LA FETE FORAINE ET LE CIRQUE

ANTHOLOGIE PAR LA CHANSON FRANCAISE

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Livret : OTOS / ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 2


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FA5124

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La magie de la fête foraine et du cirque n’opère pas sans l’onirisme sonore propre à ces univers. Un refrain, une mélodie, une chanson suffisent souvent à ressusciter toute l’ambiance d’un chapiteau. Retour dans le rêve, l’enfance et la fête avec ce coffret dédié à ceux qui, en France, ont chanté la bohême foraine, la magie du cirque. Un coffret de 2 CD dirigé par André Bernard et accompagné d'un livret de 40 pages illustré de 32 photos.
Patrick Frémeaux

Droits : Frémeaux & Associés"

Fête foraine et cirque

FÊTE FORAINE & CIRQUE 1928-1954
Direction artistique : André Bernard









La magie de la fête foraine et du cirque n'opère pas sans l'onirisme sonore propre à ces univers. Un refrain, une mélodie, une chanson suffisent souvent à ressusciter toute l'ambiance d'un chapiteau. Retour dans le rêve, l'enfance et la fête avec ce coffret dédié à ceux qui, en France, ont chanté la bohême foraine, la magie du cirque.

The magic surrounding the fairground and circus would not be complete without the oneiric sounds of this universe.  A verse, tune or song are sometimes sufficient to evoke the atmosphere of the big top.  Through this album we step back to the world of reverie, childhood and merrymaking.

DISCOGRAPHIE CD 1 
1. LA FETE A NEUNEU 2’59 (H. Betti/M. Chevalier-M.Vandair)
Maurice CHEVALIER Orchestre direction Raymond Legrand Gramophone K-8630/OLA 4259-1 4 Avril 1944

2. LA FOIRE 3’20 (L. Logist/J. Brel)
Jacques BREL Philips P 19055 H Février 1953

3. LA FETE FORAINE 2’59 (J. Batell/J. Mareze) 
Jacqueline BATELL Hebertot CX-2054/HK 179 1937

4. LA FETE FORAINE 2’14 (G. Ulmer - arrangt D. White/G. Ulmer-G. Koger)
Georges ULMER Orchestre direction Daniel White Columbia BF 210/CL 8565 19 Juillet 1948

5. FOIRE DU TRONE 2’48 (J. Hélian/R. Lamoureux)
André PASDOC Orchestre direction Maurice Van de Valle La Voix de son Maître ML 764 Juillet 1950

6. LE PORTE-BONHEUR 3’16 (L. Gasté/H. Kubnick)
Jacques HELIAN et son Orchestre Columbia DF 3091/CL 8108-1 20 Mars 1946

7. VIENS, GOSSE DE GOSSE 2’20 (J. Lenoir) du film “Liliom”
FLORELLE - Orchestre direction Wal-Berg Polydor 522 869/5859 1/2 BDP 23 Janv. 1934

8. IDYLLE FORAINE 3’03 (L. Bernadac/P. Jacob-H. Janicot)
Tino ROSSI - Orch. direction Albert Lasry Columbia GF 1014/CL 8744-1 14 Déc. 1949

9. LE MANEGE AUX SOUVENIRS 3’12 (E. Stern - E. Barclay/E. Marnay)
Roland GERBEAU Orchestre & Arrangements Franck Pourcel Ducretet Thomson 790 V 029/DT 1590 1953

10. LE REFRAIN  DES CHEVAUX DE BOIS 3’20 (Alexander/M. Vandair - Charlys)
Ray VENTURA et ses Collégiens Pathé PA 1081/CPT 3005 - 1 24 Nov. 1936

11. LA FILLE AU MANEGE 3’15 (G. Lafarge/M. Vandal)
Renée LEBAS Orchestre direction Pierre Norbert Gramophone K 8658/OLA 4307 29 Déc. 1944

12. SON CH’VAL MONTAIT 3’01 (N. Marco/Ker-Avel)
ANDREX Orchestre direction Jacques-Henri Rys Pathé PG 517/CPF 8329-21 17 Sept. 1951

13. LA VALSE AU VILLAGE 2’44 (V. Rose - L. Stock/L. Poterat)
Jean SABLON Orchestre Direction Wal-Berg Gramophone  K 8348/OLA 3008-1 25 mars 1939

14. LA FETE CONTINUE 3’06 (M. Emer) 
Edith PIAF Orchestre direction Robert Chauvigny Columbia BF 319/CL 8837-1 20 Juin 1950

