PAYSAGES MALGACHES


19,99 € TTC

FA641

En Stock . Expédition prévue sous 24 à 72h selon week-end

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Ce CD consacré à Madagascar, La Grande Île comme on la nomme aussi, témoigne de sa faune originale si différente de celle de l’Afrique proche. On y trouve un grand nombre d’espèces ou de famille n’existant que dans cette partie du monde, comme les Couas, sortes de Coucous terrestres, ou les Lémuriens, parents primitifs des singes, dont vous entendrez ici les chants étranges.
Ce CD présente les trois principaux milieux de Madagascar : la côte Est (de Périnet à Ranamafana) ;  l’Ile de Nosy Mangabe ; le Grand Sud Malgache (de Berenty à Beza-mahafaly par l’Isalo). Chaque milieu de l’île a une avifaune qui lui est propre et les auteurs de cet ouvrage ont réussi le pari de révéler toute la magie de son identité sonore.  

Patrick Frémeaux

Une journée sur la côte est  • Une journée à Nosy Mangabe  • Une journée dans le grand sud de Madagascar.


Droits audio  FA641 anciennement Sittelle - Cessionnaire du droit d'auteur pour Succession Sylvie Rifflet (Nathalie, Dominique et Michel Rifflet)  : Frémeaux & Associés (Tél 01 43 74 90 24 – Fax : 01 43 65 24 22 – info@fremeaux.com) - La Sonothèque de la Librairie Sonore (Producteur initial : Sittelle) / Ecouter les chants d'oiseaux sur CD enregistré par les plus grands audio-naturalistes : Sons et ambiances naturelles des écosystèmes - Sons de la nature - environnement - Editeur sonore de la bioacoustique - Stéreo and digital recording of the natural landscape sound. Natural sound sceneries of écosystems, Voices of the Wild Life.Les droits de cet enregistrement sont protégés par la loi. Pour toute exploitation d’illustration sonore sur CD, DVD, CD-Rom, Télévision, Cinéma, Sites internet, scénographies (théâtre, musées…), l’autorisation et un devis gratuit peuvent être obtenus auprès de Frémeaux & Associés – (fax : +33 (0)1 43.65.24.22 ou par mail info@fremeaux.com) ou par courrier auprés de Frémeaux & Associés, 20 rue Robert Giraudineau, 94300 Vincennes, France."

Paysages malgaches

Paysages malgaches / Madagascar soundscapes










Introduction

Madagascar est la quatrième île du monde par sa superficie. Située dans l’océan Indien, face au Mozambique, Madagascar était primitivement soudée au vaste continent du Gondwana. Elle s’est séparée de la partie qui est devenue l’Afrique au début du Crétacé. Isolées durant plusieurs millions d’années, la faune et la flore ont suivi leur propre évolution. La faune de Madagascar est tout à fait particulière et unique en son genre et dépourvue de gros carnivores ou herbivores comme il en existe en Afrique. Mais la “Grande Île” est le dernier refuge pour la presque totalité des lémuriens - les mammifères les plus attachants de l’île - et possède plus de caméléons, de palmiers et de baobabs que le reste du monde. Parmi les 150 espèces de grenouilles recensées, 148 sont endémiques. En revanche, elle est peu riche en oiseaux, comparée à d’autres îles plus petites. Mais pas moins de 106 espèces sur 265 sont spécifiques à l’île. “L’île-continent” tire son immense beauté de la diversité de ses paysages, de ses milieux et de ses climats. Ses richesses biologiques uniques au monde en font un paradis pour les naturalistes. La faune malgache ayant évolué en vase clos, son taux d’endémisme est de 80 % (100 % pour les mammifères). Une grave menace pèse pourtant sur ce micro-continent… le feu. La couverture végétale recule, elle couvrait 90 % de la superficie de l’île au début du siècle, elle en couvre aujourd’hui seulement 10 % ! Chaque année, 10 % de forêt originelle sont détruits par la pratique d’une culture ancestrale aux conséquences dramatiques. Les feux de brousse, surpâturages et coupes de bois (charbon de bois) contribuent également à sa disparition. Depuis l’arrivée de l’homme, plusieurs espèces ont disparu, parmi elles 11 espèces de lémuriens et 3 d’oiseaux dont l’imposant Aepyornis. Du haut de ses trois mètres, pesant près de 450 kg, c’est l’oiseau le plus lourd que la Terre ait jamais porté. Ses œufs, estimés à 10 kg pour une contenance de 8 à 9 litres, constituent également un record.

