR MON ENFANCE • SANS BLAGUE • MOI MON PARIS. SUZY DELAIR : RELAX. LES FRÈRES JACQUES : LE TANGO INTERMINABLE DES PERCEURS DE COFFRES-FORTS. PIERRE BRUN : MOZART AVEC NOUS. LOUIS MASSIS : JAVA JAVANAISE • LA FIANCÉE DU CAPITAINE. JEAN-LOUIS TRISTAN : PLACE BLANCHE. ELISE VALLÉE : JE CHASSE. LONA RITA : SNACK-BAR GARE ST-LAZARE. JULIETTE GRECO : MUSIQUE MÉCANIQUE. JACQUELINE FRANÇOIS : BAL DE VIENNE («SENTIMENTAL TOUCH»). GARÇONS DE LA RUE : TANGO POIVROT. TITRES BONUS - LES QUATRE BARBUS : GSTAAD POM POM (LA PERLE DE L’OBERLAND). ROSE MANIA : C’EST LE BE BOP (INÉDIT).

 

Boris Vian FA5370

Boris Vian et ses interprètes

Juliette Gréco - Magali Noël - Mouloudji - Moustache - Henri Salvador…
1950-1959

Chansons Rock ’n’ Roll et Créations







“Boris Vian est un de ces aventuriers solitaires qui s’élancent à corps perdu à la découverte d’un nouveau monde, la chanson. Si les chansons de Boris Vian n’existaient pas, il nous manquerait quelque chose.”
Georges Brassens

“Il s’en moquait, le parodiait, et pourtant il avait tout compris : Boris Vian est le premier rocker français !” Gilles Verlant


L’ÉDUCATION DE VILLE D’AVRAY
La famille Vian, d’origine Piémontaise, les Viana, est installée en France depuis plusieurs géné­rations et a fait fortune pendant la révolution industrielle. Paul Vian est rentier et épouse, le 3 décembre 1917, Yvonne Woldemar-Ravenez, de huit ans son ainée, elle aussi issue d’une famille aisée. Le 17 octobre 1918, naît le leur premier fils prénommé Lélio (pour Lélio ou le Retour à la vie d’Hector Berlioz). Boris Vian voit le jour le 10 mars 1920. Son prénom fait référence à l’opéra Boris Godounov de Moussorgski et alimentera pendant longtemps un malentendu sur des origines russes supposées. Viendront ensuite Alain, le 24 septembre 1921. Puis, le 14 septembre 1924, Ninon, nommée d’après le poème d’Alfred de Musset mis en musique par Léo Delibes Sérénade à Ninon. La famille agrandie, les Vian achètent une villa cossue, Les fauvettes, et ont pour voisin direct le philosophe et biologiste Jean Rostand. Les jeux de cadavre exquis et la lecture développent chez Boris le goût du langage. L’enseignement se fait à domicile et, à l’âge de 10 ans, il connait déjà les classiques de la littérature française. Le krach de 1929 et l’effondrement de la bourse, où le père a placé sa fortune, apportent de l’ombre à ce bonheur. On licencie le personnel et la famille s’installe dans la maison du gardien. Les fauvettes est louée à la famille Mehunin dont le fils Yehudi est un musicien prodige. Le père doit désormais travailler. Ils restent néanmoins, selon Ninon, de « grands bourgeois bohèmes ».

A 12 ans, on diagnostique chez Boris une insuffisance aortique doublée de rhumatismes arti­culaires, conséquences d’une angine infectieuse mal soignée dans la petite enfance. Son état de santé s’aggrave à l’age de 15 ans suite à une fièvre typhoïde. Dans un environnement tourné vers la culture, où l’on privilégie la lecture des modernes et les jeux d’échecs, Boris obtient son baccalauréat latin-grec. Ses parents, contre l’avis des médecins, l’autorisent à jouer de la trompette.

EN AVANT LA ZIZIQUE

La salle de bal, construite par le père au fond du jardin, permet d’organiser des surprises-parties et la pratique de la musique. En 1937, Boris entre au Lycée Condorcet à Paris et obtient à 17 ans son second baccalauréat philosophie et mathématiques. Il fréquente le Hot Club de France dont Louis Amstrong est président d’honneur. Un des enjeux du Hot Club est de faire sortir le Jazz du ghetto noir dans lequel il est jusque là confiné. Accompagné de ses frères et d’amis, Boris monte son premier orchestre, l’Accord Jazz. Il confiera en 1951 à son Journal intime, renommé Journal à rebrousse poil (paru en 1984), « J’arrive quand même à être furieux de me voir si con en 1939. A 19 ans ! Eh ben mon pote, il y en a des plus avancés ».

Lélio est mobilisé mais Boris, en raison de son état de santé, n’est pas appelé et intègre l’école centrale des arts et manufacture. L’établissement s’installe provisoirement à Angoulême où Boris réside en pension. Lors d’une escapade parisienne, il assiste au second concert parisien de Duke Ellington. Il en reste bouleversé et considèrera à jamais le « Duke » comme sa référence absolue en matière de Jazz. A l’âge de 20 ans, « timide » avec sa « carcasse d’étiré » et « salement chaste », il développe un style Dandy à l’image de son père. Même s’il se définit « feignant », c’est « la trouille » qui le fait avancer. « Trouille » de l’échec, de la guerre, de la maladie... Pour mieux fuir cette réalité, Boris joue avec les mots et s’exprime par code avec ses amis. Il souffre d’« un cafard conséquent » et développe une vision antimilitariste et anticléricale. Il écrira plus tard « Ceux qui comme moi ont eu 20 ans en 1940 ont reçu un drôle de cadeau d’anniversaire ». La fin de l’année scolaire est précipitée et Boris rejoint ses parents en exil estival à Capbreton prés d’Hossegor. Il y rencontre deux nouveaux amis nommés Michelle Léglise et Jacques Loustelot. Boris et Jacques deviennent inséparables. Jacques, surnommé « Major, retour des Indes », est un personnage fantasque et devient une source d’inspiration pour Boris tandis que Michelle Léglise devient sa fiancée. En septembre 1940, de retour à Ville d’Avray, le Swing reprend dans la salle de bal avec les amis des Fauvettes, dont Michelle et le Major font désormais partie.

Le cercle Legateux, fondé avant-guerre, est reformé ; ses membres jouent aux échecs, réalisent des courts métrages et fabriquent des mo­dèles réduits dans la « section volante, déchainée, sociale et cosmique de la science aérotechnique ». Ils pratiquent également les « bouts rimés », jeu dont les familles Vian et Rostand sont friands.

BORIS VIAN MUSICIEN ET ECRIVAIN
A la rentrée, Boris réintègre l’école centrale dans ses locaux parisiens et commence à écrire son premier ouvrage Les Cents sonnets (édité en 1984). Il épouse Michelle le 3 juillet 1941 et leur premier enfant, Patrick, naît le 12 avril 1942. Diplômé de Centrale en août 42, il intègre l’AFNOR (association française de normalisation), en qualité d’ingénieur dans la section verrerie. Le couple, qui habite Paris, rejoint Ville d’Avray les week-end, pour y retrouver leurs amis et échapper au contexte morose de la guerre. Après un Conte de fées à l’usage des moyennes personnes que Boris entreprend pour distraire sa femme, il écrit Trouble dans les Andains (paru en 1966), destiné à son cercle d’amis. A cette époque, il rejoint ses frères au sein de l’orchestre de Claude Abadie en qualité de trompettiste et la formation est renommée Orchestre Abadie-Vian. Un de ses amis, le guitariste Jean-Marc Sabrou, dit Johnny Sabrou, lui demande alors d’écrire un texte pour un morceau qu’il a composé ; c’est la première chanson signée Boris Vian, Au bon vieux temps, qui ne sera créée qu’en 1989 par Magali Noël.

Dans la nuit du 23 au 24 novembre 1944, Paul Vian est assassiné dans des circonstances non élucidées. Boris est chargé de vendre la maison et l’insouciance de Ville d’Avray prend fin. Il termine son premier roman Vercoquin et le plancton et publie des textes dans la presse sous le pseudonyme de Bison ravi. Un de ses poèmes évoque l’interdiction du Jazz américain par les Allemands. François Rostand confie à son père, publié chez Gallimard, le soin d’y présenter le manuscrit de Vercoquin et le plancton. Raymond Queneau, alors secrétaire général des éditions, propose alors à Boris, un contrat d’auteur qu’il signe le 18 juillet 1945. C’est le début d’une amitié qui durera jusqu’à la fin de la vie de Boris Vian. A la libération, l’orchestre Abadie-Vian est considéré comme l’un des meilleurs groupes de Jazz amateur de l’époque. Il remporte 4 coupes et un prix et, le 17 novembre 1945, gagne le Tournoi de Jazz amateur de Bruxelles.

Le pianiste de Jazz, Jack Diéval (futur collaborateur d’Henri Salvador), demande alors à Boris Vian d’écrire deux textes sur des mélodies qu’il a composées. Boris écrit Ce n’est que l’ombre d’un nuage et J’ai donné rendez-vous au vent, destinés au chanteur André Ferrand qui ne les enregistrera sur disque que bien plus tard. Ce sont les deux premières chansons de Vian à être déposées chez un éditeur de musique.

En mars 1946, Boris signe sa première revue de presse pour Jazz hot, revue à laquelle il contribuera de façon régulière jusqu’à juillet 1958. Grâce à Raymond Queneau, il rencontre le couple Sartre-de Beauvoir et participe à leur revue Les Temps modernes. Il y tient une Chronique du menteur des plus décapantes mais quittera sa fonction un an plus tard devant la tournure politique que prend la revue. Il restent néanmoins amis.