15. LUNA PARK 1’57 (L. Gasté/J. Guigo)
Yves MONTAND Orchestre direction Guy Luypaerts Odéon 281.662/KI 9680-1 Mai 1945

16. A LA FOIRE D’ASNIERES 2’52 (G.B. Holzer/Th.A illaud)
DORVILLE - Accompagnement d'orchestre direction André Valsien Odéon 166.427/KI 4248 Mars 1931

17. LE FILS DE LA FEMME POISSON 3’10 (Ch. Trenet)
FREHEL Orchestre direction Pierre Chagnon Columbia DF 1926/CL 5697-1 Avril 1936

18. LA MARCHE DES FORAINS 2’40 (V. Scotto/Marc-Cab - R.Vincy - H. Alibert)
ALIBERT - Orchestre direction André Tildy Pathé PA 2327/CP 5961 29 Juin 1945   

DISCOGRAPHIE CD 2
1. THE “HARRY LIME” THEME 2’11 (A. Karas) du film “Le 3e Homme”
Anton KARAS - Cithare solo Decca MG 9235/DDR 14.059-1 1949

2. UNE DEMOISELLE  SUR UNE BALANÇOIRE 3’16 (Mireille/J. Nohain)
Yves MONTAND Accompagné par Bob Castella et ses Rythmes Guitare : Henri Crolla Odéon 282 418/KI 11445 Avril 1951

3. LA FEMME A BARBE 2’48 (P. Blaquière/E. Frébault)
BORDAS - Orchestre direction Marcel Pagnoul La Voix de son Maître  SG 72/OLA 493 13 Mai 1935

4. MAGICIEN 2’41 (Heyman/Daniels - Parker - F. Bonifay)
Georges GUETARY Orchestre direction Jacques Metehen Pathé PG 927/CPT 11315-21 Novembre 1954

5. JOUR DE FÊTE 2’19 (J. Yatove/J. Vertenelle) du Film “Jour de Fête”
Lucienne LEFEVRE  Orchestre direction Jo Boyer Selmer SL 6509/LSS 3035 1948

6. SALTIMBANQUES 3’18 (L. Bessières/G. Apollinaire)
Yves MONTAND Orchestre direction Bob Castella Odéon 282.318/KI 11.213-1P Nov. 1950

7. SALTIMBANQUE 2’53 (P. Durand/H. Contet-Tabet)
Georges GUETARY Orchestre direction Marius Coste Pathé PG 568/CPT 8531-21 30 Nov. 1951

8. LA BALLADE DES BALADINS 3’09 (G. Bécaud/L. Amade)
Gilbert BECAUD - Accompagné par  François Vermeille et son Orchestre La Voix de son Maître  K 9164 /OLA 6610 Juin 1953

9. L’ENFANT DE LA BALLE 2’25 (Ph. Gérard - E. Barclay/R. Rouzaud)
Eddie CONSTANTINE  Accompagné par l’orchestre Herman Garat Mercury 4275 P 23045 1954

10. BARNUM CIRCUS 3’05 (M. Vandair/Charlys)
Félix PAQUET Orchestre direction Raymond Legrand Decca SF 149/P 100 Mai 1948

11. LE CIRQUE GORGONZOLA 2’17 (Hourdeaux - Rancurel/F. Bonifay)
Annie CORDY Orchestre direction Jerry Mengo Columbia BF 646/CL 9827 Juin 1954

12. L’HOMME AU TRAPEZE VOLANT 3’21 (A. Lée/R. Buzelin)
GILLES ET JULIEN Columbia DF 1661/CL  5366-1 Mai 1935

13. LE CLOWN 3’04 (F. Lemarque)
Jean BRETONNIERE Columbia BF 531/CL 9522 3 Décembre 1953

14. GROCK DANS SON SKETCH  7’13 DE MUSIC HALL (Version abrégée)
I - Le Petit Violon, la Clarinette :  La Tyrolienne
II - Violon et Piano
GROCK ET SON PARTENAIRE
 Accomp. d’orchestre direction M. Chapon Odéon 166 536 / KI 5383 - KI 5384 Mai 1932

15. BRAVO POUR LE CLOWN 3’06 (Louiguy/H. Contet)
 Edith PIAF - Orchestre direction Robert Chauvigny - 18 Mai 1953 Columbia BF 531/CL 9322 3 Décembre 1953

16. LES FRATELLINI 5’21
I - AIDA (Verdi)
II - ÇA C’EST PARIS (José Padilla)
Accompagnés par l’orchestre du Cirque d’Hiver direction M. Pompilio Odéon  166 154/KI 1988X - KI 1989X Mars 1928

17. DEUX PETITS CHAUSSONS 3’43 (C. Chaplin/J. Larue) du film “Limelight”
André CLAVEAU Orchestre direction Michel Legrand Polydor 560 452/2736-I ACP Sept. 1953

18. LE PLUS GRAND  CIRQUE DU MONDE 2’29 (V. Young/L. Poterat) du film “ Sous le plus grand Chapiteau du Monde”
Jacques HELIAN  et son Orchestre avec les coeurs Pathé PG 735/CPT 9 720 28 Avril 1953


Les chansons d’un pays témoignent, bien souvent – mieux que ne peut le faire une encyclopédie – de l’histoire et des mœurs de sa population. 

