CÉSAR - MARCEL PAGNOL - ENREGISTREMENT DE 1936

AVEC TEXTES DE LIAISONS LUS PAR MARCEL PAGNOL EN 1962

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Nombre de CDs : 2


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FA5382

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Avec César prend fin l’incroyable trilogie de Marcel Pagnol, dont Frémeaux & Associés et les Éditions de la Treille ont déjà remis à la disposition du public les deux premiers volets : Marius et Fanny. Marcel Pagnol a procédé à une véritable transformation du film en livre audio dans une version où l’auteur fait office de narrateur entre les scènes et les dialogues.
Le coffret présente également une archives inédite dans laquelle Pagnol se confie sur la préparation du tournage de César.
La puissance évocatrice de la dimension sonore confère à l’oeuvre une extraordinaire présence et révèle l’intemporalité des thèmes éternels si bien narrés par Marcel Pagnol.
Patrick Frémeaux

DIRECTION : JEAN BUZELIN, PATRICK FRÉMEAUX, NICOLAS PAGNOL
PHOTOS : ANDRÉ BERNARD
DROITS : L'EAU DES COLLINES - EDITIONS DE LA TREILLE - SUCCESSION MARCEL PAGNOL
EDITION : FREMEAUX & ASSOCIES

CD 1 :
ARCHIVE INÉDITE : MARCEL PAGNOL PARLE DE LA PRÉPARATION DE SON FILM CÉSAR 
1ÈRE PARTIE
CD 2 :
2ÈME PARTIE.
César de Marcel Pagnol FA5382

Marcel Pagnol
CÉSAR


Inclus : Préface sonore inédite de Marcel Pagnol
Enregistrement 1936, avec texte de liaison par Marcel Pagnol (1962)

L’eau des collines - Éditions de la Treille

L’incroyable trilogie
Lorsqu’il écrit Marius, de façon tout à fait fortuite en 1927, Marcel Pagnol estime que son histoire marseillaise se termine bel et bien avec le départ de son héros pour les mers du Sud. Or, le succès considérable, et plutôt inattendu, qu’obtient sa pièce, ainsi que les questionnements quotidiens des spectateurs qui ne veulent pas rester sur une scène de désespoir, motivent l’auteur à écrire une suite qu’il appellera tout naturellement Fanny, puisque le rideau tombait alors que la jeune héroïne s’évanouissait dans les bras de César, le père de Marius. Il va se rouvrir quasiment sur la même scène, et se refermer à nouveau sur le second départ de Marius. Marius et Fanny forment donc les deux parties d’une même histoire, qui pourraient d’ailleurs être jouées l’une derrière l’autre. Il semble alors que l’aventure puisse s’achever ainsi puisque cette seconde rupture entre les deux amants paraît irrémédiable et définitive. Mais, une nouvelle fois, l’immense succès de ses pièces, surtout de leur version cinématographique en 1931 et 1932, amènent Marcel Pagnol à nourrir le projet d’un épisode complémentaire, celui-ci se déroulant cette fois vingt ans après, comme chez Dumas… C’est en 1935 seulement qu’il écrit César, le troisième volet de ce qui deviendra la fameuse “trilogie”. Il ne sera pas joué sur scène, car il n’est plus possible de réunir les acteurs de la troupe, mais tourné directement pour le cinéma.

Rien n’était donc programmé, à commencer d’ailleurs par cette épopée du Vieux Port, que Marcel Pagnol, ayant rapidement connu la notoriété avec ses premières pièces “parisiennes”, n’aurait jamais pensé à écrire si…

Troisième épisode : César
Comme cela s’était passé à la fin des représentations de Marius, nombre de spectateurs réclament une suite à Fanny à la sortie des projections du film. Mais Pagnol a d’autres projets et, entre 1933 et 1936, il va écrire et réaliser lui-même plusieurs films, dont Angèle d’après Un de Baumugnes de Jean Giono.