Le premier disque auquel participe Boris, est édité en juillet 1946. Il s’agit du 78 tours SWING SW. 212 Les vainqueurs du tournoi du Jazz amateur 1945-46 par Claude Abadie et son orchestre. Boris y joue de la « trompinette » au sein d’un orchestre qui compte huit musiciens. Un compte-rendu anonyme en sera livré dans la revue Jazz Hot de septembre/octobre 1946 et fait état que « ce disque a suscité aux États-Unis des commentaires particulièrement flatteurs [sic]. »

Durant l’été, Boris écrit J’irai cracher sur vos tombes qui paraît aux Éditions du scorpion sous le pseudonyme de Vernon Sullivan et prétend n’en être que le traducteur. Ce roman est empreint de scènes érotiques dont il déclare, qu’elles « préparent le monde de demain et frayent la voie à la vraie révolution ». La polémique enfle lorsque le livre est retrouvé sur les lieux d’un crime passionnel.

En 1947, Vercoquin et le plancton et L’écume des jours sont publiés sous son véritable nom aux éditions Gallimard. Il quitte alors son métier d’ingénieur pour se consacrer à l’écriture et publie L’automne à Pékin, puis un second roman signé Vernon Sullivan, Les Morts ont tous la même peau.

LE TABOU
Boris Vian devient résident régulier d’un nouveau club de Jazz, Le Tabou, situé dans la cave d’un bistro au 33, rue Dauphine, au cœur de Saint-Germain-des-Prés. L’endroit ouvre ses portes le 11 avril 1947 et devient rapidement le repère de la jeunesse zazoue noctambule. C’est le lieu de toutes les extravagances longtemps contenues durant les années de guerre. Il ouvre sa prestation avec le morceau « Whispering », un standard américain qu’il a affublé de paroles décalées sous le titre « Ah si j’avais un franc cinquante » ! Boris veille à une programmation haut-de-gamme qui confère à l’endroit une réputation incontournable. On y croise des muses telles que Juliette Gréco (qui n’est pas encore chanteuse) accompagnée de Anne Marie Cazalis et Marc Dolnitz, ou encore les couples Signoret-Montand, Renault-Barrault, Sartre-Beauvoir ainsi que le journaliste Marcel Camus et le musicien Miles Davis. Le Tabou est le club des « existentialistes ». Il donne vie à une légende mais ferme ses portes au bout d’un an suite à la lassitude de son public et face aux protestations des riverains.

Un évènement vient secouer la vie de Boris Vian, son ami le Major, trouve la mort au sortir d’une fête dans la nuit du 6 au 7 janvier 1948 en passant par la fenêtre (ce dont il était coutumier). On ne saura jamais s’il s’agit d’un accident ou d’un suicide. C’est d’autant plus troublant pour Boris qu’il a écrit l’année précédente une nouvelle : Surprise-partie chez Léobille comportant une scène en tout point similaire.

Le 16 avril, naît Carole, deuxième enfant de Boris et Michelle Vian. Toutefois, le couple s’étiole. C’est désormais au Club Saint-Germain, rue Saint-Benoît, que Boris accueille les habitués des nuits de Saint-Germain-des-Prés. Il y organise des nuits thématiques et initie les français au Jazz en recevant des musiciens tels que Duke Elligton ou encore Charlie Parker. Il lance le Be-bop, révélé à Paris en février, lors d’un fameux concert donné salle Pleyel par Dizzy Gillepsie. Il souhaite également y adapter, avec Raymond Queneau, les pièces de Racine sous la forme de chansons.

Et on tuera tous les affreux, troisième roman signé Vernon Sullivan, est publié et Boris reconnaît publiquement en être le véritable auteur. Il publie son premier recueil de nouvelles, Les fourmis et un recueil de poésies Cantilènes en gelée. Le 3 juillet 1949, J’irai cracher sur vos tombes est interdit par décret ministériel. Boris Vian, son éditeur Jean d’Halluin et l’imprimeur sont poursuivis. N’ayant jamais payé d’impôts, le fisc en profite pour le rattraper. Il n’a plus un sou et, sous divers pseudonymes, multiplie les piges pour les revues de Jazz et va jusqu’à collaborer à Constellation, Combat, Paris soir, France Dimanche, La Revue des chemins de fer, Dans le train et La bouteille à la mer. Il traduit également des polars américains.

L’été 1949 voit la fin du couple Boris et Michelle Vian, qui se partagent tour-à-tour la maisonnette de vacances louée à Saint-Tropez, nouvelle destination des bourgeois de Saint-Germain-des-Prés. Du 4 au 11 septembre, il est membre du jury du festival international du film amateur à Cannes.

BORIS VIAN AUTEUR DE CHANSONS
Fin 49, Jack Diéval demande de nouveau à Boris Vian de lui écrire des chansons sur des musiques qu’il a composées. Boris s’inspire de la danse qu’il a lancé au Club Saint-Germain et lui propose le texte de C’est le be-bop. Henri Salvador accepte le titre et l’enregistre avec Jack Diéval au piano, Emmanuel Soudieux à la contrebasse et Kenny Clark à la batterie.

C’est ainsi qu’en mars 1950, paraît la première chanson de Boris Vian gravée sur un disque. Il débute sa carrière discographique en tant qu’auteur, tandis qu’il abandonne sa carrière de trompettiste sur les conseils de son médecin.

C’est le be-bop par Henri Salvador (78 tours Polydor 560 181) devient rapidement un succès. Le titre sera également enregistré par Rose Mania en 1954 (mais restera inédit) et Magali Noël le reprendra sur scène en 1989. Ce morceau est considéré comme les prémices de l’avènement du rock’n’roll en France.

Henri Salvador est, tout comme Boris, issu des cabarets et du Jazz. Après un long exil pendant l’occupation avec l’orchestre de Ray Ventura et ses collégiens1, il est devenu un chanteur déjà très connu2. Cette première collaboration signe le début d’une longue complicité entre les deux hommes.

En mai, Boris Vian est condamné à 100 000 francs d’amende pour outrage aux bonnes mœurs dans l’affaire J’irai cracher sur vos tombes. De nombreux appels suivront jusqu’en 1953 où il est condamné à 15 jours de prison dont il sera finalement amnistié.

Le 18 juin 1950, Boris fait la rencontre d’Ursula Kübler, membre de la troupe du Ballet de Roland Petit, lors d’un « cocktail Gallimarien ». C’est le début d’une passion qui durera jusqu’à la mort de Boris Vian.

Le dernier roman de Vernon Sullivan, Elles se rendent pas compte, paraît aux éditions du Scorpion et les éditions Toutain publient L’herbe rouge et la pièce Équarrissage pour tous.

Boris Vian termine son roman L’arrache cœur qui est refusé par Gallimard malgré le soutien de Raymond Queneau. Il n’écrira plus de romans.

En avril, il emménage avec Ursula. Inspiré par sa nouvelle compagne, il écrit des chansons pour des comédies musicales qui ne verront finalement pas le jour. Il intègre le collège de pataphysique et se consacre à ses activités pour la presse et le théâtre ainsi qu’à son métier de traducteur. Il se lie d’amitié avec un très jeune pianiste du nom de Michel Legrand et avec Eddie Barclay qui s’apprête à créer son propre label.

A partir de 1954, la chanson prend une place centrale dans la vie de Boris Vian, il en écrit cette seule année une soixantaine. En début d’année il entreprend, avec un jeune musicien américain du nom d’Harold Bernard Berg, un nouveau morceau, Le déserteur.

Renée Lebas demande des chansons à Boris Vian pour son retour sur scène et lui présente, début 54, son pianiste Jimmy Walter. « Ça a tout de suite collé, ça a été 5 sur 5 entre nous, on avait les mêmes idées antisociales, on avait le même genre d’humour, on se comprenait parfaitement […] c’était un touche-à-tout extraordinaire […] J’ai travaillé un an avec lui, sans se quitter, on riait beaucoup [...] On avait le même esprit antisocial ». Après plusieurs refus, dont celui de Philippe Clay, Mouloudji accepte finalement Le déserteur sous la condition de pouvoir en retoucher le texte, ce que Boris finit par accepter. C’est Jimmy Walter, sous le pseudonyme de Marcel Schu, qui accompagne Mouloudji pour l’enregistrement qui a lieu le 14 mai (78 tours Philips N 72 222 H). Mouloudji crée ensuite J’suis snob qui sera enregistré l’année suivante par son auteur et La valse jaune (78 tours Philips N 72.264 H). Il crée enfin Cinématographe (EP Philips 432.023 NE), bientôt repris par Boris Vian lui-même, puis par Joan Daniell.

Le 8 octobre 1954, sur la scène de Pleyel, Renée Lebas, accompagnée par Jimmy Walter, crée cinq titres. Elle dira de Vian, « C’était son passage à la chanson populaire ». Si Sophie (également interprétée par Elise Vallée au cabaret La rue), Suicide valse et la Valse folle ne sont pas gravées, Au revoir mon enfance et Moi mon Paris paraissent sur le EP Barclay 70 003 ME, accompagnées des titres Sans blague et Ne te retour­ne pas. Jimmy Walter considère Sans Blague comme « l’une de leur meilleures chansons » et Serge Reggiani la reprendra en 1964.

Fin 54, par l’intermédiaire de la chanteuse Simone Alma, Boris fait la connaissance du pianiste Alain Goraguer qui deviendra un de ses fidèles complices.


