PETIT DICTIONNAIRE DE LA CHANSON FRANCAISE

ALIBERT, ANDREX, ARLETTY, AUBERT, AZNAVOUR ....

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Nombre de CDs : 4


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Le dictionnaire des 100 plus grands interprètes de la chanson française de la première moitié du XXe siècle au service d’un répertoire qui appartient désormais à notre mémoire collective, est enfin édité dans le catalogue Frémeaux & Associés. Ce coffret de 4 CD est accompagné d’un livret de 80 pages réalisé par Jean Buzelin comprenant les biographies de chaque interprète. Cet ouvrage sonore permettra de réentendre ou de découvrir toutes les voix qui ont marqué l’histoire des cinq premières décennies de la chanson française enregistrée.
Patrick Frémeaux & Claude Colombini.

« Il existe, bien sûr, des dictionnaires de la chanson française, bien gros et fort documentés. Mais si l’on n’a pas un disque au moins de chacun d’eux, comment reconnaître tous ces chanteurs cités ? Comment les resituer dans leur époque ? Identifier leur style ? Bref, à quoi ressemble la musique de tel interprète, dont je connais le nom, mais qui ne figure pas dans ma discothèque ? L’ambition modeste de notre petit dictionnaire sonore est donc de proposer 100 illustrations musicales à travers une sélection de chanteurs parmi les plus connus et importants de l’histoire de la chanson française de 1905 à 1955. »
Jean Buzelin (directeur artistique chez Frémeaux & Associés)

Droits audio : Frémeaux & Associés - La Librairie Sonore (Notre mémoire collective - Le patrimoine sonore).

FRED ADISON (avec CHARLES et JOHNNY) Tout est au Duc • ALIBERT Le Plus beau tango du monde • ANDREX Bébert (le monte-en-l’air) • 4. ARLETTY La Femme est faite pour l’homme • JEANNE AUBERT C’est une petite étoile • CHARLES AZNAVOUR Viens pleurer au creux de mon épaule • BACH Avec l’ami Bidasse • JOSEPHINE BAKER J’ai deux amours • 9. ANDRÉ BAUGÉ Partir, c’est mourir un peu • GILBERT BÉCAUD Quand tu danses • BÉRARD Le Train fatal • THÉODORE BOTREL La Paimpolaise • BOURVIL La Tactique du gendarme • LUCIENNE BOYER Si petite • GEORGES BRASSENS La Chasse aux papillons • JACQUES BREL Il pleut (Les Carreaux) • ARISTIDE BRUANT Nini-Peau-d’chien • EUGÉNIE BUFFET La Sérénade du pavé • RÉDA CAIRE Le Plus beau refrain (de la vie) • JEAN-ROGER CAUSSIMON Barbarie, Barbara • ÉLYANE CÉLIS Piroulirouli • MAURICE CHEVALIER Le Chapeau de Zozo • ANDRÉ CLAVEAU Tout en flânant• PHILIPPE CLAY Le Noyé assassiné • Les COMPAGNONS de la CHANSON Mes jeunes années • EDDIE CONSTANTINE Un enfant de la balle • ANNIE CORDY Fleur de papillon • DAMIA La Mauvaise prière • JEAN-CLAUDE DARNAL Le Soudard • DANIELLE DARRIEUX Une charade • ANDRÉ DASSARY Ramuntcho • SUZY DELAIR Avec son tra la la • LUCIENNE DELYLE Sur les quais du vieux Paris • JACQUES DOUAI File la laine • DRANEM Je suis resté gamin• MARIE DUBAS Le Tango stupéfiant • PIERRE DUDAN Clopin clopant • ÉLIANE EMBRUN Si j’étais une cigarette • FERNANDEL Ignace • LÉO FERRÉ Le Pont Mirabeau • FLORELLE Le Roi d’Aquitaine • FORTUGÉ C’est jeune et ça n’ sait pas • FRAGSON Je connais une blonde • JACQUELINE FRANÇOIS Mademoiselle de Paris • FRÉHEL Où est-il donc ? • Les FRÈRES JACQUES À la Saint-Médard • JEAN GABIN Avec ma p’tite gueule• HENRI GARAT En parlant un peu de Paris • LYS GAUTY À Paris dans chaque faubourg • YVONNE GEORGE J’ai pas su y faire • GEORGEL Sous les ponts de Paris • GEORGIUS Au lycée Papillon • GILLES et JULIEN Faut bien qu’on vive • FRED GOUIN Ramona • JULIETTE GRÉCO Si tu t’imagines • GEORGES GUÉTARY Le P’tit bal du samedi soir • YVETTE GUILBERT Madame Arthur • JACQUES HÉLIAN La Samba brésilienne • JOHNNY HESS Ils sont zazous • ZIZI JEANMAIRE La Croqueuse de diamants • RINA KETTY Sombreros et mantilles• RENÉE LEBAS Tire, tire l’aiguille (Lai Lai Lai) • FÉLIX LECLERC Le Petit bonheur • RAYMOND LEGRAND (et IRÈNE de TRÉBERT) Mademoiselle Swing • ESTHER LEKAIN Ah ! Si vous voulez d’ l’amour • FRANCIS LEMARQUE Bal, petit bal • JEAN LUMIÈRE Fermons nos rideaux • LUIS MARIANO La Belle de Cadix • MARIE-JOSÉ Le Bar de l’Escadrille • LÉO MARJANE La Chapelle au clair de lune • MAYOL Elle vendait des p’tits gâteaux • GEORGES MILTON On se fait “Pouèt-Pouèt“ • MIREILLE Ce petit chemin • MISTINGUETT C’est vrai • YVES MONTAND Grands boulevards • GERMAINE MONTERO La Fille de Londres • MOULOUDJI Un jour tu verras • NOËL-NOËL La Nuit d’amour • MARIANNE OSWALD Mes sœurs n’aimez pas les marins • OUVRARD Je n’ suis pas bien portant • PATACHOU Le Bricoleur • ÉDITH PIAF La Vie en rose • PILLS et TABET Le Vieux château • POLIN La Boiteuse du régiment • ALBERT PRÉJEAN Sous les toits de Paris • YVONNE PRINTEMPS C’est la saison d’amour • Les QUATRE BARBUS Adèle • LINE RENAUD Ma cabane au Canada • TINO ROSSI Marinella • JEAN SABLON Je tire ma révérence • HENRI SALVADOR Maladie d’amour • CATHERINE SAUVAGE Paris canaille • SUZY SOLIDOR Escale • BERTHE SYLVA Du gris • JEAN TRANCHANT Ici l’on pêche • CHARLES TRENET L’Âme des poètes • GEORGES ULMER Pigalle • CORA VAUCAIRE Les Feuilles mortes • RAY VENTURA Qu’est-ce qu’on attend (pour être heureux) ? • MARCEL ZANINI Souvenirs que me veux-tu ?

Les ouvrages sonores de Frémeaux & Associés sont produits par les meilleurs spécialistes, bénéficient d’une restauration analogique et numérique reconnue dans le monde entier, font l’objet d’un livret explicatif en langue française et d’un certificat de garantie. La marque Frémeaux & Associés a obtenu plus de 800 distinctions pour son travail muséographique de sauvegarde et de diffusion du patrimoine sonore.

 

Le petit dictionnaire de la chanson française













Jean Buzelin présente en 4 CD avec livret 80 pages : Le petit dictionnaire de la chanson française en 100 titres 

Il existe, bien sûr, des dictionnaires de la chanson française, bien gros et fort documentés. Mais si l’on n’a pas un disque au moins de chacun d’eux,  comment reconnaître tous ces chanteurs cités ? Comment les resituer dans leur époque ? Identifier leur style ? Bref, à quoi ressemble la musique de tel interprète, dont je connais le nom, mais qui ne figure pas dans ma discothèque ?  L’ambition modeste de notre petit dictionnaire sonore est donc de proposer 100 illustrations musicales à travers une sélection de chanteurs parmi les plus connus et importants de l’histoire de la chanson française de 1905 à 1955.
Jean Buzelin (directeur artistique chez Frémeaux & Associés) 

Fred Adison - Henri Alibert - Andrex - Arletty - Jeanne Aubert - Charles Aznavour - Bach - Joséphine Baker - André Baugé - Gilbert Bécaud - Bérard - Théodore Botrel - Bourvil - Lucienne Boyer - Georges Brassens - Jacques Brel - Aristide Bruant - Eugénie Buffet - Reda Caire - Jean-Roger Caussimon - Elyane Célys - Maurice Chevalier - André Claveau - Philippe Clay - Les Compagnons - de la Chanson - Eddie Constantine - Annie Cordy - Damia - Jean-Claude Darnal - Danielle Darrieux - André Dassary - Suzy Delair - Lucienne Delyle - Jacques Douai - Dranem - Marie Dubas - Pierre Dudan - Éliane Embrun - Fernandel - Léo Ferré - Florelle - Fortugé - Fragson - Jacqueline François - Fréhel - Les Frères Jacques - Jean Gabin - Henri - Garat - Lys Gauty - Yvonne George - Georgel - Georgius - Gilles et Julien - Fred Gouin Juliette Gréco - Georges Guétary - Yvette Guilbert - Jacques Hélian Johnny Hess - Zizi Jeanmaire - Rina Ketty - Renée Lebas - Félix - Leclerc - Raymond Legrand et Irène de Trébert - Esther Lekain - Francis Lemarque - Jean Lumière - Luis Mariano - Marie-José - Léo Marjane - Mayol - Georges Milton - Mireille - Mistinguett - Yves Montand - Germaine Montero - Mouloudji - Noël-Noël - Marianne Oswald - Ouvrard - Patachou - Édith Piaf - Pills et Tabet - Polin - Albert Préjean - Yvonne Printemps - Les Quatre Barbus - Line Renaud - Tino Rossi - Jean Sablon - Henri Salvador - Catherine Sauvage - Suzy Solidor - Berthe Sylva - Jean Tranchant - Charles Trenet - Georges Ulmer - Cora Vaucaire - Ray Ventura - et ses Collégiens - Marcel Zanini

Le dictionnaire des 100 plus grands interprètes  de la chanson française de la première moitié du XXe siècle  au service d’un répertoire qui appartient désormais à notre mémoire collective,  est enfin édité dans le catalogue Frémeaux & Associés. Ce coffret de 4 CD est accompagné d’un livret de 80 pages  réalisé par Jean Buzelin comprenant les biographies de chaque interprète. Cet ouvrage sonore permettra de réentendre ou de découvrir  toutes les voix qui ont marqué l’histoire des cinq premières décennies de la chanson française enregistrée.
Patrick Frémeaux & Claude Colombini 

CD 1 A-C 1. FRED ADISON (avec CHARLES et JOHNNY) - Tout est au Duc (C. Trenet - Arlys - P. Parès) 3’14 • 2. ALIBERT - Le Plus beau tango du monde (R. Sarvil - V. Scotto) 3’11 • 3. ANDREX - Bébert (le monte-en-l’air) (R. Vincy - H. Martinet) 2’40 • 4. ARLETTY - La Femme est faite pour l’homme (R. Pujol - C.L. Pothier - C. Oberfeld) 3’09 • 5. JEANNE AUBERT - C’est une petite étoile (Saint-Granier - J. Granier - J. Lenoir) 3’21 • 6. CHARLES AZNAVOUR - Viens pleurer au creux de mon épaule (C. Aznavour) 3’14 • 7. BACH - Avec l’ami Bidasse (L. Bousquet - H. Mailfait) 2’51 • 8. JOSEPHINE BAKER - J’ai deux amours (G. Koger - H. Varna - V. Scotto) 3’12 • 9. ANDRÉ BAUGÉ - Partir, c’est mourir un peu (A. Willemetz - H. Christiné - T. Richepin) 3’21 • 10. GILBERT BÉCAUD - Quand tu danses (P. Delanoë - F. Gérald - G. Bécaud) 2’38 • 11. BÉRARD - Le Train fatal (C.L. Pothier - C. Borel-Clerc) 3’13 • 12. THÉODORE BOTREL - La Paimpolaise (T. Botrel - E. Feautrier) 3’08 • 13. BOURVIL - La Tactique du gendarme (E. Lorin - Bourvil - L. Le Plat) 3’02 • 14. LUCIENNE BOYER - Si petite (P. Bayle - G. Claret) 3’00 • 15. GEORGES BRASSENS - La Chasse aux papillons (G. Brassens) 2’03 • 16. JACQUES BREL - Il pleut (Les Carreaux) (J. Brel - G. Powell) 2’35 • 17. ARISTIDE BRUANT - Nini-Peau-d’chien (A. Bruant) 2’54 • 18. EUGÉNIE BUFFET - La Sérénade du pavé (J. Varney) 3’11 • 19. RÉDA CAIRE - Le Plus beau refrain (de la vie) (Syam -A. Viaud - G. Claret) 2’29 • 20. JEAN-ROGER CAUSSIMON - Barbarie, Barbara (J.R. Caussimon) 2’51 • 21. ÉLYANE CÉLIS - Piroulirouli (L. Lelièvre - H. Varna -  Marc-Cab - V. Scotto) 3’18 • 22. MAURICE CHEVALIER - Le Chapeau de Zozo (R. Sarvil - C. Borel-Clerc) 2’36 • 23. ANDRÉ CLAVEAU - Tout en flânant (L. Poterat - A. Siniavine) 3’00 • 24. PHILIPPE CLAY - Le Noyé assassiné (C. Aznavour - F. Véran) 1’59 • 25. Les COMPAGNONS de la CHANSON - Mes jeunes années (M. Herrand - C. Trenet) 3’17

CD 2 C-G 1. EDDIE CONSTANTINE - Un enfant de la balle (R. Rouzaud - Philippe-Gérard - E. Barclay) 2’25 • 2. ANNIE CORDY - Fleur de papillon (J. Dréjac - J. Constantin) 2’52 • 3. DAMIA - La Mauvaise prière (R. Chalupt - L. Aubert) 2’40 • 4. JEAN-CLAUDE DARNAL - Le Soudard (J.C. Darnal) 2’47 • 5. DANIELLE DARRIEUX - Une charade (A. Hornez - H. Decoin - P. Misraki) 3’01 • 6. ANDRÉ DASSARY - Ramuntcho (J. Rodor - V. Scotto) 3’18 • 7. SUZY DELAIR - Avec son tra la la (A. Hornez - F. Lopez) 2’35 • 8. LUCIENNE DELYLE - Sur les quais du vieux Paris (L. Poterat - R. Erwin) 3’19 • 9. JACQUES DOUAI - File la laine (R. Marcy - J. Douai) 2’28 • 10. DRANEM - Je suis resté gamin (S. Weber - P. Parès - G. Van Parys) 2’44 • 11. MARIE DUBAS - Le Tango stupéfiant (H. Cor - P. Olive - R. Carcel) 2’45 • 12. PIERRE DUDAN - Clopin clopant (P. Dudan - B. Coquatrix) 3’04 • 13. ÉLIANE EMBRUN - Si j’étais une cigarette (L. Poterat - A. Salvador - H. Bourtayre) 3’06 • 14. FERNANDEL - Ignace (J. Manse - R. Dumas) 2’04 • 15. LÉO FERRÉ - Le Pont Mirabeau (G. Apollinaire - L. Ferré) 2’57 • 16. FLORELLE - Le Roi d’Aquitaine (J. Deval - K. Weill) 2’48 • 17. FORTUGÉ - C’est jeune et ça n’ sait pas (Jacques-Charles - A. Willemetz - C. Borel-Clerc) 3’06 • 18. FRAGSON - Je connais une blonde (A.N. Fysher - H. Christiné - R. Goetz - A. Baldwin Sloane) 3’10 • 19. JACQUELINE FRANÇOIS - Mademoiselle de Paris (H. Contet - P. Durand) 3’03 • 20. FRÉHEL - Où est-il donc ? (L. Carol - A. Decaye - V. Scotto) 3’11 • 21. Les FRÈRES JACQUES - À la Saint-Médard (M. Vaucaire - R. Révil) 2’56 • 22. JEAN GABIN - Avec ma p’tite gueule (N. Gleize - G. Van Parys) 3’13 • 23. HENRI GARAT - En parlant un peu de Paris (A. Willemetz - C.L. Pothier - R. Pujol - R. Moretti) 2’58 • 24. LYS GAUTY - À Paris dans chaque faubourg (R. Clair - M. Jaubert) 3’20 • 25. YVONNE GEORGE - J’ai pas su y faire (E. Costil - P. Cartoux - M. Yvain) 2’49 

CD 3 G-M 1. GEORGEL - Sous les ponts de Paris (J. Rodor - V. Scotto) 3’10 • 2. GEORGIUS - Au lycée Papillon (Georgius - R. Juel) 3’18 • 3. GILLES et JULIEN - Faut bien qu’on vive (C. François - J. Villard) 2’51 • 4. FRED GOUIN - Ramona (A. Willemetz - Saint-Granier - J. Le Seyeux - M. Wayne) 2’53 • 5. JULIETTE GRÉCO - Si tu t’imagines (R. Queneau - J. Kosma) 3’12 • 6. GEORGES GUÉTARY - Le P’tit bal du samedi soir (J. Dréjac - C. Borel-Clerc - J. Delettre) 3’04 • 7. YVETTE GUILBERT - Madame Arthur (Y. Guilbert - P. de Kock) 3’43 • 8. JACQUES HÉLIAN - La Samba brésilienne (R. Vincy - F. Lopez) 2’37 • 9. JOHNNY HESS - Ils sont zazous (M. Martellier - J. Hess) 3’16 • 10. ZIZI JEANMAIRE - La Croqueuse de diamants (R. Queneau - J.M. Damase - R. Petit) 2’32 • 11. RINA KETTY - Sombreros et mantilles (Chanty - J. Vaissade) 3’04 • 12. RENÉE LEBAS - Tire, tire l’aiguille (Lai Lai Lai) (E. Marnay - E. Barclay - E. Stern) 2’58 • 13. FÉLIX LECLERC - Le Petit bonheur (F. Leclerc) 2’51 • 14. RAYMOND LEGRAND (et IRÈNE de TRÉBERT) - Mademoiselle Swing (L. Poterat  M. Lanjean - R. Legrand) 3’11 • 15. ESTHER LEKAIN - Ah ! Si vous voulez d’ l’amour (W. Burtey - V. Scotto) 2’24 • 16. FRANCIS LEMARQUE - Bal, petit bal (F. Lemarque) 2’54 • 17. JEAN LUMIÈRE - Fermons nos rideaux (M. Boukay - P. Delmet) 2’32 • 18. LUIS MARIANO - La Belle de Cadix (R. Vinci - M. Vandair - Marc-Cab - F. Lopez) 2’33 • 19. MARIE-JOSÉ - Le Bar de l’Escadrille (R. Tessier - J. Simonot) 3’18 • 20. LÉO MARJANE - La Chapelle au clair de lune (L. Lelièvre - H. Varna - Marc-Cab - G. Brown) 3’12 • 21. MAYOL - Elle vendait des p’tits gâteaux (J. Berthet - V. Scotto) 2’32 • 22. GEORGES MILTON - On se fait “Pouèt-Pouèt“ (A. Barde - M. Yvain) 1’56 • 23. MIREILLE - Ce petit chemin (J. Nohain - Mireille) 2’46 • 24. MISTINGUETT - C’est vrai (A. Willemetz - C. Oberfeld) 2’48 • 25. YVES MONTAND - Grands boulevards (J. Plante - N. Glanzberg) 2’30

CD 4 M-Z 1. GERMAINE MONTERO - La Fille de Londres (P. Mac Orlan - V. Marceau) 3’16 • 2. MOULOUDJI - Un jour tu verras (Mouloudji - G. Van Parys) 3’28 • 3. NOËL-NOËL - La Nuit d’amour (Noël-Noël) 3’17 • 4. MARIANNE OSWALD - Mes sœurs n’aimez pas les marins (J. Cocteau) 3’14 • 5. OUVRARD - Je n’ suis pas bien portant (G. Koger - V. Scotto - G. Ouvrard) 3’14 • 6. PATACHOU - Le Bricoleur (G. Brassens - E. Météhen) 2’18 • 7. ÉDITH PIAF - La Vie en rose (E. Piaf - Louiguy) 3’08 • 8. PILLS et TABET - Le Vieux château (J. Nohain - Mireille) 2’41 • 9. POLIN - La Boiteuse du régiment (L. Delormel - E. Poncin - L. Del) 3’09 • 10. ALBERT PRÉJEAN - Sous les toits de Paris (R. Nazelles - R. Clair - R. Moretti) 3’13 • 11. YVONNE PRINTEMPS - C’est la saison d’amour (L. Marchand - A. Willemetz - O. Straus) 3’17 • 12. Les QUATRE BARBUS - Adèle (Traditionnel - arr. J. Trisch) 2’36 • 13. LINE RENAUD - Ma cabane au Canada (M. Brocey - L. Gasté) 2’52 • 14. TINO ROSSI - Marinella (E. Audiffred - G. Koger - R. Pujol - V. Scotto) 3’08 • 15. JEAN SABLON - Je tire ma révérence (P. Bastia) 3’01 • 16. HENRI SALVADOR - Maladie d’amour (M. Lanjean - H. Salvador - G. Soime) 1’57 • 17. CATHERINE SAUVAGE - Paris canaille (L. Ferré) 3’25 • 18. SUZY SOLIDOR - Escale (J. Marèze - M. Monnot) 2’47 • 19. BERTHE SYLVA - Du gris (E. Dumont - F.L. Bénech) 3’03 • 20. JEAN TRANCHANT - Ici l’on pêche (J. Tranchant) 2’59 • 21. CHARLES TRENET - L’Âme des poètes (C. Trenet - P. Misraki) 2’42 • 22. GEORGES ULMER - Pigalle (G. Koger - G. Ulmer - G. Luypaerts) 2’57 • 23. CORA VAUCAIRE - Les Feuilles mortes (J. Prévert - J. Kosma) 2’23 • 24. RAY VENTURA - Qu’est-ce qu’on attend (pour être heureux) ? (A. Hornez - P. Misraki) 3’06 • 25. MARCEL ZANINI - Souvenirs que me veux-tu ? (M. Zanini) 3’16 

“UN PETIT DICTIONNAIRE DE LA CHANSON FRANÇAISE” ? 
Dans la continuité de son excellent travail pour un Petit Dictionnaire du Jazz classique en 80 musiciens récompensé par les meilleures distinctions de la presse spécialisée (Evénement Télérama - Classica Répertoire), Jean Buzelin a replongé dans les archives de Frémeaux & Associés pour concocter une formidable somme raisonnée de la chanson française avant 1955. Les cent interprètes sélectionnés par Jean Buzelin représentent un demi-siècle de chanson française dans toute la richesse de sa diversité. Ainsi, Andrex pousse-t-il la chansonnette au même titre que Brassens, Lucienne Delyle, Mistinguett ou Yvonne George dans un grand feu d’artifice auditif où chaque inter­prète occupe la même place que son voisin pour délivrer le moment de succès qu’il a connu en son temps. L’éditeur tient à prévenir les éventuels critiques qui lui écriraient pour discuter les choix de l’auteur que toute son équipe a suivi un intense stage de préparation psychologique et saura résister aux pressions les plus basses sans jamais renier le choix, aléatoire mais raisonné, de Jean Buzelin."
Patrick Frémeaux & Claude Colombini Les éditeurs. 

PLAIDOYER DE JEAN BUZELIN
La chanson de A à Z : ou comment faire chanter un demi-siècle de couplets et de refrains français par cent interprètes. Car si l’on peut fabriquer un bon dictionnaire (1) en retrouvant les noms – auteurs, compositeurs, interprètes – de quelque importance qui ont compté, laissé des traces, sont passés à la postérité ou, au contraire, ont connu la célébrité de leur vivant puis sont tombés dans l’oubli, il est beaucoup plus difficile d’associer une chanson à un interprète et de la faire entendre. Parce que la chanson, art populaire, circule. Elle passe de bouche en bouche, d’un interprète à l’autre, de la scène à la salle, de la salle à la rue. Une bonne chanson se transmet et, avec un peu de bonne volonté, elle entre dans les mémoires. D’ailleurs elle échappe bien souvent à son auteur ou à son créateur et devient la propriété de chacun. Comment rendre alors sa chanson à son interprète ? Pour les auteurs-compositeurs, c’est assez facile : une chanson de Brassens restera une chanson de Brassens, même chantée par Tartempion. Mais une chanson choisie par un, ou plusieurs interprètes, doit au seul talent de ceux ou de celles-ci de rester attachée à un nom. On dit alors une chanson de Dranem, une chanson de Piaf, une chanson des Frères Jacques, car leur voix, leur style, leur qualité propre d’interprétation leur permet de s’approprier un air et quelques paroles dont ils n’ont pas écrit le moindre mot. (2) En fait, c’est ici le disque qui, finalement, nous aide à attribuer un nom, une voix, à une chanson. Il y a, mettons cent ans, une chanson était lancée par trente-six interprètes à la fois à Paris comme en province, enregistrée par une dizaine mais pas toujours par le créateur : Paulus, Thérésa, Ouvrard père, Paul Delmet, morts trop tôt avant d’avoir saisi l’intérêt du phonographe, ont hélas disparu avec leur voix, tandis que Mayol a rapidement compris l’impact de ce nouveau vecteur de communication. D’énormes vedettes de l’époque, Polaire, Montel, Victor Lejal, Max Dearly n’ont laissé que des miettes dans les pavillons alors que les galettes tournées par Charlus, Maréchal ou Paul Lack se comptent par centaines. On n’imagine pas ça de nos jours où l’on commence à enregistrer un disque avant de monter sur scène ou même de… savoir chanter ! Grâce à l’enregistrement, à la diffusion (par le disque et par la radio – la TSF), la chanson française de 1900 à 1955 connaît sans doute son âge d’or. Des cafés concerts (caf’ conc’) et des cabarets de chansonniers jusqu’aux auteurs-compositeurs-interprètes de la Rive Gauche, en passant par les opérettes, les revues des grands music-halls et le cinéma – le cinéma “sonore” doit beaucoup à la chanson –, on assiste à une suite d’évolutions et de bouleversements sans équivalent avant ou après. En 1955, lorsque notre dictionnaire se referme, toutes les pistes sont ouvertes. Toutes sauf une : le rock, qui bientôt va constituer le dernier, radical et ultime changement en l’infiltrant par ses rythmes, puis en s’incrustant dans la chanson, bien aidé par le business de l’industrie des “variétés“. On sait, depuis, que le phénomène dépassait l’Hexagone et que le rock et ses avatars ont colonisé le monde entier, faisant perdre beaucoup de couleurs aux traditions locales en les uniformisant largement. (3)  Parlons peu, chantons bien. Commençons donc par prendre l’une derrière l’autre toutes les lettres de l’alphabet et tâchons de répartir chanteuses, chanteurs et même duos et quatuors vocaux – si nous n’avions pas eu les Quatre Barbus, comment aurions-nous illustré la lettre Q ? En tenant compte de la notoriété, passée et présente, de chacun, de sa place dans l’Histoire et du souvenir qui nous en reste, de la qualité technique et sonore des disques d’époque et de nos subjectivités conjuguées, Marc Monneraye et moi-même nous nous sommes bien amusés. Tout en nous arrachant quelques cheveux lorsque des choix, cornéliens il va de soi, nous ont fait éliminer à contrecœur tous ceux qui se bousculaient aux lettres B, C, D, F, G, M, S, etc., les Marie Bizet, Bordas, Charpini et Bancato, Lyne Clevers, Lily Fayol, Yvette Giraud, Emma Liebel, Annette Lajon, Marc et André, Lina Margy, André Pasdoc, Germaine Sablon, Andrée Turcy… Alors que pour les lettres E, J, K, N, O ou U, Éliane Embrun, Zizi Jeanmaire, Rina Ketty, Noël-Noël, Ouvrard fils et George Ulmer ne craignaient guère la concurrence. Par contre, impossible d’illustrer les lettres I, W, X et Y avec Élie Imbert, Henri Weber, Léon Xanroff (4) ou Yvonneck qui ne peuvent guère prétendre à entrer dans le Top 100… Marcel Zanini venant in extremis à notre secours pour nous éviter de refermer l’alphabet avec Jean Zedd ! Et il ne fallait oublier aucun genre : les chanteurs à voix, les réalistes, les comiques troupiers, les interprètes de romances et de mélodies, les chanteurs de rengaines, les meneurs ou meneuses de revues, les fantaisistes, les chansonniers, les drôles, les tristes, les gais, les romantiques, les poétiques, ceux qui ont fait entrer les airs d’opérette dans le répertoire de la chanson, les acteurs-chanteurs (nombreux), les chefs d’orchestre de variétés, etc. Pour cause de vétusté sonore ou de manque de témoignages convaincants, il nous a bien fallu nous séparer de Boucot, de Polaire, d’Anna Thibaud, de Mercadier, de Jeanne Marnac, de Dalbret, de Gaby Deslys et autres vedettes des temps anciens qui pouvaient revendiquer leur place parmi les cent. L’ordre alphabétique autorise aussi des juxtapositions savoureuses : Aznavour et Bach, Bécaud et Bérard, Jacques Douai et Dranem, Fernandel et Léo Ferré, Juliette Gréco et Georges Guétary, Mistinguett et Montand… Voilà de quoi assurer une écoute vivante et contrastée, pleine d’imprévus, de retrouvailles et, nous l’espérons, de découvertes. Ainsi, à côté des plus grands noms qui ont fait l’Histoire de la chanson au XXe siècle, chacun pourra dé­couvrir des interprètes de valeur, des vedettes un peu oubliées ou qui n’ont connu qu’un succès, parfois énorme mais éphémère. Et, à partir de là, avoir envie d’en écouter un peu plus, par exemple en se plongeant dans le catalogue Frémeaux qui regorge de trésors. (5) Mais peut-être avant tout, et au-delà des noms, l’intérêt n’est-il pas de retrouver cent chansons (6) merveilleusement interprétées par leurs créateurs ou par ceux qui en ont donné, au disque, les versions de notre mémoire, cent chansons que nous croyons éternelles et qui seront toujours écoutées avec le même plaisir.  Jean Buzelin  (1) Comme le Dictionnaire de la Chanson française de France Vernillat et de Jacques Charpentreau (Larousse, 1968) qui n’a, hélas, jamais été mis à jour ni remplacé. (2) Exception faite d’Édith Piaf qui a écrit quelques chansons. (3) Ne soyons pas sectaires, les musiques rock ont également enrichi et renouvelé la chanson ; c’est leur exploitation commerciale unilatérale et à outrance qui l’a appauvri. (4) Léon Xanroff est évidemment fort connu, mais avant tout comme auteur-compositeur. On pourrait dire la même chose de Boris Vian par exemple. (5) La majeure partie des œuvres figurant dans ces quatre CD est issue du fonds de catalogue Frémeaux & Associés, le complément provenant de la collection de Marc Monneraye. (6) Nous n’avons pas forcément choisi le plus gros tube, comme on dit, de tel ou tel chanteur, que chacun connaît par cœur et qui trop souvent s’est transformé en rengaine.  Ont été consultés en particulier les textes de Jean-Christophe Averty, André Bernard, Martin Pénet, Marc Robine et le Dictionnaire de Vernillat-Charpentreau (cf. note 1), Dany Lallemand et Christian Plume m’ayant aimablement communiqué de nombreuses informations. Mes remerciements les plus vifs s’adressent évidemment à Marc Monneraye qui a fait équipe avec moi durant toute cette aventure chansonnière. "
Jean Buzelin
© 2006 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS.