Mais pressé de toutes part, il ne peut indéfiniment s’esquiver, surtout lorsque Raimu, de Marseille en mai 1935, lui envoie un mot dans lequel il s’engage à jouer César dans une pièce qui reste à écrire ! L’auteur finit par se mettre à sa table de travail, mais décide d’écrire directement César pour le cinéma. Il a déjà “son” Topaze sur le feu et Regain en projet, une nouvelle adaptation d’un roman de Giono. D’autre part, les comédiens de la création, Raimu, Fresnay, Charpin… devenus de grandes vedettes de cinéma, sont pris sur d’autres plateaux, et il serait impossible de les rassembler sur scène quotidiennement pendant des mois. Par contre, le tournage d’un film, qui peut être réalisé en quelques semaines seulement, permet de réunir les acteurs. Véritable tour de force, toute la troupe qui a créé Marius au théâtre il y a huit ans, avec Dullac de retour dans le large pantalon d’Escartefigue, se retrouve à Marseille le 10 mai 1936 (quelques jours après la victoire du Front Populaire). Les prises de vues ont lieu dans les Studios Marcel Pagnol que l’auteur a ouvert dans la cité phocéenne pour réaliser ses films en toute liberté et avoir ses acteurs à portée de caméra. Des scènes sont également tournées en plein air, ce que déteste Raimu qui ne l’envoie pas dire. Sa situation, désormais d’immense star, ne lui a pas arrangé le caractère et, comme Marcel ne cède pas à tous ses caprices, l’ambiance est souvent tendue.

La distribution s’est étoffée avec l’ajout d’un certain nombre de nouveaux personnages dont Césariot, le fils de Marius et Fanny, devenu jeune homme. En effet, cette nouvelle suite avec laquelle va s’achever ce qu’on appellera désormais la “trilogie” se situe vingt ans après les deux premiers épisodes. L’histoire verra mourir Panisse et, après maintes péripéties, revenir Marius auprès de Fanny. C’est la fin des non-dits. À l’exception de Raimu dont les cheveux ont blanchi, tous les personnages principaux semblent sortir directement des deux films précédents?; en fait, ils finissent par avoir l’âge des rôles ! Césariot est joué par André Fouché, jeune acteur assez fade qui n’a pas cherché à prendre l’accent marseillais comme son “père Marius”. Les autres enrichissent le petit monde pagnolesque : Delmont, qui est beaucoup plus présent au Bar de la Marine, Doumel, le comique marseillais qu’évoque Pagnol dans sa Préface à Marius (cf. Marius CD 1), et, dans de petits rôles, de jeunes acteurs futurs “pensionnaires” comme Charblay, Bassac, Jean Castan et surtout Rellys.

Après trois mois de tournage “mouvementé”, le film sort à Paris le 13 novembre 1936 au Ciné-Opéra et entame aussitôt une carrière fulgurante. Bientôt, ce seront cinquante copies de César qui circuleront en France, en Afrique du Nord et en Suisse, annoncées par la première affiche de Dubout, nouveau membre de la “famille“ qui réalisera ensuite toutes les affiches des films de Marcel Pagnol.

De César, le film, à César, la pièce
Quelque temps plus tard, le scénariste et futur metteur en scène Preston Sturges rend visite à Pagnol. Il souhaite adapter Marius et Fanny et les regrouper dans un seul film. L’accord est conclu d’autant que la production (MGM) s’engage à ne pas projeter le film en Europe pour éviter la concurrence. Sturges écrit le scénario et les dialogues et James Whale réalise la mise en scène du film dont le titre est Port of Seven Seas. L’adaptation est réussie et les acteurs excellents, Wallace Beery (César) en particulier, Maureen O’Sullivan (Fanny, appelée Madelon), Frank Morgan (Panisse).

En 1942, le célèbre chanteur marseillais Alibert, qui a repris la direction de Théâtre des Variétés à Paris, persuade Raimu de reprendre Marius sur scène. Hormis Pierre Fresnay et Paul Dullac, qui est mort l’année précédente, tous les créateurs des rôles sont présents. Après 300 représentations triomphales, on enchaîne avec Fanny au printemps 1943 avec un égal succès.