JACQUES CANETTI : UNE RENCONTRE DÉCISIVE
Grand adepte de Jazz et des nuits de Saint-Germain-des-Prés, Jacques Canetti n’avait jamais croisé Boris Vian. Ils se rencontrent par hasard dans un ascenseur de la salle Pleyel. Boris l’invite chez lui pour lui présenter ses chansons accompagné par Jimmy Walter. « Je fus émerveillé par ses textes originaux et bien écrits, avec des idées neuves et des musiques très rythmées ». Il l’encourage à faire une nouvelle adaptation de sa pièce Ciné-Massacre (créée en 1952 à La Rose rouge) pour le Théâtre des Trois Baudets et à monter sur scène à cette occasion. Boris Vian accepte « pour faire connaître ses chansons » et devient ainsi chanteur presque malgré lui. Il est tétanisé et, malgré le peu de succès, Jacques Canetti lui propose un tour de chant en première partie du nouveau spectacle d’Yves Robert Les carnets du Major Thompson. Jimmy Walter accompagne Boris jusqu’au mois de juin, puis est remplacé par Alain Goraguer avec qui il écrit désormais ses nouvelles chansons. Il présente son tour de chant sur la scène des Trois Baudets jusqu’au 28 juillet et joue parallèlement à la Fontaine des Quatre Saisons jusqu’au 15 juin. Lorsque les sifflets se font trop présents, au moment d’interpréter Le déserteur, il s’adresse au public en ces termes : « Cette chanson n’est pas antimilitariste, elle est pro-civil ! ». Ce titre vivra une véritable épopée (à retrouver dans le second volume de Boris Vian et ses interprètes à paraître chez Frémeaux et associés).

Le jeune Serge Gainsbourg fait partie des spectateurs de la première heure. Lors d’un passage éclair de Boris Vian au Milord l’arsouille et déclarera : « Ce soir-là, j’en ai pris plein la gueule. Il avait sur scène une présence hallucinante mais une présence maladive ; il était stressé, pernicieux, caustique. C’est en l’entendant que je me suis dit que je pouvais faire quelque chose dans cet art mineur ». A la sortie du premier album de Gainsbourg, « Du chant à la une ! » en 1958, Boris Vian se fendra d’une critique encensée dans la Canard enchainé.

Jacques Canetti engage Boris Vian chez Philips pour s’occuper du catalogue Jazz et c’est à cette période qu’il commence, sous de multiples pseudonymes, à écrire des textes au dos de pochettes de disques ce qui deviendra une autre de ses principales activités.

Les 22, 27 et 29 avril 1955, Boris se retrouve à l’Apollo, rue de Clichy, en compagnie de l’orchestre de Jimmy Walter pour y enregistrer ses Chansons possibles et impossibles. Une seconde session a lieu le 24 juin 1955 avec Claude Bolling et son orchestre qui sera crédité « accompagnement instrumental » car il est en contrat d’exclusivité chez Vogue. Claude Bolling propose sa propre version du titre On n’est pas là pour se faire engueuler que l’on retrouve sur le deuxième EP alors que la version de Jimmy Walter figure sur le 25 cm.

Les chansons, empreintes d’humour, ont la froideur d’un constat définitif. Il aborde ses thèmes de prédilection d’un ton incisif et décalé. Il exprime son refus de l’ordre militaire et son aversion pour la guerre dans Le déserteur (dans sa version originale), Les joyeux bouchers, La java des bombes atomiques, Le petit commerce et On n’est pas là pour se faire engueuler, ce qui lui vaudra de tomber sous le coup de la censure. Il raille les codes de l’ascension sociale dans Bourrée de complexes, Je bois, La complainte du progrès et surtout J’suis snob. Enfin, il déclame sa passion pour le septième art dans Cinématographe. Au dos du disque figure un texte de Georges Brassens pour qui les chansons de Boris Vian « contiennent ce je-ne-sais-quoi d’irremplaçable ». Le disque, pressé à 500 exemplaires, ne passe pas en radio et est un échec lors de sa sortie. Les deux EP issus de cet album Chansons impossibles (45 tours EP Philips 432.032 NE) et Chansons possibles (EP Philips 432.033 NE) font aujour­d’hui partie des disques les plus rares et les plus recherchés de la production phonographique française. L’obstination de Jacques Canetti permettra à ces titres de passer à la postérité. Un EP (Philips Medium 437.030 BE) sera édité dés 1963 simultanément à la réédition de L’écume des jours et, dès 1965, Jacques Canetti, devenu producteur indépendant, n’aura de cesse que de faire connaître les chansons de Boris Vian qui sont bientôt récupérées par la vague contestataire de 1968. Ce disque représente l’intégralité des enregistrements studio de Boris Vian, auxquels il faut ajouter les chœurs sur Fais moi mal Johnny par Magali Noël ainsi que ses interventions décalées sur le disque de Fredo Minablo en 1957 (45 tours EP Fontana 460.525 ME) pour une reprise farfelue de Bambino ; « J’sais pas si vous êtes au courant, mais d’habitude, pour faire les chœurs, ils sont plusieurs ! Eh bien moi, monsieur, je suis toute seule ! Alors tant pis ».


BORIS VIAN INVENTEUR DU ROCK’N’ROLL FRANÇAIS

Le Rock’n’roll voit le jour aux États-Unis au début des années 50, il est un dérivé du Rythm and Blues sur un tempo plus soutenu. Le terme définit également une musique faite par les blancs dans un climat de ségrégationnisme. Rock pour tanguer et Roll pour rouler ; à travers ces deux actions imagées, la jeunesse américaine exprime une volonté de libération sexuelle. C’est par la musique et les mots à double-sens qu’est véhiculé ce besoin d’émancipation dans l’Amérique puritaine. Lorsque Michel Legrand ramène à Boris Vian les succès Rock’n’roll du moment, il y perçoit, outre le caractère sexuel, un véritable effet comique. En voici l’analyse de Boris Vian que l’on retrouve dans l’ouvrage Derrière la zizique : « Cela fonctionne surtout sur le public très jeune des U.S.A, empêtré de tabous sexuels qui existent moins en Europe [...] Le côté “exutoire” du rock and roll n’a pas de raison d’être en France [...] Le succès français du rock pourra donc être celui de n’importe quelle chanson comique »

Boris Vian a acquis la confiance de Jacques Canetti qui lui propose alors de diriger des enregistrements. C’est Henri Salvador qui, le 21 juin 1956, ouvre le bal de ce qui n’est au départ qu’une plaisanterie. Ce jour-là au studio Appollo, Henri Salvador devient Henry Cording, Michel Legrand devient Mig Bike et Boris retrouve son personnage de Vernon Sullivan. Ainsi naît Henry Cording and his original Rock and Roll boys et quatre titres aux paroles saugrenues sont enregistrés : Rock and Roll mops, Dis moi qu’ tu m’aimes rock, Rock Hoquet et Va t’faire cuire un œuf man. (45 tours EP Fontana 450518 ME). Le disque est rapidement un succès. La presse démasque Salvador et le retirage indique désormais le nom de Henri Salvador alias Henry Cording. Il connaitra cinq pressages différents jusqu’à ressortir sous le simple nom de Henri Salvador. Il est également distribué dans de nombreux pays dont les États-Unis !

Boris Vian, par l’intermédiaire de Jacques Canetti, demande à rencontrer Magali Noël. Elle a déjà enregistré un EP de musique de films chez Philips et il lui propose à son tour de chanter du Rock’n’­roll. Elle entre ainsi, les 11,12 et 13 octobre 1956, à l’Appollo pour une nouvelle séance mythique avec des titres signés Boris Vian-Alain Goraguer. Magali Noël se souvient de l’enregistrement de Fais moi mal Johnny : « Il a tellement ri qu’il est venu vers moi, durant l’enregistrement, en disant « il lui a fait mai, il lui a fait mai, il lui a fait mal ! » et on a gardé sa voix sur la chanson ». Le premier rock sado-maso est né. Durant cette session, sont également enregistrés les titres Alhambra-rock, Strip-rock et Rock des petits cailloux (45 tours EP Philips 432.131 NE). Tout comme pour le disque d’Henry Cording, Boris Vian se fend d’un texte délirant au dos de la pochette qu’il signe « Jack K.netty » !

C’est ensuite au tour d’une célèbre inconnue, Peb rock et ses rocking boys, d’enregistrer du rock’n’roll avec deux morceaux signés Boris Vian-Alain Goraguer, Chaperon rock et Rock à la niche (45 tours EP Trianon D 45.018). Si on sait que les chœurs sont assurés par deux membres du groupe vocal Les Fontana, Christiane Legrand (sœur de Michel) et Jeannine Wells, le nom de la chanteuse reste à ce jour inconnu.

Boris Vian rejoint ensuite son ami Eddie Barclay pour faire chanter le trompettiste de Jazz, Jacky Vermont, sous le pseudonyme de Rock Failair & son orchestre de p’tits Milliardaires. Ils enregistrent Rockin’ ghost, Rock de Monsieur Failair, Requins drôles et Rock Monsieur (45 tours EP Barclay 72095 Medium). Boris récidive quelques semaines plus tard avec des chansons coécrites avec Alain Goraguer. Rock Failair & son orchestre de p’tits Milliardaires enregistre alors Cœur de rock, Rock and roll sere­nade et Rockin’ party (45 tours EP Barclay 72095 Medium).

Les chanteurs français surfant sur la vague rock sont de plus en plus nombreux et ils se contentent, pour la majorité d’entre eux, de franciser des succès d’outre-atlantique. Boris se plie à l’exercice et va alors signer des adaptations de tubes américains.

En 1957, Didier Lapeyrere enregistre Plus Jamais (45 tours EP Philips 432.249) adaptation du titre Raunchy coécrit et créé la même année par Bill Justis. L’enregistrement original est le premier tube de rock’n’roll instrumental aux États-Unis et s’est vendu à plus d’un million de copies.