Actuellement plus de 238 espèces animales sont menacées d’extinction ; l’île est donc considérée comme l’une des plus hautes priorités de préservation sur le plan international. Les ambiances sonores de Madagascar sont encore très riches, offrant une variété contrastée de mélodies, de rythmes et de timbres. Le premier concert commence par la longue et mélodieuse plainte de l’indri. Souhaitons que ce chant émouvant nous interpelle et que les hommes du troisième millénaire l’entendent encore. Nous dédions ce disque à tous les amoureux et défenseurs de “l’île rouge”. J’ai pris un réel plaisir à observer et à enregistrer des mois durant le monde animal de cette île “magique”. Parfois les conditions d’enregistrement étaient difficiles, surtout sur la côte Est où pluie, moustiques et sangsues n’ont pas facilité mon expédition. Mais s’aventurer à travers de tels trésors naturels procure une joie unique et fait oublier le reste. J’ai eu la chance d’apercevoir un grand nombre d’espèces et j’aurais aimé qu’elles puissent être toutes présentes sur ce CD. À partir de nos meilleurs enregistrements, Jean C. Roché a préparé avec moi en studio les concerts de ce CD. Nous avons respecté les rythmes et les silences des ambiances sonores si particuliers à l’île et avons essayé de les restituer fidèlement. Nous n’avons pu éviter d’enregistrer le bruit de la pluie permanente de la côte Est, notamment dans la partie consacrée à l’île de Nosy Mangabe. On a coutume de dire dans cette partie de l’île qu’il existe deux saisons : “la saison des pluies et la période lorsqu’il pleut”.

Remerciements :
Nous remercions Jean C. Roché pour ses enregistrements du Gobe-mouche de paradis de Madagascar et du Drongo malgache et pour le travail de studio qu’il m’a fait partager. Nous tenons également à le remercier pour le prêt de matériel de prises de son et le suivi qu’il a assuré durant nos différentes expéditions au cours de l’années 1996. Nous tenons à remercier en particulier Monsieur Jean de Heaulme qui nous a réservé un accueil chaleureux dans sa réserve privée de Berenty ; Rolland Ranjatoelina d’Air Madagascar qui a soutenu jusqu’au bout notre projet ; Hubert Masquefa pour ses renseignements précieux ; le Professeur Jean-Jacques Petter pour son aide et les interprétations des chants de lémuriens ; Frank Hawkins du WWF à Antananarivo pour son intervention sur l’identification de certaines espèces d’oiseaux, ainsi que tous les guides qui nous ont accompagnés sur le terrain : Loret à Ranomafana, Andréas à Berenty, Maurice à Périnet, Lala à Beza-Mahafaly, Jean à L’Isalo, Émile à Nosy Mangabe. Nous remercions également Monsieur et Madame Peyrieras, le Professeur Roland Albignac et sa femme ainsi que tous ceux qui nous ont encouragés ou qui ont participé de près ou de loin à cette merveilleuse aventure.

I. Une journée sur la côte est (de Périnet à Ranomafana)
Le jour se lève sur la réserve de Périnet. Nous sommes en pleine forêt pluviale à 1 000 mètres d’altitude, lorsque la première plainte retentit. Ce sont les Indris, plus familièrement appelés “Babakoto”. Sa fourrure noire et blanche, ses grandes oreilles et son visage entièrement noir lui donne l’allure d’un gros “nounours”. Le plus grand et le plus gros des lémuriens est un excellent virtuose. Ses vocalises territoriales déchirent l’air, chaque famille d’une colline à l’autre, échange de longs dialogues variés et mélodiques. Ces “joutes oratoires” servent à signaler leur position respective et à maintenir ainsi la pérennité de leur territoire. Émises parfois à près de 15 mètres de haut, ces plaintes modulées et puissantes s’entendent à plus d’un kilomètre. Ces cris pourraient se comparer aux sons de la clarinette orientale. Les Indris se retrouvent ici dans un duo avec une grenouille terrestre liliputienne d’à peine dix millimètres. Son chant, fait de petits “si”… “si”, est extraordinairement puissant compte tenu de sa taille minuscule. Les revendications des Indris cessent progressivement. Le Tylas entre en scène avec son “huit uu huit” en duo avec le Vanga à queue rousse, accompagné également de “l’infatigable” Coucou de Madagascar chantant jour et nuit sans relâche, surtout à partir de septembre. L’onomatopée de son chant en malgache est “taotaon-kafa” d’où son nom. Vient ensuite la Grande Eroesse suivie de la Fauvette à pattes noires découverte très récemment. Le Mystacornis est un oiseau terrestre facilement reconnaissable à son chant mélancolique, puissant et très aigu. Le Tylas revient avec la Newtonie commune, les chants sont entrecoupés à deux reprises par quelques notes flûtées de la petite fauvette. Dromaeocerque de Seebohm auxquelles se succède le “Brrrii” typique et tonique du Coua bleu. Dans l’après-midi, les Indris entonnent un dernier couplet et une vague de petites notes émises par une myriade de grenouilles se mêle aux clameurs des Indris. Un peu plus tard, les “creeeee” des Lémurs brun se mêlent aux sifflets doux de deux petites grenouilles surnommées “grenouilles bambous”. Installées aux creux des bambous chacune d’elle émet sa petite note, produisant une ou plusieurs formules rythmiques qui, imbriquées dans celles des autres, crée une véritable polyphonie, les bambous faisant caisse de résonance. Curieusement, cela suit le procédé dit du “hoquet”. Lors des fêtes traditionnelles, les Malgaches produisent des sons et des rythmes analogues en utilisant des petits sifflets taillés dans une tige de bambou.