Raimu rappelle alors à Pagnol qu’il s’était engagé à écrire la version théâtrale de César en 1935. Pressenti pour entrer à la Comédie Française, l’immense acteur souhaiterait finir sa carrière au boulevard avec César. Marcel finit par s’y mettre sans enthousiasme et envoie un premier manuscrit à Raimu. Entre temps, en septembre 1943, celui-ci est reçu comme pensionnaire au Français où il doit effectuer ses débuts au mois de mars suivant dans Le Bourgeois gentilhomme. En cette année 1944, Charpin, à son tour, quitte définitivement ses petits camarades, tandis que Pagnol est élu en novembre président de la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques.

Au début de l’année 1946, Marcel Pagnol a enfin terminé d’écrire sa pièce César. Comme Alibert, il pense qu’il va de soi que celle-ci soit créée aux Variétés par Raimu. Or, par contrat, celui-ci ne peut se produire sur une autre scène que le Théâtre Français (où il est d’ailleurs sous-employé). Ce qui rend furieux Marcel, qui n’a jamais compris pourquoi Raimu avait voulu entrer dans la “maison de Molière” (peut-être se console-t-il avec sa propre élection à l’Académie Française ?).

Et puis voilà que s’annonce l’issue fatale : Raimu est victime d’un accident de voiture qui le laisse gravement blessé à la jambe. Opéré, il reste assez longtemps à la clinique, puis rentre chez lui au début de l’été. Rééducation, cure, retour à Paris où il doit subir une nouvelle intervention. Réopéré le 26 septembre, le grand comédien, victime d’une syncope blanche, ne se réveillera pas. Quelques jours plus tard, de passage à Paris, Orson Welles se rend chez Pagnol car il désire rencontrer Raimu. Apprenant la mort de l’acteur, il déclare : «?C’était le plus grand de nous tous !?» (1).

Début novembre, Alibert réunit la troupe qui doit jouer César. Quelques anciens retrouvent leur personnage : Orane Demazis, Milly Mathis, Maupi… et Marguerite Chabert celui d’Honorine qu’elle avait joué au théâtre dans Fanny. Deux acteurs qui viennent de débuter au cinéma dans Naïs sont sollicités : le comédien marseillais Arius jouera Panisse, et le jeune Raymond Pellegrin sera Césariot (dommage qu’il fut trop jeune pour le film !). Le vieux routier Henri Vilbert, qui avait débuté sur scène dans Marius dans le petit rôle du facteur (absent du film), sera un excellent César?; il a souvent interprété le personnage durant les tournées de Marius et de Fanny, et Alibert lui-même nouera autour de son coup le foulard de Marius. Hélas, la pièce n’est pas un succès, elle arrive trop tard : Raimu est mort, le film date de dix ans, la guerre est passée par là et une époque est bien révolue…

La trilogie entre dans la postérité et Pagnol dans l’histoire du cinéma
Et pourtant, même si les acteurs de la création ont marqué leur rôle comme rarement dans l’histoire du théâtre et du cinéma, la trilogie ne va pas s’éteindre avec leur disparition progressive et inéluctable. Qu’on en juge avec ces quelques exemples qui nous conduisent au XXIe siècle (2).

À la fin de l’année 1952, Marius est repris au Théâtre Sarah-Bernhardt avec à nouveau Henri Vilbert qui s’accoutume parfaitement du personnage de César?; Rellys devient Panisse, Roger Crouzet joue Marius, et la toute jeune Pierrette Bruno fait un malheur dans le rôle de Fanny.

En 1954, le Majestic Theatre de Broadway affiche Fanny, une comédie musicale d’après la trilogie, mise en scène et dialoguée par Joshua Logan. Après avoir été jouée pendant plusieurs années dans tout le pays, Logan décide d’en faire un film (sans chansons) et, au printemps 1961, les prises de vues démarrent sur le Vieux Port sous les yeux de Marcel Pagnol. La distribution est “surprenante” — c’est un euphémisme — et internationale car le film est destiné à une carrière européenne (qui exclura les pays francophones). Qu’on en juge. César : Charles Boyer, Marius : Horst Bucholtz, Fanny : Leslie Caron, Panisse : Maurice Chevalier, Escartefigue : Salvatore Baccaloni, Monsieur Brun : Lionel Jeffries, Honorine : Georgette Anys (la seule marseillaise !).