En 1958, Boris Vian signe un titre sur le premier disque de Danyel Gérard, D’où reviens-tu Billie boy ? (45 tours EP Barclay 70197), adaptation de Where have you been Billy Boy ?, chanson populaire anglaise du 19ème siècle, dont Dorothy Collins fait un succès américain cette même année. Le titre est simultanément enregistré par Claude Piron (futur Danny Boy) et Jean-Louis Tristan. Élise Vallée, qui vient de reprendre le Don’t be cruel d’Elvis Presley en français et en duo avec Georges Ulmer, souhaite à son tour enregistrer ce titre et demande à Boris Vian de lui en écrire la version féminine D’où reviens-tu Élisa ? (EP Véga V 45 P 1950). Gabriel Dalar, qui joue du piano debout comme Jerry lee Lewis, enregistre Croque crâne-creux (EP Fontana 460.602 ME), adaptation de The purple people eater, numéro 1 du Billboard dans sa création par son auteur Sheb Wooley. Le titre est également enregistré par Moustache (EP Barclay 72274). Gabriel Dalar remporte le 23 avril 1958, le radio-crochet Les numéros un de demain avec 39 de Fièvre (EP Fontana 460.607 ME), adaptation par Boris Vian du titre Fever, rendu célèbre par Peggy Lee. Simone Alma (EP Teppaz 4572) et Catarina Valente en livreront leur propre version l’année suivante.

Zack Matalon, surtout connu pour sa participation à la comédie musicale Irma la douce, tente désormais une carrière en France et, pour son second disque, enregistre une adaptation de Kisses sweeter than wine, chanson de 1950 par les Weavers, classée numéro 3 aux États-Unis dans une version du chanteur country Jimmie Rodgers. Le titre devient Ses baisers me grisaient (EP Columbia ESRF 1165) et est également enregistré par Juan Catalano (EP Fontana 460.567 ME). Sur son disque suivant, Zack Matalon interprète Celui qui tient le monde dans ses mains (EP Columbia ESRF 1192), reprise de He’s got the whole world in his hands, adaptation d’un chant gospel et numéro 1 des charts américains dans son interprétation par Laurie London. L’américain Stephen Bruce en livre sa version sur son premier disque (EP Columbia ESRF 1165).

En 1959, Juan Catalano crée le titre L’arbre aux pendus adaptation de The hanging tree (EP Fontana 460.617 ME) bande originale du film La colline des potences créée par Marty Robbins. Enfin, on ne sait que peu de choses de la version originale du titre Frankenstein enregistré par Roland Gerbeau (EP Odéon SOE 3410) si ce n’est que son auteur Lou Bartel alias Lou Bartfield a déposé aux États-Unis les paroles et la musique du titre original le 1er août 1958.


BORIS VIAN : UN AUTEUR PROLIFIQUE
Des artistes populaires, attirés par le modernisme de Boris Vian, enregistrent dès 1955 ses titres et contribuent à sa popularité. Ainsi, Suzy Delair chante le titre Relax (78 tours La voix de son maître SG 716). Georges Bellec, membre du Hot Club depuis 1942, officie désormais au sein du groupe Les Frères Jacques. En 1956, le groupe enregistre à son tour un titre du duo Vian-Walter : Le tango interminable des perceurs de coffre-forts. (EP Philips 432.110 NE). Dès 1957, les chansons de Boris Vian sont désormais promues par les éditeurs. Mozart avec nous est enregistrée par Souris et Denise Benoit mais, à quelques semaines prés, c’est Pierre Brun, musicien de l’orchestre de Jacques Hélian, qui crée le titre sur disque en Belgique (78 tours RCA 18.819). Le chanteur de ce même orchestre, Jean-Louis Tristan, crée Place Blanche (EP Barclay 70100 M), bientôt suivi par les Blue Stars et François Charpin. Louis Massis partage La fiancée du capitaine avec Caroline Cler et Jacques Helian mais est le seul interprète de La Java javanaise (EP Philips 432.174 NE). Élise Vallée enregistre Je chasse (25cm Véga V 35 S 772) (reprise en 1966 par Pauline Julien). En 1958, Lona Rita est l’unique interprète de Snack-bar gare St Lazare (EP Versailles 90 S 224).

Juliette Gréco et Boris Vian se connaissent depuis 1946, elle dira de lui qu’il lui a fait retrouver l’usage de la parole alors qu’elle se contentait d’être une muse muette de Saint-Germain-des-Prés, « Il était mon frère, mes amours verticales ». Après avoir refusé Rock me oh Julietta ! en 1956, elle n’enregistre qu’une seule de ses chanson du vivant de l’auteur, Musique mécanique (EP Philips ME 432.212.BE), ciselée sur la musique d’André Popp. Bal de Vienne est une adaptation de The sentimental touch d’Albert Van Dam popularisée par Jacqueline François (EP Philips 432.303 BE) en 1958, on en dénombre cette année là, pas moins de cinq autres enregistrements. Les garçons de la rue, après avoir livré dés 1956 leur propre version des Joyeux bouchers, enregistrent un hilarant Tango poivrot (EP Vogue EPL. 7.492) dont ils restent les uniques interprètes.

En 1956, les sports d’hiver se démocratisent et la ville suisse de Gstaad se distingue par une clientèle haut de gamme. Le Gstaad Palace se paye le luxe de faire appel à Boris Vian pour écrire une chanson ventant ses mérites. Gstaad pom pom sera chantée par Les Quatre barbus sur une musique composée par Alain Goraguer et gravée sur un disque publicitaire (SP Philips P 370.164 F) distribué aux riches clients de l’établissement.

On dénombre aujourd’hui plus de 500 chansons portant la signature de Boris Vian. La grande majorité a été écrite durant les quatre dernières années de sa vie, entre 1955 et 1959. Boris Vian, touche-à-tout de génie, mort à 39 ans, a abordé de nombreux styles musicaux et a été chanté, aussi bien par des artistes illustres, que par des interprètes d’un seul disque. Si certains de ses titres sont passés à la postérité, tout un pan de sa carrière reste à découvrir ou à redécouvrir et de nombreux enregistrements n’ont jamais été réédités. C’est dans cette volonté d’exhumer ces perles cachées que ce coffret a été conçu, et c’est dans cette même optique que s’inscrira le prochain volume consacré aux chansons de Boris Vian.
 Olivier JULIEN
© Frémeaux & Associés

Pour sa collaboration, sa connaissance et son enthousiasme, merci à Jean-Jacques Marzocchi et son site www.devianlazizique.com.

Pour leur culture, merci à Annick et Dominique de Ribbentrop.

Pour leur confiance, merci à Stéphane Biesenbach, Sabine Berlipp, Nazan Eckes, Julian Khol, Daniel Malbert, Frederic Regent et Schiavo Louis.

Pour leur constance, merci à Laurent Balandras, Bertrand Burgalat, Isabelle et Gabriel De Sa Moreira, Doriand et Elli Medeiros.

Pour leur patience, merci à David Delabrosse, Alexis Frenkel, Anna Karina, Caroline Loeb et Marie-Marguerite Marzocchi.

Pour leurs informations, merci à Nicole Bertolt, Philippe Boggio, Suzy Delair, Juliette Gréco, Bertrand Hervy, Georges Unglik, Ninon Vian, Gilles Verlant et Jimmy Walter.

A la mémoire de David Sinclair Whitaker.



BORIS VIAN 1950-1959
Songs, Rock ‘n’ Roll and Creations

BEGINNINGS
The Vian family had been in France for generations – the Viana clan was originally from Piedmont – and owed its fortune to the industrial revolution. Boris Vian was born on March 10th 1920 and named after Mussorgsky’s opera Boris Godunov, which led people to believe he had Russian origins. Not so. His family were wealthy enough for Boris to be educated at home, where the Surrealists’ version of the parlour-game Consequences – they called it exquisite cadaver – together with a large library, gave Boris a taste for language: by the time he was ten he already knew his French classics. Wall Street crashed in 1929 and his father Paul lost much of his fortune – the family dismissed its servants and moved into their caretaker’s house (letting their own home to Yehudi Menuhin’s parents) – yet Boris’ family, despite the fact that Paul Vian now had to work for a living, remained part of a «great, wandering Bohemian bourgeoisie» according to Boris’ younger sister Ninon. At the age of twelve Boris was diagnosed as having a weak heart-valve and rheumatism, the result of a childhood angina, and three years later he caught typhoid fever. It came as a surprise when Boris wanted to play the trumpet – the environment was more «cultural», with Boris given to reading the moderns and playing chess (and gaining his baccalaureate in Latin and Greek) – but his parents went against medical advice and allowed him to take up his chosen instrument.

MUZIC ZIZIQUE
In 1937 Boris took a second baccalaureate in philosophy and mathematics. He was also a regular visitor to the Hot Club de France – Louis Armstrong was its honorary President –, one of whose aims was to bring jazz out of its black ghetto: Boris, together with his brothers and friends, formed a band, the Accord Jazz. In 1951, Boris would write in his diary (published in 1984 as Journal à rebrousse poil): «Even so, I get furious when I see how thick I was in 1939. At 19! Well, mate, some people are more advanced than I was.» Boris went to university all the same – his poor health allowed him to escape the army – studying at the excellent École Centrale, and he managed to see Duke Ellington’s second Parisian concert: it impressed him so much that he never got over it, and for the rest of his life he considered the Duke as an absolute reference in jazz. Vian described himself in his twenties as «timid» with a «stretched carcass»; he called himself «dirtily chaste» and developed a dandy’s style like that of his father. He defined himself as being «bone idle» – he said he only made progress because he was so «chicken» (he feared failure, war, illness…) – and to escape that reality he became a wordsmith, talking to friends in a private code. He had a «gloominess of some consequence» and so developed a vision that was both antimilitary and anticlerical. He later wrote, «People like me who turned 20 in 1940 had a very weird birthday present.»