II. Une journée à Nosy Mangabe
Coincée dans la baie d’Antongile, arrosée en permanence par des pluies incessantes, l’île de Nosy Mangabe abrite une foule de créatures dont la plus représentative est l’insolite Aye Aye. Ce lémurien nocturne et solitaire, longtemps considéré comme une espèce éteinte, fut redécouvert en 1956. Il est farouche et très difficile à enregistrer. Le concert débute avec le chant limpide et doux du Gobe-mouche de paradis de Madagascar, s’enchaînant par les rugissements puissants du Maki Vari. Couvert d’une épaisse fourrure noire et blanche et d’une magnifique barbe blanche à longs poils, c’est un lémurien splendide de belle taille. De mœurs diurnes et crépusculaires, on le rencontre uniquement dans les forêts de l’Est de l’île. Le Drongo malgache au plumage noir est facilement reconnaissable à sa queue fourchue et sa houpette peu touffue sur le front. Il possède une grande capacité d’improvisation de jeux mélodico-rythmiques du plus bel effet. Excellent imitateur, il simule les miaulements d’un chat et les caquètements d’une poule s’il est installé près d’un village ! Les Maki Vari vocifèrent encore en fin d’après-midi accompagnés des grenouilles qui s’en donnent à “chœur” joie, le crépuscule venu. Les lémurs à front blanc poussent leur cri du soir, sorte de “crou-crou-crououcrouiiiii”, alors que les grenouilles Mantidactyles entament un premier morceau avec des “tac tac tac” énergiques. Pour terminer ce concert harmonieux, la petite grenouille Crocea ponctue de façon régulière la mélodie avec sa note très métallique. Puis, le bruit des vagues achève la journée musicale sur la petite “Nosy”.

III. Une journée dans le grand sud malgache (de Berenty à Beza-Mahafaly en passant par l’Isalo)
Le troisième concert commence par les Propithèques de Verreaux. Les malgaches l’appellent Sifaka en raison de son cri d’alarme “sif’ak” entendu ici distinctement. Grands spécialistes de la haute voltige, ces lémuriens au pelage soyeux, exécutent des sauts de plus de 10 mètres. Beaucoup moins à l’aise à terre, ils accomplissent de petits pas de danse debout sur leurs pattes postérieures. Un peu plus loin on entend des “ouin… ouin…” plaintifs. C’est le chant des Falculies mantelées ou Voronjaza en malgache, ce qui signifie “oiseau-bébé” tant leur chant ressemble aux pleurs des nouveau-nés. Le Milan noir donne la réplique un bon moment au Grand Perroquet noir. Son chant est parfois difficile à distinguer de celui du Petit Perroquet noir : ce dernier possède un registre vocal plus varié et plus mélodieux. Le vent se lève, arrivent ensuite le Rollier malgache, le Coucal malgache et le Vanga écorcheur (cri d’hostilité : piou piou), puis des Couas huppés et des Gangas masqués. À la symphonie s’ajoute un instant le “tougoulougougou” feutré émis, en canon, par trois Coucals.  En arrière plan, femmes et enfants chantent en travaillant dans les rizières, puis passent tout près, les quelques notes métalliques des Guêpiers de Madagascar. De nouveau, le chant des Falculies mantelées, puis à deux reprises, des dizaines de petites perruches vertes à tête grise s’expriment bruyamment en exécutant des acrobaties aériennes. Le Drongo émet son “pi-u pi-u” et les Voronjaza donnent la réplique. En fin d’après-midi le vent se lève, derrière les Couas huppés, un Polyboroide rayé lance son “piiiiiiiiiiiiiii” puissant et sonore qui déclenche immanquablement l’alerte chez les Maki Catta. Avec sa magnifique queue annelée et son goût prononcé pour les bains de soleil, le Maki Catta est sans doute le lémurien le plus représentatif de l’île. Les Sifaka, inquiets, lancent l’alerte alors qu’au loin les Maki, toujours vigilants, continuent de sonner le “clairon”. Un peu plus tard, le danger passé, ces ravissants lémurs entament leurs chants du soir rythmés par les craquètement entêtants des cigales et les “quoi quoi quoi…” de plusieurs Couas huppés. Les espèces nocturnes ont déjà pris place, alors que la nuit n’est pas encore tout à fait tombée. Les Pintades mitrées, introduites par l’homme, font désormais partie du paysage sonore que chants et miaulement des Maki Catta accompagnent. Dans un vacarme incroyable, les grandes chauves-souris frugivores quittent leur dortoir en quête de nourriture tandis que, durant les nuits de pleine lune, le Petit Perroquet noir continue sa ritournelle. Tout au long de la nuit, les cigales jouent de leurs cymbales en compagnie d’autres insectes puis d’un duo entre Hiboux et Perroquets. En pleine nuit une querelle éclate entre lémuriens nocturnes et perroquets. Des coups portés sur les branches par les Lépilemurs à pattes blanches et l’intervention de la petite chouette Ninox à sourcils, mettront fin à ce conciliabule. Le concert se termine avec la petite note rebondissante de l’Engoulevent de Madagascar, rappelant le son d’une balle de ping-pong.
Sylvie RIFFLET
© 1997 SITTELLE – 2008 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS

En accord avec la succession Sylvie Rifflet représentée par M. et MMes Michel, Dominique, Nathalie Rifflet

Liste des espèces dans l’ordre d’écoute / List of species heard on this CD
Les index suivants permettent d’identifier les différentes espèces dont la voix est bien perceptible, en premier plan. Les espèces peu distinctes, en arrière plan, n’ont pas été indexées. Cette liste indique les noms français, anglais, scientifiques (en italique) et, s’ils sont connus, malgaches. Les espèces endémiques sont signalées par un (E).