Une troisième reprise de Marius est présentée au Théâtre des Variétés en 1961, avec René Dary (César), Jean-Louis Trintignant (Marius), Catherine Rouvel (Fanny), etc. Jean Lefebvre est M. Brun et Milly Mathis, Honorine, ouf ! Mais la pièce n’aura guère de succès.

En 2000, les trois pièces sont successivement adaptées pour la télévision par Nicolas Ribowski?; Roger Hanin joue César, Henri Tisot, Panisse.

Un opéra de Vladimir Cosma, Marius et Fanny est créé à l’Opéra de Marseille en septembre 2007 et filmé par la télévision, avec Roberto Alagna (Marius), Angela Gheorghiu (Fanny), et Jean-Philippe Lafont (César).

En janvier 2009, une trilogie adaptée par Francis Huster, César, Fanny, Marius, est présentée au Théâtre Antoine avec Jacques Weber (César), Hafsia Herzi (Fanny) et Stanley Weber (Marius).

Et pour finir, direction les salles obscures et l’hommage de la profession. En 1952, d’abord, Marcel Pagnol, installé à Monaco, a la surprise de voir débarquer de son yacht Alexandre Korda, le metteur en scène de Marius avec qui il s’était si bien entendu : «?Je lui dois tout, il m’a tout appris?» (1). Ils ne s’étaient jamais revus depuis. Autre visite, mais plus significative, et qui a dû faire bisquer quelques cinéphiles obtus, celle que lui rendent les tous jeunes apôtres de la “nouvelle vague” François Truffaut et Claude Chabrol : «?Nous vous considérons, lui déclarent-ils, comme l’un des plus grands cinéastes de notre temps et en tout cas comme notre maître.?» (1)Tandis que les Cahiers du cinéma lui consacrent une longue étude en 1966. Pas mal, après Jean Renoir, pour quelqu’un soi-disant juste bon à faire du théâtre filmé !
Jean Buzelin
© Frémeaux & Associés

Notes
(1) Raymond Castans, Marcel Pagnol (Ed. Jean-Claude Lattès, 1987).
(2) Parmi les nombreuses adaptations de la trilogie, signalons trois films japonais en 1942, 1949 et 1967.

Brève présentation des comédiens
Jules Raimu (Toulon 1883-1946) Dès 1900, joue les comiques troupiers dans les cafés-concerts de la Côte, avant d’être engagé en 1908 à l’Alhambra puis à l’Alcazar de Marseille. Son compatriote Mayol le fait monter à Paris en 1910 et l’engage au Concert Mayol dont il vient de prendre la direction. En 1914, il apparaît sur la scène du Casino de Paris. Dès 1915, il interprète Guitry puis Feydeau au théâtre, et, jusqu’à Marius, il jouera une trentaine de pièces plus quelques revues et opérettes sur de nombreuses scènes parisiennes. Par ailleurs, on le voit dans sept films muets de 1912 à 1917. Mais il faut attendre 1930, pour qu’il renoue avec le cinéma. Marius est son 3e film parlant. Il sera la vedette d’une quarantaine de films, dont La Femme du boulanger et La Fille du puisatier de Pagnol. Au faîte de sa carrière, il entre à la Comédie Française en 1943.

Pierre Fresnay (Paris 1897-1975) Entre à la Comédie Française en 1915 (il y reste jusqu’en 1927). La même année, joue dans son premier film muet. Effectue ensuite une grande carrière au théâtre et à l’écran. Marius est son premier grand rôle au cinéma. Il enchaîne alors de très nombreux films avant de retourner définitivement à la scène dans les années 60.