MUSICIAN AND WRITER
Boris married his wife Michelle in July 1941 and their first son Patrick was born in April 1942. In August Boris graduated from Centrale and became an engineer. After writing Conte de fées à l’usage des moyennes personnes to amuse his wife, he joined his brothers in Claude Abadie’s orchestra as a trumpeter; the band was renamed Orchestre Abadie-Vian. A guitarist-friend, Johnny Sabrou, asked him to write lyrics for a tune he’d composed and it became Vian’s first song, Au bon vieux temps. In the night of November 23/24 1944, his father Paul was murdered in unexplained circumstances; Boris sold the house, finished his first novel Vercoquin et le plancton, and published various texts in the press under the pseudonym/anagram ‘Bison ravi’ (one of his poems was about the German ban on American jazz). François Rostand, a friend whose father was the playwright Edmond Rostand – his publisher was Gallimard – sent Boris’ manuscript for Vercoquin to Raymond Queneau at Gallimard and Queneau offered Boris a contract. They would remain friends until the day Boris died.

At the time when Paris was enjoying the Liberation, the Abadie-Vian orchestra was considered one of the best amateur jazz-groups of the day – winning cups and prizes in France and Belgium – and Boris continued writing, both songs and articles. In March ‘46 he wrote his first review for Jazz Hot – he remained a regular contributor until July 1958 – and after being introduced to Sartre and Simone de Beauvoir by Queneau, he wrote for their review Les Temps Modernes, calling his vitriolic column the Chronique du menteur.

The first recording in which Boris took part was issued in July 1946 as a 78rpm record on the Swing label called Les vainqueurs du tournoi du Jazz amateur 1945-46, by Claude Abadie and his orchestra (Swing SW-212). Boris played what he called his trompinette on it. Jazz Hot’s (anonymous) review of it in the Sept/Oct. 1946 issue stated that «This record has aroused particularly flattering comments in The United States.» [sic].

During the summer, Boris wrote J’irai cracher sur vos tombes [«I shall spit on your graves»] under the pseudonym Vernon Sullivan, pretending to be merely its translator. The book’s erotic scenes, declared Boris, «prepare the world of tomorrow and pave the way for the real revolution.» There was even more controversy when the book was found at the scene of a crime of passion… In 1947, Vercoquin et le plancton and L’écume des jours [«Froth on the daydream»] were published by Gallimard under Boris’ real name. He left his job as an engineer to devote himself to writing, publishing L’automne à Pékin [«Autumn in Peking»] and then a second novel as Vernon Sullivan entitled Les Morts ont tous la même peau [«The dead all have the same skin»].

CLUBS
Boris Vian became a regular resident at the new Tabou jazz club located in the cellar of a bistro on the rue Dauphine, in the heart of the Latin Quarter. It opened on April 11th 1947 and became the scene for all the extravagant behaviour that had been repressed during the war years. Boris opened his show by playing the American standard «Whispering», accompanied by his own second-degree lyrics: he gave it the title Ah si j’avais un franc cinquante [«Oh, if I only had one franc fifty»]. The Tabou was packed – Boris booked top-flight musicians – and the crowd included such luminaries as Juliette Gréco (the «Muse» of St. Germain, but not yet the famous singer), journalist Marcel Camus, trumpeter Miles Davis, and several couples from the intelligentsia who were already celebrated: Signoret-Montand, Renault-Barrault and Sartre-de Beauvoir. It was an «existentialist» rendezvous, but closed its doors after only a year because the public tired of it all (and especially the neighbours, who complained about the noise). Boris moved to the Club Saint-Germain on the rue Saint-Benoît and continued extending a welcome to the night-birds of Saint-Germain-des-Prés by launching bebop in France... He published a third novel under the name Vernon Sullivan, Et on tuera tous les affreux [«To hell with the ugly»], and then admitted to being the real author and not simply the translator. In July 1949 «I shall spit on your graves» was banned by decree, and Boris, his publisher and the book’s printers were taken to court. Boris had never paid any income tax either, and so the tax authorities joined in. Without a centime to his name, Boris wrote one article after another (under various pseudonyms) for not only jazz reviews but also Combat and France Dimanche, not to mention railway-magazines like La Revue des chemins de fer. He also started translating American thrillers into French.

SONGWRITER
When Boris wrote C’est le be-bop, Henri Salvador recorded it (the drummer was Kenny Clarke!) and it was released in March 1950. Vian’s discography had begun as that of a lyricist, as his career as a trumpeter was over, on doctors’ orders. Salvador’s record was a hit, which was just as well: the «I shall spit on your graves» law-suit cost Vian a fine of 100.000 francs for «gross indecency» due to the novel’s sexual content, and when Boris appealed he was sentenced to two weeks in prison (although he was finally granted amnesty). The experience was a sobering one, and songs became the centrepiece of Vian’s life from 1954 onwards: he wrote some sixty of them that very same year...

JACQUES CANETTI
He was a great jazz fan, and Saint-Germain-des-Prés was one of his favourite haunts, but Jacques Canetti and Vian had never crossed paths until they met by chance (in a lift at the Salle Pleyel). Boris invited him home to listen to his songs: «I marvelled at his original, well-writtten texts; they had new ideas and the music had a lot of rhythm,» said Canetti. He encouraged Boris to write a new adaptation of his play Ciné-Massacre for the Théâtre des Trois Baudets, and to appear onstage for the occasion. Boris accepted «so that people would know my songs,» even though the idea of singing for an audience terrorized him. In the end, he managed to stay on the bill for two months. A young Serge Gainsbourg was one of the first spectators to see Boris Vian onstage, witnessing songs like Le déserteur which prompted Boris to say to hecklers: «This song isn’t anti-military, it’s pro-civilian!» Vian’s appearance at the cabaret Milord l’Arsouille led Gainsbourg to observe: «That night was like a smack in the face. He had a stage-presence which made spectators think they were hallucinating, he was so awkward; he was stressed, pernicious, caustic… Hearing him made me think that maybe there was something I could do with this minor art-form…» When Gainsbourg’s own first album was released, («Du chant à la une!» in 1958), Boris Vian praised it to the skies in the «Canard Enchainé» newspaper.

Canetti then hired Boris to take care of the jazz catalogue at Philips Records, and it was during this period that Vian (still under various pseudonyms) began to write liner-notes for records; it became another of his principal occupations. As for his own songs, filled with characteristic humour, they became even cooler in their observation, with Boris tackling his favourite themes in an incisive, off-hand tone. When Canetti became an independent producer in 1965, he continued to make people aware of Vian’s songs, and they were picked up by anti-establishment protesters in the events of spring 1968. The present anthology contains all of Boris Vian’s studio recordings, plus gems like his backing vocals on Magali Noël’s Fais moi mal Johnny, or his offbeat contribution to the reprise of Bambino: «Dunno if you know this, but usually there’s more than one singer in a chorus! Well, Monsieur, here there’s just me! Too bad…»

THE INVENTOR OF FRENCH ROCK ‘N’ ROLL
Some people don’t know this either: rock ‘n’ roll was born in the USA in the early Fifties as a kind of rhythm & blues offshoot with a more sustained beat. It’s also been defined as music played by whites during segregation… Through Rock and Roll, images of action, young Americans expressed a desire for sexual freedom, and music and double-entendres were vehicles for the need for emancipation in puritan America. When composer Michel Legrand brought rock ‘n’ roll hits back across the Atlantic Ocean for Vian, Boris saw more than their sexual character: he saw comic effect. He analyzed it in Derrière la zizique, [a collection of around 150 sleeve-notes he wrote for records by artists as diverse as Ellington, Armstrong, Miles Davis, Screamin’ Jay Hawkins, Edith Piaf or Henri Salvador]: «It works for a very young audience in the USA in particular, caught up in sexual taboos which are less common here in Europe […] Rock ‘n’ roll as an ‘outlet’ has no raison d’être in France […] So the success of rock in France can be the success of any comic song.»

Today the songs known to carry the signature of Boris Vian number over five hundred; most of them were written during the last four years of his life, between 1955 and 1959. Boris Vian, a jack-of-all-trades and a genius, died at the age of 39, but during his short lifetime he tackled as many musical styles as were humanly possible, and his songs were performed by illustrious names as often as they were sung by artists who made only one record... While it’s true that some of his titles are already immortal, whole chapters of his career as a writer still remain to be discovered – or rediscovered – and many recordings which feature his songs have never been reissued. This boxed-set was conceived with the intention of bringing such hidden gems to light, and it is only the first… Olivier JULIEN
Adapted in English by Martin DAVIES
© Frémeaux & Associés


For his participation, his knowledge and enthousiasm, thanks to Jean-Jacques Marzocchi and his website www.devianlazizique.com.

For their culture, thanks to Annick and Dominique de Ribbentrop.

For their trust, thanks to Stéphane Biesenbach, Sabine Berlipp, Nazan Eckes, Julian Khol, Daniel Malbert, Frederic Regent and Schiavo Louis.

For their steadiness, thanks to Laurent Balandras, Bertrand Burgalat, Isabelle et Gabriel De Sa Moreira, Doriand and Elli Medeiros.

For their patience, thanks to David Delabrosse, Alexis Frenkel, Anna Karina, Caroline Loeb and Marie-Marguerite Marzocchi.

For their informations, thank to Nicole Bertolt, Philippe Boggio, Suzy Delair, Juliette Gréco, Bertrand Hervy, Georges Unglik, Ninon Vian, Gilles Verlant and Jimmy Walter.

In Memoriam David Sinclair Whitaker.