The following index allows for the identification of the different species whose voices are readily distinguishable, in the foreground. Those less distinct species, in the background, aren’t indexed. This list gives names in French, English, Latin (in italics), and, if known, in Malgach. Endemic species are identified by an (E).

I. Une journée sur la Côte Est / A day on the East Coast
 1. Indri / Indri / Indri indi / Babakoto, Amboanala, Endrina (E)
 2. Grenouille Stumphus / Stumphus / Stumpffia tridactyla / Sahona (E)
 3. Grenouilles “28 28” / Small Grogs / Mantidactylus madagascariensis / Sahona (E) 
 4. Tylas / Tylas vanga / Tylas eduardi / Mokazavona, Kinkimavo (E)
5. Coucou de Madagascar / Madagascar Lesser Cuckoo / Cuculus rochii Taotaonkafa (E)
 6. Grande Eroesse / Stripe-throated Jery / Neomixis striatigula / Kimitsy (E)
 7. Fauvette à pattes noires / Cryptic warbler : nouvelle espèce identifiée (E)
8. Mystacornis / Crossley’s Babbler / Mystacornis crossleyi / Talapiotany, Soratrala (E)
9. Tylas / Tylas vanga / Tylas eduardi / Mokazavona, Kinkimavo (E)
10. Dromaeocerque de Seebohm / Gray Emutail / Dromaeocercus seebohmi Serikata­nimbary (E)
11. Coua bleu / Blue Coua / Coua caerulea / Taitso manga, Mariha (E)
12. Newtonie commune / Common Newtonia / Newtonia brunneicauda / Tretretre, Kate­kateky (E)
13. Grenouilles boophis / Boophis luteus / Sahona (E)
14. Petit cadena dans l’eau / Small Frog / Sahona (E)
15. Lémur brun / Common Brown Lemur / Eulemur f. fulvus / Varika, Varikosy (E)
16. Grenouilles bambous / Platypelis barbouri & Platypelis pollicaris / Sahona (E)

II. Une journée à Nosy Mangabe / A day at Nosy Mangabe
17. Gobe-mouche de paradis de Madagascar / Madagascar Paradise Flycatcher /  Terpsiphone mutata / Siketry
18. Lémur vari / Black and White Ruffed Lemur / Varicia variegata variegata / Vari, Varikandra (E)
19. Drongo malgache / Crested Drongo / Dicrurus forficatus / Railovy
20. Grenouilles mantidactylus / Small Frogs / Mantadactylus grandidieri (tac tac tac) / Sahona (E)
21. Lémur à front blanc / White-Fronted Brown Lemur / Eulemur fulvus albifrons Varika (E)
22. Grenouille crocea / Small Frog / Mantella crocea / Sahona (E)

III. Une journée dans le grand sud malgache / A day in the far south of Madagascar
23. Propithèque de Verreaux / Verreaux’s Sifaka / Propithecus v. verreauxi / Sifaka (E)
24. Falculie mantelée / Sickle-billed Vanga / Falculea palliata / Voronjaza (E)
25. Grand Perroquet noir / Greater Vasa Parrot / Coracopsis vasa / Vasa, Vazambe, Boloky, Sihotsibe
26. Idem 25. (Chant différent)
27. Milan noir / black Kite / Milvus migrans / Papango
28. Petit Perroquet noir / Lesser Vasa Parrot / Coracopsis nigra / Vasakely, Bolokikely, Sihotsy / Boezakely
29. Rollier malgache / Broad-billed Roller / Eurystomus glaucurus / Tsararahaka
30. Vanga écorcheur / Hook-billed Vanga / Vanga curvirostris / Fifiokala, Tsilovanga / Bekapoaky (E)
31. Coua huppé / Crested Coua / Coua cristata / Tivoka, Tsiloko (E)
32. Ganga masqué / Madagascar Sandgrouse / Pterocles personatus / Katrakatraka (E)
33. Coucal malgache / Madagascar Coucal / Centropus toulou / Toloho
34. Guêpier de Madagascar / Madagascar Bee-eater / Merops superciliosus / Kirikioka, Kirikirioky
35. Inséparable à tête grise / Grey-headed Lovebird / Agapornis cana / Kitreoky, Sarivazo (E)
36. Drongo malgache / Crested Drongo / Dicrurus forficatus / Railovy
37. Polyboroide rayé / Madagascar Harrier-Hawk / Polyboroides radiatus / Fihiaka (E)
38. Idem 37
39. Maki, Maki mococo / Ring-Tailed Lemur / Lemur catta / Maki, Hira (E)
40. Coua huppé / Crested Coua / Coua cristata / Tivoka, Tsiloko (E)
41. Pintade mitrée / Helmeted Guineafowl / Numida meleagris / Akanga
42. Idem 40
43. Ninox à sourcils / White-browed Owl / Ninox superciliaris / Vorondolo, Tovotovoka (E)
44. Roussette rougeâtre / Rufous Flying Fox / Pteropus rufus / Fanihy (E)
45. Petit duc de Madagascar / Malagasy Scops-Owl / Otus rutilus / Fitaliha, Torotoroka
46. Cigales / Cicadas / Jorery
47. Maki, Maki mococo / Ring-Tailed Lemur / Lemur catta / Maki, Hira (E)
48. Insectes / Insects / Bibikely
49. Lépilemur à pattes blanches / White-Footed Sportive lemur / Lepilemur leucopus Songiky (E)
50. Idem 43
51. Engoulevent de Madagascar / Madagascar Nightjar / Caprimulgus madagascariensis Tataro, Lopaka