En France, par exemple, elles montrent l’engouement du public pour le cirque et la fête foraine qui sont, apparemment, source d’inspiration pour de nombreux auteurs. 

Si bien que, à l’instar de la “chanson de geste” de l’époque médiévale, la chanson populaire d’aujourd’hui appartient au patrimoine socioculturel qui est lié au patrimoine festif... 

... Et cette mémoire ludique, porteuse de tous les gènes de notre société, doit être protégée comme les fêtes calendaires, si on ne veut pas que les Français soient frappés d’amnésie collective.

Parce que, voyez-vous, des comptines aux complaintes, c’est la chanson des rues qui ponctue notre vie de repères sonores, comme le font, chaque jour, les clochers des églises quand ils sonnent l’angélus, les vêpres ou les matines.

Surtout, les chansons possèdent – outre le pouvoir  d’égayer l’existence – celui de raviver les souvenirs gravés au creux de la mémoire.

De plus, elles ont acquis la divine faculté de ressusciter ceux qui leur ont donné vie en les interprétant.

En effet, aujourd’hui, grâce au miraculeux C.D. d’André Bernard – qui reproduit ces vrais morceaux d’anthologie enregistrés – c’est un temps révolu qui renaît avec eux – et qui tourne dans une boîte à musique, comme tourne la planète dans l’espace et le temps...

 ... Il tourne, comme elle tourne, avec sur son plateau des vaches et des chevaux qui ne sont pas de bois...

... Il tourne comme un manège qui fait tourner la tête aux amoureux qui viennent à la fête foraine...

 ... Il tourne, à vrai dire, bien plus rond que ne tourne le monde qui nous porte...

 ... Il tourne sur lui-même, comme tourne la terre avec sa Foire du Trône et sa Fête à Neu-Neu. Il tourne avec ses clowns et son Barnum Circus, avec ses phénomènes, ses baraques foraines et ses jeux de massacre...

 ... Et tourne, avec lui, le monde des forains, avec ses montagnes russes, ses fontaines de soda et ses arbres fruitiers chargés de pommes d’amour...


... Avec sa femme à barbe, ses marsupilamis, ses nounours en peluche et ses petits cochons qui sont en pain d’épices...

... Il tourne, le monde festif, avec ses baladins et leur Esméralda, Reine des saltimbanques, ses enfants de la balle qui jonglent avec la lune et sa foule de badauds qui les regardent faire...

... Il tourne, et en tournant dans l’espace et le temps, les sons qui ont été gravés dans les sillons  des “soixante dix-huit tours” du siècle précédent, témoignent de la richesse de ces archives sonores qui donnent, aux anciens, un regain de jeunesse et aux jeunes l’occasion de faire un fabuleux  voyage dans le temps.
Robert Papin
Délégué de l’Institut du Monde Festif
© GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS, 2005


Les gens du voyage par André Bernard
 L’univers des gens du voyage, des saltimbanques et des baladins, est probablement celui qui, dès l’enfance, nous fascine le plus et nous incite, à l’adolescence, à rêver de liberté, d’espace et de non-conformisme.Les paillettes des trapézistes, le maquillage des clowns, les maillots des acrobates, le fouet du dompteur nous transportent dans un monde imaginaire où tout est magique et dont nous conserverons intacte la nostalgie tout au long de notre vie. Pourtant c’est oublier un peu vite, et malgré nous, la rude réalité du quotidien de ces gens courageux qui ne se couchent jamais lorsque s’éteignent les projecteurs alors que les spectateurs rentrent tranquillement chez eux… Eux, gens du voyage démontent leur chapiteau pour le remonter ailleurs dès le lendemain, emmenant avec eux, sur de solides camions remorques, d’immenses cages roulantes contenant la ménagerie dans toute sa diver­sité…  Défi impressionnant que celui de rouler de nuit comme de jour en une interminable caravane où se côtoient lions, tigres, panthères, éléphants, gorilles… sans jamais s’affronter. 