ADISON, Fred (Albert Lapeyrère, 1908-1996) compositeur, chef d’orchestre
Après des études musicales, il s’intéresse au jazz et réunit un orchestre où les musiciens jouent, chantent et proposent un véritable spectacle. L’orchestre tourne en Europe, au Moyen-Orient, et donne une première représentation à la Salle Pleyel en 1935. La même année, ils enregistrent Avec les pompiers, chanson-sketch, qui restera la plus grosse vente de toute l’histoire des 78 tours en France. On les entend Chez Harry Pilcer, à l’ABC, à Bobino, à l’Européen tandis qu’ils gravent de nombreux succès : En cueillant la noisette (34), Le Petit train départemental (35), Quand un gendarme rit (36), On va se faire sonner les cloches (37) et Tout est au duc où ils accueillent en invités le duo Charles et Johnny. Pendant la guerre, Fred Adison se produit en zone libre et, à la Libération, reprend ses galas et ses tournées, inaugurant le Central Avenue en 1948. En 1952, la vogue des grands orchestres chantants déclinant, Adison prend la direction de l’orchestre du cirque Pinder où il restera de longues années avant de devenir lui-même entrepreneur de spectacles et directeur de cabarets. Il met fin à ses activités artistiques dans les années 60. Voir CD Jazz Dance Music (FA 037), Intégrale Charles Trenet 1 (FA 081), Amour, Bananes et Ananas (FA 5079), Les Cinglés du Music-hall (CMH 34, 39). 

ALIBERT, Henri (1889-1951) auteur, interprète 
Il débute vers ses 15 ans avec difficultés à Monteux et à Avignon, et monte à Paris en 1908 où il commence par imiter Mayol. En 1913, il passe à l’Alcazar de Marseille mais sa carrière débute réellement en 1920 au Concert Mayol à Paris. Il enchaîne avec l’Eldorado, l’Alhambra, l’Empire, les Ambassadeurs, le Petit Casino, l’Olympia, les Folies-Bergère (“La Folie du jour” avec Joséphine Baker en 26) et, jusqu’en 1932, grave (sans accent !) 150 disques dont Mon Paris, Ah qu’il était beau mon village et Dans ma péniche. Puis, profitant de la “vogue marseillaise” que suscite le triomphe à Paris de la pièce de Marcel Pagnol, “Marius”, Alibert change complètement l’orientation de sa carrière. Il monte une “Revue marseillaise” au Moulin de la Chanson puis, sur des musiques de Vincent Scotto, écrit les lyrics de “Au pays du soleil” (32) qu’il présente à Paris puis à Marseille. Il crée ensuite de nombreuses opérettes en collaboration avec Scotto dont “Trois de la Marine” (Sur le plancher des vaches) en 33, “Zou, le Midi bouge” (Adieu, Venise provençale) en 34 et “Un de la Canebière” (Le Plus beau tango du monde, Cane… Cane… Canebière) en 35. Il obtient le Grand Prix du Disque en 1936 avec Le Noël des petits santons.  “La voix ensoleillée d’Alibert a été un élixir de jouvence, un enchantement de simplicité et de bonne humeur sans le moindre atome de vulgarité pour atteindre le cœur de son auditoire”. Jovial et hâbleur en vrai Méridional, il meurt des suites d’un accident de voiture. Voir CD Alibert (FA 5044), Vincent Scotto (FA 5009), Marseille (FA 5022), Nice Côte d’Azur (FA 5083), La Fête foraine et le Cirque (FA 5124), CMH 29, 31, 45. 

ANDREX (André Jobert, 1907-1989) interprète et comédien
Camarade d’école de Fernandel, ce Marseillais capable d’adopter la gouaille parisienne a suivi son vieux copain durant toute sa carrière. Il débute à l’Alcazar de Marseille en 1925 et sur disques moins de deux ans plus tard (on dit qu’il aurait enregistré 400 faces !). Il apparaît en 1932 sur la scène du Casino de Paris (“Paris Sex-appeal”) et dans d’autres grandes revues. Andrex incarne à l’écran des rôles de mauvais garçons : “Angèle” de Pagnol (34), “Toni” de Renoir (35), “Circonstances atténuantes” et “Fric-Frac”(39). Il se produit à l’ABC en 1941 et 43 et enchaîne plusieurs succès comme Antonio, Y a des zazous et Bébert, chanson tirée du film “Fou d’amour”. Il poursuit une longue carrière dans les music-halls et au cinéma avec des apparitions remarquées dans “Manon” de Clouzot, “Si Paris nous était conté” de Guitry où le populaire “La Cuisine au beurre” où il côtoie Fernandel et Bourvil. Très à l’aise dans tout l’éventail du répertoire fantai­siste, des “galéjades“ marseillaises avec Fernandel aux grands titres de l’opérette, Andrex enregistre encore avec succès dans les années 60 : Chacun son truc, La Samba brésilienne. Voir CD Vincent Scotto (FA 5009), Chansons du Trottoir (FA 5026), Guinguettes et Caboulots (FA 5068), Amour, Bananes et Ananas (FA 5079), La Banlieue (FA 5094), La Fête foraine et le Cirque (FA 5124), CMH 42. 

ARLETTY (Léonie Bathiat, 1898-1992) comédienne et interprète Après avoir été mannequin chez le grand couturier Paul Poiret, elle débute dans des revues au Théâtre des Capucines où on lui trouve son nom d’artiste. Elle joue au théâtre puis chante Chez Fischer et dans plusieurs opérettes dont “Yes” et “Le cochon qui sommeille” (28). Après avoir tourné son premier film en 1930, Arletty effectue des allers-retours continus entre théâtre, cinéma et opérette (“Azor” en 33). Elle interprète Cocteau à l’ABC et Sacha Guitry lui offre “Ô mon bel inconnu” sur une musique de Reynaldo Hahn avant de tourner pour lui au cinéma dans “Faisons un rêve” et dans “Désiré”. Mais c’est “Hôtel du Nord” (38) puis “Le Jour se lève” (39) de Marcel Carné qui la consacrent grande vedette. Pendant l’Occupation, elle tourne, toujours avec Carné, ces monuments que sont devenus “Les Visiteurs du soir” (42) et “Les Enfants du paradis” (44). Après un passage à l’Empire en 1950, Arletty joue essentiellement au théâtre.   Avec une gouaille héritée de Mistinguett (dont elle reprendra des chansons en 1956). “J’ai chanté, dit-elle, mais c’est, chez moi, plutôt une façon de parler que du vrai chant. Je disais un texte sur de la musique”. Voir CD Ciné Stars (FA 063), Paris (FA 5018).  AUBERT, Jeanne (1900-1988) interprète   Elle débute en 1920 dans la revue “Miousic” au Vaudeville puis enchaîne avec “La Reine ardente” au Théâtre de l’Abri. Cette opérette “très“ légère l’amène aux Folies-Bergère : “C’est de la Folie” (21), au Casino de Paris : “En douce” (22), au Concert Mayol : “Toute nue” (24) avec Si tu voix ma tante avant de figurer sur la scène du Moulin Rouge “Paris aux Étoiles” (27) et du Palace : “Bonnes nouvelles” (29). Chantant dans un anglais parfait, elle se produit à Londres et à New York où elle épouse en 1928 le “roi du corned beef“ qui la couvre de présents mais exige qu’elle mette un terme à sa carrière. Elle le fuit à travers l’Europe et en Amérique avant d’obtenir le divorce en 1933. Elle rentre à l’ABC où elle crée C’est une petite étoile en 1935. En 1937, elle lance Sur la commode au Théâtre des Nouveautés dans la revue “V’là l’ travail” de Rip. Elle joue également aux Folies-Bergère dans “Madame la Folie” (38) et aux Bouffes-Parisiens dans “Boléro” (41). Aux côtés de Jacques Jansen, Jeanne Aubert donnera 630 représentations de “La Veuve joyeuse” en 1942/43. Voir CD CMH 30, 36, 37. 

AZNAVOUR, Charles (Shanoun Aznavourian, né en 1924) auteur, compositeur, interprète et comédien Fils d’immigrés arméniens, il rencontre Pierre Roche en 1941 et écrit avec lui J’ai bu (Grand Prix de la Chanson en 1947 avec Georges Ulmer). À la Libération, ils montent ensemble un duo de duettistes fantaisistes que Piaf inscrit à son spectacle de l’Étoile en 1945 avant de les emmener en tournée l’année suivante au Canada et aux Etats-Unis. Le duo prend fin en 1950 et seul, Aznavour a du mal à percer. Il écrit pour Édith Piaf Il pleut, Il y avait, Jezebel et Je hais les dimanches qu’elle refuse mais qu’accepte Juliette Gréco. Il collabore ensuite avec le jeune Gilbert Bécaud (Viens, Donne-moi) et se produit dans les cabarets en 1952 avec peu de succès. Dans les années 54/55, il apparaît sur les scènes de music-hall (Moulin Rouge, Olympia) et obtient un bon succès radio avec Sur ma vie. Après plus de dix ans d’efforts, il commence réellement à être connu et conquiert progressivement un public de plus en plus vaste tant en France qu’à l’étranger. Il entame à la même époque une carrière de comédien au cinéma (“Un taxi pour Tobrouk”). Il écrit La Bohème que lance Georges Guétary, puis un nombre considérable de succès, parfois mondiaux, comme Tu t’laisses aller, Je m’voyais déjà, Les Comédiens, Sa jeunesse et, en 1966, La Mama. Aznavour a été programmé à plus de vingt reprises à l’Olympia.  Sa voix comme blessée, éraillée, peu appréciée au début (comme son physique d’ailleurs), s’est révélée, grâce à un travail et une maîtrise constants, un exceptionnel véhicule des passions, du pathétique et du malheur du monde. Il est, depuis Edith Piaf, le seul artiste français de variétés à bénéficier d’une reconnaissance et d’un statut internationaux. 

BACH (Charles Joseph Pasquier, 1882-1953) comédien et interprète Après des débuts assez miteux dans des bouis-bouis de province qui manquent de le conduire au suicide, il prend le nom de Fernand Bach en 1901 et commence à se produire dans les casinos. En 1904, il adopte le genre comique troupier et, en 1906, est engagé à l’Eldorado ; il y participera aux revues, tours de chants, vaudevilles et opérettes jusqu’en 1914 où il passe au Moulin Rouge. Vers 1910, juste en dessous de Polin (qu’il n’imite pas), il est devenu l’un des troupiers les plus en vogue et se produit, pendant les mois de relâche de l’Eldorado, aux Ambassadeurs et à l’Alcazar d’été. En 1911, il crée Avec Bidasse, dont le nom, depuis, a détrôné celui de troufion dans toutes les casernes. Il l’enregistre une première fois en 1914 en même temps que Quand Madelon, rengaine marche qui n’accroche pas le public. La guerre arrive et Bach est affecté au Théâtre aux Armées où, après avoir lancé La Caissière du Grand Café, il fait reprendre en chœur la Madelon aux poilus. L’air se répand comme une traînée de poudre et devient une sorte d’hymne officieux durant tout le temps que durera ce désastreux conflit. Après la guerre, Bach ne cherche pas à exploiter son succès de comique troupier et se reconvertit en intégrant en 1918 la troupe des Folies-Bergère. Il est de toutes les revues et y côtoie le comédien Henry-Laverne en 1923. En 1928, il est au Casino de Paris dans la revue “Tout Paris” où, avec le même partenaire, il entonne chaque soir Dans les magasins. Les deux compères ont alors l’idée de monter un duo de sketches comiques : “Le Petit théâtre phonographique”. Et, de 1928 à 1938, les disques de Bach et Laverne vont se vendre comme des petits pains (360.000 exemplaires pour Le Baptême des z’ osiaux). Pensionnaire du Châtelet de 1929 jusqu’à la seconde guerre, Bach est également la vedette de nombreux films comme “Le Train de 8 h 47” (34) avec Fernandel en second rôle. Après la guerre, Bach se consacre au théâtre et c’est sur les planches ou presque qu’il s’éteindra. 

BAKER, Joséphine (Freda McDonald, 1906-1975) interprète  Née à Saint-Louis (Missouri), elle participe à des spectacles ambulants dès l’âge de 10 ans. À 16 ans elle est à Broadway et la chance se présente lorsqu ‘elle remplace sur scène Ethel Waters, la plus grande chanteuse noire de l’époque. En 1925, elle débarque à Paris avec la Revue Nègre qui crée l’événement au Théâtre des Champs-Elysées. Joséphine y fait sensation en chantant et en dansant le charleston vêtue de haillons et d’un short noir. Paris découvre sa plastique, son entrain, sa grâce et une voix acidulée de soprano légère qui, après des disques gravés d’abord en anglais, vont donner un accent typique à la chanson française. Dès 1926, elle est embauchée aux Folies-Bergère en vedette des revues “La Folie du jour” puis “Un Vent de folie” (27) avec une ceinture de bananes comme unique costume. À cette époque, elle possède son propre cabaret, Chez Joséphine. Elle relance La Petite Tonkinoise de Scotto, créée plus de vingt ans auparavant par Polin et Esther Lekain et, surtout, crée sur la scène du Casino de Paris en 1930 dans “Paris qui remue” l’immortel J’ai deux amours. Suit “La Joie de Paris” en 1932. Son succès est considérable, elle tourne dans plusieurs films dont “Zouzou” avec Jean Gabin, et chante “Ma Créole” d’Offenbach (34). De retour aux Folies-Bergère, elle mène la revue “En Super-folies” (36) puis partage la vedette avec Maurice Chevalier de “Paris-London” au Casino de Paris. À la déclaration de la guerre, Joséphine s’engage, puis rejoint la France Libre et lutte jusqu’à la victoire. Malgré plusieurs tournées aux Etats-Unis durant les années 50 et 60, elle se consacre essentiellement à des actions contre le racisme et adopte une douzaine d’enfants de toutes origines qu’elle installe dans sa maison des Mirandes avec son mari Jo Bouillon. En 1956, 59 puis 66 elle effectue des retours triomphaux à l’Olympia. En 1975, elle entame un nouveau show à Bobino qui, hélas, n’ira pas jusqu’à son terme, la chanteuse tombant malade au bout de plusieurs représentations avant de mourir quelques jours plus tard. Voir CD Joséphine Baker (FA 156), George Gershwin (FA 152), L’Argent (FA 174), La Mer (FA 197), Paris (FA 5018), CMH 39, 40. 

BAUGÉ, André (1893-1966) interprète  Né à Toulouse et fils de la grande cantatrice Tarriol-Baugé, il revient de la guerre de 14-18 qu’il a effectuée en entier avec un poumon en moins ! Ce qui ne va pas l’empêcher d’accomplir une immense carrière de baryton tant à l’Opéra que, surtout, à l’Opéra-Comique où il a débuté dans les années 20. Il grave à partir de 1924 de nombreuses mélodies chères au public, profitant de l’enregistrement électrique et des pistes sonores du cinéma chantant naissant. Il tourne ainsi dans “La Route est belle” (29), “La Ronde des heures” (30), qui sont les premiers films français mis en scène autour d’un chanteur. Suivent “Un Caprice de la Pompadour”, “L’Ange gardien”, “Le Roman d’un jeune homme pauvre”, etc. Il chante “La Veuve joyeuse” à l’Opéra-Comique (30) puis “Nina-Rosa” au Châtelet, “Beaumarchais” (31), “Rose de France” et “Au Temps des Merveilleuses” dont est tiré Partir c’est mourir un peu. On l’entend également dans les opéras “Le Barbier de Séville” de Rossini et “Monsieur Beaucaire” de Messager.  Surnommé le “Prince de l’opérette”, André Baugé a été, souvent en compagnie de célèbres cantatrices comme Ninon Vallin, une sorte de “vulgarisateur” du bien chanter et nombre d’airs inoubliables lui doivent une fière chandelle (La Ronde des heures, J’ai toujours cru qu’un baiser, Le Comte de Luxembourg…). Il fut un temps marié avec Lucienne Dugard, la première à interpréter “Blanche Neige” en français, et sa fille Annick fit aussi carrière dans l’opérette (“La Belle Arabelle”). Voir CD L’Amour fou (FA 155), La Gloire de l’Opérette (FA 189), CMH 32. 

BÉCAUD, Gilbert (François Silly, 1927-2001) compositeur et interprète  Prix de piano au conservatoire de Nice, il accompagne Jacques Pills en tournée aux USA et en profite pour observer la manière des shows américains. Il compose quelques chansons pour Edith Piaf : Je t’ai dans la peau, Les croix, Ça gueule ça madame et, dès 1946, met en musique des textes de Pierre Delanoë : Mes mains (53), créé par Lucienne Boyer. En 1952 il rencontre Louis Amade, qui devient son autre parolier pré­féré. C’est le début d’une ascension vertigi­neuse. En 1954, à l’Olympia, il fait la réouverture au même programme que Lucienne Delyle et, l’année suivante au même endroit, un jeune public déchaîné casse les carreaux et les fauteuils. Rapidement surnommé “Monsieur 100.000 volts”, il devient le nouveau symbole du rythme en chansons. Tout en se situant encore dans une certaine tradition, il an­­nonce la génération suivante. Pour preuve, deux de ses chansons, Salut les copains et Âge tendre et tête de bois deviendront les titres de deux émissions de radio et de télévision emblématiques de la “nouvelle vague“ et des yéyés.  Chanteur qui déborde d’énergie, Gilbert Bécaud a effectué une grande carrière au music-hall. Il a écrit des chansons populaires qui ont marqué leur époque : Les Marchés de Provence, Dimanche à Orly, L’Orange, L’important c’est la rose, Nathalie… sans oublier Et maintenant et Je t’appartiens qui, reprises par les plus grands artistes américains et d’ailleurs, sont devenus deux des gros succès mondiaux de la chanson française. En 1997, ce fidèle abonné de l’Olympia – il y est passé une trentaine de fois – faisait la réouverture de l’établissement à neuf reconstruit. Voir CD La Fête foraine et le Cirque (FA 5124). 

BÉRARD, Adolphe (1870-1946) interprète  Originaire de Carpentras, Bérard, après des débuts dans les salles de quartier, est engagé en 1899 à l’Eldorado, l’un des deux ou trois plus grands caf’ conc’ de Paris où il restera jusqu’en 1928 ! Petit, légèrement bossu et, pour tout dire, pas beau, il compensait ces handicaps par une voix de ténor d’une puissance impressionnante qui déchaînait des foules d’admirateurs. Spécialisé dans les chansons mélodramatiques, les romances et les drames populaires à la Zola (Le Loup de mer, J’ai vendu mon âme au Diable, Le Train fatal, Le Cœur tzigane, Le Clown), il triompha pendant la “grande guerre” avec des refrains patriotiques et revanchards : La Valse bleu horizon, Chargez, Verdun, on ne passe pas, L’Étendard étoilé. Il enregistra encore abondamment après la guerre puis, après le décès de sa femme, la belle Madame Gaudet (Charlotte), spécialiste des chansons lestes, prendra une retraite paisible à Paris. Voir CD La Grande Guerre (FA 171), La Mer (FA 197).

BOTREL, Théodore (1868-1925) auteur, compositeur, interprète Un monument historique de la chanson française. Venu de sa Bretagne natale à Paris à l’âge de 7 ans, il est d’abord attiré par le théâtre puis écrit quelques chansons qui sont interprétées dans de petits cafés-concerts. Il débute modestement en 1894 au Chien Noir, engagé par Victor Meusy et Paul Delmet qui avait mis deux de ses textes en musique. Décidant de se consacrer à la chanson d’inspiration bretonne, il fait éditer La Paimpolaise que lance, après Kam-Hill, Mayol au Concert Parisien en 1895. C’est le premier grand succès du Toulonnais Félix qui reprendra plus tard Le Petit Grégoire et Lilas Blanc, autres œuvres immortelles de Botrel avec Le couteau, qu’il crée en 1902 à la Boîte à Fursy, et Le Mouchoir rouge de Cholet qu’Eugénie Buffet met à son répertoire en 1897. Vêtu en costume “folklorique”, Théodore Botrel lance le genre “barde breton” aux Quat’z-Arts et aux Noctambules. En 1898, son premier recueil, “Chansons de chez nous”, est couronné par l’Académie française. Il effectue de nombreuses tournées avec sa femme Lena (avec laquelle il grave quelques disques en duo) en Europe et au Canada où il est très populaire. Il évolue vers un répertoire royaliste et patriotique et, en 1914, le ministère l’envoie chanter pour les troupes.  Botrel, qui a écrit plus de 500 chansons, a peu enregistré lui-même : une série de faces en 1906/1909 puis une autre en 1922/23. Il avait fondé le mensuel La Bonne chanson. Voir CD La Grande Guerre (FA 171), La Mer (FA 197). 

BOURVIL (André Raimbourg, 1917-1970) auteur, interprète et comédien Pur Normand admirateur de Fernandel (!), ce fils de cultivateur passionné par le music-hall entre dans la musique à l’armée en 1937. Ayant gagné un crochet l’année suivante, il passe à Radio-Cité en 1939 et commence à se produire dans quelques cabarets de Montmartre, sans grand succès. Il doit attendre 1946 pour triompher avec Les Crayons et autres “chansons idiotes”, renouvelant le genre autrefois représenté par Dranem puis Fortugé dont il prolonge un peu le personnage naïf et benêt. Il entame rapidement une car­rière au cinéma et nombre de ses chansons célèbres sont tirées de ses films : La Tactique du gendarme, Pour sûr, La Rumba du pinceau… Il fait également salle comble avec son partenaire Georges Guétary, dans l’opérette “La Route fleurie” qui tiendra l’affiche de 1952 à 1956. À partir de “La Traversée de Paris”, il tourne dans des films plus consistants et son registre s’élargit également dans la chanson avec la Ballade irlandaise (Un oranger) (58), Salade de fruits et Ma petite chanson (59).  Resté immensément populaire parmi les jeunes générations qui se délectent de voir et revoir “Le Corniaud” et “La Grande vadrouille”, Bourvil reste l’un des plus grands acteurs du cinéma français (“Les Grandes gueules”, “Le Cercle rouge”). Voir CD Bourvil (FA 5131), Amour, Bananes et Ananas (FA 5079), La Banlieue (FA 5094). 

BOYER, Lucienne (Émilienne Henriette Boyer, 1901-1983) interprète  Elle pose dans les ateliers de Montparnasse, fait de la figuration au théâtre, apparaît dans des revues, prend des cours de chant, de danse, de théâtre et se fait engager à l’Eldorado et au Concert Mayol. Elle joue ensuite pendant sept mois dans une revue de Broadway. De retour en France, Lucienne Boyer passe à la Boîte à Fursy, Chez Fysher et enregistre son premier disque en 1926 : Tu me demandes si je t’aime. En 1928, elle ouvre son propre cabaret, Chez les Borgia, où elle lance Parlez-moi d’amour qui, gravée en 1930, recevra le tout premier Grand Prix du Disque de la revue Candide. Elle chante alors dans tous les music-halls, Bobino, Olympia, Apollo, Alhambra, Empire, ouvre un second cabaret, Chez Elle, et retourne à New York en 1934 mais refuse les propositions d’Hollywood. Les succès s’enchaînent : Si petite, Moi j’crache dans l’eau, Un amour comme le nôtre puis Parti sans laisser d’adresse, la première chanson de Pierre Dudan (40). Après la guerre, elle crée Que reste-t-il de nos amours de Charles Trenet (44) et Mes mains de Gilbert Bécaud (53). Elle effectue des tournées et chante au Carnegie Hall en 1953.  Chanteuse d’amour à la voix troublante, sensuelle et mélancolique qui annonce un peu Juliette Gréco et Barbara, Lucienne Boyer s’est produite une dernière fois à l’Olympia en 1976, en compagnie de sa fille Jacqueline Boyer, née en 1941 de son union avec Jacques Pills. Voir CD Lucienne Boyer (FA 5020), Chansons du Trottoir (FA 5026), CMH 39, 41. 

BRASSENS, Georges (1921-1981) auteur, compositeur, interprète Né à Sète, il vient à Paris en 1939 et, pendant la guerre, est envoyé au STO à Berlin. La paix revenue, il collabore au journal “Le Libertaire” et écrit ses premières chansons (Le Gorille). Mort de trac, il essaie sans succès de se produire au Lapin Agile et autres lieux et doit attendre 1952 pour être lancé Chez Patachou, le cabaret de la chanteuse qui croit en lui et interprète ses œuvres. Il enregistre lui-même ses premières chansons et passe au Trois-Baudets puis au Concert Pacra. En 1954, il obtient le Prix de l’Académie Charles-Cros et fait, deux ans plus tard, sa seule apparition au cinéma dans “Porte des Lilas” de René Clair. Fréquemment programmé à Bobino, il se produit également à l’Olympia en 1958, 63 et 66, et la même année son récital au TNP attire 90000 spectateurs en un mois. L’année suivante, il obtient le Grand Prix de Poésie de l’Académie française.
Dès son premier disque, La Mauvaise réputation, Brassens annonce la couleur : le non-conformisme et un anarchisme, certes bien français, mais depuis les chansons traditionnelles des siècles précédents rarement exprimés aussi généreusement avec une verve, un goût de la langue et de la poésie, et une écriture ciselée, bien que truculente et volontiers gauloise, qui le situent d’emblée complètement à part dans l’évolution de cet art populaire. S’appuyant par surcroît sur des mélodies parfaitement construites, que l’on fredonne instantanément et qui restent dans les mémoires (Les Sabots d’Hélène, Chanson pour l’Auvergnat, Le Parapluie, Les Copains d’abord et tant d’autres), Georges Brassens a de la même façon rendues immortelles des poésies de Victor Hugo, Paul Fort, Francis Jammes ou Aragon. Ayant été à côté des modes durant toute sa carrière, Brassens, dont les chansons ne sont aucunement datées, demeure le chanteur français le plus connu parmi les plus jeunes générations et leurs enfants. 

BREL, Jacques (1929-1979) auteur, compositeur, interprète et comédien Né à Bruxelles, il commence à composer vers 1950 avant de débarquer, trois ans plus tard, à Paris chez Jacques Canetti. Il enregistre bientôt ses premières chansons (Le Diable, Il pleut, Grand Jacques…) et débute dans les petites salles et les cabarets sous les critiques du public comme des gens du métier. En 1954, il passe en première partie de Damia à l’Olympia. Il commence à bénéficier d’une certaine popularité à partir de 1957 (Quand on a que l’amour) notamment auprès des jeunes qui reconnaissent en lui une inspiration généreuse, exigeante et poétique. En même temps, Brel apporte un grand vent de liberté. Après une nouvelle première partie (de Philippe Clay) à l’Olympia en 1958, Jacques Brel est programmé à Bobino l’année suivante (La Valse à mille temps) puis à nouveau à l’Olympia, désormais en vedette, en 1961 (Les Bourgeois) et en 1964 où il impose sa présence scénique nerveuse et totalement investie. À la fois poète et satiriste, il chante avec une même et bouleversante sincérité Le Plat pays tandis qu’il fustige Les Flamandes et peint merveilleusement des petits tableaux de genre et des scènes féroces de la comédie humaine (Les Bonbons, Ces gens-là) sans parler de l’amour non partagé (Madeleine, Ne me quittes pas). Après un dernier et triomphal tour de chant en 1967 (Amsterdam), il crée “L’Homme de la Mancha” l’année suivante puis renonce à la chanson pour entamer une carrière d’acteur de cinéma (“Les Risques du métier”, “Mon oncle Benjamin”). 