Note : en malgache le “o” se prononce “ou”. / Note: in Malgache the “o” is pronounced “ou”.

Nous tenons à préciser que les identifications des espèces de grenouilles ont été faites par les guides de terrain malgaches. Nous remercions les trois sponsors qui ont aidé Sylvie Rifflet dans ses expéditions en 1996 : Air Madagascar, Photo Service et Sittelle-Céba.

It is important to state that identification of the various species of frog was done using a Malgache field guide.

english notes
Introduction
Madagascar is the fourth largest island in the world, in area; in the Indian Ocean, opposite Mozambique. In the past Madagascar was fixed to the vast continent of Gondwana. Seperated from what is now Africa at the start of the Tertiary era, and then isolated for several million years, the fauna and flora has evolved independently. Madagascar has a unique faunal type, where there are no large carnivores or herbivores as found in Africa. The “Grande Ile” is a last refuge for nearly all of the world’s lemurians, certainly the most attractive mammals of the island, and has more species of cameleon, palm tree and baobab than the rest of the planet. Among the 150 species of frog so far identified, 148 are endemic. On the otherhand, it is rather poor in bird life, compared to other, smaller, islands. However, no less than 106 of the 265 species recorded occur only here. This “island-continent” owes its great beauty to the variety of landscape, habitats and climate to be found there. Its biological richness makes it a naturalist’s paradise. Having evolved in a closed system, 80% of Madagascar’s species are endemic (100% of mammals). There is dangerous threat on this micro-continent… fire. Natural vegetation cover declines, at the start of the century 90% of the island had a cover of vegetation, this has been reduced to a mere 10% today! Each year, 10% of the remaining native forest is destroyed by an ancestral system with dramatic consequences: bush fire, over-grazing and wood cutting (for making charcoal)… Since the arrival of man, many species have disappeared, amont them: 11 lemurs and 3 birds including the enormous Aepyornis. With a height of three metres, and a weight of nearly 450 kg, it was the heaviest bird the world has ever known. Its egg, estimated to have weighed some 10 kg with a capacity of 8 to 9 litres, is also a record. More than 238 Madagascan species are presently threatened with extinction and thus the island is considered an international conservation priority. The sound atmosphere of Madagascar are still very rich with considerable variation and constrasts of melody, rhythm and tone. The first concert starts with the long and melodious plaintive call of the Indris; let us hope that it will still be heard in the third millennium. We dedicate this CD to all those interested in and fighting for conservation on the “red island”. I took great pleasure during these months in watching and recording the animal life of this magic island. Sometimes recording conditions were difficult, especially on the east coast where rain, mosquitoes and leeches didn’t make the expedition easy. But the joy of discovering such a naturel wealth makes one forget the rest.  I had the luck of seeing a great number of species and I should have liked all of them to have a place on this CD. Using our best recordings, Jean C. Roché and I have put together, in the studio, the concerts on this CD. We haven’t changed the rhythm or periods of silence in the sound atmospheres and have tried to reproduce them as exactly as possible. I couldn’t avoid recording the sound of the perpetual rain on the east coast, particularly on that part concerning Nosy Mangabe island. Here it is said traditionally that there are two seasons : “the rainy season and the season when it rains”.

Acknowledgements
We should like to thank Jean C. Roché for his recordings of Madagascar Paradise Flycatcher and Crested Drongo and for his great part in the studio work. Also for lending the recording material and his backup during our different expeditions in 1996. We would especially like to thank Monsieur Jean de Heaulme who gave us a warm reception at the Berenty private reserve; Rolland Ranjatoelina of Air Madagascar who helped us through the whole project; Hubert Masquefa for his precious information, Jean-Jacques Petter for aid in interpreting lemur calls; Frank Hawkins of WWF at Tananarive for his help in identifying some of the bird species, as well as all the guides who accompanied us in the field: Loret at Ranomafana, Andréas at Berenty, Maurice at Périnet, Lala at Beza-Mahafaly, Jean at L’Isalo, Émile at Nosy Mangabe. Also André Peyrieras and his wife, Roland Albignac and Mauricette as well as all those who encouraged us or who helped, in what ever way, in this marvellous adventure.