Discographie CD 1
Boris Vian chante Boris Vian :
Les enregistrements originaux
CHANSONS POSSIBLES ET IMPOSSIBLES - Mixage original.
1. Les joyeux bouchers (Boris Vian - Jimmy Walter)
2. Bourrée de complexes (Boris Vian - Alain Goraguer)
3. La Java Des Bombes Atomiques (Boris Vian - Alain Goraguer)
4. On n’est Pas Là Pour Se Faire Engueuler (Boris Vian - Jimmy Walter)
5. Je Bois (Boris Vian - Alain Goraguer)
6. Je Suis Snob (Boris Vian - Jimmy Walter)
7. Le Déserteur (Boris Vian - Boris Vian / Harold Berg)
8. Complainte Du Progrès (Les Arts Ménagers) (Boris Vian - Alain Goraguer)
9. Cinématographe (Boris Vian - Jimmy Walter)
10. Le petit commerce (Boris Vian - Alain Goraguer)
Titres 1, 3, 4, 6, 7, 8, 9 et 10 enregistrés le 22, 27, et 29 Avril 1955 Avec Jimmy Walter et son orchestre.
Titres 2 et 5 enregistrés le 24 Juin 1955 avec Claude Bolling et son orchestre.
33 tours 25cm Philips N 76 042 R - 1956

11. On n’est pas là pour se faire engueuler (Boris Vian - Jimmy
Walter) (version EP 45 tours)
Enregistré le 24 Juin 1955 avec Claude Bolling et son orchestre.
45 tours EP Philips 432.033 NE - 1956

FREDO MINABLO
12. Bambino «Guaglione» (Giuseppe Fanciulli - Jacques Larue) (chœurs : Boris Vian)
Fredo Minablo et sa pizza musicale
45 tours EP Fontana 460.525 ME - 1957

Boris Vian
inventeur du Rock ‘n’ Roll Français
HENRY CORDING (Henri Salvador)
13. Rock and Roll mops (Vernon Sinclair - Mig Bike)
14. Dis moi qu’tu maimes rock (Vernon Sinclair - Mig Bike)
15. Rock Hoquet (Vernon Sinclair - Mig Bike)
16. Va t’faire cuire un oeuf man (Vernon Sinclair - Mig Bike)
Henry Cording & his original Rock and Roll boys
45 tours EP Fontana 450518 ME - 1956

MAGALI NOËL
17. Fais-moi mal Johnny (chœurs Boris Vian) (Boris Vian - Alain Goraguer)
18. Alhambra-rock (Boris Vian - Alain Goraguer)
19. Strip-rock (Boris Vian - Alain Goraguer)
20. Rock des petits cailloux (Boris Vian - Alain Goraguer)
Magali Noël avec Alain Goraguer et son ensemble et les Fontana
45 tours EP Philips 432.131 NE - 1956


Discographie CD 2
Boris Vian et le Rock ‘n’ roll Français
PEB ROCK
1. Chaperon rock (Boris Vian - Alain Goraguer)
2. Rock à la niche (Boris Vian - Alain Goraguer)
Peb Rock et ses rocking boys
45 tours EP Trianon D 45.018 - 1957

ROCK FAILAIR
3. Rockin’ ghost (Boris Vian - Eddie Barclay / Jean-Pierre Leandreau)
4. Rock de Monsieur Failair (Boris Vian - Eddie Barclay / Jacques Brienne / Jean-Pierre Leandreau)
5. Requins drôles (Boris Vian / Eddie Barclay / Jacques Brienne)
6. Rock Monsieur (Boris Vian - Eddie Barclay / Jacques Brienne / Jean-Pierre Leandreau)
45 tours EP Barclay 72084 Medium - 1957

7. Cœur de rock (Boris Vian - Alain Goraguer)
8. Rock and roll serenade (Boris Vian - Alain Goraguer)
9. Rockin’ party (Boris Vian - Alain Goraguer)
Rock Failair & son orchestre de p’tits Milliardaires
45 tours EP Barclay 72095 Medium - 1957

DANYEL GERARD
10. D’ou reviens-tu Billie boy (Boris Vian - Raymond Scott) adaptation de «Where have you been Billie Boy?»
Danyel Gérard avec Jean BOUCHETY et son orchestre
45 tours EP Barclay 70197 - 1958
DIDIER LAPEYRERE
11. Plus Jamais (Boris Vian - Bill Justis/Sid Manker) adaptation de «Raunchy»
Didier Lapeyrere avec Alain Goraguer et son ensemble et les
fontana
45 tours EP Philips 432.249 - 1958

GABRIEL DALAR
12. Croque crane-creux (Boris Vian - Sheb Wooley) adaptation de «The purple people eater»
45 tours EP Fontana 460.602 ME - 1958

13. 39°de fièvre (Boris Vian - John Davenport / Eddie Cooley) adaptation de «Fever»
Gabriel Dalar avec Alain Goraguer et son orchestre
45 tours EP Fontana 460.602 ME - 1958

ZACK MATALON
14. Ses baisers me grisaient (Boris Vian - Joël Newman) adaptation de «Kisses sweeter than wine»
Zack Matalon - Orchestre sous la direction de Jean Pierre
GUIGON
45 tours EP Columbia ESRF 1165 - 1958

15. Celui qui tient le monde dans ses mains (Boris Vian - Geoff Love) adaptation de «He’s got the whole world in his hands»
Zack Matalon - Orchestre sous la direction de Christian CHEVALLIER
45 tours EP Columbia ESRF 1192 - 1958

ELISE VALLEE
16. D’ou reviens-tu Elisa (Boris Vian - Raymond Scott) version féminine adaptation de «Where have you been Billie Boy?»
Elise Vallée avec Mickey Nicolas et son orchestre
45 tours EP Véga V 45 P 1950 - 1958

ROLAND GERBEAU
17. Frankenstein (Boris Vian - Lou Bartel)
Roland Gerbeau - accompagnement d’orchestre sous la direction de Paul Mauria
45 tours EP Odéon SOE 3410 - 1959

JUAN CATALANO
18. Ses baisers me grisaient (Boris Vian - Joël Newman) adaptation de «Kisses sweeter than wine»
avec Alain Goraguer et son orchestre
45 tours Fontana 460.567 ME - 1958

19. L’arbre aux pendus (Boris Vian - Jerry Livingstone) adaptation de «The hanging tree» du film «La colline des potences»
avec Daniel White et son orchestre
45 tours EP Fontana 460.617 ME - 1959


Titres Bonus
MOUSTACHE
20. Croque crane-creux (Boris Vian - Sheb Wooley) adaptation de «Purple people eater»
Moustache et ses moustachus
45 tours EP Barclay 72274 - 1958

STEPHEN BRUCE
21. Celui qui tient le monde dans ses mains (Boris Vian - Geoff Love) adaptation de «He’s got the whole world in his hands»
Stephen Bruce avec Jean Bouchety et son ensemble
45 tours EP Columbia ESRF 1165 - 1958

SIMONE ALMA
22. 39° de fièvre (Boris Vian - John Davenport / Eddie Cooley) adaptation de «Fever»
Simone Alma avec Jean Bernard et ses rythmes
45 tours EP Teppaz 4572 - 1959


Discographie CD 3
Boris Vian chanté par ses interprètes : Les créations

HENRI SALVADOR
1. C’est le be bop (Boris Vian /Jacques Diéval)
Henri Salvador avec le trio Jack Diéval
78 tours Polydor 560 181 - 1950

MOULOUDJI
2. Le déserteur (Boris Vian - Boris Vian / Harold Berg)
Mouloudji avec l’ensemble Marcel Chu
78 tours Philips N 72 222 H - 1954

3. J’suis snob (Boris Vian / Jimmy Walter)
4. Valse jaune (Boris Vian / Marguerite Monnot)
Mouloudji avec Jimmy Walter et son ensemble
78 tours Philips N 72 264 H - 1954

5. Cinématographe (Boris Vian / Jimmy Walter)
Mouloudji avec Jimmy Walter et son ensemble
45 tours EP 432.023 NE - 1955

RENEE LEBAS
6. Ne te retourne pas (Boris Vian / Jimmy Walter)
7. Au revoir mon enfance (Boris Vian / Jimmy Walter)
8. Sans blague (Boris Vian / Jimmy Walter)
9. Moi mon Paris (Boris Vian / Jimmy Walter)
Renée Lebas avec Jimmy Walter et son orchestre
45 tours EP Barclay 70 003 ME - 1955

SUZY DELAIR
 10. Relax (Boris Vian / Jimmy Walter)
Suzy Delair avec l’orchestre Jean Marion
78 tours La voix de son maître SG 716 - 1953

LES FRERES JACQUES
11. Le tango interminable des perceurs de coffres-forts (Boris Vian / Jimmy Walter)
Les Frères Jacques avec André Popp et son orchestre.
45 tours EP Philips 432.110 NE - 1956

PIERRE BRUN
12. Mozart avec nous (Boris Vian / Wolfgang Amadeus Mozart)
Pierre Brun avec Merino Costa et les diables du rythme
78 tours RCA 18.819 - 1957

LOUIS MASSIS
13. Java javanaise (Boris Vian / Alain Goraguer)
14. La fiancée du capitaine (Boris Vian / Alain Goraguer)
Louis Massis avec Alain Goraguer et son orchestre
45 tours EP Philips 432.174 NE - 1957

JEAN-LOUIS TRISTAN
15. Place Blanche (Boris Vian / Alain Goraguer)
Jean-Louis Tristan avec Jacques Brienne et son orchestre
45 tours EP Barclay 70100 M - 1957

ELISE VALLEE
16. Je chasse (Boris Vian / Michel Muller)
Elise Vallée avec Jo Moutet et son orchestre
33 tours 25cm Véga V 35 S 772 - 1957

LONA RITA
17. Snack-bar gare Saint-Lazare (Boris Vian / Geo Dorlis - Louis Guglielmi)
Lona Rita et ses accordéons
45 tours EP Versailles 90 S 224 - 1958

JULIETTE GRECO
18. Musique mécanique (Boris Vian - André Popp)
Juliette Gréco avec André Popp et son orchestre
45 tours EP Philips ME 432.212.BE - 1958

JACQUELINE FRANCOIS
19. Bal de Vienne (Boris Vian - Albert Van Dam) adaptation de «sentimental touch»
Jacqueline François avec Jack Elliot et son orchestre et les Fontana
45 tours EP Philips 432.303 BE - 1958

GARCONS DE LA RUE
20. Tango poivrot (Boris Vian / Alain Goraguer)
Garçons de la rue avec l’orchestre de Pierre Arrimi et ses valets de pieds
45 tours EP Vogue EPL. 7.492 - 1958


Titres Bonus
LES QUATRE BARBUS
21. Gstaad Pom Pom (La perle de l’Oberland) (Boris Vian / Alain Goraguer)
Les Quatre Barbus avec Alain Goraguer et son orchestre
45 tours publicitaire SP Philips P 370.164 F - 1956

ROSE MANIA
22. C’est le be bop (Boris Vian /Jacques Diéval) Inédit
Rose Mania - orchestre inconnu
collection privée - 1954.