BRUANT, Aristide (Aristide Bruand, 1851-1925) chansonnier  Il commence à chanter des refrains comiques dans les goguettes et les petits cafés-concerts des barrières et de la banlieue avant de faire ses débuts à l’Époque (futur Pacra). Durant une période militaire, il compose le 113e de Ligne puis se produit à la Scala et à l’Horloge. En 1883, Le chansonnier Jules Jouy l’introduit au Chat Noir et c’est dans ce lieu qu’il trouve sa véritable personnalité en même temps que son fameux costume, immortalisé par Toulouse-Lautrec. En dehors du célèbre refrain Le Chat Noir, il crée dans ce lieu mythique sa série de chansons sur les quartiers de Paris : À Batignolles, À Saint-Lazare, À la Villette, À la Bastoche, À la Glacière… Le cabaret déménageant, Bruant reprend les locaux qu’il baptise à l’enseigne du Mirliton et s’y fait une réputation en apostrophant les clients. Son premier recueil, “Dans la Rue”, illustré par Steinlen, paraît en 1889 et, en 1892, il se produit aux Ambassadeurs. En 1895, Bruant abandonne la direction du Mirliton, part en tournée en Afrique du Nord et se retire chez lui à Courtenay. Mais il ne délaisse pas la chanson et continue à écrire. Il dirige le Concert de l’Époque (1899), achète le Lapin Agile (1903) et se produit avec sa femme, Mathilde Tarquini d’Or, de temps en temps à Paris au Théâtre Royal (1904) et au Little-Palace (1905). Entre 1905 et 1914, il enregistre enfin ses plus grands succès. En 1924, Aristide Bruant, qui a écrit plusieurs romans-feuilletons dont certains mis à la scène, fait une dernière apparition à l’Empire. Voir CD Toulouse-Lautrec (FA 5074). 

BUFFET, Eugénie (1866-1934) interprète En son pays natal, l’Algérie, elle débute en 1883 puis tente de percer à Marseille en 1886, sans succès. Montée à Paris, elle tient de petits rôles obscurs au Bataclan, puis, en 1890, débute à la Cigale où elle crée le type de “la pierreuse“. Elle est lancée. Eugénie Buffet interprète Bruant, Botrel et devient célèbre avec Les Gueux et La Sérénade du pavé qu’elle chante dans les rues pour récolter des fonds en faveur des blessés de l’expédition de Madagascar en 1895. En 1902, elle fonde le cabaret de la Purée, tourne en Europe et en Amérique du Sud jusqu’en 1914 où, patriote convaincue, elle chante à nouveau dans les rues et fonde “La Chanson aux blessés”. Après guerre, elle retourne en Amérique (Nord et Sud et Antilles), tourne en Europe, au Maroc, se produit aux Noctambules en 1921, à l’Eldorado et à l’Empire en 1924, à la Scala en 1925 avant de jouer, la même année, dans le “Napoléon” d’Abel Gance. Au seuil d’une carrière bien remplie, elle grave heureusement, à la toute fin de sa vie, quelques-unes de ses chansons dans la cire. Voir CD Toulouse-Lautrec (FA 5074). 

CAIRE, Reda (Joseph Gandhour-Bey, 1905-1963) interprète Né d’un père égyptien, bilingue franco-arabe, le bien surnommé Reda Caire apporte à la chanson un esprit moyen-oriental qui sera incarné plus tard par Georges Guétary, Dario Moreno, Dalida, Nana Mouskouri ou Rika Zaraï. Il arrive à Marseille en 1923 et étudie le chant. Ses vrais débuts ont lieu dans l’opérette, à Lyon en 1927. Après quelques tournées, il se retrouve à l’Eldorado avec Yvette Guilbert entre autres et, en 1932, enregistre ses premiers disques. Il joue “Azor” aux Bouffes-Parisiens, participe à des revues aux Théâtres Daunou et des Champs-Elysées, et donne des tours de chant au Bœuf sur le Toit et Chez Suzy Solidor. Après des passages à Bobino, à l’Européen et aux Variétés de Marseille où il triomphe, Reda Caire est devenu l’un des chanteurs français les plus populaires avec des airs comme Les Beaux dimanches de printemps et Le Plus beau refrain. Il tourne plusieurs films, passe six mois sur la scène du Casino de Paris en 37/38 dans la revue “Féries de Paris” où il chante Ma banlieue pendant que le petit format de sa chanson Si tu reviens se vend à 800.000 exemplaires, un record. Il se produit à Mogador, à l’ABC et s’envole pour le Canada. Après guerre, ses activités se réduisent et il crée une école de chant à Marseille. En 1955, Reda Caire dément sa réputation de “chanteur léger” en interprétant Ferré, Aznavour, Brel, Lemarque, Dimey, Darnal, Caussimon, etc. En 1962, il donne une dernière série de récitals au Théâtre du Gymnase de Marseille. Voir CD Reda Caire (FA 178), La Mer (FA 197), Vincent Scotto (FA 5009), Marseille (FA 5022), Guinguettes et Caboulots (FA 5068), CHH 32, 42.

CAUSSIMON, Jean-Roger (1918-1985) auteur, interprète et comédien Après un Prix de Comédie au Conservatoire de Bordeaux en 1938, il entame une carrière de co­médien qui, de Jouvet à Dullin (en 1944), le mènera à la radio et au cinéma. Prisonnier pendant la guerre, Caussimon est libéré fin 1942 et débarque au Lapin Agile où chante sa tante, Yvonne Darle. Le soir même, il dit ses premiers poèmes et commence à les interpréter en s’accompagnant à la guitare. Il enregistre un 78 tours en 1946 qui passe inaperçu mais dont la chanson Barbarie, Barbara est lancée par Maurice Chevalier. En 1947, c’est la rencontre avec Léo Ferré et le début d’une longue amitié et d’une fructueuse collaboration. Ferré met en musique et chante les poèmes de Caussimon : Comme à Ostende, Mon camarade, Monsieur William, Mon Sébasto, Nous deux, Le Temps du tango, Ne chantez pas la mort… que reprennent également d’autres interprètes comme Marc et André, Philippe Clay, Catherine Sauvage, Les Frères Jacques, Gainsbourg, Barbara, etc. Jean-Roger Caussimon, qui a délaissé le cabaret dès 1952 pour se consacrer au théâtre, au cinéma et à la télévision, n’entame une véritable carrière de chanteur qu’en 1970. Il enregistre alors ses propres chansons (Les Cœurs purs) sur plusieurs 33 tours et se produit sur les meilleures scènes de Paris et de province. Voir CD Les Années Saravah (FA 5060). 

CÉLIS, Elyane (Éliane Célis, 1914-1962) interprète   Née près Bruxelles, elle arrive à Paris en 1928 en souhaitant devenir professeur de piano. Mais elle intègre un quatuor vocal et prend alors des leçons de chant. Mariée au librettiste Marcel Delmas, elle débute au cabaret El Garron en 1935. La même année elle crée Piroulirouli au Casino de Paris dans la revue “Parade du Monde” et obtient le Grand Prix de la Chanson Candide. Handicapée de naissance à une jambe, elle chante dans une longue robe, assise sur le grand piano, accompagnée par son mari. Ce qui l’empêchera peut-être d’effectuer une grande car­rière sur les scènes même si, surmontant son infirmité, elle fréquente les cabarets “haut de gamme” : le Bagdad, le Pigall’s, l’Impératrice… sans négliger les grands music-halls : Alhambra, Bobino, Européen (36) et l’Empire où, à partir de 1937, elle revient souvent.. Elle se rattrapera sur disque en enregistrant beaucoup : Vous n’êtes pas venu dimanche, Ciribiribin, Baisse un peu l’abat-jour… En 1947, elle joue dans “Un soir à Vienne” de son mari et Georges Carry.  Sa voix très haute lui permettait de chanter les grands airs de “Lakmé”, du “Barbier de Séville” et de “Lucie de Lamermoor”. Élyane Célis disparaît prématurément à l’âge de 48 ans. Voir CD Vincent Scotto (FA 5009). 

CHEVALIER, Maurice (1888-1972) interprète et comédien Ce “gars de Ménilmontant” débute à 12 ans dans les cafés-concerts de quartier. En 1904, il est au Parisiana puis, trois ans plus tard, à l’Alcazar de Marseille. De retour à Paris, il commence à se faire apprécier au Concert Parisien, au Casino de Montmartre et à l’Alhambra où il rencontre Pervenche, future Fréhel… En 1909, il a l’occasion de remplacer Dranem à l’Eldorado et, la même année devient le partenaire de Jane Marnac aux Folies-Bergère où il restera trois saisons. Suivront Gaby Deslys, Polaire et, bien entendu, Mistinguett, rencontrée en 1911. Blessé et prisonnier de guerre, il est rapatrié et retrouve Mistinguett aux Folies-Bergère en 1917. Dès 1919, il est au Casino de Paris avec “La Grande revue”. En 1920, il grave ses premiers disques (Oh ! Maurice) et retourne l’année suivante au Casino de Paris dans “Avec le sourire”, arborant pour la première fois son célèbre canotier. Les grandes années de Maurice Chevalier commencent avec les opérettes à succès : “Dédé” (21), avec Dans la vie faut pas s’en faire, “Là-haut” (23) aux côtés de Dranem. Puis c’est à nouveau le Casino de Paris : “Paris en fleurs”(1925), “Paris” avec son épouse Yvonne Vallée (26), “Les Ailes de Paris” (27) avant le départ pour l’Amérique en 1928. Il tourne à Hollywood une douzaine de films parmi lesquels les comédies musicales “Parade d’amour” et “La Veuve joyeuse”. Chevalier impose mondialement sa silhouette élégante et canaille, son sourire et son accent parigot. De retour à Paris en 1935, il triomphe sur la scène du Casino de Paris avec “Parade du Monde”. Ses rengaines, qu’il détaille d’une voix gouailleuse et faubourienne, sont passées dans le “patrimoine” : Valentine, Prosper, Donnez-moi la main Mamzelle, Quand un vicomte… Ma pomme et Y a d’ la joie (“Paris en Joie” au Casino de Paris en 37), Le Chapeau de Zozo et Ah si vous connaissiez ma poule (“Amour de Paris”, 39). Maurice est d’ailleurs la tête d’affiche de presque toutes les revues du Casino : “Paris-London” (39), “Bonjour Paris” (41) et “Pour toi, Paris” (42). La même année il est aux Folies-Bergère avec “La revue des trois millions”. Après la seconde guerre, il chante Fleur de Paris à l’ABC, tourne “Le Silence est d’or” de René Clair (47) et, devenu “monument national”, fait ses derniers adieux au Théâtre des Champs-Elysées en 1968. Voir CD Maurice Chevalier Vol. 1 & 2 (FA 162, 163), Son dernier concert (FA 5113), Le Front Populaire (FA 049), Ciné Stars (FA 063), George Gerschwin (FA 152), Paris (FA 5018), Chansons du Trottoir (FA 5026), La Banlieue (FA 5094), CMH 30, 31, 32, 36, 40. 

CLAVEAU, André (1911-2003) interprète Parisien, il fait l’école Boulle. D’abord décorateur des plus grandes vedettes de l’écran et affichiste, il se voit confier les décors de la pre­mière pièce de Jean Anouilh, “L’Hermine”, au Théâtre de l’Œuvre en 1932. il s’amuse à chanter Venez donc chez moi et se présente à des concours d’amateurs. Il gagne un radio-crochet au Poste Parisien et enregistre Chez moi, premier disque d’une éblouissante carrière. Il obtient le Prix de la 1re chance et commence une carrière radiophonique qui se pro­longe par les disques, les revues et le music-hall. On l’entend au cabaret (la Boîte à Sardines) et chez les chansonniers (la Lune Rousse, Les Deux-Ânes en 37/38). Accompagné par Michel Warlop, il grave Quand un petit oiseau en compétition avec Reda Caire ! En mars 39, il est à l’affiche de Mogador avec “Billy et son équipe”. À  partir de l’automne 1941, André Claveau anime une émission hebdomadaire sur Radio-Paris, et l’indicatif, Sympathie, en  fait un triomphe. Alex Siniavine est devenu son pianiste à la scène et dans les studios (Ma vieille jument, Tout en flânant). L’Européen, Bobino, l’ABC, l’Alhambra le reçoivent, suivis par l’Étoile et le Théâtre Moncey. Dans ces trois derniers lieux, on peut applaudir la version scénique de son émission “ Cette heure est à vous ”. En 1949, Claveau rejoint l’écurie Canetti et, durant plusieurs années, il va côtoyer les sommets du succès avec des chansons comme Domino, Cerisiers roses et pommiers blancs, La Petite dili­gence, Gigi, Sous une ombrelle à Chantilly, Le Monsieur aux lilas. Succès que conforte une large présence sur les ondes de Radio-Luxembourg.  Sacré “Prince des chanteurs de charme”, il chante également Les Yeux d’Elsa de Louis Aragon en 1955 et enregistre son dernier disque en 1978 sur des textes de René Fallet. Voir CD La Banlieue (FA 5094), La Fête foraine et le Cirque (FA 5124), CMH 41, 42, 43. 

CLAY, Philippe (Philippe Mathevet, né en 1927) interprète et comédien Après des études d’art dramatique au Conservatoire, il s’intègre un moment à la troupe du Palais de Chaillot (“Le Marchand de Venise”, “Tartuffe”, 1947). Aimant chanter, il gagne, presque à son corps défendant, un concours d’amateurs. Conséquences : une tournée dans la Normandie dévastée et, après avoir été lauréat du concours “Espoirs et Vedettes“ en 1949, un contrat à Casablanca. Il reste deux ans en Afrique du Nord. De retour à Paris en 1953, il entre chez Jacques Canetti qui le programme aux Trois-Baudets. Philippe Clay a appris à se constituer un répertoire et sa silhouette insolite, maigre et dégingandée sert des talents de mime et de comédien dans des chansons d’atmosphère et de fantaisie comme Les Voyoux, Festival d’Aubervilliers, Le Noyé assassiné et surtout son gros succès Le Danseur de Charleston. Il crée Ciné Massacre et On n’est pas là pour se faire engueuler de Boris Vian et La Gambille de Guy Béart. Puis le cinéma l’accapare et Philippe Clay tourne dans une vingtaine de films parmi lesquels “French-Cancan” de Jean Renoir, où il recrée le personnage de Valentin le Désossé, et “Notre-Dame de Paris” de Jean Delannoy. Après son passage à l’Olympia en 1958, sa carrière subit un coup d’arrêt. Il réapparaît en 1971 avec Mes universités et obtient le Grand Prix du Disque avec La Quarantaine. Il se consacre ensuite à sa carrière de comédien au théâtre et à la télévision. 

COMPAGNONS de la CHANSON (Les) ensemble vocal Leur histoire remonte à cette époque où la nostalgie de la nature, du compagnonnage, de la solidarité née d’une vie communautaire servent d’exutoire à une situation sinistre et mal vécue. Les chorales fleurissent aux quatre coins de l’hexagone avec le souvenir de ces Compagnons Routiers du temps du Front populaire. Dès 1942, Jean-Louis Jaubert, Louis Liébard et Hubert Lancelot ont fondé à Lyon les Compagnons de la Musique qui lancent, sur la base d’un répertoire folklorique, “la chanson animée“. Ils se font connaître à l’ABC en 1944 puis en 1945 et participent au Théâtre aux Armées. Lors d’un gala à la Comédie Française en 1944, ils rencontrent Édith Piaf qui leur conseille de choisir un répertoire plus contemporain. Elle les emmène en tournée en 1947 et chante avec eux Les Trois cloches. C’est le début d’une carrière qui se poursuivra sans aucun fléchissement tant au music-hall (ABC en 1950, Olympia en 1966), malgré leur manque d’animation scénique, qu’au disque. Avec pour seul soliste le ténor Fred Mella, les Compagnons de la Chanson se sont fait une spécialité de populariser un répertoire éclectique : Le Galérien, L’Ours, Mes jeunes années de Trenet, La Mariée d’Henri Contet, Les Comédiens d’Aznavour, Le Marchand de bonheur, La Chanson de Lara… jusqu’au Sous-marin vert des Beatles. Voir CD Intégrale Charles Trenet 5 & 6 (FA 085, 086).  

CONSTANTINE, Eddie (1917-1993) interprète et comédien Après avoir fait tous les métiers, cet Américain né à Los Angeles et descendant de plusieurs générations de chanteurs d’opéras russes, joue les figurants dans une soixantaine de films et devient disc-jockey à la radio new-yorkaise WNBC avant de suivre une jeune danseuse de la Compagnie Roland Petit qui l’amène en France. Découvert par Édith Piaf avec laquelle il joue l’opérette “La P’tite Lili”, il chante aussi bien Et bailler et dormir de Charles Aznavour que Les Amoureux du Havre de Léo Ferré. Avec Un enfant de la balle, Ça bardait, Ah les femmes, Cigarettes, whisky et p’tites pépées et Je suis un sentimental, Eddie Constantine devient en très peu de temps une véritable star, imposant sa sil­houette “américaine” de roman policier dans des films comme “La Môme vert-de-gris” et “Cet homme est dangereux” où il immortalise le personnage de Lemmy Caution. Mais, après un joli duo avec sa fille, L’Homme et l’enfant, sa carrière de chanteur s’achève très vite. Il réapparaît ponctuellement au cinéma : “Cléo de 5 à 7” d’Agnès Varda et “Alphaville” de Jean-Luc Godard. Voir CD La Fête foraine et le Cirque (FA 5124). 

CORDY, Annie (Annie Cooreman, née en 1928) interprète Dès l’âge de 12 ans, elle est sur les planches à Bruxelles. Elle fait ses débuts à Paris dans la Revue du Lido avant d’obtenir la consécration en 1952 dans l’opérette “La Route fleurie” à l’ABC, où elle a pour partenaires Bourvil et Georges Guétary. Sa carrière est lancée et elle enchaînera les grands succès avec des rengaines faciles à retenir (Les Trois bandits de Napoli, Bonbons, caramels et chocolat, Hop Diguidi, La Bonne du curé). Fantaisiste avec beaucoup d’abattage scénique, Annie Cordy se fera remarquer périodiquement au cinéma dans des registres très différents : “Le Passager de la pluie” de René Clément par exemple, ou encore “Le Chat” de Granier-Deferre. En 1972, elle crée la version parisienne de “Hello Dolly” et, en 1987, joue “Madame Sans-Gêne”. Elle demeure une vedette très populaire grâce à d’innombrables passages à la télévision. 

DAMIA (Maryse Damien, 1889-1978) interprète En 1909, elle est la partenaire de Max-Dearly à Londres. De retour à Paris en 1911, elle débute comme chanteuse au Concert de la Pépinière puis au Petit Casino. Elle enchaîne avec l’Eldorado, le Concert Mayol puis l’Alhambra où elle est applaudie pour la première fois dans son fourreau noir. Pendant la guerre de 14-18, Damia chante La Consigne et Les Goélands que les spectateurs réclameront trois mille fois jusqu’à la fin de sa carrière. Damia est la créatrice du “tour de chant“ au music-hall, en mettant en scène sa prestation sur un fond de scène noir et avec un jeu de lumière étudié, ce qui, à l’époque, apparaît comme une véritable révolution. Côté répertoire, elle cultive le genre dramatique et réaliste : La Chaîne, La Veuve, Fleur de berge, La Glu, Les Deux ménétriers, Sombre dimanche… À partir des années 30, elle diversifie son répertoire, lui donnant un caractère moins sombre (Le Grand frisé, La Guinguette a fermé ses volets, Johnny Palmer, La Rue de notre amour). Elle apparaît même sur la scène des Folies-Bergère en 1938 dans la revue “Folie en fleurs”. Damia donne un récital triomphal à la Salle Pleyel en 1949, prélude à un tour de chant à l’Étoile. Elle effectue une tournée au Japon en 1953 avant d’être programmée en vedette à l’Olympia en 1954 et 1955. Elle quitte la scène un an plus tard pour faire ses adieux à la télévision. Celle que l’on appelait “La Tragédienne de la chanson” a également joué au théâtre et tourné au cinéma. Voir CD Damia (FA 167), L’Amour fou (FA 155), La Mer (FA 197), Guinguettes et Caboulots (FA 5068), CMH 33, 40, 42.

DARNAL, Jean-Claude (né en 1929) auteur, compositeur, interprète  Originaire de Douai (comme Jacques), Jean-Claude Darnal rêve de voyages au long cours, s’inscrit au Centre de formation des Journalistes et écrit quelques chansons qu’il a l’occasion de chanter devant Eddie Constantine. Il part en stop à travers l’Europe, tandis que Constantine crée Le Soudard que va enregistrer Catherine Sauvage. On recherche désespérément l’auteur qui vit dans une mansarde pendant que Toi qui disais est enregistré par Jacques Pills. Ce début de renommée atteint les oreilles de Jacques Canetti . Résultat de l’audition : “Vous ne savez pas chanter, vous ne savez pas jouer de guitare, vous ne savez pas vous tenir en scène, mais si vous voulez, vous commencez ce soir.” “Et moi je te présenterai“, ajoute Brassens. Ça se passait à Noël 1953 pour le nouveau spectacle des Trois-Baudets. Suivront Chez Patachou, une tournée, l’Olympia…  Le public aime ses mélodies ainsi que son goût de l’aventure, des voyages et de l’évasion (Le Tour du monde). Jean-Claude Darnal a animé des émissions de télévision et a poursuivi une carrière solide en dehors des projecteurs factices qui éclairent les idoles d’un jour. 

DARRIEUX, Danielle (née en 1917) comédienne et interprète Dès 1931, à l’âge de 14 ans, Danielle Darrieux est révélée par le film “Le Bal” dont elle enregistre aussi les chansons (Chanson de la poupée). C’est le début d’une immense carrière au cinéma qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Elle tourne notamment dans “La Crise est finie” (34, avec la chanson-titre), “Mademoiselle Mozart” avec Pierre Mingand (36), “Retour à l’aube” (38, avec Dans mon cœur), “Katia” (38), “Mayerling”, “Battement de cœur” (39) dont est tiré Une charade, “Premier Rendez-vous” (41), etc. Mariée au réalisateur Henri Decoin de 1935 à 1941, elle incarne “la jeune fille idéale du cinéma français“ et figure à la première place du classement de la Cinémathèque française en 1938. Entre 1950 et 1953, elle tourne notamment dans les trois grands films de Max Ophüls : “La Ronde”, “Le Plaisir” et “Madame de”. Elle enregistre encore durant les années 50/60 mais il est évident que sa carrière théâtrale et cinématographique a sensiblement occulté son œuvre et des talents de chanteuse qui se manifestent à nouveau dans “Les Demoiselles de Rochefort” de Jacques Demy en 1966. Voir CD Danielle Darrieux (FA 5041).

DASSARY, André (André Dyhérassary, 1912-1987) interprète Il débute chez Fred Adison à Bordeaux avant de rejoindre Ray Ventura dans l’orchestre duquel il tient le rôle du chanteur à voix. À la fin de l’année 1941, André Dassary enregistre Maréchal, nous voilà, maladresse(!) qu’on lui reprochera longtemps. Deux ans plus tard, Ramuntcho, air-titre de l’opérette du même nom voit son succès amplifié par le cinéma. En dehors de l’opérette, dont il s’est fait un spécialiste des reprises (“Rose-Marie”, “Les Cloches des Pyrénées”…), Dassary enregistre aussi bien le répertoire ancien des grandes mélodies que des chansons comme Les Allumettes de Prévert et Kosma. Il réalise également de nombreux disques de chansons basques dans sa langue natale et, durant des années, entonnera chaque dimanche Chantons tout le sport, générique de la célèbre émission “Sports et Musiques” de Georges Briquet. Puis, progressivement oublié, André Dassary s’est éteint misérablement. Voir CD Vincent Scotto (FA 5009), CMH 41, 43. 

DELAIR, Suzy (Suzanne Delaire, née en 1916) interprète et comédienne Enfant de la balle et du faubourg, elle chante à 14 ans le répertoire du caf’ conc’ puis entame, à partir de 1934, une importante carrière d’actrice de cinéma, tournant notamment dans “Quai des Orfèvres” (elle y chante Avec son tralala) et “L’Assassin habite au 21” d’Henri-Georges Clouzot avec qui elle sera mariée pendant vingt ans. Suzy Delair, qui se produisit également beaucoup au music-hall, fut la première à chanter C’est si bon devant Louis Armstrong en personne dans un cabaret où le célèbre trompettiste et chanteur finissait la soirée après un concert du festival de Nice en 1948. On sait ce qu’il advint de cette chanson une fois immortalisée par Satchmo himself.  Sa voix exceptionnelle fit aussi de Suzy Delair une grande chanteuse d’opérette (“La Vie parisienne”). Un peu comme André Baugé, elle a apporté à un public différent des amateurs de “bel canto” le plaisir d’écouter Offenbach ou Oscar Straus grâce à une diction impeccable qui restitue la moindre nuance des paroles. Elle a par ailleurs continué de camper de beaux rôles au cinéma : “Rocco et ses frères” de Visconti (1960). 

DELYLE, Lucienne (Lucienne Delyne, 1917-1962) interprète Remarquée lors d’un radio-crochet à Radio Cité en 1939 par Jacques Canetti, celui-ci l’engage dans son “Music-Hall des jeunes” en 1938 avant de diffuser régulièrement ses premiers disques Sur les quais du vieux Paris et Prière à Zumba à l’antenne. Elle débute en vedette à l’Européen en 1939. En 1940, elle rencontre Aimé Barelli, trompette dans l’orchestre de Raymond Legrand qui l’accompagne au Paramount. Ils ne se quitteront plus. La même année elle se produit à Bobino et à l’ABC (à nouveau en 1942). En 1943, elle grave son plus grand succès, Mon amant de Saint-Jean qui connaîtra une seconde carrière triomphale soixante ans plus tard par la voix de… Patrick Bruel ! Grande vedette après guerre, Lucienne Delyle est choisie par Bruno Coquatrix pour assurer la tête d’affiche de la réouverture de l’Olympia en 1954. Elle rechantera dans ce même music-hall en 1958 ainsi qu’à Bobino en 1961 avant de mourir prématurément des suites d’une leucémie.  Influencée sans doute par “l’autre Lucienne” (Boyer), Lucienne Delyle était une chanteuse d’une grande sensibilité qui distillait une atmosphère à mi-chemin entre la romance sentimentale et la chanson réaliste ; “une interprète exceptionnelle d’intelligence, d’émotion, de chaleur, de générosité, de simplicité… et une obsédante impression de tristesse”. Voir CD Lucienne Delyle (FA 151), Paris (FA 5018), Chansons du Trottoir (FA 5026), Nice Côte d’Azur (FA 5083), CMH 40, 42. 

DOUAI, Jacques (Gaston Tanchon, 1920-2004) compositeur et interprète Après de solides études musicales, il dirige des chorales, fait du théâtre et de la danse. En 1947, il débute, en s’accompagnant à la guitare, Chez Pomme qui le baptise du nom de sa ville natale. Il restera trois ans dans ce petit cabaret montmartrois et sera l’un des premiers à chanter Les Feuilles mortes que vient d’enregistrer Cora Vaucaire. Il traverse ensuite la Seine et devient l’un des grands artisans de la nouvelle chanson dite “Rive gauche”. Il inaugure l’Échelle de Jacob, se produit au Quod Libet, à la Rose Rouge et, rive droite, Chez Gilles, etc. Francis Claude l’engage à la radio où il chantera chaque semaine en direct pendant trois ans. Entre 1951 et 1954, Jacques Douai s’éloigne de la scène pour raisons de santé. Il signe brillamment son retour en réalisant son premier album “Chansons anciennes et modernes” qui obtient le Prix de l’Académie Charles-Cros. Sa carrière se poursuit : Petit Marigny en 1957. Il obtient le Prix international du Disque en 1962 et, deux ans plus tard, fête ses quinze ans de chansons au Vieux-Colombier et à la Mutualité.  Jacques Douai, qui s’est produit en France comme à l’étranger, possédait un large répertoire de chansons de toutes époques, chansons choisies pour leurs qualités poétiques (File la laine, une étonnante “chanson ancienne” écrite de nos jours !). Par sa technique vocale et la pureté de sa voix comme par son action en faveur de la poésie mise en musique, il demeure un acteur important de l’histoire de la chanson contemporaine. 