Fernand Charpin (Marseille 1887-1944) En 1924, il est au Théâtre de l’Odéon. Marius est le premier d’une longue série de films parmi lesquels La Belle équipe et Pépé le Moko de Julien Duvivier en 1936, et, pour Pagnol, Le Schpountz, La Femme du boulanger et La Fille du puisatier.

Orane Demazis (Oran 1894-1991) Débute en 1922 dans la troupe du Théâtre de l’Atelier. En 1926, joue Jazz de Pagnol. Elle tournera 6 films avec lui (outre la “trilogie“, Angèle, Regain et Le Schpountz) et de nombreux autres jusqu’en 1980 avec des metteurs en scène comme Jean-Paul Le Chanois, René Allio, Luis Bunuel, André Téchiné et Jacques Demy. En 1946, elle joue César au Théâtre des Variétés.

André Fouché (Paris 1908-2001) Débute au cinéma en 1932 dans Danton, puis joue dans Madame Bovary de Jean Renoir en 1933. César est le huitième des 21 films qu’il tournera jusqu’en 1946. Suit une très longue interruption sur les écrans avant un retour en 1962 dans Landru de Claude Chabrol, suivi de Playtime de Jacques Tati en 1967. Sa carrière cinématographique s’achève en 1972.

Paul Dullac (Bègles 1882-1941) Chanteur de caf’ conc’, comique troupier à l’Alcazar de Marseille. Marius est son premier film, il en tournera 10 jusqu’en 1939, dont Regain et La Femme du boulanger (Pagnol), Bonne chance (Guitry), La Marseillaise (Renoir).

Robert Vattier (Rennes 1906-1982) Comme Charpin, il fait partie de la troupe du Théâtre de l’Odéon depuis 1924. Il effectuera une très longue carrière, au théâtre comme au cinéma jusqu’en 1978. Avec Pagnol, on le voit dans Le Schpountz, La Femme du boulanger, Manon des Sources et Les Lettres de mon moulin.

Marcel Maupi (Marseille 1881-1949) Au début du siècle, il fait du music-hall dans la région de Toulon. Rencontre Raimu qui le fait venir à Paris pour jouer Marius au théâtre ; il ne figure pas dans le film mais seulement dans Fanny qui est le 7e de la centaine de films dans lesquels il apparaît. Il tourne Le Schpountz, La Femme du boulanger, La Fille du puisatier, et joue César au théâtre en 1946.

Édouard Delmont (Marseille 1883-1955) Entre à l’Alcazar de Marseille en 1914 en qualité de machiniste?; il en deviendra régisseur. Il fait du music-hall à Paris avec les Marseillais montés à la capitale autour de Raimu. Il tournera dans plus de 80 films de 1930 à 1954, dont Toni de Renoir, et Quai des Brumes de Carné, ainsi que de nombreux Pagnol : Angèle, Regain, La Femme du boulanger, Manon des Sources, Les Lettres de mon moulin.

Milly Mathis (Marseille 1901-1965) Joue dans de très nombreux films de 1930 à 1959. Seulement figurante dans Marius, elle crée le rôle de Tante Claudine dans Fanny. Elle est l’épouse de Raimu dans Carnet de bal de Duvivier. On la voit dans Regain, La Fille du puisatier, Topaze troisième version, et Manon des Sources de Pagnol. Comédienne populaire, elle joue dans 120 films jusqu’en 1959 dont L’Eau vive, écrit par Giono, et se produit après-guerre dans les plus grandes revues de l’Alcazar. En 1956, elle joue Fabien de Pagnol aux Bouffes-Parisiens.

Thommeray Avant d’être le curé de César, était apparu chez Pagnol dans Angèle et dans Merlusse.
Alida Rouffe (Bordeaux 1874-1949) Actrice de music-hall, de revues, de comédies, elle se produit principalement dans le Sud (Alcazar de Marseille, Opéra de Nîmes, et en tournées). Marius est son premier film. Elle en tournera 14 jusqu’en 1945, dont Cigalon, Topaze seconde version, Le Schpountz et La Femme du boulanger.