Cette anthologie a pour but de mettre en lumière l’œuvre musicale de Boris Vian à travers ses chansons chantées par lui-même et par d’autres interprètes. Olivier Julien, auteur chez Frémeaux & Associés d’une « Intégrale Serge Gainsbourg », présente ici les multiples facettes musicales de Boris Vian entre 1950 et 1959 : la création d’un véritable répertoire qui sera immortalisé en chanson et en jazz, ainsi que l’invention du Rock ‘n’ Roll français !  Patrick Frémeaux

This anthology aims to throw new light on the music of Boris Vian through songs from the author himself together with works sung by other artists. Olivier Julien, who has already compiled a complete Serge Gainsbourg set for Frémeaux & Associés, here presents the many musical facets of Boris Vian between 1950 and 1959, the decade in which Vian created an immortal repertoire of songs and jazz (while inventing French Rock ’n’ Roll!).  Patrick Frémeaux

CD BORIS VIAN ET SES INTERPRETES 1950-1959 CHANSONS ROCK'N ROLL ET CREATIONS, BORIS VIAN © Frémeaux & Associés 2012 (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 Les joyeux bouchers - Boris Vian02'13
02 Bourrée de complexes - Boris Vian02'13
03 La java des bombes atomiques - Boris Vian02'40
04 On n'est pas là pour se faire engueuler - Boris Vian03'01
05 Je bois - Boris Vian03'30
06 Je suis snob - Boris Vian02'52
07 Le déserteur - Boris Vian03'33
08 Complainte du progrès - Boris Vian02'45
09 Cinématographe - Boris Vian02'42
10 On n'est pas là pour se faire engueuler - Boris Vian03'16
11 Bambino - Fredo Minablo02'53
12 Le petit commerce - Boris Vian03'04
13 Rock and roll mops - Henri Salvador et son original Rock and Rolls Boys02'26
14 Dis-moi que'tu m'aimes rock - Henri Salvador et son original Rock and Rolls Boys02'32
15 Rock Hoquet - Henri Salvador et son original Rock and Rolls Boys02'27
16 Va t'faire cuire un oeuf man - Henri Salvador et son original Rock and Rolls Boys02'52
17 Fais-moi mal Johnny - Magali Noël02'23
18 Alhambra rock - Magali Noël02'36
19 strip-rock - Magali Noël02'17
20 Rock des petits cailloux - Magali Noël02'34
CD 2
01 Chaperon rock - Peb Rock et les Rocking Boys03'06
02 Rock à la niche - Peb Rock et les Rocking Boys02'42
03 Rockin' ghost - Rock Failair et son orchestre des p'tits milliardaires03'21
04 Rock de Monsieur Failair - Rock Failair et son orchestre des p'tits milliardaires02'51
05 Requins drôles - Rock Failair et son orchestre des p'tits milliardaires02'42
06 Rock monsieur - Rock Failair et son orchestre des p'tits milliardaires02'55
07 Coeur de rock - Rock Failair et son orchestre des p'tits milliardaires02'59
08 Rock and roll serenade - Rock Failair et son orchestre des p'tits milliardaires02'41
09 Rockin' party - Rock Failair et son orchestre des p'tits milliardaires02'31
10 D'où reviens-tu billie boy? - Danyel Gérard02'54
11 Plus jamais - Didier Lapeyrere02'28
12 Croque crane-creux - Gabriel Dalar02'19
13 39 de fièvre - Gabriel Dalar03'02
14 Ses baisers me grisaient - Zack Matalon02'46
15 Celui qui tient le monde dans ses mains - Zack Matalon02'06
16 D'où reviens-tu Elisa? - Elise Vallée02'43
17 Frankenstein - Roland Gerbeau02'40
18 Ses baisers me grisaient 2 - Juan Catalano02'28
19 L'arbre aux pendus - Juan Catalano02'38
20 Moustache - Moustache et ses Moustachus02'31
21 Celui qui tient le monde dans ses mains - Stephen Bruce02'36
22 39 de fièvre - Simone Alma03'12
CD 3
01 C'est le be bop - Henri Salvador02'07
02 Le déserteur - Mouloudji03'11
03 J'suis snob - Mouloudji03'44
04 Valse jaune - Mouloudji03'03
05 Cinématographe 2 - Mouloudji03'05
06 Ne te retourne pas - Renée Lebas02'50
07 Au revoir mon enfance - Renée Lebas03'18
08 Sans blague - Renée Lebas03'12
09 Moi mon Paris - Renée Lebas03'12
10 Relax - Suzy Delair03'05
11 Le tango interminable des perceurs de coffres-forts - Les Frères Jacques04'40
12 Mozart avec nous - Pierre Brun02'10
13 Java javanaise - Louis Massis02'52
14 La fiancée du capitaine - Louis Massis02'36
15 Place blanche - Jean-Louis Tristan02'20
16 Je chasse - Elise Vallée02'18
17 Snack-bar, gare Saint-Lazare - Lona Rita02'45
18 Musique mécanique - Juliette Gréco03'04
19 Bal de Vienne - Jacqueline François03'52
20 Tango poivrot - Pierre Arrimi et son orchestre02'35
21 Gstaad pom pom - Alain Goraguer et son ensemble03'00
22 C'est le be bop - Rose Mania02'32
« L’éditeur missionne des chercheurs d’or » par Libération

« Pas besoin d'embarquer sur Apollo et de marcher sur la lune pour éprouver les vertiges de l'originalité. Les émotions attendent sous nos pieds. Frémeaux et Associés recherche les enregistrements oubliés, enfouis dans les archives et les collections privées du monde entier. L'éditeur missionne des chercheurs d'or. La pêche fructueuse sur Vian (photo) nous grise encore. Le feu d'artifice, en trois disques, a notamment pour but d'éclairer l'oeuvre de l'immense artiste à travers les interprétations de divers chanteurs (dont lui-même). « Boris Vian est un de ces aventuriers solitaires qui s'élancent à corps perdu à la découverte d'un nouveau monde, la chanson », écrivait Georges Brassens. Qu'il compose du jazz; qu'il écrive des chansons, qu'il invente le rock français, Vian subjugue. Quelle intelligence dans les paroles! Cher Boris, on va encore avoir besoin de toi pour neutraliser les âneries qui nous attendent!... »
Par Bruno PFEIFFER – LIBÉRATION





« Un document exceptionnel » par Chantsongs.wordpress.com

« Fidèles à leur travail sur le patrimoine de la chanson, les Editions Frémeaux & Associés ont publié un coffret savoureux : Boris Vian et ses interprètes. On peut y mesurer combien l’artiste touche-à-tout marqua son temps aussi en chansons. Un document exceptionnel.

De sa naissance -le 10 mars 1920- à Ville-d’Avray à sa mort, le 23 juin 1959, Boris Vian a eu neuf vies. Journalisme, roman, chansons, musiques, scénarios… : il s’est essayé à tout. Vian est l’archétype de ces jeunes qui ont eu 20 ans en 1940, qui ont  subi la guerre sans y participer et qui ont un formidable appétit de vivre. Tout l’intérêt de ce coffret passionnant est de nous montrer toutes les facettes d’un artiste qui ne fut sans doute pas le plus grand chanteur interprète du moment mais a marqué de sa griffe bien des artistes. On y découvre quelques partitions vraiment originales. Bien sûr, il y a Boris qui chante Vian, découvert par Jacques Canetti,  dans le premier CD du coffret avec des classiques de La Java des bombes atomiques au célèbre Déserteur qui fit scandale. Plus étonnant, une rareté signée Fredo Minablo pour une reprise décalée de Bambino où l’humour ravageur de l’auteur de L’Ecume des jours fait mouche. Et puis, il y a l’artiste qui propagea le rock’n'roll en français et que l’on découvre sur le CD 2. Henri Salvador ouvre le bal de ce qui fut, au départ, une plaisanterie. En juin 1956, il enregistre sous le nom d’Henry Cording quatre titres dont Va t’faire un cuire un œuf man ou Rock en Roll mops dont les paroles sont farfelues à souhait. D’autres délires naîtront entre Boris et cet Henry là. »
Par François CARDINALI – CHANTSONGS.WORDPRESS