DRANEM (Armand Ménard, 1869-1935) interprète Après divers échecs, il est engagé en 1894 à l’Electric-Concert du Champs-de-Mars comme comique troupier. Il passe ensuite à l’Époque, au Divan Japonais, au Petit Casino avant d’être engagé en vedette au Concert Parisien en 1897. Mais c’est à partir de 1899 que Dranem crée un nouveau genre comique bien à lui. Personnage ahuri, il apparaît sur la scène de l’Eldorado dans un costume étriqué, avec un pantalon à carreaux, un petit chapeau rond, les joues et le nez rouges… débitant des énormités émaillées de commentaires croustillants : Les Petits pois (1904), Le Trou de mon quai, Le Cucurbitacée, Les Fruits cuits, Pétronille tu sens la menthe, La Vigne aux moineaux, et autres “chansons idiotes” dont se délecteront les surréalistes. Pendant vingt et un ans, il fera la fortune de l’établissement, assurant des salles combles pliées en deux de rire. L’été, il est aux Ambassadeurs et on le voit également sur la scène du Moulin-Rouge (1911, “La Nouvelle revue”). À la fermeture de l’Eldorado en 1919, il abandonne le tour de chant pour le théâtre – il avait joué “Le Médecin malgré lui” à l’Odéon dès 1910 – le cinéma et l’opérette : “Là-Haut” (23) avec Maurice Chevalier (Le Duo des inséparables), “Louis XIV” (29, Je suis resté gamin), “Un soir de réveillon” (32, La Chanson du Doge), etc.  Dranem, qui a également tourné en province et à l’étranger, a fondé la maison de retraite de Ris-Orangis destinée à accueillir les vieux artistes du spectacle. Imité par Chevalier à ses débuts, il n’a pas été sans in­fluence sur les grands comiques que furent Bourvil et Coluche. Voir CD L’Amour fou (FA 155), La Grande Guerre (FA 171), L’Argent (FA 174), La Gloire de l’Opérette (FA 189), La Mer (FA 197), CMH 30, 33. 

DUBAS, Marie (1894-1972) interprète Après des études d’art dramatique au Conservatoire, elle débute au théâtre. Elle prend ensuite des cours de chant et, en 1917, commence une carrière de chanteuse au Perchoir où elle reste trois ans et à la Cigale. Elle s’oriente alors vers l’opérette et la revue (“Dans un fauteuil” en 21, puis “Paris en l’air” en 22 au Casino de Paris). Marie Dubas joue dans diverses opérettes de Guitry et Hahn, Lehar, Offenbach, est de la revue “P.L.M.” aux Bouffes-Parisiens avec Dranem mais, fin 1926, elle est victime d’une défaillance vocale. Pendant sa convalescence en Egypte, elle recommence à chanter (Lise, Ça fait peur aux oiseaux, Mais qu’est-ce que j’ai ?), enregistre L’Amour est un jeu et remonte sur scène en 1927. Elle se consacre alors au tour de chant : à l’Olympia (où elle triomphe avec Pedro), Chez Fysher, à l’Eldorado et à l’Empire où elle crée, en 31, Le Doux caboulot de Carco. Son succès est rapide et la chanteuse retrouve le Casino de Paris avec “Paris qui charme” (29), les Folies-Bergère et autres grands music-halls. De nouveau au Casino de Paris, Marie Dubas est la vedette de “Sex-appeal Paris 32” et de “La Joie de Paris” (33). Elle inaugure ensuite la formule du récital aux Théâtre des Champs-Élysées en 1933. Jusqu’à la guerre, elle ne quitte plus les grandes scènes : Alhambra, Bobino, Européen, ABC… En 1939, elle est en Amérique du Sud. Rentrée provisoirement en Zone libre, elle se réfugie en Suisse. Marie Dubas revient à Paris en 1945 à l’ABC puis, l’année suivante, chante au Théâtre de l’Étoile. Elle est à l’Olympia avec Damia en 1955 et interrompt sa carrière en 1958.  Marie Dubas n’aimait pas enregistrer et sa courte discographie ne donne qu’une faible idée de ses talents qui s’exprimaient sur scène où elle évoluait comme une comédienne et se démenait sans compter, refusant le micro. Elle avait chanté Mon Légionnaire et Le Fanion de la Légion – son dernier disque publié en 37 – avant Édith Piaf qui, lors de ses débuts, allait la voir chaque soir à l’ABC et a reconnu lui devoir beaucoup. Malgré le peu de documents qui témoignent de son art de diseuse, Marie Dubas reste, à la suite d’Yvette Guilbert, son “modèle“, une des grandes figures de la chanson française. Voir CD Marie Dubas (FA 053), Amour, Bananes et Ananas (FA 5079).

DUDAN, Pierre (1916-1984) auteur, compositeur, interprète Suisse né à Moscou, il regagne avec ses parents son pays puis dirige un petit orchestre de jazz. Il monte ensuite un numéro de duettistes, Pierre & Willy, qui passe au Bœuf sur le Toit en 1936. Il occupe un temps un tabouret de pianiste de bar et écrit ses premières chansons qu’il essaye au Lapin Agile dès 1938. Dans un crochet à Radio-Cité, il chante Tu n’auras pas ma peau Pierre. L’année suivante, Marie Dubas chante Un monsieur qui parle tout seul à l’ABC puis Lucienne Boyer crée en 1940 Parti sans laisser d’adresse qui le fait connaître. À Lausanne pendant la guerre, il forme un duo avec Édith Burger. Ensemble, ils ouvrent un cabaret à Lausanne et créent et enregistrent On prend le café au lait au lit (qu’il reprendra seul en 1945). De retour en France, Pierre Dudan se produit dans les cabarets, au music-hall avec La Polka des mandibules, Sœur Marie-Louise et Clopin clopant lancé par Henri Salvador en 1947. On le voit aussi au théâtre et au cinéma.  Pierre Dudan, qui s’était installé au Canada en 1962, était un artiste d’une santé et d’un humour sympathiques.  

EMBRUN, Éliane (Éliane Branchard, née en 1923) interprète Née à Argelès-Gazost, elle chante et danse durant son enfance et, jeune mariée, suit son époux à Paris. Elle prend des cours de chant avec Paulette Vétheuil qui lui écrit la musique de Au chant des mandolines, son premier disque en 1947. Elle commence à chanter dans des cabarets comme Le Drap d’Or et donne des galas à travers la France et la Belgique. En 1949, Éliane Embrun remporte le Prix Lucienne Boyer avec Qu’il était doux, texte d’Henri Contet avec qui elle sera liée durant plus de dix ans. La même année, elle grave Congo et, surtout, Si j’étais une cigarette qui restera sa chanson fétiche. À partir de 1950, elle apparaît et chante dans plusieurs films, se produit au Brésil et au Moyen-Orient et participe à plusieurs émissions de télévision. Elle ralentit ensuite ses activités et se retire dans ses Pyrénées natales en 1963. En 1990, Éliane Embrun réapparaît à “ La Chance aux Chansons ” et reprend la route des galas et des casinos en France et en Belgique. Quelques années plus tard, elle enregistre vingt chansons publiées sur le CD “Douce France”.  Considérée comme une chanteuse de charme, Éliane Embrun, qui maîtrisait une diction parfaite, savait s’investir dans un répertoire choisi et exigeant comme Mes jeunes années de Trenet, Mélancolie de Pierre Dudan, Boléro pour l’inconnu de Bruno Coquatrix, ainsi que dans les grands standards de la chanson américaine.

FERNANDEL (Fernand Contendin, 1903-1971) interprète et comédien Il débute comme comique troupier à Nice en 1922 avant de se faire remarquer à l’Odéon de Marseille en 1925. Monté à Paris, il se produit à Bobino et grave ses premiers disques en 1928 ; il enregistrera 350 chansons, dont pas mal d’“épaisseurs“ grivoises, publiées en 78 tours ! C’est à partir de son passage au Concert Mayol en 1930, où il joue “Fibremol fait des fredaines”, qu’il commence à être connu et va se produire dans les grands music-halls. La même année, il débute une carrière au cinéma qui comptera environ 150 films. Tantôt des opérettes reprises à l’écran (“Ignace”), tantôt des films comiques (“Les Gaîtés de l’escadron”, “Le Rosier de Madame Husson”, “François 1er”, etc.) où il crée des chansons reprises ensuite sur disque et sur scène : Barnabé, On m’appelle Simplet, Hector, Ne me dis plus tu… À partir de 1932, il devient également l’un des interprètes principaux des films de Marcel Pagnol : “Angèle”, “Regain”, “Le Schpountz”, “La Fille du puisatier”, “Naïs”, “Topaze”. En 1944, il est au Théâtre de l’Étoile, en 1946 à l’ABC.  Immense vedette, reconnu partout avec sa figure “chevaline“ et ses mimiques qui provoquent le rire, Fernandel est un comédien accompli qui met en valeur son accent grâce à une diction parfaite (Faut pas bouder Boudha). Après guerre, il se tourne de plus en plus vers le cinéma, et des films comme “La Vache et le prisonnier” ou la série des “Don Camillo” sont des succès inaltérables que les enfants et leurs parents revoient régulièrement avec plaisir à la télévision. Voir CD Fernandel (FA 169), L’Amour fou (FA 155), La Mer (FA 197), Marseille (FA 5022), Amour, Bananes et Ananas (FA 5079), La Banlieue (FA 5094), CMH 41. 

FERRÉ, Léo (1916-1993) auteur, compositeur, interprète À la fin des années 30, il est speaker, aide régisseur, pianiste à Radio-Monte-Carlo, sa ville natale. Il commence à composer de la musique et des chansons et monte à Paris, apparaissant au Bœuf sur le Toit et au Quod Libet (1946). L’année suivante, il effectue une tournée à la Martinique avec le chansonnier Jamblan. Après un premier disque en 1950 dans lequel il s’accompagne seul au piano (L’Île Saint-Louis, La Vie d’artiste) et aidé par Catherine Sauvage qui interprète ses œuvres – L’Homme obtient le Grand Prix du Disque en 1954 – Léo Ferré commence à se faire une place de choix dans la chanson contemporaine. Au début de l’année 1951, la Radiodiffusion française donne “De sacs et de cordes”, un récit lyrique de Ferré avec notamment Les Frères Jacques, Claire Leclerc, Léo Noël, et Jean Gabin comme récitant, qui contient sept de ses toutes premières œuvres et deux chansons de Jamblan. En 1955, il est programmé à l’Olympia en première partie de Joséphine Baker et, dès 1961, il reçoit un Prix du Disque pour l’ensemble de son œuvre. L’année suivante, il devient le premier auteur de chansons à figurer dans la collection “Poètes d’aujourd’hui” (Seghers).  S’inscrivant dans la  lignée des chansonniers anarchistes et dans la tradition des poètes “maudits”, il a écrit des pièces délicates (L’Étang chimérique, La Chanson triste) mais ne s’est pas retenu d’élever la voix pour crier et affirmer des textes aux images suggestives et radicales (Merde à Vauban, Les Anarchistes, Ni Dieu ni maître, Poètes vos papiers…). Il a chanté la révolte, l’inquiétude, l’amour et la jeunesse (Jolie môme, Paris-Canaille), la nostalgie du temps qui passe (Monsieur mon passé, Avec le temps) et, avec un pas­sage à l’Olympia en 1969, a même revêtu l’habit d’une icône de la jeunesse contestataire (C’est extra).  Léo Ferré a mis en musique de nombreux poèmes de Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Apollinaire (Le Pont Mirabeau) et Aragon (L’Affiche rouge, Elsa, Est-ce ainsi que les hommes vivent ?) ainsi que de nombreux textes de son ami Jean-Roger Caussimon (Comme à Ostende, Mon camarade, Les Indifférents, Monsieur William, Le Temps du tango, etc.). Il a également composé et dirigé des œuvres musicales ambitieuses dont un opéra. 

FLORELLE (Odette Rousseau, 1898-1974) interprète Débute enfant sur la scène de la Cigale où sa mère est caissière. En 1912, elle donne la réplique à Raimu dans Le Marseillais et la Parigote puis, l’année suivante, voyage en Europe orientale avec la troupe de l’Européen. Après la guerre, on la retrouve à l’Européen et au Bataclan et elle joue dans son premier film en 1923. Après une tournée de deux ans en Argentine, elle passe au Moulin Rouge. Capable de chanter en cinq langues, elle est choisie pour interpréter la version française de “L’Opéra de quat’ sous” filmée par G.W. Pabst en 1931. Kurt Weill, alors émigré en France, lui écrit un poème musical : “Marie-Galante” (J’attends un na­vire, Le Roi d’Aquitaine, etc.) en 1934. On la voit aux Folies-Bergère (“La Revue d’amour” en 32), au Casino de Paris, mais elle apparaît de plus en plus sur les écrans de cinéma : “L’Atlantide”, toujours de Pabst, “Les Misérables“ de Raymond Bernard, “Le Crime de Monsieur Lang” de Renoir, “Liliom” de Fritz Lang, etc.    Avec sa voix de soprano ferme et juste et son “visage chiffonné de chatte mi-persane mi-gouttière”, Florelle excellait aussi bien dans la chanson réaliste qu’en meneuse de revue et d’opérette. Elle ne reparaît pas sur les scènes, après-guerre et, après quelques rares apparitions au cinéma (“Gervaise” de René Clément en 55), elle se retire plus ou moins discrètement aux Sables d’Olonne, où elle est née et où elle a sa rue. Voir CD Chansons pour Enfants (FA 045), Ciné Stars (FA 063), La Fête foraine et le Cirque (FA 5124), CMH 32. 

FORTUGÉ (Gabriel Fortuné, 1887-1923) interprète Après avoir imité Paulus et Polin dans des caf’ conc’ du midi – il est originaire de Perpignan –, il tente sa chance à Paris et débute, en 1910, dans des concerts de quartier. En 1912, il est accueilli au Palais de Cristal à Marseille puis, à Paris, sur les scènes de la Scala et de l’Horloge. Il lance un nouveau genre de personnage en habit, le visage blanc et le nez rose, coiffé à ras d’une perruque rousse qu’il peaufine dans nombre de revues : “C’est pas sorcier”, “The Toréador”, “Elles y sont toutes”, “Ça sent la rosse”. Mobilisé sur le front oriental pendant la guerre, il contracte le paludisme.  Malgré une santé fragile, Fortugé devient célèbre à partir de 1918, à l’Alhambra, à l’Olympia, à l’Européen, avec un tour de chant comique d’un genre nouveau, à la fois fin et loufoque, et s’appuyant sur des effets vocaux incongrus dont saura se souvenir Bourvil (J’ m’appelle Antoine, Mes parents sont venus me chercher, Les Jardins de Trianon, Je suis toujours là), et se payant le luxe de parodier Le Rêve de “Manon” ou La Violettera qui devient La Cacahuettera ! Quittant un soir le Casino de Paris pour aller prêter son concours à un gala de charité, il prend froid. En quelques jours, Le Petit rouquin du Faubourg Saint-Martin est terrassé en pleine gloire. 

FRAGSON, Harry (Léon Philippe Victor Pot, 1869-1913) auteur, interprète Né à Londres d’un père Anversois, il commence à chanter en Angleterre, y compris en français, langue qu’il ne parle pas. Arrivé à Paris en 1889, il est d’abord accompagnateur de chanteurs puis débute au cabaret de la Butte (futur Quat’-z-Arts) en 1891. Il passe ensuite à la Cigale. C’est le début d’une brillante carrière qui l’amène sur les planches du Concert de l’Horloge avec Paulus, du Concert-Parisien, de l’Européen, de l’Alcazar d’Été et du Parisiana dont il fait l’ouverture de la saison, en 1904, avec un certain Chevalier. Fragson, qui s’accompagne lui-même au piano, écrit et interprète des chansons de genres très différents ; des chansonnettes comiques (L’Amour boiteux, À la Martinique, Si tu veux, Marguerite, La Petite dame du métro), des chansons sentimentales (Reviens !, Je connais une blonde, Le Long du Missouri, Amours fragiles, Ah ! ce qu’on s’aimait) et des refrains patriotiques (En avant les p’tits gars) que le public de la Scala reprend en chœur. En 1910, il est à l’Alhambra. Chantant et enregistrant en anglais, il fait également carrière de l’autre côté de la Manche, en particulier à Londres, tandis qu’en France sa popularité se situe au niveau de celles des plus grands. On le voit aux Folies-Bergère où il reste quatre ans, au Moulin Rouge mais sa carrière est brisée net par son père chez qui il vivait après une séparation, et qui, dans un accès de folie sénile, le tue d’un coup de revolver.  Aussi populaire que Mayol, Dranem ou Polin et bon pianiste, il s’en distingue en injectant, grâce aux rythmes du ragtime qu’il a ramenés de Londres et un accent anglais à la mode, un sang neuf à la chanson française. 

FRANÇOIS, Jacqueline (Jacqueline Guillemautot, née en 1922) interprète Après des leçons de piano, elle vise une carrière de chanteuse réaliste et enregistre, à partir de 1945,  ses premiers disques dans cette veine. Mais Jacques Canetti, qui cherche une “voix anglo-saxonne pouvant chanter des chansons françaises“ lui propose de rejoindre son label Polydor. Et en 1948, elle remporte le Grand Prix de l’Académie Charles-Cros avec C’est le printemps (musique de Richard Rodgers, paroles de Jean Sablon). À la fin de l’année, récidive éblouissante, elle enregistre Mademoiselle de Paris qui deviendra son surnom, notamment aux Etats-Unis où son élégance est remarquée. En 1954, elle est parmi les premiers artistes à se produire à l’Olympia sous la houlette de Bruno Coquatrix. En 1956, elle emmène, “battoirs battants”, une chanson que personne n’arrivait à placer : Les Lavandières du Portugal qui obtient le Grand Prix de l’Académie du Disque. Elle devient la première millionnaire féminine du disque. L’année suivante, elle chante trois semaines au Plaza de New York. Chanteuse de charme et de rythme qui illustre parfaitement, après les années noires, “les lendemains qui chantent”, Jacqueline François, comme beaucoup d’interprètes de cette époque dont son mari Henri Decker, voit son envolée freinée à la fois par les auteurs-compositeurs de la chanson “Rive gauche”, et par la nouvelle vague yéyé. Sa carrière se poursuit alors principalement à l’étranger : Las Vegas, Tokyo et toute l’Amérique du Sud où ses disques s’arrachent.  

FRÉHEL (Marguerite Boulc’h, 1891-1951) interprète Cette enfant du pavé croise un jour le Belle Otéro qui la fait débuter à l’Univers (futur Empire) sous le nom de Pervenche. Elle a 15 ans, interprète des chansons de Montéhus et enregistre un disque en 1909. En 1910, elle épouse le comédien et chanteur Roberty qui lui trouve son nom, Fréhel, et l’oriente vers un répertoire du genre Le Chanteur de la Riviera (créé par Gaby Montbreuse). Obtenant beaucoup de succès au caf’ conc’ et au music-hall, elle entame une liaison tumultueuse avec Maurice Chevalier, qu’elle tente de tuer après l’avoir surpris dans les bras de Mistinguett. Elle manque ensuite de se suicider et quitte la France. On la retrouve en 1914 à Saint-Pétersbourg puis à Bucarest. Elle mène ensuite une existence errante et difficile qui la conduit à Constantinople où elle sombre dans la drogue (La Coco, À la dé­rive). Lorsqu’elle est de retour à Paris, en 1923, la jolie chanteuse est méconnaissable. C’est massive et gouailleuse qu’elle apparaît à l’Olympia en 1925. Elle reconquiert le public avec un répertoire de chansons réalistes et “populo” (Tel qu’il est, La Valse à tout le monde, Sans lendemain, La Môme Catch-Catch, Je n’attends plus rien, Où sont tous mes amants, La Java bleue…) auxquelles elle donne une dimension puissante et émouvante (Chanson tendre de Carco). Elle tourne dans plusieurs films dont “Pépé le Moko” de Duvivier en 1936 (Où est-il donc ?).  Toujours populaire pendant la guerre, elle chante dans les stalags mais aussi au Théâtre Pigalle et à l’ABC. Mais son état se dégrade et Fréhel ne pousse plus la goualante que dans les goguettes de quartier avant de mourir dans la pauvreté. Voir CD Fréhel (FA 165), La Mer (FA 197), Accordéon Vol. 1 (DH 002). 

FRÈRES JACQUES (Les) quatuor vocal André et Georges Bellec (les “vrais” frères, nés respectivement en 1914 et en 1918), François Soubeyran (1919-2002) et Paul Tourenne (né en 1923) se rencontrent en 1945 dans l’association Travail et Culture. Ils unissent leurs voix et créent l’Entrecôte deux ans plus tard puis jouent “Les Gueux au Paradis” au Studio des Champs-Élysées. Ils s’intègrent à la Compagnie Grenier-Hussenot à la Gaîté-Montparnasse-Agnès Capri, puis au Théâtre de la Renaissance tout en devenant les piliers d’un célèbre cabaret parisien, La Rose Rouge où ils resteront de 1948 à 1955, y jouant notamment “Exercices de style” de Raymond Queneau. En 1949, ils sont à Bobino dans “Les Pieds Nickelés” et, l’année suivante, obtiennent le Grand Prix du Disque avec Inventaire de Jacques Prévert, dont ils reprendront ensuite de nombreuses chansons (Barbara, En sortant de l’école). Leur premier grand récital a lieu en 1952 au Théâtre Daunou où ils restent quatre mois. En 1956, ils sont au Théâtre de la Porte Saint-Martin dans “La Belle Arabelle”, opérette de Francis Blanche et Marc Cab (Les Boîtes à musique). Les Frères Jacques créent et mettent en scène de nombreuses chansons, La Marie-Joseph, Général à vendre, À la Saint-Médard, La Queue du chat, La Lune est morte, La Photographie, Chanson sans calcium, Les Fesses, La Confiture… et font un disque des Fables de la Fontaine apprécié par le Général de Gaulle ! En 1965, leur pianiste Pierre Philippe cède sa place à Hubert Degex. Après avoir chanté sur les plus grandes scènes, dont l’Olympia, ils démarrent leur “récital d’adieux” à la Comédie des Champs-Élysées (1979-80) et enchaînent sur une tournée en France et à l’étranger qui durera deux ans avant un retour final au Théâtre de Boulogne-Billancourt (1981-82).  Avec leurs justaucorps de couleur, leurs collants noirs, leurs gants blancs, leurs chapeaux et leurs fausses moustaches, ces quatre grands fantaisistes ont créé un style qu’ils ont porté aux quatre coins du monde avec un succès impressionnant. Ils chantent, miment, se déplacent sur scène avec l’élégance des danseurs, composent de véritables tableaux vivants à la fois drôles et emprunts de poésie. Les “Athlètes complets de la chanson” demeurent, plus qu’une véritable institution, un monument sans équivalent dans l’histoire de la chanson française. De nombreux groupes vocaux actuels se réclament de leur héritage. Voir CD Jacques Prévert (RF 3001). 

GABIN, Jean (Jean Alexis Moncorgé, 1904-1976) interprète et comédien  Fils de l’acteur et chanteur de caf’ conc’ Gabin, Jean adopte le pseudonyme de son père lorsqu’il apparaît sur la scène des Folies-Bergère en 1922. L’année suivante, il fait de la figuration au Vaudeville et enchaîne avec un petit rôle aux Bouffes-Parisiens  Il commence à chanter dans quelques petits cafés concerts de banlieue avant de partir en tournée en Amérique du Sud. En 1928, recommandé par son père avec qui il par­tage parfois la scène, il débute au Moulin-Rouge comme “boy” de Mistinguett dans “Paris qui tourne” et enregistre avec elle plusieurs chansons de la revue (On m’ suit, La Java de Doudoune). Il enchaîne en 1929 avec “Allo ! Ici Paris” dont la vedette est Georgius. En 1930, il est aux Bouffes-Parisiens et, à partir de l’année suivante, commence une carrière au cinéma qui le mènera au sommet. Parmi ses premiers films, notons “Les Gaités de l’escadron” avec Raimu et Fernandel (32) et “Zouzou” , de Marc Allégret, avec Joséphine Baker (34). Puis, à partir de 1934, arrive la période des chefs-d’œuvre avec les plus grands metteurs en scène : Julien Duvivier pour “La Bandera”, “La Belle équipe” (Quand on se promène au bord de l’eau), “Pépé le Moko”  (Que faut-il pour être heureux, jamais gravé sur disque) ; Jean Renoir pour “Les Bas-Fonds”, “La Grande illusion”, “La Bête humaine” ; Jean Grémillon pour “Gueule d’amour” et “Remorques” ; Marcel Carné pour “Quai des brumes” et “Le Jour se lève”. Difficile de faire mieux. Jean Gabin, immense vedette du cinéma français, met sans regret fin à sa carrière de chanteur. Après la guerre où il s’est engagé dans la division Leclerc, il vit un temps avec Marlène Dietrich. Après leur séparation et quelques années creuses, Jean Gabin redevient, à longueurs de films, l’acteur français numéro 1 et atteint le statut de “monstre sacré”. Voir CD Jean Gabin (FA 029). 

GARAT, Henri (Émile Henri Garassu, 1902-1959) interprète et comédien Parisien, il commence jeune une carrière d’acteur et, après des études au Conservatoire de Bruxelles, dé­bute comme comédien avant de passer au music-hall. Il part aux Etats-Unis puis s’engage dans la Légion. À son retour, il passe au Moulin Rouge en 1924 et, cinq ans plus tard dans la revue “Paris Miss”, devient “boy” et chevalier servant de Mistinguett. Il est repéré par la UFA, et, en 1930, commence à tourner dans les versions françaises de plusieurs films comme “Le Chemin du Paradis” (Avoir un bon copain, Tout est permis quand on rêve) ou “Le Congrès s’amuse” (Serait-ce un rêve ?) avec Lilian Harvey comme partenaire. Jusqu’en 1935, il va tourner cinq films par an, toujours agrémentés de chansons, qui font de lui une immense vedette, “golden boy“ avant la lettre (voitures, hôtel particulier, résidence sur la Côte). Il obtient de nombreux succès (Amusez-vous, tiré de l’opérette “Florestan 1er” de Sacha Guitry, En parlant un peu de Paris, Ninon ne me dites pas non, tiré de l’opérette “Un soir de réveillon”, C’est un mauvais garçon). C’est à cette époque qu’apparaît un nouveau séducteur qui commence à lui faire de l’ombre : Tino Rossi. Il continue à chanter et à tourner mais sa carrière cinématographique s’arrête en 1942. Il sombre alors dans la drogue et la délinquance et, après 1949, doit se contenter de petites tournées avant de finir dans un cirque où son nom n’est même pas mentionné sur l’affiche ! Il meurt oublié et dans la misère.  Avec une voix sympathique, virile ou langoureuse, et servi par une bonne diction, Henri Garat véhiculait une image de bonne humeur et d’optimisme en ces années précédant le second conflit mondial, y ajoutant une pointe d’élégance qui, dans un registre voisin, le différenciait d’Albert Préjean par exemple. Voir CD Ciné Stars (FA 063), Paris (5018), Danielle Darrieux (FA 5041), Amour, Bananes et Ananas (FA 5079), Nice Côte d’Azur (FA 5083), CMH 31, 36. 

GAUTY, Lys (Alice Gautier, 1900-1993) interprète  Après avoir pris des cours de chant payés avec ses économies de couturière-modiste, elle fait ses débuts professionnels en 1923 Chez Fysher puis chante à Bruxelles au Théâtre de Dix-Heures, dirigé par un citoyen suisse, Gaston Groëner qui deviendra son mari, son impresario et même son parolier. De retour à Paris, elle travaille dans les cabarets : la Boîte à matelots (32), la Folie de Lys Gauty (33), son propre établissement ; et se produit dans les grands music-halls : Bobino (33), Alhambra (34), ABC (36), etc. Devenue très populaire après avoir enregistré au début de 1933 deux très grands succès sur les deux faces d’un même 78 tours (J’aime tes grands yeux et Le Chaland qui passe), elle enchaîne avec À Paris dans chaque faubourg écrit par René Clair pour son film “14 juillet”. Élue “Reine des Six jours” en 1934, elle triomphe avec ce répertoire hors du commun. Les succès qui suivent, Le Bistrot du port, Dis moi pourquoi, Le Bonheur est entré dans mon cœur… font de Lys Gauty l’une des plus grandes vedettes de la chanson avant guerre. Elle poursuit sa carrière encore quelques années avec des passages à l’ABC en 1944, à l’Alhambra en 46, au Casino-Montparnasse en 50 puis abandonne rapidement la scène.  Vêtue d’une longue robe blanche et dépourvue de tout bijou, ne jouant que de ses mains qui étreignent un foulard de soie et de son étonnant “regard de chatte” aux yeux verts, Lys Gauty chantait avec une diction précise et classique, et dans des registres variés, des textes choisis pour leurs qualités littéraires. Les chansons de “L’Opéra de quat’ sous” de Kurt Weill et Bertolt Brecht qu’elle enregistra lui valurent un Grand Prix du Disque. Voir CD Lys Gauty (FA 5033), Chansons pour Enfants (FA 045), Chansons du Trottoir (FA 5026), Guinguettes et Caboulots (FA 5068), CMH 39, 40. 