Le cirque n’a pas le monopole de cette cadence infernale, les forains et leurs manèges ont les mêmes contraintes. Pour réaliser ces prouesses de montage et de démontage, leur technique est ancestrale et fascine toujours les plus blasés d’entre nous par son organisation et sa rapi­dité. Mais il faut clore ici ce chapitre sur les souffrances et les difficultés des gens du voyage, ils n’aiment pas se lamenter sur l’envers du décor, ils cachent avec pudeur les sacrifices qu’ils doivent consentir et nous livrent seulement la face lumineuse et éclatante de la Fête à laquelle ils nous convient. Du plus humble au plus célèbre, chaque membre de la communauté a une fonction bien définie et il ne saurait être question que l’un d’entre eux ait des états d’âme de “Vedette”… Chacun d’eux doit apporter sa contribution et donner le meilleur de lui-même pour atteindre ce seul objectif : étonner et surprendre le Public par l’invention permanente de prouesses nouvelles et avec la seule règle de ne jamais le décevoir.

C’est à ce prix que nos saltimbanques assureront leur survie face à la concurrence inévitable de la télévision où les gros plans permettent des images fabuleuses pour des spectateurs confortablement installés chez eux. Mais rien ne remplacera jamais l’émotion ressentie en entrant sous un chapiteau où l’ambiance particulière qui flotte dans l’air est pesante et magique à la fois… Ni la balade joyeuse sur une fête foraine, avec les bruits et les odeurs, les cris et les parfums tellement caractéristiques et indissociables de cet univers. Pour essayer de restituer par la magie du disque l’ambiance de ce monde festif, j’ai d’abord choisi l’évocation de la fête foraine et de ces diverses attractions dans un premier CD…  Quelle joie de vivre nous procure Maurice Chevalier, le plus grand et le plus tonique d’entre tous, lorsqu’il nous entraîne avec lui à “La Fête à Neuneu”, tandis que de son côté André Pasdoc nous invite à la légendaire “Foire du Trône”.  Avec “La Foire”, Jacques Brel avait trouvé dès ses débuts le ton incomparable qui fut le sien, annonçant déjà le réalisme qui ne cessera de grandir chez cet auteur interprète hors norme. L’auditeur a ici la chance d’écouter un titre des plus rares, qui n’avait pas été réédité avant 2003.

Etrange contraste entre Jacqueline Batell, auteur-compositeur des années 30, qui nous livre sa vision un peu nostalgique de “la Fête foraine” et celle particulièrement vivante et intemporelle de Georges Ulmer. Roland Gerbeau, le créateur de “Douce France”, lance son “Manège aux souvenirs”, une des premières chansons d’Eddy Marnay, après que Tino Rossi a fait tourner ses chevaux de bois pour une “Idylle foraine”…  L’orchestre de Ray Ventura invite sa nénette à monter sur les siens pour un refrain plein d’entrain et de bonne humeur, pendant qu’Andrex déses­père de pouvoir séduire une ravissante personne dont le cheval montait tandis que le sien descendait.  On ne se lassera jamais d’écouter Jean Sablon, notre plus grand crooner, égrener “la Valse au Village” qui devint une rengaine populaire pendant les années noires de l’Occupation. Renée Lebas apporte la note la plus pathétique de cet album avec “la Fille au Manège”. En revanche la note burlesque nous est offerte par Bordas avec sa célèbre “Femme à Barbe”, par Fréhel avec “le Fils de la Femme Poisson”, une des premières chansons de Charles Trenet et, plus loufoque encore, par “A la Foire d’Asnières” où le savoureux Dorville atteint des sommets délirants. Débordant de vitalité et d’enthousiasme, Yves Montand nous promène à “Luna Park” et nous conte avec délice sa vision d’“une Demoiselle sur une balançoire”. 

En choisissant d’illustrer ce livret avec de nombreuses images de films c’est pour nous souvenir que le 7e art fut le premier vecteur des histoires de cirque et de fête foraine. Evoquer tout d’abord Charlie Chaplin et son regard de clown désespéré dans “Le Cirque” (1928) et beaucoup plus tard son interprétation pathétique du clown Calvero dans “Limelight” (1952). André Claveau créa magnifiquement “Deux Petits Chaussons”, la version française des “Feux de la Rampe” dont la musique est signée du grand Chaplin. Un autre créateur de génie nommé Federico Fellini a rendu le plus bel hommage qui soit au monde des saltimbanques avec son chef-d’œuvre “La Strada” (1954) dont les yeux de son égérie Gelsomina nous hantent encore un demi-siècle plus tard. Jacques Tati, un autre amoureux du cirque, rendit plus vrai que nature l’installation d’un cirque ambulant dans un petit village de province pour “Jour de Fête” (1948)… Ce petit joyau fit de nombreux disciples de Tati dont le plus doué demeure Pierre Etaix avec son “Yoyo”.