« Un document exceptionnel » par On mag

« Ce triple album est avant tout un document exceptionnel. Le premier CD est divisé en deux parties : tout d’abord les chansons de Boris Vian chantées par lui. Des chansons avec un ton différent, une forme nouvelle d’humour, un antimilitarisme forcené et un goût avide de la liberté.
Boris Vian vit au milieu de la jeunesse, plus ou moins dorée, du Quartier latin, entre zazous et existentialistes. Cette génération qui a eu vingt ans en 1940 (« drôle de cadeau d’anniversaire », dira-t-il) et qui a subi la guerre sans la faire, veut vivre avant tout. Pour ceux qui n’ont jamais entendu chanter Boris Vian, disons-le tout net, il existe de meilleurs chanteurs, mais le document vaut par la qualité des onze chansons. On ne compte pas celle qu’il chante sous le nom de Fredo Minablo et sa pizza musicale, pochade pour se moquer de « Bambino », la scie de l’époque. La seconde partie du CD est consacrée à Boris Vian, inventeur du rock n’ roll français, avec les enregistrements historiques que réalisèrent Henri Salvador, sous le pseudo d’Henry Cording, (inénarrables «Rock n’ roll mops ou « Rock hoquet », accompagnés au piano par Michel Legrand) et la délicieuse chanteuse Magali Noël et son rock sado-maso « Fais-moi mal, Johnny » qui reste une perle, cinquante-six ans après. On voit à quel point un bon chanteur ou une bonne chanteuse pouvaient orienter le rock, avec un auteur tel que Boris Vian, vers d’autres horizons. Le rock comique à la française nous aurait sans doute évité bien des travers nunuches du yé-yé.
Le deuxième CD est un catalogue de « saucissons », comme on disait, de « tubes » comme Boris Vian les a appelés et comme on dit aujourd’hui. Pourquoi « tubes » ? - Parce qu’un tube est creux, ajoutait-il très lucidement. Le succès comme auteur de chansons déborda Boris Vian. Ses finances étant proches de zéro et le « tube » de rock étant assez rentable, il en composa à la chaîne et cela donne un florilège assez croquignolet, avec des nanars considérables, chantés par des artistes qui faisaient ce qu’ils pouvaient (les chanteuses Peb Rock, Elise Vallée, Simone Alma, les chanteurs Rock Failair, Danyel Gérard (vous avez remarqué le « y » pour faire chic), Didier Lapeyrère, Gabriel Dalar, Zack Matalon, Roland Gerbeau, Juan Catalano, Stephen Bruce et même Moustache et ses moustachus. Le recours à la cheville de choc, aux jeux de mots pas toujours laids ne parviennent pas à oblitérer le style, le clin d’œil complice, le j’m’en foutisme bon teint et la vitalité de Boris Vian.
Le troisième CD, lui, reprend des chansons écrites par Boris Vian et chantées par de vrais grands chanteurs : Henri Salvador, Mouloudji, Renée Lebas, Suzy Delair, les frères Jacques, Juliette Gréco, Jacqueline François ou les Quatre barbus. Et par d’autres moins connus : Rose Mania, Lona Rita, Jean-Louis Tristan, les Garçons de la rue dans un désopilant « Tango poivrot », Louis Massis, Pierre Brun avec une Marche turque de Mozart « arrangée » en cha-cha-cha (l’excuse étant : Mozart ne méritait pas ça, mais faut bien vivre). A noter « Je chasse » par une excellente Elise Vallée. Le pompon va incontestablement au « Tango interminable des perceurs de coffres-forts » par les frères Jacques, qui est un monument de drôlerie. Au total, des documents rarissimes sur un auteur prolixe dont le talent n’est plus à louer. On attend avec impatience la suite, car, pour le moment, on a repéré plus de cinq cents chansons de Boris Vian, paraît-il. Y’a du pain sur la planche. »
Par Michel BEDIN – ON MAG




« Un humour jubilatoire » par La Revue des médiathèques

« Après l'Intégrale Serge Gainsbourg, Frémeaux et Associés, sous la direction artistique d'Olivier Julien, s'attaque à Boris Vian avec une première anthologie des années 50. 3CDs et 64 titres plus tard, on comprend combien ce trublion génial a su flirter avec les genres musicaux pour se créer un répertoire unique, jazz et rock 'n'roll, bouleversant les codes et les genres. Et surtout en conservant un humour jubilatoire. Les textes sont magnifiques de second degré et de sens critique. Il nous manque tellement de la pataphysique, aujourd'hui ! »
Par Lucas FALCHERO – REVUE DES BIBLIOTHEQUES ET MEDIATHEQUES MUSICALES




« Des conditions d’écoute excellentes, comme toujours chez Frémeaux » par Trad Mag

A l’écoute de ce coffret consacré à Boris Vian, on se rend compte combien les chansons, textes et musiques de ce créateur, auteur de plus de cinq cents chansons, ont conservé leur qualité et leur modernité. On pourrait penser que les morceaux, crées il y a une cinquantaine d’années, seraient devenus désuets. Il n’en est rien. Qui aujourd’hui oserait écrire « le petit commerce » qui fustige les marchands de canons, sans même parler du « Déserteur » ? Cet humour acide, railleur (J’suis snob) voire corrosif, qui sous-tend nombre de textes de Vian – comme ceux de Léo Ferré sans même parler de Georges Brassens – on aimerait bien le retrouver chez les jeunes et moins jeunes chanteurs français. En termes de censure, les lois du marché sont bien plus puissantes que la censure des années 1950 qui, elle, pouvait plus ou moins se contourner ou s’estomper avec le temps. Aujourd’hui, tout est permis, dit-on. Rien n’est moins sûr. Ecouter ces chansons des années 1950, c’est prendre un coup de jeune ! Comme relire les poésies, nouvelles et romans de Boris Vian. Ne boudons notre plaisir à écouter Magali Noël (l’indémodable « Fais-moi mal johnny »), Henri Salvador, Mouloudji, Juliette Greco, et beaucoup d’autres moins connus (en relation avec le coffret trois CDs « Saint-Germain-des-Prés » sorti chez le même éditeur en 2006) dans des conditions d’écoute excellentes,  comme toujours chez Frémeaux. En attendant un second volume Boris Vian qui devrait bientôt voir le jour.
Par Michel PLISSON – TRAD MAGAZINE




« Le sommet de son œuvre » par Presto

Si vous aimez Gainsbourg, Dutronc, Nino Ferrer, Higelin, François Béranger, Odeurs, Jef Kino et les premiers Renaud, vous savez ce que beau monde doit à Boris Vian. Plus d’un demi-siècle après sa disparition , on n’est finit pas de célébrer sa modernité. Car s’il décéda avant la quarantaine, Vian consacra l’essentiel des cinq dernières années de sa vie à la chansonnette (il en écrivit plus de 500). Si ses fameuses Chansons possibles et impossibles (celles dont il se réserva l’interprétation) constituent certes le sommet de son œuvre chantée (avec « La Complainte du progrès » et « Le déserteur » pour principaux oriflammes), ses parodies et adaptations des débuts du rock’n’roll US s’avéraient le plus souvent d’aimables pochades (imaginez Louis Prima adapté par Le Grand Orchestre du Splendid). Y surnagent tout de même « Rock Hoquet » par Henri Cording (alias Salvador, adapté plus tard par Au bonheur des dames) et « 39 de Fièvres » (« Fever ») par l’obscur Gabriel Dalar. Le troisième CD de ce coffret exhume moult créations de commande, interprétées par des artistes aussi divers que les Frères Jacques, Juliette Greco et Mouloudji. Le meilleur y côtoie parfois l’anodin, mais des perles comme « La Valse jaune » (préfigurant « Il est cinq heures » de Dutronc-Lanzmann, voire le « Fier de ne rien faire » des Olivensteins) méritent amplement le détour. Patrick DALLONGEVILLE - PRESTO




« Toute la morale du trompettiste » par Jazz Magazine-Jazzman

Boris Vian a composé près de 500 chansons. Elles ne sont pas toutes là (hélas), mais il y en a une soixantaine dans ce triple CD qui résume toute la morale du trompettiste : sensualité, humour, argot popu, be-bop et requin drôle (vf. De rock’n roll). Avec 27 interprètes garantis d’époque (fin des fifties) qui n’engendrent pas la mélancolie. FRS – JAZZ MAGAZINE-JAZZMAN




« De quoi faire le délice des fans, et des amoureux du patrimoine » par Télérama

Avant de devenir le provocateur que l’on sait Serge Gainsbourg fut défendu par les autres, par les femmes surtout, mais aussi par Hugues Aufray, Jean-Claude Pascal ou… les Frères Jacques. Idem pour Claude Nougaro qui, avant de sortir son premier album, fut chanté par Philippe Clay, Lucienne Delyle, Colette Renard et Marcel Amont. Quant à Boris Vian, il devint chanteur presque par hasard, après avoir écrit pour Salvador et Renée Lebas. A chacun de ces trois géants, un petit coffret rend hommage, avec une anthologie de vieux enregistrements des années 1950. On les entend défendre eux-mêmes leur répertoire, d’une voix pas toujours très assurée. On entend aussi leurs interprètes, souvent plus aguerris. Et visionnaires. De quoi faire le délice des fans, et des amoureux du patrimoine. V.L.-TELERAMA




« Une merveilleuse anthologie » par l’Education musicale

« Cette merveilleuse anthologie réunit « Boris Vian chante Boris Vian » (CD 1), « Boris Vian & le rock’n’roll français » (CD 2), « Boris Vian par ses interprètes : les créations » (CD 3).  Chaque CD comportant, en bonus, des raretés et quelques inédits…  Reprises par notamment : Henri Cording (Salvador), Magali Noël, Rock Failair, Danyel Gérard, Moustache, Renée Lebas, Mouloudji, Suzy Delair, Juliette Gréco, Jacqueline François, Les Frères Jacques, Les Quatre Barbus…   Notice (24 pages) signée Olivier Julien. »

Par Francis B COUSTE – EDUCATION MUSICALE





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