GEORGE, Yvonne (Yvonne de Knops, 1896-1930) interprète   Née à Liège, elle débute à Paris en 1920 à l’Olympia où son tour de chant fait scandale. Le public est dérouté par les chansons de marins qui constituent une bonne partie de son répertoire. Mais Jean Cocteau remarque son talent singulier et lui confie un rôle dans le “Roméo et Juliette” qu’il monte à la Cigale. Elle retourne à l’Olympia en 1924 et oriente son tour vers des “chansons vécues” (Pars, J’ai pas su y faire, C’est pour ça qu’on s’aime) ou traditionnelles comme La Mort de Jean Renaud, Le Petit bossu, Les Cloches de Nantes…  certaines teintées d’un humour grinçant. Elle devient la “muse de Montparnasse” et chante Chez Fysher, au Bœuf sur le Toit (Je te veux d’Erik Satie), et les portes du Casino de Paris, du Moulin Rouge (“Montmartre aux nues” en 26), de Bobino, de l’Apollo, s’ouvrent devant elle. Après une saison à Londres, Ziegfeld l’engage pour chanter en Amérique. Mais, tuberculeuse, elle doit se soigner durant deux années dans un sanatorium en Suisse. Alors qu’elle préparait sa rentrée, Yvonne George meurt à Gênes à l’âge de 34 ans.  Ayant très peu enregistré (et à plusieurs reprises les mêmes chansons), Yvonne George n’est guère passée à la postérité auprès du grand public, mais sa manière et sa voix troublante et parfois brisée, ont laissé une forte empreinte chez de nombreuses chanteuses diseuses qui l’ont suivi. Voir CD Marseille (FA 5022). 

GEORGEL (Georges Job, 1884-1945) interprète  Apprenti bijoutier, il ne rêve que de chanter comme son père, mais pas en amateur ! Il débute en 1901 à Belleville, aux Trois Lions. En 1903, il est aux Folies-Belleville puis part en tournée l’année suivante. Dès 1906, il enregistre dans un répertoire qui emprunte beaucoup à Mayol. Mais, à partir de 1910, il s’en dégage et aborde des œuvres plus personnelles qui séduisent un public féminin. Il crée ainsi Caroline, Caroline de Vincent Scotto, Le Dernier tango en 1912 et l’immortel Sous les ponts de Paris l’année suivante. Son répertoire s’étoffe : romances, fantaisies, réalistes (L’Assommoir -1917, La Vipère), dramatiques, chansons à caractère social voire pacifiste mais jamais patriotiques ni revanchardes. Après la guerre de 14/18, Georgel fait montre d’une activité débordante, tant à Paris (Alhambra, Olympia, Eldorado) qu’à Marseille (Alcazar), Toulouse ou Bordeaux, alternant tours de chants et revues. Son public guette ses créations : Dansez-vous le fox-trot ? (1919), L’Épervier et La Garçonne (1923), Pars (conjointement avec Yvonne George et Lys Gauty), et en 1926, Où est-il donc ? dont Fréhel fera plus tard une version définitive. Sa cote est grande à Marseille où il fait  l’affiche de “La Grande revue de l’Alcazar”. Il va d’ailleurs habiter dans la cité phocéenne et faire la navette entre l’Alcazar et l’Européen ou l’Empire. En 1937, il est la vedette de l’opérette “Ceux de la Légion” au Théâtre Antoine. Il se produira une dernière fois à l’Alcazar de Marseille en 1942, puis à l’Alhambra en 42 et 43.  Malade et en proie à des difficultés pécuniaires, Georgel reçoit l’aide de quelques amis dont Maurice Chevalier qui, en 1945, offre la première de son spectacle de rentrée à l’ABC au bénéfice de celui qu’il avait vu sur scène à ses débuts boulevard de Ménilmontant, reconnaissant alors “son tempérament dramatique étonnant de sobriété”. Après une dernière apparition à Drancy en 1944 il finit petitement et meurt discrètement. Chanteur à voix qu’il avait chaude et puissante, Georgel a reconnu et encouragé le talent de Bourvil dès ses débuts. Voir CD L’Argent (FA 174), La Gloire de l’Opérette (FA 189), La Mer (FA 197), Vincent Scotto (FA 5009), Paris (FA 5018). 

GEORGIUS (Georges Guibourg, 1891-1970) auteur, interprète   Il fait ses débuts en 1908 au Concert du XXe siècle avec Les Archers du roi. Il entame alors une carrière de fantaisiste dans les cafés concerts et les music-halls (la Fauvette, la Gaîté-Montparnasse en 1912, le Concert Mayol, le Casino de Paris, l’Européen en 21…) en interprétant des pièces farfelues écrites par lui-même comme Le Fils père en 1924 (qu’il n’enregistrera jamais mais qui fera les délices de plusieurs générations d’élèves des Beaux-Arts) puis La Plus bath des javas. Il monte une troupe, le “Théâtre chantant” qui occupe l’Empire en 26 et le Zénith. Après des passages à Bobino, à la Scala (revue “C’est Paris qui chante”, 28), aux Bouffes du Nord et au Moulin Rouge (revue “Allo, Ici Paris”, 29), Georgius acquiert une popularité considérable et ses succès ne se comptent plus (Le Lycée Papillon, Quand les andouilles voleront, La Mise en bouteilles, Ça c’est de la bagnole, Sur la route de Pen-Zac ou Il travaille du pinceau, une charge contre Hitler). Il joue l’opérette, des pièces de théâtre, reprend la Gaîté-Montparnasse (33), passe à l’Alhambra (35) et fait quelques apparitions au cinéma (“Vous n’avez rien à déclarer ?”). En 41/42, il dirige trois théâtres dont celui de l’Étoile et, en 1944, crée “La Revue de Georgius” à Bobino, en 47 il est au Casino-Montparnasse avant de retrouver Bobino en 51 et en 54 où il présente son dernier spectacle. Il se consacre alors à l’écriture, enregistre un 33 tours en 1965 et fait ses adieux la même année à l’Européen en compagnie de Jean Tranchant, Milton, Mireille et Jean Nohain. Il fait encore quelques apparitions à la télévision.  
Surnommé “l’amuseur public n° 1”, toujours vêtu de son habit blanc, Georgius fut un véritable phénomène de la chanson, débitant avec une faculté d’invention, une verve et un bagout incroyables des incongruités calculées fondées à la fois sur un côté bon enfant qui lui assurait une large popularité, et un comique corrosif, dévastateur et loufoque truffé de jeux de mots scabreux. Son sens de la dérision, de la démesure et de la parodie (Triste lundi) fit la joie des surréalistes. Georgius a écrit la bagatelle de 1500 chansons, 12 revues et opérettes, 18 comédies et 14 romans policiers (sous le nom de Jo Barnais).
Voir CD Georgius (FA 075), La Mer (FA 197), Paris (FA 5018), CMH 35, 36, 37.

GILLES (Jean Villard, 1895-1982) auteur, compositeur, interprète   
& JULIEN (Aman Maistre, 1903-2001) interprète 
Né en Suisse, le premier, féru de théâtre, participe à la création de “L’histoire du soldat” de Stravinsky et C.F. Ramuz au Théâtre de Lausanne en 1918, et c’est sur leur recommandation qu’il est engagé au Vieux-Colombier dans la troupe de Jacques Copeau qu’il suit en Bourgogne pour animer une école de comédiens (1924-29). Il y rencontre le second, élève metteur en scène. Ils montent ensemble un numéro de duettistes qui est présenté la première fois sur la scène du Théâtre de Montrouge en 1932 (La P’tite Nini). La même année, ils passent à l’Européen, à l’ABC, à Bobino et à l’Empire, créant Dollar. Outre les compositions de Gilles, ils chantent Tranchant (Ballade du cordonnier) et Clouzot (Ils étaient trois, Le Jeu de massacre) et obtiennent le Grand Prix du Disque en 1934. Ils chantent encore La Marie-Jésus, Les Trois bateliers, Faut bien qu’on vive, Hommes 40, chevaux 8, Familiale et Browning, qu’ils créent à l’ABC en 37 et que reprendra Édith Piaf. Leur courte mais riche carrière s’achève en 1939.   
Gilles rentre en Suisse pendant la guerre, ouvre un cabaret à Lausanne et chante en duo avec Édith Burger. Ensemble ils créent Le Mannerchor de Steffisburg, 14 Juillet, À l’enseigne de la fille sans cœur. À son retour à Paris, il anime son cabaret Chez Gilles où, pendant une dizaine d’années (49-59), il recevra les meilleurs interprètes de la jeune chanson. Il ne délaisse pas l’écriture (Les Trois cloches) et forme un nouveau duo avec Urfer de 1955 à la fin des années 60.   
Julien se consacre d’abord à la radio (42-44) puis il revient vers le théâtre, occupant des fonctions dirigeantes à Sarah Bernhardt, au Théâtre des Nations et dans l’administration des théâtres lyriques nationaux.   
Gilles et Julien, par la qualité de leurs chansons, dont certaines “engagées” comme on dira plus tard, ont été parmi les premiers à annoncer celles qui fleuriront Rive gauche à la Libération et s’inviteront parfois… Chez Gilles.
Voir CD Gilles et Julien (FA 5085).

GOUIN, Fred (1889-1959) interprète
Dès l’âge de 11 ans, il chante au Point-du-Jour les chansons de tous les petits formats qu’il achète. Il se constitue ainsi un répertoire considérable d’œuvres de tous les styles qu’il chante dans les rues et les salles de quartier. Il commence à enregistrer de manière intensive à partir de 1926 aussi bien des reprises des succès du jour que des opérettes ou les chansons du répertoire début de siècle. Pendant dix ans, sa voix va se faire entendre sur les ondes de la TSF et il va graver environ 400 chansons sur des disques qui se vendent fort bien, dont certains en duo avec sa grande amie Berthe Sylva. Mais, comme cette dernière, il n’apparaît pratiquement pas sur les scènes des cabarets et des music-halls ; tout juste si l’on relève un passage au Petit Casino en 1929/30, un autre à la Gaîté-Rochechouart en 30 et un à l’Alhambra en 31. Mais sa carrière dans les studios s’arrête vite. Il souffre de crises d’asthme et, en 1936, achète une guinguette sur les bords de l’Oise. En 1953, il devient marchand de frites ambulant en Vendée et meurt à Niort dans l’oubli et l’indifférence.   
Baryton au timbre maîtrisé et à la diction parfaite, Fred Gouin, peu à l’aise sur scène, n’a dû sa célébrité qu’à la radio et au disque ; et ceux-ci ont atterri dans toutes les chaumières (on parle de 300.000 exemplaires pour sa version du Temps des cerises).
Voir CD L’Amour fou (FA 155), Nice Côte d’Azur (FA 5083), CMH 29.

GRÉCO, Juliette (née en 1927) interprète
Montée à Paris avec sa mère et sa sœur qui seront déportées, Juliette Gréco commence par faire du théâtre pendant l’Occupation, errant dans le Quartier latin. Elle découvre ainsi un petit bistrot, Le Tabou, qui va devenir un des hauts lieux de la Rive Gauche. Elle devient alors “La muse de Saint-Germain-des-Prés” mais ne commence réellement à chanter qu’en 1949 au Bœuf sur le Toit. C’est à La Rose Rouge qu’elle se fait connaître d’un large cercle d’amateurs en interprétant des chansons insolites comme Si tu t’imagines (Queneau), Rue des Blancs-Manteaux (Sartre) et La Fourmi (Desnos) en 50, sans, apparemment, éveiller l’intérêt de la maison Columbia. Son répertoire s’élargit avec des chansons d’Aznavour (Je hais les dimanches), de Léo Ferré (Jolie môme), de Guy Béart (Il n’y a plus d’après) et de Serge Gainsbourg (La Javanaise, Accordéon) alors qu’elle rejoint l’écurie Canetti et sa toute nouvelle firme, Philips, inaugurant un catalogue qui va faire quelque bruit dans le métier. Elle obtient le Grand Prix du Disque en 1952 et passe à l’Olympia en 1954. Tentée également par le cinéma, elle tourne notamment cinq films à Hollywood (“Les Racines du ciel” de John Huston avec Orson Welles, 58) mais revient au tour de chant à Bobino en 1961 puis à l’Olympia en 1965. L’année suivante, c’est “Belphégor”, le célèbre et inoubliable feuilleton télévisé.   
Moulée dans une longue robe noire, chantant d’une voix étrange et grave, tantôt caressante, tantôt caustique, Juliette Gréco s’affirme comme une grande et singulière personnalité de la chanson. Elle partage avec Brassens la scène du TNP en 1966 avant d’inaugurer les récitals du Théâtre de la Ville en 1968. Après de nouveaux passages à l’Olympia en 1991 et 1993 et de nombreuses tournées à l’étranger, notamment au Japon, elle demeure l’une des plus grandes dames de la chanson française.
Voir CD Jacques Prévert (RF 3001).

GUÉTARY, Georges (Lambros Worloou, 1915-1997) interprète
D’origine égyptienne, il vit dans ce pays jusqu’en 1934. Débute comme chanteur dans l’orchestre de Jo Bouillon en 1937 et devient un temps le partenaire de Mistinguett au Casino de Paris et à l’Étoile. L’accordéoniste Fredo Gardoni l’engage pour une tournée en 1941. En 1943, il rencontre le compositeur Francis Lopez qui lui donne Robin des Bois, Caballero, Chic à Chiquitto, On danse à Mexico, À Honolulu et, à la Libération, il joue dans l’opérette “Toi et moi”. Désormais, sa carrière est lancée à la fois dans le tour de chant et dans l’opérette. Il passe ainsi à l’ABC et à l’Alhambra tandis qu’il joue à Londres puis à Broadway en 1950, ce qui lui vaudra l’un des rôles principaux dans le film “Un Américain à Paris” aux côtés de Gene Kelly. En 1952, avec Bourvil et Annie Cordy, Guétary crée à l’ABC l’opérette “La Route fleurie” qui tiendra l’affiche quatre ans. Il passe à l’Olympia en 57 et enchaîne les opérettes à succès au Châtelet pendant plus de dix ans (“Monsieur Carnaval” en 65 avec La Bohème). Retenons aussi “Le Roi du Pacifique” (86).   
Considéré par beaucoup comme le meilleur chanteur d’opérettes des années 50, Georges Guétary donnera un dernier récital à Bobino en 1996.
Voir CD La Fête foraine et le Cirque (FA 5124), CMH 42, 43.

GUILBERT, Yvette (1867-1944) auteur, interprète
Elle fait son apprentissage aux Bouffes du Nord en 1885 ainsi que dans de nombreux théâtres parisiens comme les Variétés et lors de tournées. Tout en fréquentant le Chat Noir, elle est engagée en 1889 à l’Eldorado mais quitte le célèbre café concert au bout de deux ans car son genre détonne au milieu d’une programmation trop “grand public” et racoleuse. Elle entre alors à l’Eden-Concert et y impose son personnage de rousse aux longs gants noirs et à la robe de satin vert. Elle obtient le succès avec Je suis pocharde mais la direction de l’établissement lui refuse les chansons de Léon Xanrof. Elle propose également son tour de chant au Moulin Rouge (1890) mais ne se mêle pas aux frasques du French Cancan, préférant poursuivre la soirée au Divan Japonais, endroit qui correspond mieux à ses ambitions artistiques. Elle crée Les Vierges, Le Fiacre en 1892 et, deux ans plus tard, rencontre Toulouse-Lautrec qui, ainsi que Steinlen et Willette, immortalisera sa silhouette. Aux Etats-Unis durant l’hiver 1894/95, elle grave là-bas ses premiers cylindres (La Soularde de Jules Jouy). Elle renoue ensuite avec les plus grandes scènes : Concert Parisien, Scala, Ambassadeurs, Folies-Bergère où elle chante un répertoire choisi chez les meilleurs auteurs et chansonniers dont Bruant et Xanrof (Le Fiacre, L’Hôtel du n° 3, Elle était très bien). En 1900, plusieurs interventions chirurgicales freinent sa carrière bien qu’elle enregistre de nombreux cylindres et disques entre 1897 et 1907. Entre 1915 et 1922, Yvette Guilbert réside aux Etats-Unis – disques en 18 –, tourne en Angleterre – enregistrements à Londres en 28 – en défendant un répertoire de vieilles chansons françaises qu’elle collecte et adapte à sa manière (la Passion du doux Jésus). Elle apparaît également au cinéma muet (“Faust” de Murnau, “Les Deux orphelines” de Maurice Tourneur) et parlant (“Don Quichotte” de Pabst), enregistre à nouveau ses meilleures chansons en 33/34 et publie plusieurs livres.   
Diseuse incomparable, Yvette Guilbert savait, avec art, goût, intelligence, esprit, et servie par une diction impeccable, donner du relief à des chansons finement ciselées, souvent drôles et grivoises. Elle excellait également dans les monologues : Le Jeune homme triste, Éros vanné, Son nombril, repris avec délectation par les Frères Jacques. Elle demeure dans l’histoire comme l’une des plus grandes dames de la chanson française et son nom, comme son étoile, n’ont jamais pâli depuis un siècle.
CD Toulouse-Lautrec (FA 5074).

HÉLIAN, Jacques (Jacques Mikaelian, 1912-1986) musicien et chef d’orchestre
Né à Paris d’un père Arménien, Jacques Hélian apprend la musique et débute comme saxophoniste-clarinettiste au sein des Cadets de Roland Dorsay en 1932 avant d’intégrer l’orchestre de Raymond Legrand qui deviendra son beau-frère. C’est la période des tournées en province et des saisons dans les casinos. En 1936, il rejoint les Collégiens de Ray Ventura qu’il quitte l’année suivante pour cause d’obligations militaires. En 1938, il monte pour le Poste Parisien l’orchestre “Scandale” qui va assurer en direct chaque semaine, une émission de variétés produite par la marque de gaines du  même nom (C’est un scandale). Arrive la guerre, Jacques Hélian est mobilisé jusqu’en 1943. Il remonte un orchestre qui passe à l’Olympia en 44 et lance Fleur de Paris, l’“hymne de la Libération”, qui sera enregistré l’année suivante (avec Zappy Max). Suivent le Gros Bill et Le Porte-bonheur. À partir de 1945, il retrouve le Poste Parisien, puis le National, et anime en direct quantité d’émissions qui accueillent de nombreux invités. Il fait l’Alhambra en 46, l’ABC en 47, année où Ginette Garcin entre dans l’orchestre. Elle sera suivie par Jean Marco. En 1951, Tout est tranquille reçoit le Prix de l’Académie Charles-Cros. Ce sont ensuite les tournées en France et à l’étranger (Belgique, Suisse, Canada, Afrique du Nord), présence régulière à Radio-Luxembourg, passages annuels dans les grands music-halls parisiens (Alhambra, Bobino…) jusqu’en 1957 où Jacques Hélian dissout son orchestre. Resté dans le métier, il réunira régulièrement un orchestre de danse et d’accompagnement jusqu’en 1979.   
Malgré les conditions économiques difficiles et les changements de la mode, Jacques Hélian a été le dernier à poursuivre avec succès après-guerre le genre “grand orchestre attractif” tirant vers le jazz et offrant de nombreux numéros et sketches scéniques.
Voir CD Chansons pour Enfants (FA 045), Amour, Bananes et Ananas (FA 5079), La Fête foraine et le Cirque (FA 5124).

HESS, Johnny (1915-1983) auteur, compositeur, interprète
D’origine suisse, il commence comme pianiste de cabaret. Ayant rencontré Charles Trenet en 1932, ils montent un numéro de duettistes, Charles et Johnny, qui sera interrompu, en 1937, par les obligations militaires du premier, mais qui restera l’une des sources du renouveau de la chanson :Sur le Yang-Tsé-Kiang, Maman ne vend pas la maison, Tout est au duc, Rendez-vous sous la pluie et Vous qui passez sans me voir (Jean Sablon). Chacun poursuivant ensuite sa carrière se son côté, Johnny écrit des chansons, enregistre en 1939 je suis swing et J’ai sauté la barrière, ouvre un cabaret, le Jimmy’s, et connaîtra un engouement avec la période “zazou” (Ils sont zazous) pendant l’Occupation. Il se produit au Théâtre de l’Étoile, à l’ABC, à Bobino mais, après la guerre, sa popula­rité décline. Johnny Hess abandonnera la scène en 1971.   
Compositeur prolifique, Johnny Hess a écrit plus de 600 chansons, aussi bien des pièces enlevées et rythmées qui ont fait son succès que de belles mélodies comme Le Clocher de mon cœur ou Sentimentale.
Voir CD Johnny Hess (FA 5054), Intégrale Charles Trenet 1 & 2 (FA 081, 082) pour Charles et Johnny.

JEANMAIRE, Zizi (Renée Jeanmaire, née en 1924) danseuse et interprète
Petit rat de l’Opéra, elle se marie avec Roland Petit et chante La Croqueuse de diamants de Raymond Queneau, ce qui lui donne envie de se lancer dans la chanson. Elle chante Guy Béart : Je suis la femme, Il y a plus d’un an en 1955 à l’Alcazar où elle passe tous les ans ; Jean Constantin : Mon truc en plumes (57) ; Serge Gainsbourg : Bloody Jack, Ces petits riens. Partageant ses activités entre Las Vegas et Paris, elle revient au Casino de Paris en 1969 dans “La revue de Roland Petit”. Suivra “Zizi je t’aime en 1972”.   
Zizi Jeanmaire, meneuse de revues hors pair, a toujours réussi à conjuguer les deux activités, chant et danse, qu’elle pratiqua toujours avec une jeunesse extraordinaire.

KETTY, Rina (Cesarina Piccheto, 1911-1996) interprète
Née près de La Spezia (bien qu’elle aime dire “je suis de Turin”), elle vit une enfance pas très gaie dans l’Italie mussolinienne et rejoint ses tantes à Paris.  Ouvrière dans un atelier qui fabrique des voitures d’enfant, elle découvre Montmartre et aime chanter. Elle n’a pas 20 ans mais se présente dans les petites goguettes et débute à La Vache enragée. Paulo, le patron du Lapin Agile, l’embauche dans son cabaret en 1932/33 où elle restera plusieurs années. Là, elle chante aussi bien Couté que Botrel ou Delmet. Son irruption dans le disque est triomphale : La Madone aux fleurs (36) et Je n’ai qu’une maman (37) sont dignes de Berthe Sylva, mais elle sait aussi dispenser des parfums de son pays natal (Marechiare, Torna a Surriento), adapter la romance à l’américaine (Sérénade sans espoir, Sérénade près de Mexico). Mais le disque miracle dont les deux faces sont élues par le public et par les radios, c’est Sombreros et mantilles, une espagnolade de son accordéoniste de mari, Jean Vaissade, couplée avec J’attendrai qui deviendra le leitmotiv des années sombres que l’on devine déjà en 1938. Elle passe à l’Européen cette même année puis à Bobino avant la guerre. Repliée en zone non occupée, elle encourage Yves Montand à Marseille, puis passe en Afrique du Nord (Casino d’Alger en 42). Rina Ketty retrouve Paris et l’Alhambra en 1945 puis, après avoir vécu dix ans au Canada, réapparaît en 1967 dans les cabarets parisiens (Don Camillo) et bruxellois. La grippe de Hong Kong mettra un terme à sa carrière.   
On dit de Rina Ketty qu’elle ouvrit la voie des “chanteuses à accent” Gloria Lasso, Dalida et bien d’autres.
Voir CD L’Amour fou (FA 155), CMH 37, 38, 40.

LEBAS, Renée (née en 1917) interprète
Elle pense d’abord à se lancer dans le journalisme mais s’engage avec son frère dans le Groupe 12 de la Fédération du Théâtre Ouvrier de France où l’on s’exerce au théâtre, à la poésie, à la chanson. Vers 1936/37, elle gagne un radio-crochet, se frotte à l’ambiance des cabarets (Les Noctambules, La Conga) et débute au Casino de Cabourg durant l’été 1938. En juin 39, elle figure en tête d’affiche d’un programme de “jeunes professionnels“ à l’Alcazar de Marseille – Montand est en plus petit – et enregistre ses premiers disques. La guerre et l’exode la poussent en zone libre où elle rencontre Michel Emer qui l’accompagne au piano. Elle fait ensuite la connaissance de Francis Carco et de Madame qui l’emmènent en Suisse. Ils côtoient un auteur, François Moslay (futur Reichenbach), et un compositeur, Philippe-Gérard, qui lui offriront Exil. Pendant deux ans, de 1942 à 44, Renée Lebas chantera chaque semaine à Radio-Sottens (Lausanne). Durant cette période, elle grave onze disques de chansons “réalistes“ : L’Accordéoniste, Le Vagabond, Je suis seule ce soir, D’ l’autre côté de la rue (que reprendra Piaf), ainsi que Insensiblement (de Misraki), Ses mains ou 14 Juillet (de Gilles). De retour à Paris, Renée Lebas retrouve cabarets, music-halls, grandes scènes, voyages et studios. Elle passe à l’Alhambra, à Bobino, à l’Olympia (1959, 60, 62), aux Trois Baudets (60) et termine sa carrière en 1962 au Concert Pacra après avoir enregistré son dernier disque : La Fête est finie. Elle se tourne alors vers d’autres métiers comme celui de producteur (pour Serge Lama).   
Chantant d’une voix forte et prenante, Renée Lebas tire le meilleur d’un répertoire poétique et choisi. Elle a sans doute rêvé d’un impossible “répertoire populaire de qualité”. Elle chantait Ferré (Elle tourne la terre) à l’ABC en 47/48, elle enregistra un microsillon avec Carco, elle donnera un récital à Pleyel en 54 avec du Francis Lemarque et du Boris Vian (La Valse dingue). On lui reprochera cette “fugue vers la chanson pensée” (sic), lui préférant Tire, tire l’aiguille, son grand succès datant de 1951.
Voir CD La Banlieue (FA 5094), La Fête foraine et le Cirque (FA 5124).

LECLERC, Félix (1914-1988) auteur, compositeur, interprète
Né au Québec, il exerce divers métiers : écrivain, acteur, poète et animateur de radio (1934-37). Aussi, lorsque Jacques Canetti le découvre à Montréal, Félix Leclerc a déjà quelques bons textes qu’il enregistre en 1950 (Le Petit bonheur). Canetti l’amène à Paris et le lance sur scène. Avec Jacques Douai, Stéphane Golmann, Francis Lemarque et avant Brassens, il est l’un des premiers à faire entendre la voix de la poésie dans la chanson contemporaine en s’accompagnant à la guitare. Il fait la première partie des Compagnons de la Chanson à l’ABC et devient l’un des piliers des Trois-Baudets. Vigoureusement soutenu par Mac Orlan, il obtient, avec Moi, mes souliers, le Grand Prix du Disque en 1951. Après être resté trois ans à Paris, Félix Leclerc partage son temps entre le Canada et la France où il est très populaire, se produisant dans les cabarets, les music-halls et les maisons de jeunes.   
Avec une voix grave et naturelle pleine de chaleur et de générosité, Félix Leclerc chante la terre na­tale (Le Roi heureux, Le Roi chasseur), la tendresse et l’amour (Litanies du petit homme) ou la tristesse (La Fête, la vie, l’amour, la mort) avec une sincérité qui atteint le cœur de l’auditeur et engendre chez lui une émotion qui ne trahit pas la qualité littéraire de l’œuvre. Félix Leclerc a beaucoup fait pour la découverte et la reconnaissance en France de la chanson canadienne d’expression française, ouvrant la porte à Raymond Lévesque, Gilles Vigneault, Jean-Pierre Ferland, Claude Léveillé, Pauline Julien, Robert Charlebois, etc.

LEGRAND, Raymond (1908-1974) compositeur, chef d’orchestre
TRÉBERT, Irène de (1921-1996) interprète
Après le Conservatoire, Raymond Legrand est attiré par les variétés. Il devient arrangeur chez Ray Ventura et signe également des orchestrations et des compositions pour Fred Adison, Jacques Hélian et Jo Bouillon. Après une première tentative éphémère en 1933, il monte son propre grand orchestre en 1940 avec des musiciens de jazz français dont quelques anciens Collégiens de Ventura et Irène de Trébert. La jeune chanteuse, membre du “Théâtre du Petit Monde”, a gravé dès 1932 des chansons pour enfants. En 1938/39, elle est au Casino de Paris et se fait entendre sur les ondes de Radio-Cité. En 1941, elle enregistre son premier disque avec Raymond Legrand et le succès arrive l’année suivante avec Mademoiselle Swing qu’accompagne le film du même titre. En cette période à la fois noire et “zazou”, l’orchestre fait les beaux jours de Radio-Paris et les succès s’enchaînent, même après le départ d’Irène en 1946 (Espoir, La Guitare à Chiquita). La vogue des grandes formations avec chants, danses et sketches touche à sa fin et, après la dissolution de son orchestre, Raymond Legrand écrit pour le cinéma, la comédie musicale et la chanson, et devient directeur artistique chez Decca. Il était le père de Christiane et de Michel Legrand et sa seconde épouse, Colette Renard, a été la chanteuse de l’orchestre durant quatre ans. Quant à Irène de Trébert, après s’être tourné vers l’opérette, elle abandonne très tôt le métier.
Voir CD Irène de Trébert (FA 056), Chansons pour Enfants (FA 045), CMH 40.