Robert Bassac (1910-1940) On relève 7 films pour cet acteur mort très jeune, dont trois autres de Pagnol : Regain, Le Schpountz et La Femme du boulanger. Il apparaît une dernière fois dans Monsieur Bretonneau d’Alexandre Essway.

Doumel (Marseille 1889-1950) Comique “marseillais” surnommé “le Roi des menteurs”, il monte à Paris où il se produit sur de petites scènes avant d’être engagé dans des opérettes et des pièces de théâtre (Empire, A.B.C…). Il débute au cinéma en 1926 et tournera dans 34 films jusqu’en 1940 : La Comédie du bonheur (Marcel L’Herbier). Il a enregistré des disques de galéjades et publié un recueil : «?Mes histoires marseillaises?».

Rellys (Marseille 1905-1991) Commence sa carrière dans des tournées de music-hall avant de débuter au cinéma en 1930. Engagé par Alibert en 1933, il joue dans les comédies marseillaises. Il campe des personnages secondaires dans Merlusse et dans César et devra attendre 1952 pour que Marcel Pagnol lui offre le magnifique rôle d’Ugolin dans Manon des Sources. Acteur très populaire, il a tourné dans près de 60 films dont Les Lettres de mon moulin (Pagnol), Crésus (Giono) et Heureux qui comme Ulysse (Henri Colpi)?; on le voyait également à la télévision.

Charblay (1884-1945) Après être passé au Casino de Paris, joue dans 13 films à partir de 1933, dont Justin de Marseille (Maurice Tourneur), Regain, Le Schpountz et La Femme du boulanger (Marcel Pagnol), L’Étrange M. Victor (Jean Grémillon) et L’Arlésienne (Marc Allégret). Marié à Odette Roger qui joue dans les mêmes films de Pagnol.

Nous ne souhaitons pas, d’excellentes études ayant été faites sur le sujet, détailler une œuvre que chacun a vue, ou verra, notamment grâce à ses nombreux passages à la télévision, ni même résumer une intrigue dont les trois épisodes ont été traduits dans le monde entier, et dont les scènes les plus célèbres sont apprises par cœur par les écoliers, les collégiens et les lycéens. Marius, Fanny et César sont devenus des “classiques” de la littérature française, et des “classiques” du cinéma, en dépit de certaines critiques leur reprochant leur côté “théâtre filmé”. Il serait bien plus judicieux de faire ressortir leur côté “précurseur” et se souvenir que la France, avec quelques années de retard sur les Etats-Unis, en était encore aux balbutiements dans le domaine du cinéma parlant (d’où le choix d’Alexandre Korda pour tourner Marius). Marcel Pagnol, l’un des premiers, contre vents et marées, c’est-à-dire contre l’ensemble des professions théâtrale et cinématographique, a compris l’intérêt de cette nouvelle forme d’expression, l’avenir qui l’attendait, et le parti qu’il pouvait en tirer. Il se consacrera d’ailleurs bientôt presque exclusivement à cette forme d’art, délaissant pratiquement le théâtre qui l’avait pourtant rendu consacré et rendu célèbre.

Mais si les films et leurs personnages truculents et pittoresques sont inscrits désormais dans la mémoire collective, ils empêchent parfois d’apprécier pleinement la saveur et la qualité du texte et de la langue. D’où le grand intérêt de leur écoute “dépouillée” du support de l’image (1). Cet intérêt est encore augmenté grâce à leur rendu sonore, bien supérieur à celui des films, qui permet de mieux comprendre les paroles et les répliques. Ce que comprirent Marcel Pagnol et les Éditions CMF lorsqu’ils décidèrent d’éditer, sur trois doubles-albums microsillons, les bandes originales des trois films, ainsi qu’il est noté à l’intérieur de la pochette de Marius : «?La pellicule cinématographique est un support fragile. Le négatif et les contretypes originaux ont fourni en trente ans plus de mille copies, et ce chef-d’œuvre de l’art cinématographique risque de disparaître un jour. C’est pourquoi nous avons pensé à enregistrer les voix célèbres sur de modernes microsillons. Afin d’éclairer l’auditeur, et de remplacer les images absentes, l’auteur a composé un commentaire, qui est une suite de sous-titres parlés, et il a tenu à dire lui-même ce texte, plus de trente ans après la sortie de ses films?» (2).