I. A day on the east coast (from Périnet to Ranomafana)
Sunrise over the Périnet reserve. We’re at an altitude of 1.000 metres and the first plaintive call of an Indris rings out. The largest lemur and a great virtuoso. Its black and white coat and entirely black head gives it the appearance of a large teddy bear. Their territorial calls given in groups ring out to be heard more than a kilometre away, allowing each family to know the position of its neighbourghs. Here we find two Indris in duo with a tiny ground frog, hardly 10 millimetres long. Its song, made of short “si… si” notes, is incredibly loud for the animals size. The Kinkimavo enters the scene with its “huit uu huit” at the same time as the Red-tailed Vanga, also joined by the untiring Madagascar Little Cuckoo which sings day and night without a break, especially in September, its Malgache name is an onomatopoeia of its call “taotaon-kafa”. Next can be heard the Stripe-throated Jery followed by the very recently discovered Cryptic Warbler. The ground living Crossley’s Babbler is easily recognized from its melancolique, loud, high-pitched song. The Kinimavo returns with the Common Newtonia, the songs are broken twice by a few fluty notes of the small Seebolm’s Feather-tailed Warbler, followed by the typical and pleasant “Brrrii” of the Blue Madagascar Coucal. Before sunset the Indris give a last clamorous concert, which is mixed with a wave of light notes given by a multitude of frogs. A little later the “creeeee”s of Brown Lemurs mix with the soft whistles of two small frogs, called bamboo frogs. Installed in the hollow of a bamboo each one gives its own little note, the whole creating a complex rhythm. The bamboo acts as a sound box. Curiously, these sounds are similar to those of the Hoquet, a small whistle cut from a bamboo stem and used during traditional festivals by local people.

II. A day at Nosy Mangabe
Lying in the Antogile Bay, with permanent rainfall, Nosy Mangabe Island is home to a host of animals of which the most representative is the unusual Aye-aye. This solitary, nocturnal lemur, for long considered an extinct species, was rediscovered in 1956. It is shy and nearly impossible to record. The concert starts with the clear, soft song of the Madagascar Paradise Flycatcher followed by the loud howls of the Ruffed Lemur. Covered in a thick coat and with a magnificent long, white beard, this is an impressive, large lemur. The black Crested Drongo is recognizable by its forked tail and small, slight frontal crest, it has a great capacity for improvizing both rhythms and melodies, to great effect. An excellent mimic, it will imitate the miaowing of a cat or the clucking of a hen if living nearby a village. The Ruffed Lemur still chuckle in the late afternoon accompagnied by frogs giving full-voice in the twilight. Then the White-fronted Brown Lemurs give their evening call, something like “crou-crou-crououcrouiiiii”, as the small frogs start up with a first energetic “tac tac tac”. To finish this harmonious concert, the small frog interupts the melody from time to time with its very metallic note. Our musical day on this small “Nosy” ends with the sound of the waves.

III. A day in the far south of Madagascar (from Berenty to Beza-Mahafaly via l’Isalo)
The third concert starts with the Verreaux’s Sifaka. The people of Madagascar name the bird Sifaka after its alarm call “sif’ak”, clearly heard here. Great specialists in tightrope walking, these silky coated lemurs can jump more than 10 metres from one tree to another. Much less at ease on the ground, they progress by small dance-like steps whilst upright on their hind legs. A little farther off we hear the plaintive “ouin… ouin…”, the song of the Sicklebill or Voronjaza in Malgache, which signifies “baby-bird”, as it sounds like the cry of a new-born baby. The Black Kite replies for quite a time to a Vasa Parrot. Its song is sometimes difficult to seperate from that of the Black Parrot, but the latter has a more varied and more melodious vocabulary. The wind rises, now come the calls of the Broad-billed Roller, the Black Coucal and the Hook-billed Vanga (an aggressive call: piou piou), followed by the Crested Madagascar Coucal and Madagascar Sandgrouse. The hushed “tougoulougougou” calls of three Black Coucals momentarily add to the symphonie. In the background, women and children can be heard singing as they work in the rice-paddies, a few metallic calls of a flight of Blue-cheeked Bee-eaters can be heard. Once again we hear the song of the Sicklebill, and twice, groups of small Grey-headed Lovebirds call loudly during aerial acrobatics. A Crested Drongo gives its “pi-u pi-u” with replies from the Voronjaza. Towards late afternoon the wind rises as Crested Madagascar Coucals call, a Madagascar Harrier-hawk gives its loud, sonorous “piiiiiiiiiiiiiii” which inevitably arouses the attention of the Ring-tailed Lemurs. With its magnificent ringed tail and definite pleasure in sunbathing, the Ring-tailed Lemur is without doubt the most representative of the island’s lemurs. The worried Sifakas give the alert as in the distance the Ring-tailed Lemurs, for ever on the lookout, persist in sounding the alarm. A little later, danger passed, these charming lemurs take up their rhythmic evening song, accompanied by the crackling of cicadas and the “quoi quoi quoi…” of several Crested Madagascar Coucals. Nocturnal species have already taken their place, although it isn’t yet thouroughly dark. Helmeted Guineafowl, introduced by man, are nevertheless part of the soundscape sung and miaowed by the accompanying Ring-tained Lemurs. In an incredible uproar, the large fruit-eating bats leave their roost in the search for food while on moonlit nights the Black Parrot continues its refrain. Throughout the night, the cicadas play their cymbals to the accompanyment of other insects and a duo of owls and parrots. In the middle of the night there is a quarrel between a nocturnal lemur (White-footed Sportive Lemur) and parrots. The sound of branches and the call of the small White-browed Owl bring these nocturnal discussions to an end. The concert finishes with the short rebounding note of the Madagascar Nightjar, reminiscent of the sound of a bouncing pingpong ball.
Sylvie RIFFLET - Translated in English by Tony WILLIAMS
© 1997 SITTELLE – 2008 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS

We should like to thank the three sponsors who aided with Sylvie Rifflet’s field expeditions during 1996: Air Madagascar, Photo service and Sittelle-Céba.

CD Paysages malgaches / Madagascar soundscapes © Frémeaux & Associés / Droits audio : Frémeaux & Associés - La Librairie Sonore (Producteur initial : Sittelle, Pithys, Collection Allain Bougrain Dubourg ou Ceba) / Ecouter les chants d'oiseaux sur CD : Sons et ambiances naturelles des écosystèmes - Stéreo and digital recording of the natural landscape sound. Natural sound sceneries of écosystems, Voices of the Wild Life. Les droits de cet enregistrement sont protégés par la loi. Pour toute exploitation d’illustration sonore sur CD, DVD, CD-Rom, Télévision, Cinéma, Sites internet, scénographies (théâtre, musées…), l’autorisation et un devis gratuit peuvent être obtenus auprès de Frémeaux & Associés – fax : +33 (0)1 43.65.24.22 info@fremeaux.com




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
01 Indri - Indri01'25
02 Grenouille Stumphus - Stumphus02'30
03 Grenouille 28 28 - Small Grogs01'22
04 Tylas - Tylas Vanga (Tylas eduardi)00'13
05 Coucou de Madagascar - Madagascar Cuckoo (Cuculus rochii)01'00
06 Grande Éréonesse - Stripe-throated Jery (Neomixis striatigula)00'58
07 Fauvette à Pattes Noires - Cryptic Warbler (Cryptosylvicola randrianasoloi)00'17
08 Mystacorne de Crossley - Crossley's Babbler (Mystacornis crossleyi)00'36
09 Tylas - Tylas Vanga (Tylas eduardi)00'35
10 Dromaeocerque de Seebohm - Gray Emutail (Amphilais seebohmi)00'28
11 Coua bleu - Blue Coua (Coua caerulea)00'17
12 Newtonie commune - Common Newtonia (Newtonia brunneicauda)01'59
13 Grenouille Boophis - Boophis Luteus00'10
14 Petit Cadena dans l'eau - Small Frog00'57
15 Lémur Brun - Common Brown Lemur01'28
16 Grenouilles Bambous - Platypelis Barbouri00'56
17 Gobe Mouche de Paradis de Madagascar - Madagascar Paradise Flycatcher (Terpsiphone mutata)01'08
18 Lémur Vari - Black and White Ruffed Lemur00'48
19 Drongo malgache - Crested Drongo (Dicrurus forficatus)02'22
20 Grenouilles Mantidactylus - Small Frogs00'29
21 Lemur à Front Blanc - White Fronted Brown Lemur01'42
22 Grenouille Crocéa - Small Frog01'41
23 Prophithèque de Verreaux - Verreaux's Sifaka01'01
24 Falculie mantelée - Sickle-billed Vanga (Falculea palliata)01'02
25 Grand Perroquet Noir - Greater Vasa Parrot (Coracopsis vasa)00'53
26 Grand Perroquet Noir - Greater Vasa Parrot (Coracopsis vasa)00'20
27 Milan noir - Black Kite (Milvus migrans)00'51
28 Petit Perroquet Noir - Lesser Vasa Parrot (Coracopsis nigra)00'29
29 Rollier Malgache - Broad Billed Roller (Eurystomus glaucurus)00'59
30 Vanga écorcheur - Hook-billed Vanga (Vanga curvirostris)00'50
31 Coua huppé - Crested Coua (Coua cristata)00'31
32 Ganga masqué - Madagascar Sandgrouse (Pterocles personatus)00'38
33 Coucal toulou - Madagascar Coucal (Centropus toulou)01'00
34 Guêpier de Madagascar - Madagascar Bee-eater (Merops superciliosus)01'04
35 Inséparable à tête grise - Grey-headed Lovebird (Agapornis canus)00'25
36 Drongo malgache - Crested Drongo (Dicrurus forficatus)02'38
37 Polyboroïde Rayé - Madagascar Harrier Hawk (Polyboroides radiatus)00'53
38 Polyboroïde Rayé - Madagascar Harrier Hawk (Polyboroides radiatus)02'04
39 Maki Maki Mococo - Ring Tailed Lemur00'48
40 Coua huppé - Crested Coua (Coua cristata)02'06
41 Pintade Mitrée - Helmeted Guineafowl (Numida meleagris)01'47
42 Pintade Mitrée - Helmeted Guineafowl (Numida meleagris)00'45
43 Ninoxe à sourcils blancs - White-browed Boobook (Ninox superciliaris)01'06
44 Roussette Rougeâtre - Rufous Flying Fox02'29
45 Petit-duc malgache - Malagasy Scops-Owl (Otus rutilus)00'58
46 Cigales - Cicadas01'35
47 Maki Maki Mococo - Ring Tailed Lemur00'55
48 Insectes - Insects01'14
49 Lépilemur à Pattes Blanches - White Footed Sportive Lemur03'12
50 Lépilemur à Pattes Blanches - White Footed Sportive Lemur02'56
51 Engoulevent malgache - Madagascar Nightjar (Caprimulgus madagascariensis)01'42
« Les animaux chantent la Grande Ile » par Océan Indien