LEKAIN, Esther (Ernestine Nikel, 1870-1960) interprète
Elle débute à 15 ans à l’Alcazar de Marseille puis monte à Paris. Elle passe au Concert Parisien, à la Scala, au Moulin Rouge… et, à partir de 1900 à Parisiana où elle remporte un succès immédiat avec La Dernière gavotte. Créatrice de La Petite Tonkinoise aux Folies-Bergère (1906). Devenue l’une des grandes vedettes du caf’ conc’, Esther Lekain a attaché son nom à des œuvres comme C’est un petit béguin, La Pavane, Ça ne vaut pas l’amour, Les Vieilles larmes, Le Cœur de Ninon, etc. Durant une carrière particulièrement longue, elle s’est produite dans tous les grands music-halls de France et d’Europe. Elle ouvre une école de chant qui accueille Jean Lumière (son filleul), Tino Rossi, André Pasdoc, Odette Laure… Pendant l’Occupation, elle se réfugie à Nice puis fait son retour en 1946 à l’âge de 70 ans. Elle passe à la radio, à la télévision avec Jean Nohain et chante une dernière fois à l’Alcazar de Marseille, le lieu de ses débuts, en 1957 !   
Surnommée la “Sarah Bernhardt de la chanson”, Esther Lekain fut une interprète de premier plan ; vive, drôle, espiègle, sensible et distinguée elle était considérée par Yvette Guilbert elle-même comme la reine des diseuses.
CD Vincent Scotto (FA 5009).

LEMARQUE, Francis (Nathan Korb, 1917-2002) auteur, compositeur, interprète
Parisien d’origine balte, né rue de Lappe au dessus d’un bal musette, son enfance baigne dans l’accordéon du quartier de la Bastille. Il “pousse la goualante” dans les rues puis monte un duo en 1934 avec son frère Maurice, les Frères Marc, qu’on retrouve dans le groupe Mars qui se produit dans les usines occupées durant le Front Populaire. Au sein de la Fédération des Théâtres Ouvriers de France, ils rencontrent le groupe Octobre et Jacques Prévert. Dissimulé dans le sud de la France pendant la guerre, Francis Lemarque retrouve Paris. Par l’intermédiaire de Prévert, il présente ses chansons à Yves Montand qui les retient toutes et en fait des succès : À Paris, Ma douce vallée, Matilda, Bal, petit bal, Les Routiers, Quand un soldat. Il propose également Rue de Lappe à Andrex et à Mouloudji puis se décide à chanter lui-même. Il enregistre à son tour, à partir de 1949, Bal, petit bal et À Paris qui obtiennent autant de succès que les versions de Montand. S’accompagnant à la guitare, il est l’un des tout premiers à faire partie, dès mai 1948, de la troupe des Trois-Baudets à Montmartre, avant que Jacques Canetti n’en fasse une enclave de la Rive gauche. Il passe en cabaret et finit, malgré quelques difficultés d’adaptation, à triompher devant le public des grands music-halls (Olympia en 58). En 1956, il avait obtenu le Grand Prix du Disque, qui lui sera offert une se­conde fois en 78 avant qu’il ne reçoive le Grand Prix de la Chanson française.   
Les mélodies et les textes de Francis Lemarque sont de superbes exemples de poésie populaire, qu’il chante Paris (L’Air de Paris, Rendez-vous de Paname, À côté du canal), la vie simple (Les petits riens), ou les belles histoires (Le Petit cordonnier, Marjolaine) avec une voix gouailleuse et sympathique. Il a mis en musique des poèmes de Carco (Je me souviens de la bohème) et a écrit la musique de “Play Time”, le film de Jacques Tati.

LUMIÈRE, Jean (Jean Anezin, 1905-1979) interprète
Après avoir étudié la comédie et le chant, il débute à l’Européen en 1930. Il obtient un Grand Prix du Disque et, pendant sept années consécutives, il gagnera le concours de “La voix la plus radiophonique”. Chanteur de charme, il interprète avec un art consommé, qui se double d’une grande sensibilité et d’une égale justesse, les plus belles mélodies passées et présentes comme Faisons notre bonheur nous-même, Visite à Ninon, Dans les bois, Chanson d’Automne de Maurice Rollinat et de nombreuses chansons de Paul Delmet dont La Petite église. Il effectue une carrière internationale en Europe, au Moyen-Orient, dans les Amériques et enseigne son savoir à de jeunes interprètes qui feront parler d’eux : Édith Piaf, Cora Vaucaire, Marcel Amont, Christiane Legrand, Mireille Mathieu…   
Possédant une voix douce et tendre parfaitement maîtrisée, il demeure le gardien d’un genre classique au moment où apparaît une nouvelle vague plus “rythmée” menée par Mireille, Sablon, Tranchant ou Trenet.
Voir CD La Mer (FA 197), Nice Côte d’Azur (FA 5083), CMH 40.

MARIANO, Luis (Mariano Gonzales, 1914-1970) interprète et comédien
À 16 ans, il joue en amateur dans des spectacles à Saint Sébastien et à Irun puis fait partie comme choriste d’une compagnie basque autour des années 36/37. Il entre ensuite au Conservatoire de Bordeaux  puis, en 1941, s’inscrit aux Beaux-Arts. Monté à Paris en 1942, il suit les leçons du ténor Michel Fontecha et chante un temps dans l’orchestre de Rafaël Canaro. En 43, il chante au Palais de Chaillot pour une soirée “Don Pasquale” et reprend le rôle aux Variétés. À la Libération, il se fait un nom au disque, au music-hall, et ac­cepte le rôle principal d’une opérette tzigane bâtie sur un canevas marseillais que Mariano imagine espagnole ! C’est “La Belle de Cadix” de Raymond Vinci et Francis Lopez, montée avec trois bouts de ficelle au Casino-Montparnasse. C’est le raz-de-marée dans ce petit théâtre où se bousculent presse, radio et spectateurs enthousiastes. Luis Mariano devient le Roi de l’opérette. Il enchaîne avec “Andalousie” en 47 (partageant la vedette avec Maurice Baquet), “La Belle de Cadix” à nouveau, à l’Empire en 49, “Le Chanteur de Mexico”, “Chevalier du Ciel” en 54 et, malgré la déferlante yé-yé, “Le Secret de Marco Polo” en 59 au Châtelet et “Visa pour l’Amour” en 61.
Puis ce sont les reprises du “Prince de Madrid” (67) et de “La Caravelle d’Or” (69). Terrassé par la maladie, il abandonne en mai 1970.   
Mis à part peut-être Georges Guétary, Luis Mariano n’a connu aucun rival dans l’opérette et sa popularité était telle qu’il fut le premier à posséder un fan-club en France dès les années 50 ! Ténor puissant et coloré, il a joué également dans une quinzaine d’opérettes filmées ou films musicaux qui célèbrent le culte de sa personnalité.

MARIE-JOSÉ (Émilie-Thérèse Lhuillier, 1914-2002) interprète
Native d’Oran, Marie-José est d’origine franco-espagnole. Élève infirmière, elle monte à Paris et fait la connaissance du compositeur et chef d’orchestre José Sentis qui la présente au célèbre “père Dory”, directeur de la firme Odéon. Elle obtient de grands succès (Le Bar de l’escadrille, Lis-moi dans la main, tzigane) avec un répertoire “exotique” largement tourné vers le tango et la samba. Elle enregistre de nombreux disques et travaille également beaucoup en Espagne. Mais les modes changent et exit la samba. Comme nombre de chanteuses d’après-guerre, Marie-José laissera la place à une génération portée par les rythmes nouveaux du rock ‘n’ roll tout en maintenant son statut de vedette chez Odéon durant vingt-cinq ans.
Voir CD CMH 42.

MARJANE, Léo (Thérèse Gendebien, née en 1912) interprète
Sa voix de contralto chaude et envoûtante la conduit à se lancer dans une carrière de chanteuse. Elle débute très jeune à Marseille avant d’y gagner un concours sur la scène de l’Eldorado en août 1927. Elle épouse le chanteur fantaisiste Raymondey (Raymond Gérard) et monte avec lui à Paris en 1931. L’année suivante elle est au Caire au cabaret Le Perroquet puis, de retour à Paris, passe à l’Alhambra en 33 et au Petit Casino en 34. Dès 1932, Léo Marjane avait gravé ses premiers disques. Elle enregistre La Chapelle au clair de lune en 1937 et, un peu plus tard, passe à Bobino, à l’ABC, chez O’Dett, au Shéhérazade. Elle effectue une tournée aux Etats-Unis puis chante à l’Étoile en 1940. Après Seule ce soir, Léo Marjane accède au vedettariat. Elle dirige son propre cabaret, d’abord l’Écrin puis Chez Léo Marjane qui jouit d’une réelle célébrité dès 1942, et se fait parfois entendre sur les ondes de Radio-Paris. Après un dernier passage à l’Étoile en 1949, elle abandonne la scène mais continue d’enregistrer, apparaissant parfois dans un cabaret au Brésil, aux Etats-Unis et au Canada.   
Intéressée par le jazz et les chanteuses américaines dont elle reprend en français les standards dès 1938, Léo Marjane, qui reste dans la tradition réaliste et la fantaisie, injecte, par son phrasé et les accompagnements de ses chansons, un rythme et un balancement proche du swing. C’est pour mieux faire ressortir toutes les nuances de ses interprétations qu’elle préfère le disque et le cabaret aux grandes salles.
Voir CD Léo Marjane (FA 5078), Chansons pour Enfants (FA 045), Intégrale Charles Trenet 3 (FA 083), CMH 39, 40, 41, 43.

MAYOL, Félix (1872-1941) interprète  
Venant de Toulon, il auditionne à l’Alcazar de Marseille et sort sous les sifflets. Il suit alors une troupe de musiciens ambulants et apprend le métier dans les beuglants du Languedoc. Retour à Toulon, au Casino, en 1892. En 1895, il auditionne au Concert Parisien et présente notamment Petit chagrin de Delmet. Il est engagé pour trois ans. Parallèlement, il débute à la Gaîté-Montparnasse en 96 et lance La Paimpolaise qui devient un double succès : pour lui-même en tant qu’interprète, et pour son auteur Théodore Botrel. En 1897 il crée au Bataclan Le Petit Grégoire du même Botrel, et Cette petite femme là. Il passe à l’Eldorado, au Moulin Rouge et surtout, à partir de 1900, devient la vedette de la Scala, peut-être le plus grand café concert de Paris. Les succès s’enchaînent : Embrasse-moi Ninette, La Cabane Bambou, Elle vendait des petits gâteaux, Le Printemps chante et le célèbre Viens Poupoule qui en fait la vedette populaire n° 1 en France. Ses imitateurs ne se comptent plus. Mayol ne commence à enregistrer qu’en 1903 et tous ses “tubes” sont désormais immortalisés dans la cire : Lilas Blanc de Botrel, Le Petit panier, La Mattchiche, les Mains de femmes, Cousine, etc. Il effectue des tournées, en France, en Europe, au Moyen-Orient, et reprend sa place à la Scala en 1907. En 1908, il est aux Folies-Bergère dans la revue “Sport” et, en 1909, il rachète le Concert Parisien qui devient tout simplement le Concert Mayol. En 1915, il est à l’Olympia. Même si son genre est à présent daté, Mayol reste très popu­laire après la guerre, devenant une sorte d’institution, de “monstre sacré” comme le seront plus tard Chevalier et Tino. Il se retire dans sa ville de Toulon après avoir, à sept reprises, organisé ses adieux à la scène (Empire en 31, en 32, Alcazar en 34, Empire à nouveau, ABC en 38…), pérennisant ainsi l’expression “adieux à la Mayol“ qui est restée dans le langage populaire, y compris chez les jeunes générations qui ne savent pas qui c’est !   
Personnage typique immortalisé par de nombreuses affiches, Mayol est célèbre par son toupet, son brin de muguet, ses mimiques et sa cambrure équivoque. Malgré ses outrances caricaturales, il a, à côté des scies du café-concert, rendu populaire un répertoire qui avant lui ne sortait pas des cabarets de chansonniers.
Voir CD L’Argent (FA 174), Vincent Scotto (FA 5009).

MILTON, Georges (Georges Désiré Michaux, 1886-1970) interprète et comédien
Ses débuts sont difficiles : huit jours à l’Exposition universelle de 1900. Il fait ensuite partie d’une troupe qui l’emmène en Amérique du Sud. De retour à Paris, il passe à la Cigale en 1910. À la déclaration de guerre il se trouve en Russie avec le Cirque de Moscou et est bloqué là-bas jusqu’à la Révolution de 1917. À son retour, encouragé par Maurice Chevalier avec qui il chante en duo (Bouboule et moi), il monte sur la scène du Casino Saint-Martin et connaît enfin le succès populaire. Milton se produit au Casino-Montparnasse, au Petit Casino, à la Gaîté-Rochechouart et au Moulin Rouge en 1924 dans la revue “New York-Montmartre” où il lance Le Trompette en bois. Délaissant le tour de chant, il se tourne très vite vers l’opérette avec notamment “Comte Obligado” aux Nouveautés en 27 (La Fille du bédouin, Les Artichauts), “Elle est à vous” (Pouèt-Pouèt) et “Kadubec” (Si j’étais chef de gare) en 29, puis “L’Auberge du Cheval blanc” à Mogador en 32 (Au joyeux Tyrol, Adieu… Adieu…).     Parallèlement, il devient une vedette de cinéma très populaire avec des films distrayants comme “Le Roi des resquilleurs” (J’ai ma combine, C’est pour mon papa) et “Le Roi du cirage” (Y m’ faut mon pat’lin, T’en fais pas Bouboule), “Embrassez-moi” (Totor, t’as tort), “La Bande à Bouboule” (C’est papa c’est parisien, Émilienne). Tout le monde à l’époque reprenait et chantonnait ses refrains. Il s’éloigne des scènes en 1942. On le verra une dernière fois à la télévision en 1964 dans l’émission de Jean-Chistophe Averty “Mi-figue, mi-raisin”.   
Petit et rondouillard avec une grosse tête – son personnage de Bouboule était fait pour lui – Georges Milton, avec sa gouaille, son accent parigot et son entrain communicatif, était, sur les planches, une véritable “locomotive“ qui entraînait ses partenaires comme le public dans un véritable tourbillon de bonne humeur.
Voir CD Chansons pour Enfants (FA 045), L’Argent (FA 174), La Gloire de l’Opérette (FA 189), Paris (FA 5018), CMH 29, 30, 31, 35, 37, 42.

MIREILLE (Mireille Hartuch, 1906-1996) compositeur, interprète
En même temps qu’elle entame des études au Conservatoire, Mireille débute à l’Odéon à l’âge de 14 ans. Entre 1926 et 29, elle joue des comédies, des opérettes, des revues et enregistre un premier disque (Tout petit). Elle rencontre Jean Nohain en 1931 et c’est le début d’une longue collaboration : il écrit les paroles, elle fait la musique et plus de 500 chansons seront issues de leur amicale et talentueuse complicité. D’abord, les éditeurs n’en veulent pas, comme leur “opérette américaine” “Fouchtra” (sic). Mireille part à Broadway jouer dans une comédie musicale de Noel Coward : “Bitter Sweet”. Un télégramme de Raoul Breton la rappelle : “Énorme succès, reviens”. Les duettistes Pills et Tabet ont inscrit l’un des airs partout refusés, Couchés dans le foin, dans leur tour de chant du Casino de Paris (revue “Sex-Appeal Paris 32”). À son retour, elle commence à travailler avec Jean Sablon et compose, toujours avec Nohain, l’opérette “disquée” “Un mois de vacances”. Mireille est lancée et, en 1934, elle se produit durant plusieurs mois à l’ABC, s’accompagnant toujours au piano. Reconnue comme l’un des phares de la “bonne chanson”, Mireille a toutefois privilégié sa carrière de musicienne à celle d’interprète et sa discographie personnelle reste des plus modestes. Après la guerre, elle continue à composer et, en 1955, crée le fameux Petit Conservatoire de la Chanson qui sera le tremplin d’une nouvelle génération : Françoise Hardy, Michel Berger, Alain Souchon et bien d’autres.   
Les airs et la voix espiègle de Mireille sur les textes très fins de Jean Nohain ont apporté, à l’époque où régnaient les chansons réalistes, les mélos pleurnichards et une certaine variété poussive, un vent de fraîcheur qui annonce Charles Trenet (Ce petit chemin, C’est un jardinier qui boite, Et voilà les hommes, Les Trois gendarmes). Avec l’apport de sa culture classique et du jazz, Mireille trousse des mélodies qui peuvent se transformer en rengaines sans que la vulgarité ne s’y installe (Quand un vicomte, Papa n’a pas voulu).
Voir CD Mireille (FA 043).

MISTINGUETT (Jeanne Bourgeois, 1875-1956) interprète
Elle prend des leçons de danse, de musique et de chant (!) et débute dans des revues au Trianon-Concert en 1895. À partir de 1897, elle est à l’Eldorado et, pendant dix ans, gravira petit à petit les marches du succès. En 1908, dans une revue aux Bouffes-Parisiens, elle impose son type de “petite môme des faubourgs” et dévoile ses jambes qui impressionnent le tout-Paris. En 1909, elle crée au Moulin Rouge la valse chaloupée avec Max-Dearly. Elle joue également la comédie au théâtre avant de devenir la vedette des Folies-Bergère avec pour partenaire un certain Maurice Chevalier. Après la guerre, son succès s’amplifie à partir de “Paris-Ki-ri” au Casino de Paris (1918). Elle devient, à 45 ans, la meneuse de revues n° 1 et crée, dans chacune d’elles, des airs qui font date et qu’elle va commencer à enregistrer. Au Casino de Paris : “Paris qui Jazz” (Mon homme, son premier disque, 1920), “Paris en l’air” (J’en ai marre, 22), “En douce” (22), “Bonjour Paris” avec Boucot (24). Quand elle quitte le Casino, c’est pour se retrouver au Moulin Rouge : “La Revue Mistinguett” (25), “Ça c’est Paris” (26), “Paris qui tourne” avec Jean Gabin (28). Elle retrouve le Casino de Paris avec “Paris-Miss” (29) mais elle doit commencer à partager les revues avec une nouvelle venue : Joséphine Baker. Mais, avec son abattage légendaire, Mistinguett ne cède pas de terrain, et c’est “Paris qui brille” (31). Puis elle retrouve les Folies-Bergère avec “Folies en Folie” (C’est vrai, 33) avant de réintégrer le Casino : “Féerie de Paris” avec Reda Caire (Je cherche un millionnaire, 38) pour ses 65 ans, “Bonjour Paris” (41). Lorsqu’elle n’arpente pas les plus grandes scènes parisiennes, Mistinguett, devenue vedette de music-hall internationale, est en tournée aux Amériques (à deux reprises). Elle a fait quelques films, dont un seul parlant : “Rigolboche” en 1936 avec la chanson Oui, je suis de Paris. Après la guerre, elle passe encore à l’ABC en 1949 et quitte définitivement la scène à l’âge de 78 ans.   
Avec sa voix de casserole, ses “belles gambettes“ et son accent parisien, Mistinguett représente à merveille le mythe de la Ville Lumière tel qu’il est perçu dans le monde entier. Aussi indéboulonnable que la Tour Eiffel, elle brille à jamais sous les projecteurs de l’éternité.
Voir CD Le Front Populaire (FA 049), Paris (FA 5018), La Banlieue (FA 5094), CMH 30, 31, 34, 36.

MONTAND, Yves (Yvo Livi, 1921-1991) interprète et comédien 
Italien réfugié avec ses parents à Marseille alors qu’il n’a que 2 ans, il chante en amateur avant d’affronter l’Alcazar en 1939 avec Dans les plaines du Far West. Pendant l’Occupation après quelques tournées régionales, il s’enfuit à Paris pour échapper au STO et chante dans quelques cabarets. Il se produit à l’ABC en 1944 dans le spectacle d’André Dassary et abandonne son costume zazou pour une sobre silhouette qui va marquer son personnage : chemise et pantalon marrons. Au Moulin Rouge retransformé en music-hall de jour, Édith Piaf a préparé son tour de chant avec Roger Dann en “américaine”, mais l’impresario d’Yves a le culot de lui proposer son poulain en remplacement. Après un premier contact glacial, Édith attend Montand en coulisses le soir de la première pour aller dîner… Le chanteur a trouvé son pygmalion et, durant l’hiver 44/45, il va assurer pendant sept semaines un récital à l’Étoile, suivi d’un autre à l’Alhambra. Parallèlement au music-hall, il entame une carrière cinématographique (“Les Portes de la nuit” de Carné avec Les Enfants qui s’aiment, 1946, “Le Salaire de la peur” de Clouzot, 51). Tant sur scène qu’à l’écran, son personnage de jeune premier décontracté va le propulser aux sommets. Son répertoire est choisi : Battling Joe, Luna Park, C’est si bon, Grands boulevards, Un gamin de Paris, Une demoiselle sur une balançoire, les chansons de Francis Lemarque, de Prévert et Kosma (Barbara, Tournesol, Et la fête continue). En 1950, il se marie avec Simone Signoret. Il tourne dans les pays de l’Est en 1957, se produit à Broadway en 59/60 et devient acteur international (“Le Milliardaire” avec Marilyn Monroe en 60). S’il revient pour des tours de chant à l’Olympia qui font date (1968, 1981) et ajoute de nouvelles chansons à son répertoire (La Chansonnette, La bicyclette), Montand s’oriente de plus en plus vers le cinéma : “Z”, “L’Aveu”, “Le Diable par la queue”, “Le Cercle rouge”, “César et Rosalie”, etc.   
Sa voix, son sourire, sa décontraction, son naturel issus d’un véritable travail de perfectionniste, son air d’“aristocrate populaire” qui séduit aussi bien les classes ouvrières qu’il s’impose chez les artistes et dans la grande bourgeoisie, ont fait d’Yves Montand l’une des plus grandes stars de la seconde moitié du XXe siècle.
Voir CD Intégrale Yves Montand Vol. 1 & 2 (FA 199, 5109).

MONTERO, Germaine (Germaine Heygel, 1909-2000) interprète et comédienne
Elle débute comme comédienne à Madrid en 1932 en jouant Federico Garcia Lorca. Revenue en France en 1938, elle joue au théâtre Anouilh, Garcia Lorca et “Mère Courage” de Brecht qu’elle reprendra plus tard au TNP. À la même époque, elle commence à chanter du folklore espagnol Chez Agnès Capri. En 41/42, elle se produit dans des cabarets de la Zone libre (Nice, Cannes, Marseille) participe à des feuilletons radiophoniques et passe Chez Gilles à Lausanne où elle effectue quelques enregistrements. En 1945, de retour à Paris, elle donne un récital à l’Athénée et retrouve les cabarets. Avec Jean Vilar, elle participe aux festivals d’Avignon de 47 à 49 aux côtés de Gérard Philipe et de Jeanne Moreau. Parallèlement, elle chante et enregistre : Prévert, Bruant, les chansons de “Mère Courage” en particulier, et son disque “Paseando por Espana” obtient le Grand Prix du Disque en 1953. Elle chante également les “Chansons pour accordéon” de Mac Orlan qui la considère comme étant sa meilleure interprète. Peu présente au cabaret, Germaine Montero se consacre à la radio, au théâtre, et tourne dans quelques films. Elle passe à l’Olympia en 1956 et obtient le Grand Prix de l’Académie Charles-Cros en 1970.

MOULOUDJI, Marcel (1922-1994) auteur, interprète et comédien
Il débute au théâtre à 10 ans grâce à Jean-Louis Barrault et se fait connaître très jeune au cinéma, en particulier grâce à son rôle dans “Les Disparus de Saint Agil”, le film de Christian-Jacque. Jusqu’en 1950, il tournera dans vingt-quatre films et jouera également dans plusieurs pièces de théâtre dont “Richard III” chez Dullin. Acteur, peintre, écrivain, il obtient le Prix de la Pléiade pour son roman “Enrico”, tandis que sa pièce “Quatre femmes” est jouée au Théâtre de la Renaissance en 1947. Poursuivant sa carrière sur les écrans (“Justice est faite” et “Nous sommes tous des assassins” de Cayatte), il entre également “en chansons“, sans grande conviction répétera-t-il souvent. Pourtant il interprète La Complainte des infidèles de Carlo Rim et Comme un petit coquelicot de Raymond Asso qui obtient le Prix de l’Académie Charles-Cros en 1953. Mouloudji est également le créateur du Déserteur et de Allons z’enfants de Boris Vian. Il passe à l’Olympia en 1958 et poursuit une carrière à sa main, à l’écart des feux de l’actualité.   
Tour à tour tendre, âpre ou grinçant mais toujours authentiquement populaire et généreux avec sa voix particulière touchante et présente, Mouloudji a écrit notamment Un jour tu verras qui est considérée comme l’une des plus belles chansons d’amour.

NOËL-NOËL (Lucien Noël, 1897-1989) compositeur, chansonnier et comédien
D’abord tenté par le dessin d’humour, il commence à écrire des chansons sur le Front. Après la guerre, il collabore un temps au Canard Enchaîné puis, après de nombreux refus, débute aux Noctambules en 1920 et fait un succès immédiat avec son personnage de “timide crâneur” différent des chansonniers habituels. Engagé au Moulin de la Chanson, il en devient la vedette et, durant une dizaine d’années, va conduire brillamment sa carrière et son œuvre de chansonnier à la Lune Rousse ou aux Deux-Ânes. En 1926, il crée le personnage d’Adémaï dans une revue de Paul Colline au Théâtre des Dix-Heures. Noël-Noël se glissera ensuite dans la peau d’Adémaï à la TSF à partir de 1932 et au cinéma. Si sa carrière prend un nouveau tournant, il donne fidèlement un tour de chant annuel à l’ABC de 1934 à 1939. En 1941, on l’entend à nouveau aux Dix-Heures, à l’Étoile et à l’ABC. Il se tourne définitivement vers le cinéma et son film “La Cage aux rossignols” qui obtint le Prix Louis Delluc en 1943 a été repris récemment dans un remake appelé “Les Choristes” avec le triomphe que l’on connaît. Citons également “Le Père tranquille” et “Les Casse-pieds”.   
Observateur indiscret, lucide et sensible, se mettant lui-même en situation, Noël-Noël est l’auteur d’une œuvre chansonnière poétique et spirituelle qui tranche sur celle de ses collègues plus portés sur l’actualité. C’est pourquoi elle leur aura survécu. Ses petits tableaux ironiques de la vie quoti­dienne la plus banale au départ, Soupe à Toto, Le Chapeau, L’Enterrement, la pitoyable Rentrée tardive et la lamentable Nuit d’amour, qui ont ravi ses contemporains, gardent toute leur verve et leur drôlerie.

OSWALD, Marianne (Alice Bloch, 1901-1985) interprète et comédienne
Née dans la Sarreguemines allemande, elle perd ses parents très jeune et est victime d’une maladie qui la rend un temps muette. De cette enfance douloureuse, elle conservera ce côté tragique et, après une opération, chantera de la gorge avec une voix rauque et “faussée” lorsqu’elle débute dans les cabarets berlinois en 1925. Arrivée à Paris au début des années 30, elle chante Kurt Weill et Hanns Eisler (Mon oncle a tout repeint, paroles de Jean Nohain) mais aussi Tranchant et Clouzot (Le Jeu de massacre). Et se fait vite remarquer par Cocteau qui l’invite au Bœuf sur le Toit et lui offre Anna la bonne, Mes sœurs n’aimez pas les marins et La Dame de Monte-Carlo. Elle passe également à l’ABC, à Bobino, aux Noctambules et interprète, avec un ton entièrement nouveau, les premiers poèmes de Prévert mis en musique par Joseph Kosma : Chasse à l’enfant, La Grasse matinée, Les Bruits de la nuit. Entre 1940 et 46, Marianne Oswald s’exile aux Etats-Unis et se produit à la radio et dans les cabarets. À son retour en France, en 1947, elle joue dans plusieurs films (“Les Amants de Vérone”) et oriente largement ses activités vers la radio et la télévision, enregistrant toutefois un 45 tours dans les années 50.   
Avec sa crinière flamboyante en avance de trois-quarts de siècle sur la mode poil-de-carotte actuelle, Marianne Oswald chante avec une force convaincante et véhémente, et une grande intensité d’expression, la misère et les souffrances. Son interprétation de la poésie réaliste reste unique dans les annales de la chanson et déconcerte encore l’auditeur soixante-dix ans après son apparition.
Voir CD Chansons pour Enfants (FA 045), Le Front Populaire (FA 049), Jean Cocteau (FA 064), Jacques Prévert (RF 3001), CMH 33, 37.

OUVRARD (Gaston Ouvrard, 1890-1980) auteur, compositeur, interprète
Fils d’Éloi Ouvrard, le premier comique troupier qui n’a laissé aucune trace sonore, il débute sous le nom d’Ouvrard Fils en 1909 au Concert des Galeries en reprenant les chansons de son père. Après la guerre de 14/18, il quitte le pantalon garance et adopte la tenue bleu horizon. Puis, à partir de 1928, il délaisse l’uniforme militaire pour sortir des limites d’un genre qui s’essouffle. Il renouvelle également son répertoire avec des pièces personnelles comme Si j’avais des ailes, C’est beau la nature, Suzon la blanchisseuse, Le P’tit tom pouce, Le Soldat sportif, mes tics et, bien entendu, l’immortel Je n’ suis pas bien portant (“J’ai la rate qui s’ dilate”), entré dans le patrimoine de la chanson française ! Grâce à ce morceau d’anthologie remis au goût du jour par Thierry Le Luron, Ouvrard refait brillamment surface à 80 ans en passant, costumé en piou-piou à la télévision, à l’Olympia et à Bobino.
Servi par une diction impeccable qui lui permet d’énumérer à une vitesse folle d’interminables couplets, Ouvrard reste un cas unique et tardif dans un domaine largement plombé. Ouvrard ? Le rappeur troupier !