Différents classiques du grand écran évoquant ce thème sont signés de réalisateurs prestigieux : “Les Gens du Voyage” (1937) de Jacques Feyder,  “La Ronde” (1950) ou “Lola Montes” (1955) de Max Ophuls et plus particulièrement “Liliom” (1930) de Fritz Lang dans lequel Florelle interprète “Viens, gosse de gosse”, un ravissement... Si elle est belle et originale, la musique d’un film suffit parfois à le rendre inoubliable, ce fut le cas pour “Le Troisième Homme” (1949) de Carol Reed où la cithare d’Anton Karas collait à merveille à la traque d’Orson Welles et aux cabines de la Grande Roue qui ne cessaient de tourner dans le ciel de Vienne. Puis en intermède, comme un entracte, baladins, saltimbanques ou enfants de la balle chantent par les voix de Bécaud, de Montand, de Guétary et d’Eddie Constantine… 

Toujours dans ce second CD, le cirque et les clowns sont à l’honneur :
Plus grande que jamais, Edith Piaf nous bouleverse avec “la Fête continue” de Michel Emer et avec “Bravo pour le Clown” ce chef-d’œuvre d’Henri Contet qui fut un de ses paroliers préférés. Gilles et Julien, ce tandem fameux des années 30, nous font revivre les exploits de “l’Homme au Trapèze Volant”. Jean Bretonnière nous émeut avec “Le Clown”, une chanson méconnue de Francis Lemarque, tandis qu’Annie Cordy nous claironne, avec la santé et le talent qu’on lui connaît, l’arrivée du “Cirque Gorgonzola” après que Félix Paquet nous ait permis d’assister à la parade du “Barnum Circus”. Et après avoir participé à la fête foraine avec son “Porte-Bonheur” Jacques Hélian et son orchestre assurent le final du “Plus grand Cirque du Monde”. Les Fratellini, fameux clowns musicaux que Jean Cocteau plaçaient très haut dans son Panthéon et Grock, bien sûr, et son fameux “Sans blâ-â-gue” qui fut une star internationale dans son domaine, nous ramènent sur la piste des plus grands chapiteaux. 
Mais cette époque est bien révolue, ces clowns de génie ne feraient plus rire aujourd’hui, leur langage et leurs histoires étaient destinés aux enfants d’avant Internet… Les seules blagues qui amusent les gamins désormais sont celles que les adultes se racontaient entre eux à la fin d’un repas bien ar­rosé. Grâce au cinéma et à la chanson, les arts forains et ceux du cirque ont été sublimés, gravés à jamais sur la pellicule ou dans la cire, ils prolongent des minutes éphémères en un rêve permanent que l’on peut se repasser sans cesse. 
André Bernard
© GROUPE FRÉMEAUX COLIMBINI SAS, 2005

Notre reconnaissance toute particulière à Serge Fiorio pour son Manège de couverture.
Merci, encore et toujours, pour leur précieuse collaboration à : Maurice Barrier, Marie-Flore Bernard, Daniel Bouteiller, Adrien Eche, Christophe Henault, Jantel, Dany Lallemand, Maurice Papin, Gérard Roig et Marie-Pierre Vancallement.


“Refrains pour baladins”
Bonjour les petits zenfants... Ça va ?... Oh ! Je suis content. Vous aimez la Foire ?... vous aimez le Cirque ?... oh ! Alors je suis content... content car, aujourd’hui, c’est moi “Mossieur AUGUSTE” qui vais vous présenter les mille et une facettes de ce monde féérique où, sous le feu des projecteurs et à grands coups de cymbales, les habitants de cette moderne Tour de BABEL donnent le meilleur d’eux-même pour leur seul patron “LE PUBLIC" .
Afin de leur rendre hommage, des auteurs et des compositeurs ont mis en chanson les déboires et les triomphes de nos amis les gens du voyage.