Par rapport à l’édition originale, cette nouvelle publication en CD permet (en dehors du travail de restauration sonore qui augmente encore la qualité de l’écoute), grâce aux index, de “plager” les différentes scènes. Pour leur repérage, nous nous sommes servi des textes originaux des pièces telles que les a établis Marcel Pagnol en vue de leur publication dans ses «?Œuvres complètes?» par les Éditions de Provence à partir de 1965 (3). L’auditeur curieux et attentif trouvera souvent de notables différences entre les dialogues des films et ceux des pièces. Celles-ci au théâtre étaient plus longues que leur version filmée, déjà fort conséquente. Certaines scènes ont disparu, ou ont été déplacées?; n’oublions pas que Pagnol réécrivait quotidiennement les dialogues en fonction des impératifs de l’image durant le tournage, sans parler des improvisations probables des comédiens, Raimu en particulier. On remarquera également d’importantes variantes entre le film César tel qu’il a été tourné et tel qu’il a été publié plus tard dans les «?Œuvres complètes?» de Marcel Pagnol, en particulier la fin, complètement différente.

Se plonger ou se replonger au cœur même de cette extraordinaire saga qui, sans en avoir l’air, traite, avec une vraie simplicité de ton et une grande humanité, de questions qui concernent les rapports humains essentiels, permet de considérer cette fameuse “trilogie” comme un monument de la littérature populaire, et de reconnaître en Marcel Pagnol l’un des plus grands et brillants auteurs du XXe siècle.
Jean Buzelin

(1) Quelques scènes des trois films avaient été réenregistrées en studio par les comédiens en 1932, 1933 et 1937, et publiées sur 78 tours Columbia (rééditées dans Marcel Pagnol, EPM 985 532).
(2) Le commentaire qui précède l’écoute du film a été enregistré postérieurement par Marcel Pagnol. Nous nous sommes permis de l’indexer et lui donner des sous-titres.
(3) Les titres de chaque scène du film César sont ceux donnés par Pagnol, à l’exception de ceux que nous avons “inventés” (en italiques) pour indiquer des scènes qui ne figurent pas dans le texte publié.

Raimu : César
Pierre Fresnay : Marius
Charpin : Panisse
Orane Demazis : Fanny
André Fouché : Césariot
Paul Dullac : Escartefigue
Robert Vattier : Monsieur Brun
Maupi : Mangiapan, le chauffeur
Delmont : Félicien, le docteur
Milly Mathis : Tante Claudine
Thommeray : Elzéar, le Curé
Alida Rouffe : Honorine
Bassac : Pierre Dromard
Doumel : Fernand
Rellys : L’employé de Panisse
Charblay : Henry, le patron du bar
+
Jean Castan : L’enfant de chœur
Albert Spanna : Le facteur
Odette Roger : La servante de l’hôtel

Film de Marcel Pagnol (1936)
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol
Photo : Willy
Musique : Vincent Scotto?; orchestre symphonique sous la dir. de Georges Sellers
Enregistrement : Voisin et Cie?; procédé G.I. Kraemer
Production : Marcel Pagnol pour Les Films Marcel Pagnol

Texte complet commenté par l’auteur, interprété par les créateurs
Origine : 33 tours Éditions CMF 07 - 08 (1962)

Avec César prend fin l’incroyable trilogie de Marcel Pagnol, dont Frémeaux & Associés et les Éditions de la Treille ont déjà remis à la disposition du public les deux premiers volets : Marius et Fanny. Marcel Pagnol a procédé à une véritable transformation du film en livre audio dans une version où l’auteur fait office de narrateur entre les scènes et les dialogues. Le coffret présente également une archives inédite dans laquelle Pagnol se confie sur la préparation du tournage de César. La puissance évocatrice de la dimension sonore confère à l’œuvre une extraordinaire présence et révèle l’intemporalité des thèmes éternels si bien narrés par Marcel Pagnol. Patrick Frémeaux