PATACHOU (Henriette Ragon, née en 1918) interprète
Travaillant chez un éditeur de musique, elle y croise Charles Trenet et Maurice Chevalier. Celui-ci la surnomme Lady Patachou lorsqu’elle ouvre un cabaret-restaurant dans une pâtisserie de la Butte Montmartre qu’elle anime et où elle chante. C’est Chez Patachou que Georges Brassens, après plusieurs expériences malheureuses, est enfin lancé en 1952. Elle est d’ailleurs la première à interpréter les œuvres du chanteur poète à la grosse moustache : Le Bricoleur, Papa Maman, les Amoureux des bancs publics, Brave Margot. Outre son succès La Bague à Jules de Jamblan, elle favorise la divulgation de la chanson contemporaine en interprétant Ferré, Aznavour, Brel et un Guy Béart encore inconnu (Bal chez Temporel).   
Diseuse au goût très sûr et à l’expression franche, Patachou se produit à l’Olympia en 1967 et chante aux Etats-Unis et dans le monde entier. Au milieu des années 70, elle s’éloigne des tréteaux, prend la direction du cabaret de la Tour Eiffel et s’oriente vers le théâtre, la télévision et le cinéma.
Voir CD Guinguettes et Caboulots (FA 5068).

PIAF, Édith (Giovanna Gassion, 1915-1963) auteur, interprète
Après une enfance pauvre et une adolescence difficile, Louis Leplée, le patron du Gerny’s, la découvre chantant dans la rue en 1935. Il l’engage dans son cabaret sous le nom de la Môme Piaf. Elle interprète les chansons de Damia, de Fréhel, de Tino Rossi, puis reprend L’Étranger après l’avoir entendu par Annette Lajon et Mon légionnaire de Marie Dubas qu’elle admire énormément. Ses débuts discographiques chez Polydor révèlent une stupéfiante faculté d’adaptation à ce médium souvent ingrat pour beaucoup. Elle grave Les Mômes de la cloche et Jacques Canetti la programme à Radio-Cité. En 1937, elle passe à l’ABC et rencontre Raymond Asso dont elle interprète les chansons : Le Fanion de la Légion, Mon amant de la Coloniale, Paris-Méditerranée, C’est lui que mon cœur a choisi, Le Petit monsieur triste. Suivent en 40 L’Accordéoniste de Michel Emer et Y’ a pas d’ printemps d’Henri Contet qui deviennent ses auteurs favoris – Contet lui écrit Padam padam qui obtiendra le Grand Prix du Disque en 1951 –, sa compositrice préférée étant Marguerite Monnot. Elle triomphe rapidement en France et à l’étranger avant de devenir, sans que rien n’y puisse changer, la chanteuse française du siècle. Elle joue la comédie, l’opérette, tourne (et parfois chante) dans quelques films. En outre, Édith Piaf, qui possède “un cœur gros comme ça”, lance dans le métier Yves Montand, Aznavour, Bécaud, Les Compagnons de la Chanson – Les Trois cloches se vendent à un million d’exemplaires –, Eddie Constantine, Jean Dréjac, Félix Marten, Georges Moustaki qui lui offre Milord et Charles Dumont qui lui écrit Non je ne regrette rien. En 1956, elle se produit au Carnegie Hall de New York et demeure la pensionnaire attitrée de l’Olympia (1958, 59, 60, 62).   
Mariée à Jacques Pills (1952-56) puis à Théo Sarapo en 62 (À quoi ça sert l’amour ?), Édith Piaf a toujours chanté l’amour haut et fort. Sa voix unique, tragique et puissante sur un corps si frêle, clame et illustre “la fatalité du destin et la croyance en l’amour malgré la souffrance qu’il apporte.” Elle
a écrit elle-même une trentaine de chansons parmi lesquelles C’était un jour de fête, Le Vagabond, La Vie en rose (créée par Marianne Michel), quelques-uns des premiers succès d’Yves Montand
(Elle a…, La Grande cité) et l’immortel Hymne à l’amour attaché à jamais à Marcel Cerdan.
Voir CD Édith Piaf (FA 076), Jean Cocteau (FA 064), L’Argent (FA 174), La Mer (FA 197), Vincent Scotto (FA 5009), Chansons du Trottoir (FA 5026), La Fête foraine et le Cirque (FA 5124), CMH 37, 38, 41, 43.

PILLS, Jacques (René Ducos, 1906-1970) interprète   
& TABET, Georges (1905-1984) compositeur, interprète 
Le second, pianiste et chef d’orchestre de jazz, rencontre le premier, qui avait déjà chanté en duo avec Pierre Ward, au Casino de Paris en 1931 dans “Paris qui brille”. S’associant, ils font des débuts fracassants dans “Sex-appeal-Paris 32” avec Couchés dans le foin de Mireille et Jean Nohain qui apporte une fraîcheur et un ton nouveau à la chanson française de tradition. Ils obtiennent le Grand Prix du Disque, poursuivent au Casino de Paris dans “La Joie de Paris”, se produisent à l’Alcazar en 33, aux Bouffes-Parisiens en 34 et effectuent des tournées, notamment aux Etats-Unis et au Canada ainsi qu’en Amérique du Sud avec Lucienne Boyer qui les accueille également dans son cabaret Chez Elle. Jusqu’en 1939/40, Pills et Tabet seront les duettistes les plus célèbres de l’époque avec un répertoire choisi chez Jean Tranchant, Paul Misraki, Mireille et Jean Nohain. On les voit au cinéma et dans des opérettes. Après leur séparation au début de la guerre, Georges Tabet cesse de chanter mais reste dans le métier, composant des musiques de revues et écrivant de nombreux scénarios de films avec son frère André. Quant à Jacques Pills, qui avait dès 1937 commencé à enregistrer seul, il épouse Lucienne Boyer puis poursuit sa carrière dans la chanson à Bobino (41) et à l’Étoile (43). Ayant rencontré Édith Piaf en Amérique, il l’épouse en secondes noces, joue avec elle “Le Bel indifférent” de Cocteau et lui répond Ça gueule ça madame sur une musique de leur pianiste Gilbert Bécaud. À la fin des années 50, Pills abandonne la scène.
Voir CD Mireille (FA 043), Le Front Populaire (FA 049), Lucienne Boyer (FA 5020), CMH 37 pour G. Tabet, 40, 41, 42, 43 pour J. Pills.

POLIN (Pierre-Paul Marsalès, 1863-1927) interprète
Il débute en 1886 au Concert de la Pépinière puis reste trois mois au Concert du Point-du-Jour et cinq ans à l’Eden-Concert ! Puis, pendant une vingtaine d’années, il va être le pensionnaire régulier de la Scala et de l’Alcazar d’Été. Il triomphe dans le genre comique troupier naïf et bo­nasse avec sa culotte rouge, sa veste trop courte, son képi et son mouchoir à carreaux et un répertoire “choisi” : Ma Grosse Julie, Mademoiselle Rose (Le Petit objet), L’Anatomie du conscrit, La Petite Tonkinoise qu’il crée aux Ambassadeurs, Ça vous fait tout de même quelque chose, Ah ! j’ l’attends...   
Excellent chanteur et raconteur d’histoires, Polin a inspiré plusieurs générations de troupiers : Bach, Vilbert, Dufleuve, Fernandel. Il fut aussi un comédien apprécié, jouant Feydeau aux Nouveautés dès 1892, puis au Théâtre du Palais-Royal en 1898 et, beaucoup plus tard, obtenant le succès dans “Le Grand Duc” au Théâtre Edouard VII auprès de Jeanne Granier et de Lucien Guitry.
Voir CD Toulouse-Lautrec (FA 5074).

PRÉJEAN, Albert (1894-1979) interprète et comédien
Vrai gars de la banlieue, Albert Préjean fait ses débuts dans le cinéma muet et se fait remarquer dans “Paris qui dort” de René Clair en 1923. Il tourne de nombreux films et sort des écrans en 1929 pour effectuer un tour de chant fantaisiste au Moulin Rouge. René Clair, à nouveau, exploite ses talents en 1930 dans “Sous les toits de Paris”, film parlant et chantant. Puis il est sollicité par G.W. Pabst pour tourner en 1931 la version française de “L’Opéra de quat’ sous” dont il enregistre sur disque les principaux airs. Les années 30 sont alors pour le chanteur-comédien celles d’une immense renommée populaire : il tourne de nombreux films dont six avec Danielle Darrieux, chante à l’Alhambra, à l’Étoile, à l’Olympia, etc., joue la comédie et l’opérette au théâtre en incarnant ce personnage faubourien sympathique et optimiste qui maintient la bonne humeur au moment où le ciel s’assombrit. Il cesse de tourner en 1947 mais, jusqu’à la fin des années 60, continuera d’apparaître sur les scènes, les pistes et les plateaux. Il est le père du comédien Patrick Préjean.   
Albert Préjean est l’exemple typique “d’un acteur au micro” des années 30, époque où souvent le cinéma faisait le disque et le film la chanson. Aussi, ses chansons de films les plus célèbres ont bénéficié grâce au disque d’un énorme succès populaire et commercial (Dédé de Montmartre, Si l’on ne s’était pas connu, Sous les toits de Paris …).
Voir CD Le Front Populaire (FA 049), Ciné Stars (FA 063), Danielle Darrieux (FA 5041), CMH 30, 31, 39, 40.

PRINTEMPS, Yvonne (Yvonne Wigniolle, 1894-1977) interprète et comédienne
À 14 ans, elle joue les “utilités“ à la Cigale puis sa voix merveilleuse attire l’attention aux Folies-Bergère en 1909. En 1912, elle fait partie de la distribution de plusieurs revues : au Théâtre des Capucines, à l’Olympia, au Moulin Rouge (“Nouvelle Revue”). En 1915, elle est au Théâtre du Palais Royal et, l’année suivante, joue dans “Jean de la Fontaine” de Sacha Guitry aux Bouffes-Parisiens. En 1917, elle s’installe avec le déjà célèbre et grand auteur avant de l’épouser deux ans plus tard. Yvonne Printemps créera trente-quatre pièces de Sacha dont “Deburau” en 18, “Pasteur” et “Mon père avait raison” en 19. En 1923, c’est “L’Amour masqué” où Yvonne chante les airs d’André Messager. Elle récidive dans “Mozart” (musique de Reynaldo Hahn) puis dans “Mariette” (musique d’Oscar Straus). Mais Yvonne a rencontré Pierre Fresnay et c’est la séparation en 1932. Mariés en 1934, les deux comédiens tournent ensemble plusieurs films qui mettent surtout Yvonne en vedette : “Les Trois valses”, d’abord créées sur la scène des Bouffes-Parisiens en 37 (C’est la saison d’amour), “Adrienne Lecouvreur”. Mais c’est sur les planches que la grâce d’Yvonne Printemps brille de ses plus beaux feux et elle renoncera vite au cinéma, se consacrant exclusivement au théâtre, jouant souvent avec Fresnay à la Michodière qu’ils dirigent ensemble.   
De cette petite bouille ronde aux yeux vifs, s’échappait une voix de rossignol souple, aisée, aérienne et sans effets appuyés qui enchantait les auditeurs. Si Yvonne Printemps n’a jamais fait carrière dans la chanson – elle n’a pas non plus énormément enregistré –, certains de ses airs sont entrés par la grande porte dans cet art populaire.
Voir CD Chansons pour Enfants (FA 045), La Gloire de l’Opérette (FA 189), Toulouse-Lautrec (FA 5074).

QUATRE BARBUS (Les) quatuor vocal
Fondés par Jacques Trisch en 1938 sous le nom de Quatuor vocal des Compagnons de Route, ils chantent dans les rues, aux terrasses des cafés, dans les auberges de jeunesse et font leur première apparition au cabaret Chez Agnès Capri. Ils se produisent aussi au Théâtre des Quatre-Saisons. Après la Libération, en 1945, ils créent “Les Gueux au Paradis” à la Comédie des Champs-Élysées que reprendront à leur suite Les Frères Jacques. Comme ils portent la barbe durant le spectacle, ils deviennent Les Quatre Barbus. Ils tournent à l’étranger en 47/48, se produisent à la Rose Rouge, aux Trois-Baudets, au Théâtre Mouffetard, Chez Gilles… et enregistrent. En 1949, après plusieurs changements de personnels, Marcel Quinton (présent dès 38), Pierre Jamet (42) et Georges Thibaut (49) complètent définitivement le quatuor. Leur répertoire comprend des chansons anciennes, grivoises, des œuvres modernes de Gilles, Brassens, Vian, Caussimon… Ils excellent dans les parodies sur des airs classiques, souvent écrites par Pierre Dac et Francis Blanche qui feront leur succès : La Pince à linge, La Parti d’en rire, Honneur aux barbus. Durant deux décennies, ils donnent de nombreux récitals en France et à l’étranger, passent à l’ABC, à l’Alhambra, à Bobino, à l’Olympia et plusieurs fois au Théâtre Mouffetard dont plusieurs microsillons conservent le témoignage. Les Quatre Barbus ont publié une trentaine d’albums avant leur séparation en 1969 et ont obtenu cinq prix du Disque.
Même s’ils apparaissent plus traditionnels dans leur apparence que les Frères Jacques, moins scéniques dans la présentation de leurs chansons, leurs grandes qualités vocales et leur humour ravageur (Le Cheval de corbillard) feront néanmoins des Quatre Barbus leurs principaux rivaux. Ils sont aujourd’hui tous décédés.

RENAUD, Line (Jacqueline Enté, née en 1928) interprète et comédienne
Elle débute à Radio-Lille en 1944 sous le nom de Jacqueline Ray avant d’être engagée dans l’orchestre de Raymond Legrand en 45. Elle rencontre alors le guitariste et compositeur Louis “Loulou” Gasté qu’elle épouse deux ans plus tard. Celui-ci lui fournit un catalogue de chansons qui feront son succès : Ma cabane au Canada (Prix Charles-Cros en 49), Le Complet gris, Étoile des neiges, Ma p’tite folie, Où vas-tu Basile ?.. Après de fructueux passages à Bobino en 1948, à l’ABC en 1950, au Moulin Rouge en 1954, elle devient l’une des grandes vedettes de la chanson française dans un genre qui associe le charme et la fantaisie. Elle tourne en Europe et en Afrique. À partir de 1958, au moment où la nouvelle vague yéyé commence à pointer son nez, elle oriente intelligemment sa carrière en devenant meneuse de revues au Casino de Paris avant de poursuivre dans les établissements de Las Vegas. De retour à Paris, elle reste trois ans à l’affiche du Casino de Paris de 1976 à 79. Depuis, Line Renaud a orienté sa carrière vers le théâtre, le cinéma et la télévision.

ROSSI, Tino (Constantin Rossi, 1907-1983) interprète et comédien
Le Corse le plus célèbre après Napoléon a débuté sur les planches de l’Alcazar de Marseille en 1927. Monté à Paris, il chante à la radio et grave ses premiers disques en 1932. Il passe à l’ABC en 34 et, la même année, devient la vedette de la revue “Parade de France” de Vincent Scotto au Casino de Paris (Vieni vieni). Son succès est extraordinaire, tant sur scène que sur disque : 450.000 exemplaires en 34, chiffre considérable pour l’époque. En 1936, il renoue avec le Casino de Paris (“Tout Paris chante”) et l’année suivante part en Amérique. Beaucoup de ses “tubes“ sont composés sur mesure par Scotto : Ô Corse, île d’amour, Marinella du film du même nom, Tchi Tchi, Tant qu’il y aura des étoiles, etc. Mais il s’essaie également avec bonheur sur les grands airs du répertoire classique, et apparaît poussant la romance dans un certain nombre de films populaires. En 1942, il est à l’ABC. Véritable mythe vivant à l’instar de Chevalier, Tino décroche la timbale (ou plutôt la boule du sapin) en 1946 avec l’inaltérable Petit Papa Noël. Dans les années 50 et 60, il triomphe dans des opérettes : “Méditerranée” au Châtelet, “Naples au baiser de feu” à Mogador, “Le Temps des guitares” à l’ABC, “Le Marchand de soleil”, sa dernière production à Mogador. Il passe à l’Olympia en 1963 et effectue, en 1967, une der­nière grande tournée. En 1982, il remonte pour trois mois sur la scène du Casino de Paris.   
Ténor doué d’une voix d’or, caressante et veloutée, qui lui a permis d’assurer une prestigieuse carrière de chanteur de charme, Tino Rossi véhiculait une image de séducteur méditerranéen qui tranchait sur les stéréotypes habituels du genre, tout en évoluant à mille lieues de la nouvelle chanson rythmée initiée par Mireille, Trenet et Sablon.
Voir CD Tino Rossi (FA 5066), L’Amour fou (FA 155), La Mer (FA 197), Vincent Scotto (FA 5009), Paris (FA 5018), Marseille (FA 5022), Guinguettes et Caboulots (FA 5068), Nice Côte d’Azur (FA 5083), La Fête foraine et le Cirque (FA 5124), CMH 33, 34, 36, 39, 40, 41, 42, 43.

SABLON, Jean (1906-1994) auteur, interprète
Fils du compositeur de chansons Adhémar “Charles” Sablon et frère cadet de l’excellente chanteuse Germaine Sablon, il débute à 17 ans aux Bouffes-Parisiens avec Gabin, puis passe au Théâtre du Vieux-Colombier. Il joue dans des opérettes, des revues, des comédies. En 1931, il est au Palace et, après avoir été le partenaire de Mistinguett au Casino de Paris dans “Paris qui brille”, il s’oriente vers le music-hall. C’est alors la rencontre avec Mireille et Jean Nohain qui lui offrent Ce petit chemin. Il est lancé. Il enregistre avec Mireille Quand on est au volant, Le Petit bureau de poste, Fermé jusqu’à lundi, Puisque vous partez en voyage. Il puise également chez Charles et Johnny avec Rendez-vous sous la pluie (accompagné par Django Reinhardt et Stéphane Grappelli) et Vous qui passez sans me voir (Grand Prix du Disque en 37). Il est aux Folies-Bergère en 1934 dans “Femmes en folie” et son succès s’internationalise aux Etats-Unis où il reste de 37 à 39 avec de fréquents passages radio (NBC, CBS) et l’enregistrement de disques pour RCA Victor. De retour en France, il chante Je tire ma révérence et plie à nouveau bagages pour s’embarquer vers les Amériques, Nord et Sud, et y demeure durant tout le conflit mondial et après. Il rentre à Paris en 1946 et se forge un nouveau répertoire, écrivant parfois les paroles (C’est le printemps), parfois la musique (Cigales) d’une chanson. Il passe notamment à l’ABC en 46, à l’Étoile en 50, au Théâtre Daunou en 51, à l’Olympia en 54 peu après la réouverture du célèbre music-hall, et à nouveau à Daunou en 1964. J.C. Averty le met en scène à la télévision en 79 et en 82. Il donne son dernier concert new-yorkais en 1981 et fait ses adieux à Rio deux ans plus tard.   
Souvent accompagné par de grands musiciens de jazz (Django Reinhardt, Stéphane Grappelli, Garland Wilson, etc.) qui appréciaient hautement son “feeling”, Jean Sablon fut le premier chanteur connu pour avoir utilisé le micro (vers 1936)qui lui permettait de nuancer son phrasé et de mettre en valeur, sans la forcer, une voix grave et charmeuse. Très influencé par les manières de chanter américaines, il fut en quelque sorte le premier crooner français. Ayant beaucoup enregistré en anglais, Jean Sablon demeure, après Maurice Chevalier, le chanteur français le plus connu aux Etats-Unis.
Voir CD Jean Sablon (FA 062 & 5034), Mireille (FA 043), Chansons pour Enfants (FA 045), Intégrale Django Reinhardt 1, 2, 3, 4, 8 (FA 301, 302, 303, 304, 308), Marseille (FA 5022), CMH 29, 31, 32, 33.

SALVADOR, Henri (né en 1917) auteur, compositeur, interprète
Né en Guyane française, Henri Salvador arrive à Paris en 1924. Il découvre le jazz, commence à composer à la guitare en 1934 et joue en duo avec son frère André. En 1935, il chante et joue régulièrement en orchestre au Jimmy’s Bar. Survient la guerre. Alors qu’il est à Nice avec l’orchestre de Bernard Hilda, il rejoint Ray Ventura en 1941 et embarque pour le Brésil. Il “explose” tellement au milieu des Collégiens qu’il poursuit seul l’aventure sud-américaine jusqu’en 1945. De retour, il part à la conquête du public français (passages à Bobino, à l’ABC, aux Trois-Baudets, etc.) puis européen et devient bientôt une véritable vedette internationale. Ray Ventura l’invite à enregistrer, à jouer dans ses films “Mademoiselle s’amuse” et “Nous irons à Paris”, et il fait ses premiers disques sous son nom en 1948 : Clopin clopant, Maladie d’amour, Parce que ça me donne du courage (Grand Prix du Disque), puis en 49/50 Ma Doudou, Saint-Germain des Prés et Le Scaphandrier de Ferré, Le Loup, la biche et le chevalier… Il écrit avec Boris Vian et enregistre sous le nom d’Henri Cording les premiers rock ‘n’ rolls français en 1956, dans un genre burlesque (Rock and roll mops), et, avec le même et le soutien du grand orchestre de Quincy Jones, Faut rigoler et le fameux Blues du dentiste en 58. Avec sa bouille constamment rigolarde (Avec la bouche), il aligne durant des années une série de “scies” (Minnie petite souris, Ma pipe, Zorro est arrivé, Le Travail c’est la santé, Juanita Banana…) qui se répandent dans tous les milieux et occultent un peu les autres facettes de son talent, le musicien et le crooner qui interprète avec sensibilité des “chansons douces” comme Le Lion est mort ce soir (du Sud-Africain Solomon Linda) et Le Petit indien, ou poétiques comme Cherche la rose ou Syracuse cosigné avec Bernard Dimey.   
Animateur de radio et de télévision, créateur des premiers véritables “clips” dans lesquels il chante toutes les voix, affublé d’invraisemblables costumes masculins et féminins, Henri Salvador déclenche l’hilarité rien qu’avec son propre rire. Il effectue ensuite une car­rière régulièrement ponctuée de passages dans les grands music-halls (Olympia, Zénith, Casino de Paris) avant d’effectuer un come-back retentissant avec Dans mon jardin d’hiver tiré de l’album “Chambre avec vue”. Comme cet éternel jeune homme, toujours aussi svelte sur scène à 85 ans passés, ses chansons n’ont pas pris une ride.
Voir CD Intégrale Henri Salvador Vol. 1 & Vol. 2 (FA 186 & 5010).

SAUVAGE, Catherine (Janine Saunier, 1929-1998) interprète
Elle apparaît après-guerre dans les meilleurs cabarets et lance Grand Papa laboureur au Bœuf sur le Toit en 1948. Comédienne dans l’âme, chanteuse à la diction mordante et précise, elle défend un répertoire de qualité, puisant dès le début chez Léo Ferré (Paris canaille, Le Piano du pauvre, Jolie môme et L’Homme, Grand Prix de l’Académie Charles-Cros en 1954). C’est aussi une grande interprète de poètes (non musiciens) : Aragon, Pierre Seghers, Philippe Soupault, Maurice Fombeure, Mac Orlan, Raymond Queneau, Audiberti (Gallito), Marie Noël (Et je cousais), etc. Elle chante aussi les airs de Kurt Weill et Bertolt Brecht, ainsi que Gainsbourg et Gilles Vigneault qu’elle fait connaître dès 1965 (Quand vous mourrez de nos amours). Catherine Sauvage se fait entendre au cabaret, au music-hall, en disque et mène parallèlement une carrière au théâtre (elle a été mariée avec Pierre Brasseur). Elle obtient le Grand Prix du Disque en 1961.   
Avec un registre large mais typé et personnalisé, Catherine Sauvage alterne la gouaille ironique, l’émotion et la confidence, la légèreté et la révolte, le rythme et la nostalgie. Demeurée hors des grandes salles qu’elle n’arrivait pas à étreindre (malgré des passages à l’Olympia, Bobino, la Gaîté-Montparnasse, le Théâtre de la Ville), son métier accompli ne triomphait qu’en des lieux où l’on pouvait bénéficier de sa générosité : les Trois-Mailletz, l’Arlequin, le Quod Libet, la Villa d’Este, les Trois-Baudets. Profondément musicienne, elle lisait et transposait pour elle-même les partitions et ne craignait pas l’affrontement avec ses pianistes : Michel Legrand, Jacques Loussier ou Darry Cowl.
Voir CD Jacques Prévert (RF 3001).

SOLIDOR, Suzy (Suzanne Rocher, 1900-1983) auteur, interprète
Née à Saint-Malo, devenue une personnalité parisienne dont le corps a inspiré de nombreux peintres, Suzy Solidor était connue avant même de chanter et avait ouvert son propre cabaret, La Vie parisienne, dès 1933. Bien qu’elle ait effectué ses premiers pas sur scène en 1922 au Casino de Deauville, elle débute vraiment dans le métier en 1934 à l’Européen où elle chante Les Filles de Saint-Malo. Elle est à Bobino en 1936, joue dans “L’Opéra de Quat’ sous” au Théâtre de l’Étoile en 37, passe à l’ABC en 38 et sa longue silhouette apparaît dans plusieurs films dont “La Garçonne” en 1935. Elle écrit un roman et quelques chansons (J’écrirai, Dans un port) et, pendant la guerre, popularise la version française de Lily Marlène. Animatrice de cabarets (Le Club de l’Opéra, Chez Suzy Solidor), elle s’est retirée à Cagnes-sur-Mer en 1960, ouvrant un dernier établissement où elle chante jusqu’en 1967.   
Chanteuse à la fois populaire et aristocratique, elle interprétait avec une voix grave, ambiguë et voilée d’un certain mystère – “une voix qui part du sexe“ disait Jean Cocteau – la mer et les marins, l’aventure et les ports qui invitent à prendre le large (Escale, Johnny Palmer, La Danseuse est créole), d’où son surnom de “Madone des matelots”.
Voir CD Suzy Solidor (FA 5111), Jean Cocteau (FA 064), L’Amour Fou (fa 155).

SYLVA, Berthe (Berthe Faquet, 1885-1941) interprète
Née à Saint-Brieuc, Berthe Sylva monte sur les planches vers 1910 dans un petit music-hall de Saumur, puis à Angers avant de gagner la capitale vers 1914. Elle figure au programme de modestes caf’ conc’ comme le Casino de Montmartre, le Kursaal ou le Concert du XXe siècle. On l’entend également à Marseille.
L’accordéoniste Léon Raiter (le futur compositeur de ses grands succès Les Roses blanches et On n’a pas tous les jours vingt ans), la découvre au Caveau de la République en 1928 ; elle vient d’enregistrer ses premiers disques. Il la fait passer à Radio-Tour Eiffel et le succès est immédiat. Les émissions à la TSF se succèdent de même que les enregistrements pour Odéon : plus d’une centaine de 78 tours édités en dix ans. Berthe Sylva effectue des tournées en province, souvent avec son ami Fred Gouin, mais comme lui n’apparaît quasiment jamais sur une grande scène parisienne. Elle avait pourtant gagné le public de l’Alcazar de Marseille en 1935 ou en 37 et c’est dans la cité phocéenne qu’elle s’éteindra, dans la misère qu’elle avait si souvent chantée et dénoncée sans révolte ni revendication.   
Son immense répertoire, souvent mélo et faisant appel aux bons sentiments, était fait pour mettre la larme à l’œil d’un public populaire réceptif : Cœur de voyou, Le Raccommodeur de faïence, Mon vieux Pataud, Le P’tit Boscot, Le Tango des fauvettes, Fleur de misère, La Voix de maman et le “noir” Du gris, déjà chanté par Fréhel, Emma Liebel et Germaine Béria, dont elle a fait la version référence.
Voir CD Berthe Sylva (FA 5037), L’Argent (FA 174), Paris (FA 5018), Nice Côte d’Azur (FA 5083).