Donc, suivant l’inspiration de nos poètes, je vais vous amener à la foire afin d’y rencontrer la Femme à Barbe de la Fête à Neuneu puis, nous irons à Luna Park pour faire un tour sur les chevaux de bois avant d’aller offrir, à notre chérie, un petit cochon porte-bonheur de la Foire du Trône. Suivez-moi, venez dire bonjour à mes amis tous enfants des Bateleurs qui déjà, au XVIIème siècle, animaient le Pont Neuf. Dans cet univers de couleurs et de fantaisie écoutez les boniments souriants des fils de “TABARIN” tout en mangeant de la barbe à papa... sautez du grand huit à la chenille puis saoulés par les flonflons de mille musiques, venez me rejoindre au CIRQUE. Le cirque, monde étrange et envoûtant où, chaque soir, les visuels narguent la grande faucheuse du haut d’un trapèze, en faisant le tourbillon de la mort ou face à un tigre tandis que moi, l’AUGUSTE, tout comme
mes grands aînés “FOOTTIT-RHUM-BABY-ZAVATTA” je reçois des tartes à la crème en pleine face et des coups de batte sur la tête... L’émotion pour les uns, la dérision pour les autres... C’est la ballade des ba­ladins.

Fidèle à ses aînés, chaque visuel a pour idole l’artiste qui a su, par son talent être un Dieu de la Piste... c’est “CODONA” pour les trapézistes “RASTELLI” pour les jongleurs “Alfred COURT” pour les dompteurs “COLLEANO” pour les fil-de-feristes. Quant à nous les clowns nos maîtres restent “Les FRATELLINI-GROCK-Charlie RIVEL” sans oublier celui qui fut le plus grand “Charlie CHA­PLIN”.
Dans quelques instants, vous allez revivre l’ambiance du cirque qu’il soit le BARNUM CIRCUS ou le PLUS GRAND CHAPITEAU DU MONDE, profitez-en Mesdames pour enfiler les 2 petits chaussons de la funambule afin de danser, sur l’air de l’entrée des Gladiateurs, avec un enfant de la balle puis, n’oubliez pas de crier “BRAVO pour le CLOWN”. Hop et Voilà !
Jantel
© GROUPE FRÉMEAUX COLIMBINI SAS, 2005 

English note
The world of travellers, showmen and foolery fascinates us probably more than any other, first bewitching children and then urging teenagers to dream of freedom, space and nonconformity.   The glitter of trapeze artists, clowns’ make-up, acrobats’ costumes and the trainer’s whip takes us to an imaginary universe where magic is omnipresent and the nostalgia stays with us forever. However, we tend to forget the harsh reality that these brave folk face every day, and they can only retire to bed when the lights go out and the spectators return home.
These journeyers have to take down their big top, to be put up once more the following day and load their sturdy trucks with immense cages housing a diversity of creatures. An impressive procession which can be admired at night or during the day, a convoy comprising lions, tigers, panthers, elephants and gorillas.  But this hustle and bustle is also shared by the fairground keepers with their bulky paraphernalia. Their art of assembly and disassembly is passed down from generation to generation and always manages to captivate everyone’s attention through the organisation and rapidity. But enough has been said about the suffering and difficulties encountered, these travellers prefer to screen the arduousness and concentrate on the sparkle of the festivities they offer. 

From the most humble to the most celebrated member of the community, each has a well-defined role.  Each and every one knuckles down to their tasks in the same way.  Their individual aim is to contribute by doing their best, thus astonishing and surprising the audience by means of forever inventing new feats of valour, striving to never disappoint. The showmen’s survival relies on this determination, as they are now rivalled by television where close-up shots result in superb images for spectators comfortably seated in front of the box.  However, the small screen could never replace the emotion felt when one enters the top where a special atmosphere reigns, both highly charged and magical. Nor could it substitute for a carefree stroll around a fairground, with its noises and smells, the cries and fragrances characteristic and associated with this particular world. 

In the attempt to reconstitute on disc the ambience of this festive domain, the first CD captures the fairground with its various attractions. Maurice Chevalier, the greatest and most vivifying of all, transmits such love of life when he takes us along to ‘La Fête à Neuneu’, whereas André Pasdoc invites us to the ‘Foire du Trône’. In ‘La Foire’, Jacques Brel had already found his incomparable tone, even in his debuting years, already heralding the realism which was to develop within this extraordinary songwriter. A strange contrast with Jacqueline Batell, a songwriter of the thirties who portrays ‘La Fête foraine’ with a little nostalgia, and then the particularly lively approach as given by Georges Ulmer. Roland Gerbeau, the man who created ‘Douce France’, came out with his ‘Manège aux Souvenirs’, one of Eddy Marnay’s first songs, after Tino Rossi had his spin on a merry-go-round in ‘Idylle foraine’. Still on the subject of wooden horses, Ray Ventura’s light-heartedness is infectious while Andrex desperately tries to woo a lady on an adjacent mount. One can never tire of Jean Sablon’s voice, France’s finest crooner, singing ‘La Valse au Village’ which became a popular tune during the dark years of Occupation. The  most touching moment of this album is with Renée Lebas in ‘La Fille au Manège’.  But on a more humorous note we can enjoy Bordas in the famous ‘Femme à Barbe’, Fréhel in one of Charles Trénet’s first songs, ‘Le Fils de la Femme Poisson’ and, more mirthful still, Dorville in ‘A la Foire d’Asnières’. Overflowing with energy and enthusiasm, Yves Montand takes us to ‘Luna Park’ and relates how he sees ‘a young lady on a swing’. 