Marcel Pagnol, CÉSAR
Enregistrement 1936, avec texte de liaison par Marcel Pagnol

Livret d’accompagnement de Jean Buzelin, illustré grâce à la collection d’André Bernard

Ecouter CESAR par MARCEL PAGNOL ENREGISTREMENT 1936, AVEC TEXTE DE LIAISON  DE MARCEL PAGNOL  1962 (livre audio) © Frémeaux & Associés 2012 Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 César sera écrit directement pour l'écran - Marcel Pagnol03'20
02 Henri, le chef accessoiriste - Marcel Pagnol02'08
03 Visite à Madame Gaucherand - Marcel Pagnol04'33
04 Dans la sacristie - Raimu03'06
05 Le quai de la gare Saint-Charles - Marcel Pagnol00'27
06 La chambre de Panisse - Raimu01'39
07 Dans la rue - Marcel Pagnol00'18
08 Dans la chambre - Raimu07'43
09 Dans la cuisine - Mathis Milly00'44
10 Dans la chambre - Raimu03'23
11 La salle à manger - Alida Rouffe02'22
12 La chambre - Rellys03'42
13 La salle à manger - Alida Rouffe01'20
14 La salle à manger - Alida Rouffe01'47
15 La chambre - Charpin01'54
16 La salle, la chambre - Charpin02'17
17 Un garage à Toulon - Pierre Fresnay03'24
18 A Marseille, les obsèques - Raimu02'28
19 Dans le bar de César - Raimu03'06
20 La chambre de césariot - Orane Demazis07'00
21 Dans le bar de César - Raimu08'08
CD 2
01 Terrasse du bar - Raimu01'07
02 Sur le quai - Orane Demazis01'34
03 A bord du bateau - Orane Demazis01'38
04 Sur la route - Maupi01'34
05 Dans une rue de Toulon - André Fouche02'17
06 Dans le magasin - Orane Demazis03'24
07 En mer, près de la côte - Pierre Fresnay01'09
08 Chez Henri - Pierre Fresnay03'21
09 La salle à manger - Orane Demazis02'55
10 La chambre de Césariot - Orane Demazis04'42
11 La terrasse du bar - Paul Dullac05'25
12 Dans la chambre - Orane Demazis00'36
13 Sur le Prado - Pierre Fresnay02'23
14 Dans la cuisine du bar - Raimu13'18
15 La terrasse de la villa de Cassis - Pierre Fresnay05'22
16 Sur le sentier - Pierre Fresnay03'12
« Magnifique ! » par La Revue des médiathèques

« Après Marius et Fanny, dont nous avons parlé dans Monticule Musique, voici le dernier de la célèbre trilogie de Pagnol : César. La transformation des pièces de théâtre en films, puis des films en livre-audio où l'auteur devient narrateur entre les scènes et les dialogues est une vraie réussite : ça fonctionne diablement bien ! Une oeuvre intemporelle et sensible. Magnifique ! »
Par Jeanne-Marie BELLEDEJOUR – REVUE DES BIBLIOTHEQUES ET MEDIATHEQUES MUSICALES




« Rendons à Pagnol… » Par Le Journal du Médecin

Après « Marius » et « Fanny », les éditions Frémeaux remettent à la disposition du public la dernière partie de la trilogie de Marcel Pagnol. L’éditeur a procédé à une véritable transformation du film en livre audio, dont une version où l’auteur fait office de narrateur entre les scènes et le dialogues. Ce coffret présente également une archive inédite dans laquelle Pagnol se confie sur la préparation du tournage de « César ». Comme le précise Patrick Frémeaux, éditeur de ce trésor : « La puissance évocatrice de la dimension sonore confère à l’œuvre une extraordinaire présence et révèle l’intemporalité des thèmes éternels si bien narrés par Marcel Pagnol ».
Par B.R. – LE JOURNAL DU MEDECIN




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