TRANCHANT, Jean (1904-1972) auteur, compositeur, interprète
À l’origine décorateur, affichiste, portraitiste, il rencontre Lucienne Boyer qui crée sa première chanson, La Barque d’Yves en 1930 ; suivent Les Prénoms effacés. Il chante d’abord en duo : Bill et Jim, et écrit pour Lys Gauty, Marianne Oswald, Fréhel, Pola Negri, Marlène Dietrich, Florelle, sa propre femme Nane Cholet et, pour Germaine et Jean Sablon Ici l’on pèche qu’il enregistre lui-même en 1934. L’année suivante, alors qu’il n’a encore jamais chanté en public, Jean Tranchant donne un récital Salle Pleyel. À partir de ce moment, il compose et interprète une série de succès : La Ballade du cordonnier, Les Jardins nous attendent, Le Petit hôtel, et enregistre avec les meilleurs orchestres et musiciens dont Django Reinhardt et Stéphane Grappelli. Il présente aux Ambassadeurs l’émission “Le Music-hall des jeunes” et, pendant la guerre, joue son opérette “Feu du ciel” avec Elvire Popesco au Théâtre Pigalle. Après la Libération, il s’exile en Amérique du Sud où il restera dix-huit ans : il peint, écrit, compose, dirige un cabaret, chante à la radio et à la télévision. Un album, en 1962, précède son retour en France un an plus tard. Mais s’il reparaît exceptionnellement sur scène à Cannes, il se consacre surtout à la peinture.   
Jean Tranchant est l’un des artistes qui, au début des années 30, ont contribué au renouveau de la chanson française. Ses œuvres, qui possèdent un charme élégant et poétique, voire coquin (Le Roi Marc, Mademoiselle Adeline) marient la tradition avec l’apport des rythmes du jazz (Il existe encore des bergères, Voulez-vous danser madame ?, J’aime tes grands yeux, un succès de Lys Gauty). Hélas, esclave de son physique qui en faisait un chanteur de charme comme il l’a reconnu lui-même, il confia à ses interprètes, en général féminines, la fraction la plus âpre de son répertoire.
Voir CD Le Front Populaire (FA 049), Intégrale Django Reinhardt 4 & 5 (FA 304 & 305), CMH 34, 38, 41, 42.

TRENET, Charles (1913-2001) auteur, compositeur, interprète
Né à Narbonne et monté à Paris en 1930, il s’inscrit d’abord aux Arts-Déco puis commence à écrire des chansons (Fleur bleue, La Polka du roi). Il rencontre Johnny Hess avec lequel il forme le duo Charles & Johnny qui s’arrête lorsque Charles part au service militaire. Sous les drapeaux, il écrit Y’ a d’ la  joie, chanson créée par Maurice Chevalier qui présente son auteur au public du Casino de Paris. Trenet alors se lance seul dans la chanson et, programmé en première partie de Lys Gauty à l’ABC en 1937, fait un tabac. Il enregistre Je chante, Boum ! qui obtient le Grand Prix du Disque en 38, Vous oubliez votre cheval et autres airs qui symbolisent la jeunesse, le rythme et la vitalité en cette courte période qui va du Front populaire à la guerre. Il tourne un premier film, “La Route enchantée” en 1938 et, en 40, il est aux Folies-Bergère dans “Folies d’un soir”. Sa carrière prend une dimension internationale, surtout après La Mer (1946) qui, chantée dans toutes les langues, devient un inaltérable succès mondial. À partir du début des années 50, Trenet s’oriente plus délibérément vers une poésie nostalgique et mélancolique : L’Âme des poètes, Nationale 7, Moi j’aime le music-hall, Le Jardin extraordinaire… sans rien renier de son éternelle jeunesse. Ses apparitions scéniques sont toujours un événement : Étoile en 1952, 61, Olympia en 54, 56, 70, 71 (avec Fidèle), 73, 74, 75 (les “adieux” !), Alhambra en 58, Bobino en 66, 73, Théâtre de la Ville en 69, Châtelet en 88... En 1987, invité du Printemps de Bourges, il enchante et stupéfie la jeune génération. En 1993, il foule la scène de l’Opéra Bastille pour ses 80 ans avant de donner une dernière série de récitals au Palais des Congrès en 98, pour finir à la Salle Pleyel en 99.   
Grâce à un sens mélodique peu commun (La Romance de Paris, Que reste-t-il de nos amour ?, Douce France) et une verve d’écriture parfois proche du surréalisme, Charles Trenet, qui avait rencontré Max Jacob à ses débuts, joue avec les mots et les situations souvent loufoques ou cocasses. Il distille des images fraîches, simples, colorées et aériennes qui rebondissent sur un rythme sans équivalent parmi les chanteurs de son époque. Le “fou chantant“ restera l’un des plus important chanteurs de l’Histoire.
Voir CD Charles Trenet (FA 5013) ou Intégrale 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 (FA 081, 082, 083, 084, 085, 086, 087).

ULMER, Georges (1919-1989) auteur, compositeur, interprète
Danois, il passe son adolescence à Majorque et arrive en France en 1938. Il exerce divers métiers avant d’être engagé par Fred Adison à Nice (Marie en 1942). En mai 44, il est à Paris à l’ABC et, en en pleine Libération, les Français sont sensibles à son faux accent américain qui pimente les antennes radiophoniques : Quand allons-nous nous marier ?, Bing, Ma voiture contre une Jeep. Il passe à Bobino en 45, popularise J’ai bu de Roche et Aznavour, et Un monsieur attendait. Mais c’est Pigalle, en 1946, qui triomphe aussi bien en France que hors des frontières. Georges Ulmer se produit alors dans tous les grands music-halls de France ainsi qu’en Amérique. Sa carrière se poursuit ensuite avec des hauts (Alhambra en 57) et des bas, le chanteur faisant les beaux soirs du cabaret La Belle Époque dans les années 70.
Voir CD Paris (FA 5018), La Fête foraine et le Cirque (FA 5124).

VAUCAIRE, Cora (Geneviève Collin, née en 1918) interprète
D’abord comédienne, elle chante Chez Agnès Capri et gagne un concours à l’ABC en 1941. Elle devient Cora Vaucaire avant même son mariage, en 1942, avec le parolier Michel Vaucaire qui lui écrira de nombreuses chansons dont Frédé, en souvenir du vieux et pittoresque patron du Lapin Agile. En 1946, elle passe à l’Échelle de Jacob où elle crée Les Feuilles mortes, de Prévert et Kosma. Surnommée “La Dame blanche de Saint-Germain-des-Prés”, elle devient l’une des pensionnaires fidèles du cabaret L’Écluse, interprétant avec un égal bonheur des chansons anciennes (Complainte du roi Renaud, Le Temps des cerises, Rose Blanche de Bruant) que contemporaines (Dis, quand reviendras-tu ? de la jeune Barbara). Elle chante aussi La Complainte de la Butte, écrite par Jean Renoir pour son film “French Cancan” et obtient, en 1953, le premier de ses trois Grands Prix de l’Académie Charles-Cros. En 1956, elle anime le cabaret La Tomate, instituant le programme des “chansons à la carte”. Elle se produit Chez Gilles, à Bobino, à l’ABC, à l’Alhambra, au Théâtre Montparnasse, au Théâtre de la Ville en 73 et effectue des tournées au Japon et au Canada.   
Interprète de premier plan, fine et sensible, Cora Vaucaire défend un répertoire éclectique qui se distingue avant tout par sa qualité littéraire et musicale. Dans la tradition des meilleures diseuses, elle n’a pas son pareil pour détailler et faire ressortir, avec une grande justesse, toutes les nuances d’un texte et d’une mélodie.
Voir CD Jacques Prévert (RF 3001).

VENTURA, Ray & ses Collégiens (Raymond Ventura, 1908-1979) chef d’orchestre   
Alors qu’il essuie ses fonds de culotte sur les bancs du lycée Janson de Sailly, Raymond Ventura monte avec quelques copains, dont Coco Aslan, un petit orchestre de jazz amateur, The Collegians, qui se fait embaucher au Casino de Deauville et obtient quelques passages à la TSF. En 1928, il enregistre son premier disque et en 1929, assure les soirées dansantes du trajet Paris-New York à bord du paquebot Ile-de-France, retour sur le Paris. Jusqu’alors spécialisé dans le jazz et la danse avec refrains chantés en anglais, l’orchestre opère une évolution décisive avec l’arrivée du pianiste, chanteur et compositeur Paul Misraki qui, à partir de Fantastique, devient le principal fournisseur du répertoire des Collégiens, comme ils s’appellent désormais. Ils passent à la Salle Gaveau en 1931, à l’Empire la même année et en 32, à Bobino et obtiennent un grand succès à Londres. En 1933, ils sont au Casino de Paris dans la revue “Vive Paris” avec Cécile Sorel, et tournent à travers l’Europe. À partir de Tout va très bien (Madame la Marquise), qui, en 1935/6, obtient le Grand Prix Candide, devient et demeure un tube immortel, ils sont les chefs de file des orchestres à sketches qui mettent en scène plusieurs musiciens-chanteurs, ouvrant la voie à Fred Adison, Raymond Legrand, Jo Bouillon et autres Jacques Hélian. On peut même dire qu’ils ont porté le genre à la perfection avec les interprétations les plus drôles : Ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine, Les Chemises de l’archiduchesse, Toc toc partout, Comme tout le monde. En 1937, les Collégiens sont au Moulin Rouge, en 38  et 39, ils tournent deux films à grand succès : “Feux de joie” et “Tourbillon de Paris”.  En 1941, les Collégiens, emmenant dans leurs bagages Henri Salvador, doivent se replier en Amérique du Sud où ils resteront pendant l’Occupation. À leur retour en 1945, ils passent à la Salle Pleyel avec Salvador. Mais le personnel a subi des changements et, malgré l’apport de nouveaux rythmes plus “exotiques“ ramenés de leur séjour sud-américain, leur style appartient à une période désormais révolue. L’orchestre est dissous en 1947 mais les Collégiens se retrouvent encore sur les écrans avec “Mademoiselle s’amuse”, “Nous irons à Paris”, “Nous irons à Monte-Carlo” d’où proviennent de nouveaux succès comme Maria de Bahia et À la mi-août. Puis  Ray Ventura se reconvertit dans l’édition musicale, ce qui ne l’empêche pas de réunir à l’occasion un orchestre pour l’enregistrement d’un disque en 1971. Ray Ventura était l’oncle de Sacha Distel.
Voir CD Ray Ventura (FA 5005), Jazz Dance Music (FA 037), Chansons pour Enfants (FA 045), Le Front Populaire (FA 049), Intégrale Charles Trenet 2 & 4 (FA 082 & 084), L’Amour fou (FA 155), Intégrale Henri Salvador Vol. 1 & 2 (FA 186 & 5010), Intégrale Django Reinhardt 7 (FA 307), Vincent Scotto (FA 5009), Johnny Hess (FA 5054), Amour, Bananes et Ananas (FA 5079), CMH 29, 33, 35, 39, 40.

ZANINI, Marcel (Marcel Zannini, né en 1923)    
musicien et interprète
Né à Marseille, il commence à jouer de la clarinette pendant la guerre puis, mobilisé à la Libération, est incorporé dans la musique. De retour à Marseille en 1946, il adopte également le saxophone ténor et joue au Shaker. Devenu musicien professionnel, il fait les saisons à La Ciotat l’été, à l’Alpe d’Huez et à Megève l’hiver, jouant pour la danse tout en privilégiant le jazz. Il constitue son propre orchestre en 1950 pour animer les soirées du Saint-James. En 1954, il part pour New York où, pendant quatre ans, il va jouer régulièrement et rencontrer les plus grands musiciens de l’époque : Coleman Hawkins, Charlie Parker, John Coltrane et tant d’autres. Rentré à Marseille en 58, il remonte un orchestre avec lequel il anime de nombreuses croisières, tourne avec Henri Salvador et commence à chanter. Il réalise son premier disque pour Barclay en 1962 mais ce n’est qu’en 69 qu’il se décide de monter à Paris et qu’il enregistre Tu veux, tu veux pas qui devient un tube du jour au lendemain. Grâce à de nombreux passages à la radio et à la télévision, le public découvre le personnage sous son petit chapeau et derrière ses moustaches et ses lunettes rondes. Il poursuit depuis une carrière de jazzman et de fantaisiste, enregistrant de nombreux disques dans l’une ou l’autre direction, et anime toujours son orchestre qui fait les belles soirées du Petit Journal.
& Voir CD Marcel Zanini “Peu de Choses“ (FA 456) & “Rive Gauche“ (FA 5082).


Discographie

Disque 1
0(1) Fred Adison et son Orchestre, refrain chanté par Charles et Johnny. 1936
0(2) Henri Alibert et Gaby Sims, acc. par Le Jazz Marseillais, dir. Georges Sellers. 1935
0(3) Andrex, acc. orch. dir. Pierre Chagon. 1942
0(4) Arletty, acc. orch. dir. Raoul Moretti. 1934
0(5) Jeanne Aubert, acc. orch. dir. Marcel Cariven. 1935
0(6) Charles Aznavour, acc. Robert Valentino et ses Rythmes. 1954
0(7) Bach, acc. orch. dir. André Cadou. 1929
0(8) Joséphine Baker et Adrien Lamy, et le Mélodic-Jazz du Casino de Paris, dir. Edmond Mahieux. 1930
0(9) André Baugé, acc. orch. dir. G. Andolfi. 1934
(10) Gilbert Bécaud, acc. par Fred Ermelin et son Orchestre. 1953
(11) Bérard, acc. d’orchestre. 1931
(12) Théodore Botrel, acc. piano, violon, hautbois. 1923
(13) Bourvil, acc. orch. dir. Marius Coste. 1949
(14) Lucienne Boyer et l’orch. Iza Volpin. 1932
(15) Georges Brassens, à la contrebasse Pierre Nicolas. 1952
(16) Jacques Brel, acc. orch. André Grassi. 1954
(17) Aristide Bruant, avec orchestre. 1912
(18) Eugénie Buffet, acc. piano G. Chaumette, accordéon Jane Lacroix et chœurs. 1933
(19) Reda Caire, acc. orch. dir. Raymond Legrand. 1937
(20) Jean-Roger Caussimon et Renée Jan, acc. Ray­mond Legrand et son Orchestre. 1951
(21) Elyane Célys, acc. orch. dir. Marcel Cariven. 1935
(22) Maurice Chevalier, acc. orch. dir. Roger Désor­mière. 1936
(23) André Claveau, acc. orch. dir. Pierre Chagnon, Alec Siniavine au piano. 1942
(24) Philippe Clay, acc. orch. Michel Legrand. 1954
(25) Les Compagnons de la Chanson, soliste : Fred Mella, dir. Jean-Louis Jaubert, acc. de guitare. 1949

Disque 2
0(1) Eddie Constantine, acc. orch. dir. Herman Garst. 1954
0(2) Annie Cordy, acc. orch. dir. Raymond Legrand. 1953
0(3) Damia, acc. orch. dir. Pierre Chagnon. 1935
0(4) Jean-Claude Darnal, acc. Michel Legrand et son orchestre. 1954
0(5) Danielle Darrieux, acc. Raymond Legrand et son orch. de la Radiodiffusion Nationale. 1940
0(6) André Dassary, acc. orch. dir. Marcel Cariven. 1945
0(7) Suzy Delair, acc. orch. Raymond Legrand. 1947
0(8) Lucienne Delyle, acc. orch. dir. Marcel Cariven. 1939
0(9) Jacques Douai, acc. de guitares Jacques Douai et Jacques Liebrard. 1950
(10) Dranem, acc. orch. dir. André Cadou. 1929
(11) Marie Dubas, acc. orch. dir. Adolphe Deprince. 1936
(12) Pierre Dudan, acc. orch. dir. Jacques-Henri Rys. 1948
(13) Éliane Embrun, acc. orch. dir. Jacques Météhen. 1949
(14) Fernandel, acc. orch., dir. Pierre Chagnon. 1936
(15) Léo Ferré, acc. orch. dir. Jean Faustin. 1953
(16) Florelle, acc. Wal-Berg et son orchestre. 1934
(17) Fortugé, acc. d’orchestre. 1923
(18) Fragson, accompagnement de piano. 1912
(19) Jacqueline François, acc. orch. dir. Paul Durand. 1948
(20) Fréhel, acc. orch. dir. Pierre Chagnon. 1937
(21) Les Frères Jacques, arr. et piano Pierre Philippe. 1953
(22) Jean Gabin, acc. orch. musette Carrara. 1934
(23) Henri Garat, acc. orch. dir. Paul Godwin. 1931
(24) Lys Gauty, acc. orch., dir. Pierre Chagnon. 1933
(25) Yvonne George, au piano Pleyel Georges Van Parys. 1928

Disque 3
0(1) Georgel, acc. orch. dir. Armand Bernard. 1930
0(2) Georgius, acc. Jo Bouillon et son orch. du Casino de Paris. 1936
0(3) Gilles et Julien, Duettistes s’accompagnant au piano Pleyel. 1935
0(4) Fred Gouin, acc. orch. dir. André Cadou. 1928
0(5) Juliette Gréco, acc. orch. dir. Pierre Arimi. 1950
0(6) Georges Guétary, acc. orch. dir. Guy Luypaerts. 1946
0(7) Yvette Guilbert, acc. piano Irène Aïtoff. 1934
0(8) Jacques Hélian et son orchestre, avec les chœurs. 1948
0(9) Johnny Hess, acc. orch. dir. Jacques Météhen. 1942
(10) Zizi Jeanmaire, orch. dir. Paul Bonneau. 1951
(11) Rina Ketty, acc. orch. dir. Marcel Cariven. 1938
(12) Renée Lebas, acc. orch. Jo Boyer et le Trio Emil Stern. 1951
(13) Félix Leclerc “Le Canadien” et sa guitare. 1950
(14) Irène de Trébert avec l’Orchestre de Raymond Legrand. 1942
(15) Esther Lekain, acc. orch. dir. Albert Valsien. 1931
(16) Francis Lemarque, acc. orch. dir. Emil Stern. 1950
(17) Jean Lumière, acc. orch. Albert Valsien.1932
(18) Luis Mariano, acc. orch. Jacques-Henri Rys. 1946
(19) Marie-José, acc. orch. dir. Félix Chardon. 1942
(20) Léo Marjane, acc. orch. dir. Wal-Berg. 1937
(21) Mayol, avec acc. d’orch. 1921
(22) Georges Milton, acc. orch. dir. Pierre Chagnon. 1928
(23) Mireille, s’accompagnant au piano Pleyel, avec Chœurs. 1933
(24) Mistinguett, acc. orch. dir. Pierre Chagnon. 1933
(25) Yves Montand, Bob Castella et ses Rythmes, guitare Henri Crolla. 1951

Disque 4
0(1) Germaine Montero, avec Phillipe-Gérard, piano, Henri Crolla, guitare, et accordéon. 1952
0(2) Mouloudji, acc. orch. dir. Michel Legrand. 1953
0(3) Noël-Noël, s’accompagnant au piano. 1937
0(4) Marianne Oswald, acc. Wal-Berg et son orchestre. 1935
0(5) Ouvrard, acc orch. 1934
0(6) Patachou, acc. orch. Léo Clarens. 1953
0(7) Édith Piaf, acc. orch. dir. Guy Luypaerts. 1947
0(8) Pills et Tabet, s’accompagnant au piano Pleyel. 1932
0(9) Polin, avec orch. 1905 (cylindre Pathé-Céleste)
(10) Albert Préjean, acc. Lewis Ruth Band, dir. Theo Mackeben. 1930
(11) Yvonne Printemps, acc. orch. dir. Marcel Cariven. 1937
(12) Les Quatre Barbus de la radio. 1948
(13) Line Renaud, acc. orch. dir. Marius Coste. 1948
(14) Tino Rossi, acc. orch. dir. Louis Wyns. 1936
(15) Jean Sablon, acc. orch. dir. Wal-Berg. 1939
(16) Henri Salvador et sa guitare. 1948
(17) Catherine Sauvage, acc. orch. dir. Michel Legrand. 1953
(18) Suzy Solidor, acc. orch. dir. Georges Briez. 1938
(19) Berthe Sylva, acc. orch. dir. Albert Valsien. 1931
(20) Jean Tranchant, acc. par le Jazz du Poste Parisien, dir. Lucien Moraweck. 1934
(21) Charles Trenet et son Quartette, ondioline Benny Vasseur.  1951
(22) Georges Ulmer, acc. orch. dir. Marius Coste. 1946
(23) Cora Vaucaire, acc. piano Robert Valentino. 1953
(24) Ray Ventura et ses Collégiens. 1938
(25) Marcel Zanini, et son orchestre. 2002







EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 TOUT EST AU DUC - ADISON03'12
02 LE PLUS BEAU TANGO DU MONDE - ALIBERT03'12
03 BEBERT - ANDREX02'41
04 LA FEMME EST FAITE POUR L HOMME - ARLETTY03'07
05 C EST UNE PETITE ETOILE - AUBERT03'21
06 VIENS PLEURER AU CREUX DE MON EPAULE - AZNAVOUR03'14
07 AVEC L AMI BIDASSE - BACH02'51
08 J AI DEUX AMOURS - BAKER03'12
09 PARTIR C EST MOURIR UN PEU - BAUGE03'23
10 QUAND TU DANSES - BECAUD02'38
11 LE TRAIN FATAL - BERARD DE L ELDORADO03'13
12 LA PAIMPOLAISE - BOTREL03'08
13 LA TACTIQUE DU GENDARME - BOURVIL03'02
14 SI PETITE - BOYER03'00
15 LA CHASSE AUX PAPILLONS - BRASSENS02'03
16 IL PLEUT (LES CARREAUX) - BREL02'35
17 NINI PEAU D CHIEN - BRUANT02'54
18 LA SERENADE DU PAVE - BUFFET03'11
19 LE PLUS BEAU REFRAIN - CAIRE02'28
20 BARBARIE BARBARA - CAUSSIMON02'51
21 PIROULIROULI - CELIS03'14
22 LE CHAPEAU DE ZOZO - CHEVALIER02'37
23 TOUT EN FLANANT - CLAVEAU03'00
24 LE NOYE ASSASSINE - CLAY01'59
25 MES JEUNES ANNEES - COMPAGNONS DE LA CHANSON03'17
CD 2
01 L ENFANT DE LA BALLE - CONSTANTINE02'25
02 FLEUR DE PAPILLON - CORDY02'52
03 LA MAUVAISE PRIERE - DAMIA03'37
04 LE SOUDARD - DARNAL02'47
05 UNE CHARADE - DARRIEUX03'03
06 RAMUNTCHO - DASSARY03'19
07 AVEC SON TRA LA LA - DELAIR02'35
08 SUR LES QUAIS DU VIEUX PARIS - DELYLE03'20
09 FILE LA LAINE - DOUAI02'28
10 JE SUIS RESTE GAMIN - DRANEM02'45
11 LE TANGO STUPEFIANT - DUBAS02'45
12 CLOPIN CLOPANT - DUDAN03'04
13 SI J ETAIS UNE CIGARETTE - EMBRUN03'06
14 IGNACE - FERNANDEL02'06
15 LE PONT MIRABEAU - FERRE02'57
16 LE ROI D AQUITAINE - FLORELLE02'46
17 C EST JEUNE ET CA NE SAIT PAS - FORTUGE03'06
18 JE CONNAIS UNE BLONDE - FRAGSON03'10
19 MADEMOISELLE DE PARIS - FRANCOIS03'03
20 OU EST IL DONC - FREHEL03'12
21 A LA SAINT MEDARD - FRERES JACQUES02'56
22 AVEC MA P TITE GUEULE - GABIN03'12
23 EN PARLANT UN PEU DE PARIS - GARAT02'59
25 J AI PAS SU Y FAIRE - GEORGE02'49
CD 3
01 SOUS LES PONTS DE PARIS - GEORGEL03'10
02 AU LYCEE PAPILLON - GEORGIUS03'19
03 FAUT BIEN QU ON VIVE - GILLES ET JULIEN02'51
04 RAMONA - GOUIN02'51
05 SI TU T IMAGINES - GRECO03'12
06 LE P TIT BAL DU SAMEDI SOIR - GUETARY03'04
07 MADAME ARTHUR - GUILBERT03'43
08 LA SAMBA BRESILIENNE - HELIAN02'38
09 ILS SONT ZAZOUS - HESS03'20
10 LA CROQUEUSE DE DIAMANTS - JEANMAIRE02'32
11 SOMBREROS ET MANTILLES - KETTY03'03
12 TIRE TIRE L AIGUILLE (LAI LAI LAI) - LEBAS02'58
13 LE PETIT BONHEUR - LECLERC02'51
14 MADEMOISELLE SWING - LEGRAND03'13
15 AH SI VOUS VOULEZ DE L AMOUR - LEKAIN02'24
16 BAL PETIT BAL - LEMARQUE02'54
17 FERMONS NOS RIDEAUX - LUMIERE02'32
18 LA BELLE DE CADIX - MARIANO02'33
19 LE BAR DE L ESCADRILLE - MARIE-JOSE03'19
20 LA CHAPELLE AU CLAIR DE LUNE - MARJANE03'13
21 ELLE VENDAIT DES PETITS GATEAUX - MAYOL02'32
22 ON SE FAIT POUET POUET - MILTON01'57
23 CE PETIT CHEMIN - MIREILLE02'46
24 C EST VRAI - MISTINGUETT02'48
25 GRANDS BOULEVARDS - MONTAND02'29
CD 4
01 LA FILLE DE LONDRES - MONTERO03'16
02 UN JOUR TU VERRAS - MOULOUDJI03'28
03 LA NUIT D AMOUR - NOEL-NOEL03'17
04 MES SOEURS N AIMEZ PAS LES MARINS - OSWALD03'12
05 JE N SUIS PAS BIEN PORTANT - OUVRARD03'14
06 LE BRICOLEUR - PATACHOU02'18
07 LA VIE EN ROSE - PIAF03'06
08 LE VIEUX CHATEAU - PILLS02'41
09 LA BOITEUSE DU REGIMENT - POLIN03'10
10 SOUS LES TOITS DE PARIS - PREJEAN03'15
11 C EST LA SAISON D AMOUR - PRINTEMPS03'17
12 ADELE - QUATRE BARBUS02'36
13 MA CABANE AU CANADA - RENAUD02'52
14 MARINELLA - ROSSI03'09
15 JE TIRE MA REVERENCE (DITES LUI QUE JE L AIME) - SABLON03'03
16 MALADIE D AMOUR - SALVADOR01'50
17 PARIS CANAILLE - SAUVAGE03'25
18 ESCALE - SOLIDOR02'51
19 DU GRIS - SYLVA03'03
20 ICI L ON PECHE - TRANCHANT02'58
21 L AME DES POETES - TRENET02'42
22 PIGALLE - ULMER02'58
23 LES FEUILLES MORTES - VAUCAIRE02'23
24 QU EST CE QU ON ATTEND (POUR ETRE HEUREUX) - VENTURA03'08
25 SOUVENIR QUE ME VEUX TU - ZANINI03'17
"50 ans de succès populaires !" par L'Homme moderne

"J'ai deux amours, mon pays et Paris, Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?, La taca taca catique du gendarme... Retrouvez ces chansons éternelles sur ce Petit Dictionnaire de la Chanson française, une compilation de quatre CDs qui réunit, par ordre alphabétique, les 100 artistes essentiels de la première moitié du XXè siècle. Complète, tous les genres sont représentés : chanteurs à voix, comiques troupiers, interprètes de romances, meneuses de revue, acteurs-chanteurs, chansonniers, aucun ne manque ! Laissez-vous entraîner par les mélodies joyeuses du "fou chantant" Charles Trenet, de la Chanson douce d'Henri Salvador, sans oublier les plus grands succès de Charles Aznavour, Gilbert Bécaud, Jacques Brel, Yves Montand ou encore Edith Piaf ! 5 heures au rythme de refrains inoubliables et les souvenirs vont ressurgir comme l'envie de chanter ! Les 2 doubles CDs sont présentés dans un coffret avec un livret de 80 pages contenant les biographies de tous les artistes. Une belle idée de cadeau pour les amoureux de la chanson française." Marie-Ange Alvarez (L'Homme moderne)




« Une sélection doublée d’une dose de pédagogie » par Phonoscopie

Nous sommes tous d’accord : La connaissance du patrimoine nécessite, surtout pour les plus jeunes, une sélection doublée d’une dose de pédagogie. Rien à dire sur les 100 interprètes retenus qui résument bien la chanson de la première moitié du XXe siècle (1912 à 1954). Mais pourquoi a-t-on fait l’impasse sur Yvette Giraud et Patrice et Mario ? Copieux livret de 80 pages. PHONOSCOPIE




« Esta colección es un verdadero hallazgo en el mundo discográfico » par Tango Reporter

Nada mejor que esta caja con cuatro CDs para disfrutar de un panorama de la etapa de oro de música popular francesa desde 1905 hasta 1955. En un esfuerzo discográfico sin precedente fueron incorporados y ordenados alfabéticamente cien de los màs populares intérpretes en cantando cine canciones que fueron verdaderos éxitos en sus voces y en su momento. Así, desfilan entre otros, Charles Aznavour (Viens pleurer au creux de mon épaule), Gilbert Becaus (Quand tu danses), Jacqueline François (Mademoiselle de Paris), Yves Montand (Grands boulevards), Edith Piaf (La vie en rose), Jean Sablon (Je tire ma révérence), Catherine Sauvage (Paris canaille), Charles Trenet (L’âme des poètes), George Ulmer (Pigalle), Ray Ventura (Qu’est-ce qu’on attend), etc.. La caja con los cuatro compactos viene acompañada de un libreto de 80 páginas en las que se encuentran ordenadas las biografías de los cien intérpretes de las caciones incluidas. Esta colección es un verdadero hallazgo en el mundo discográfico.   
TANGO REPORTER




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