We have chosen to illustrate this booklet of liner notes with pictures of films so as to remind us that the seventh art was the principal vehicle for stories of the circus and fairground. Let us first elicit Charlie Chaplin and his desperate clown’s face in ‘The Circus’ (1928) and then much later his moving interpretation as Calvero in ‘Limelight’ (1952).  André Claveau succeeded in creating ‘Deux petits Chaussons’, the French version  of ‘Limelight’ with its music signed by Chaplin. Another masterful creator named Federico Fellini paid the greatest tribute ever to showmen in his master-piece ‘La Strada’ (1954). Jacques Tati, another circus lover, set up a very realistic travelling circus in a small village in ‘Jour de Fête’ (1948). The theme has also been evoked by various prestigious film producers:  ‘Les Gens du Voyage’ (1938) by Jacques Feyder, ‘Lola Montes’ (1955) and ‘La Ronde’ (1950) by Max Ophuls and ‘Liliom’ (1930). 

Sometimes a film is unforgettable as the music alone is so beautiful and original, as was the case with Sir Carol Reed’s ‘The Third Man’ (1949), taking place in postwar Vienna and its big wheel. Then, acting as an intermission, we return to fools, showmen or children singing through Bécaud, Montand, Guétary and Eddy Constantine. In this second CD, the circus and clowns are pushed to the forefront. Greater than ever, Edith Piaf stirs us with ‘La Fête continue’ by Michel Emer and ‘Bravo pour le Clown’, a master-piece by Henri Contet. Gilles and Julien, the famous duo of the thirties sing of the exploits of the flying trapeze in ‘L’Homme au Trapèze volant’. Jean Bretonnière rouses us with ‘Le Clown’, an unknown song by Francis Lemarque, whereas Annie Cordy announces the arrival of the ‘Cirque Gorgonzola’ after watching the ‘Barnum Circus’ parade, invited by Félix Paquet.  And following a tour of the fairground with his ‘Porte-Bonheur’ or lucky charm, Jacques Hélian takes us to the world’s biggest circus – the ‘Plus grand Cirque du Monde’. The famous musical clowns, the Fratellini, and Grock, another international star, take us back to the biggest tops. 

However, years have passed and these talented clowns no longer make people laugh – their language and tales were intended for children of the pre-Internet era.  The only jokes which now make kids giggle are those told by tipsy adults after a good meal.  Thanks to the cinema and songs, the arts pertaining to fairgrounds and the circus will last for ever enabling the minutes captured on reels or wax to become a permanent dream. 
English adaptation  by Laure WRIGHT from the French text  of André Bernard 
© GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS, 2005 


Fête foraine et cirque 1928-1954 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 LE FILS DE LA FEMME POISSON - FREHEL03'01
02 LA FOIRE - BREL03'22
03 LA FETE FORAINE - ULMER03'00
04 LA FETE FORAINE - BATELL02'16
05 FOIRE DU TRONE - PASDOC02'49
06 LE PORTE BONHEUR - HELIAN03'17
07 VIENS GOSSE DE GOSSE - FLORELLE02'22
08 IDYLLE FORAINE - ROSSI03'05
09 LE MANEGE AUX SOUVENIRS - GERBEAU03'13
10 LE REFRAIN DES CHEVAUX DE BOIS - VENTURA03'21
11 LA FILLE AU MANEGE - LEBAS03'16
12 SON CH VAL MONTAIT - ANDREX03'03
13 LA FETE CONTINUE - PIAF02'46
14 A LA FOIRE D ASNIERES - DORVILLE03'08
15 LA MARCHE DES FORAINS - ALIBERT01'59
16 THE HARRY LIME THEME - KARAS02'54
17 LA FEMME A BARBE - BORDAS03'11
18 MAGICIEN - GUETARY02'40
CD 2
01 JOUR DE FETE - LEFEVRE02'13
02 SALTIMBANQUE - GUETARY03'17
03 LA BALLADE DES BALLADINS - BECAUD02'49
04 L ENFANT ET LA BALLE - CONSTANTINE02'43
05 BARNUM CIRCUS - PAQUET02'20
06 LE CIRQUE GORGONZOLA - CORDY03'20
07 LE CLOWN - BRETONNIERE02'55
08 GROCK DANS SON SKETCH DE MUSIC HALL - GROCK03'11
09 BRAVO POUR LE CLOWN - PIAF02'26
10 LES FRATELLINI - FRATELLINI03'06
11 DEUX PETITS CHAUSSONS - CLAVEAU02'19
12 LE PLUS GRAND CIRQUE DU MONDE - HELIAN03'22
13 LA VALSE AU VILLAGE - SABLON03'05
14 LUNA PARK - MONTAND07'14
15 LA FETE A NEUNEU - CHEVALIER03'07
16 L HOMME DU TRAPEZE VOLANT - GILLES ET JULIEN05'22
17 SALTIMBANQUES - MONTAND03'45
18 UNE DEMOISELLE SUR UNE BALANCOIRE - MONTAND02'29
"Un pur moment de bonheur" Journal Inter Forain