Ballade impromptue au pays de la faune malgache. Discret, le lémurien ? Timide, la grenouille terrestre ? Ecoutez voir… Le premier soliste du disque est un indri (ou « babakoto »), le plus gros des lémuriens. Ce gros nounours blanc et noir nous offre un vigoureux concert de clarinette audible à plus d’un kilomètre. Arrive une grenouillette longue d’un centimètre qui envoie, malgré la modestie de son coffre, ses « si…si… » insistants à la face du monde. Etonnante cantatrice lilliputienne. Ses cousines les grenouilles des bambous, utilisent leur caisse de résonance végétale pour composer des vraies polyphonies, auxquelles répondent les lémurs bruns. Oui, les animaux prennent plaisir à chanter ensemble. Couas (coucous terrestre de Madagascar), tylass, vangas, eroesses, mystacornis et fauvettes célèbrent la côte Est, de Périnet à Ranomafana. Cap sur l’île de Nosy Mangabe pour la seconde partie du disque. L’inévitable chant de la pluie nappe celui des oiseaux et du farouche aye aye . Une éclaircie met en valeur les graciles mélodies du gobe-mouche qui joue les rossignols tropicaux, et la vigueur du maki vari qui se prend pour un lion. Que dire de l’époustouflant registre du drongo malgache, capable d’imiter le chat ou la poule à proximité des villages ? Les sons du Grand sud malgache par l’Isalo, clôturent l’album. Pleurs de l’oiseau-bébé (veronjaza) si humains tandis que ricanent les makis. Tous, à poils et à plumes, rivalisent de vocalises, hostiles ou amicales, souvent trompeuses : ainsi, le profane confondra le ganga avec une chèvre et le vanga ou avec des chatons en détresse. La nuit tombe et ouvre le concert des chauves-souris, cigales, perroquets et hiboux, mêlé de disputes lémuriennes. La balle de ping-pong de l’engoulevent met un point d’orgue à ce voyage les yeux fermés, prélude à une nuit pleine de rêves étranges. Des mois d’enregistrements qui ont été nécessaires pour restituer la richesse de cette faune sonore, à 80% endémique, et qui compte plus de 200 animaux menacés d’extinction. Un patrimoine naturel à découvrir avec toute la finesse de l’ouïe. « Paysages sonores de Madagascar », CD de Sylvie Riffet, Victor Randrianary et Jean C. Roché, chez Frémeaux et Associés. Egalement disponibles dans la même collection, des dictionnaires ou paysages sonores d’Afrique, d’Asie, d’Australie, des tropiques... OCEAN INDIEN




« Une exceptionnelle balade sonore » par Le Quotidien de la Réunion

La faune à 80% endémique d’une île-continent a forcément des choses à dire. Pendant des mois, Sylvie Rifflet a enregistré ces drôles de bêtes qui chantent Mada. Et c’est en trois temps - une journée sur la côte est, une à Nosy Mangabe et une dans le grand Sud - qu’elle nous propose cette exceptionnelle balade sonore. Tout commence par la côte Est, entre Périnet et Ranomafana. Avez-vous déjà entendu un lémurien chanter ? Les vocalises du babakoto (ou indri), le plus gros et le plus « nounours » des makis, sont de véritables joutes oratoires, perceptibles à plus d’un kilomètre. De vraies clarinettes ! « Si… Si… Si… », leur répond une minuscule grenouille terrestre : un centimètre de long, mais quel coffre ! Entrent en scène vangas, coucou de Mada (taotaon-kafa ! désigne à la fois l’oiseau et le cri), fauvettes, tylas, couas bleus, grenouilles bambous ou lémuriens du soir. Cap sur Nosy Mangabe et la baie d’Antonlige. L’aye aye nous attend, la pluie aussi, avec ses cohortes de moustiques. Le cri doux du gobe mouche, le rugissement du maki vari, les rythmes de drongo qui sait aussi miauler et caqueter, et toutes les grenouilles… Suite et fin dans le grand Sud malgache où l’on entend l’oiseau-bébé (voronjaza) pleurer comme un petit humain, des makis en pagaille, le milan noir donner le la au perroquet de la même couleur, les Sifakas (ou prophithèques de Verreaux) crier au feu, et puis aussi les humains chantant les pieds dans le riz, les chauve-souris, les cigales, les chouettes, et en note finale le son de ping pong de l’engoulevent. Quel festival ! S.B.-LE QUOTIDIEN DE LA REUNION