« Un double CD dédié à… La fête foraine et au cirque 
Superbe ! Ce double CD dédié à la fête foraine et au cirque, est un pur moment de bonheur… ...» JOURNAL INTER FORAIN


« Un double CD dédié à… La fête foraine et au cirque.  Superbe ! Ce double CD dédié à la fête foraine et au cirque, est un pur moment de bonheur… D’ailleurs, comme l’écrit fort justement Robert Papin, Délégué de l’institut du Monde Festif, dans le livret d’accompagnement de ce coffret placé sous la direction artistique d’André Bernard : "Les chansons d’un pays témoignent, bien souvent – mieux que ne peut le faire une encyclopédie – de l’histoire et des mœurs de sa population (…)". Et force est de constater que ces deux CD nous offrent de vrais morceaux d’anthologie, enregistrés de 1928 (les Fratellini) à 1954 ("Le Cirque Gorgonzola" par Annie Cordy). 
A la Foire du Trône et à la Fête à Neu-Neu.  Le premier CD, entièrement consacré à la fête, nous entraîne à … "La Fête à Neu Neu" et à "La Foire du Trône" dans le sillage de Maurice Chevalier et André Pasdoc. L’occasion de découvrir – ou redécouvrir – "Le Manège aux Souvenirs" interprété par Roland Gerbaud, "Le Refrain des Chevaux de Bois" par Ray Ventura, sans oublier quelques chansons plus burlesques telles "La Foire d’Asnières" par Dorville, ou "Le fils de la femme poisson" par Fréhel. Tino Rossi ("Idylle Foraine"), Georges Ulmer ("La Fête Foraine"), Edith Piaf ("La Fête Continue"), Alibert ("La Marche des Forains")… sont également au rendez-vous pour notre grand plaisir.
Bravo pour le Clown.  Avec le second CD, c’est le cirque qui est à l’honneur, même si quelques morceaux sont encore dédiés à la fête ("La Femme à Barbe" ou "Jour de Fête"), et plus particulièrement les clowns. Témoin, Edith Piaf avec "Bravo pour le Clown", Jean Bretonnière ("Le Clown"), ou encore le trio Fratellini accompagné de l’orchestre du Cirque d’Hiver, à Paris, en 1928, ou Grock et son sketch de Music-hall dans lequel il prononce son fameux "Sans blâ-â-gue". A ce rendez-vous – sonore – sur le cirque, accordons aussi une mention spéciale à Félix Paquet qui nous fait découvrir la parade du "Barnum Circus", à Annie Cordy qui nous invite à mieux connaître "Le Cirque Gorgonzola", alors que Gilles et Julien chantent "L’Homme au Trapèze Volant" et que Jacques Hélian et son orchestre interprètent, en guise de final, "Le Plus Grand Cirque du Monde" du film "Sous le plus grand Chapiteau du Monde". Bref, plus de 100 minutes de bonheur, accompagnées d’un petit livret d’une quarantaine de pages qui, outre un petit texte de Robert Papin, dans lequel, avec son lyrisme habituel, il parle admirablement bien de la fête, nous retrouvons de bien jolies photos, en noir et blanc, des Fratellini, de Grock, de Charles Boyer et Madeleine Ozeray sur les Ch’vaux de bois de "Liliom", de Françoise Rozay, dresseuse de fauves dans "Les Gens du Voyage" de Jacques Feyder, de Jacques Tati sur le manège de "Jour de Fête", mais aussi de la… Grande Roue du "Troisième Homme", le film de Carol Reed, tourné en 1949, avec Orson Welles et Joseph Cotten. » JOURNAL INTER FORAIN




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