MICHEL ONFRAY - CONTRE HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE VOL 19

ALBERT CAMUS, GEORGES POLITZER, PAUL NIZAN

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Artiste MICHEL ONFRAY
Nombre de CDs : 13


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ALBERT CAMUS, GEORGES POLITZER, PAUL NIZAN

Avec les conférences de la Contre-histoire de la philosophie, Michel Onfray s’est assigné comme finalité la réhabilitation des penseurs congédiés injustement par les idéologies dominantes. Cette réforme historiographique se poursuit par la mise en évidence d’intellectuels résistants du XXe siècle français, Georges Politzer, Paul Nizan et Albert Camus, qui se sont tous trois illustrés par leur combat contre les totalitarismes rouge et brun.

Patrick Frémeaux

« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. »

Albert CAMUS recevant le prix Nobel - Stockholm, 1957

Contre-histoire n°19 Michel Onfray

MICHEL ONFRAY
CONTRE-HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE N°19


Albert Camus - Georges Politzer - Paul Nizan










13 cours enregistrés par Michel Onfray, philosophe, présentant une contre-histoire de la philosophie en 13 CDs à écouter.

Une coédition sonore de Frémeaux & Associés  -  France Culture  -  Grasset  - Université Populaire de Caen

La version intégrale des cours

Avec les conférences de la Contre-histoire de la philosophie, Michel Onfray s’est assigné comme finalité la réhabilitation des penseurs congédiés injustement par les idéologies dominantes. Cette réforme historiographique se poursuit par la mise en évidence d’intellectuels résistants du XXe siècle français, Georges Politzer, Paul Nizan et Albert Camus, qui se sont tous trois illustrés par leur combat contre les totali­tarismes rouge et brun.   
Patrick Frémeaux

«?Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde.

La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse.?»
Albert Camus recevant le prix Nobel - Stockholm, 1957

«?J’ai compris qu’il ne suffisait pas de dénoncer l’injustice, il fallait donner sa vie pour la combattre.?»
Albert Camus

HISTOIRE D’UNE CONTRE-HISTOIRE PHILOSOPHIQUE DE LA PHILOSOPHIE
J’ai enseigné vingt ans dans l’éducation nationale en Lycée Technique après avoir refusé, une fois ma thèse soutenue, d’intégrer l’Université comme m’y invitait ma patronne de doctorat. Vingt années pendant lesquelles j’ai souhaité pratiquer la discipline avec des élèves gâchés par le système, exclus dès leur plus jeune âge et dirigés vers la rentabilité de matières qui ne leur plaisaient pas – la comptabilité, le secrétariat, le commerce. L’obligation de transmettre et de pratiquer une discipline pour laquelle ils avaient une prévenance légitime – vive les professionnels de la profession! – m’a contraint à une formule dont je n’ai pas fait mon deuil depuis : ne pas baisser la philosophie jusqu’à eux, mais les hisser jusqu’à elle...

D’où ce projet d’Université Populaire animé par le même esprit. Avant sa création je tournais autour d’une formule qui conserve le meilleur de l’université et des rencontres informelles avec le public : la rigueur d’un contenu transmis dans les règles, le projet d’évolution dynamique de cet enseignement sur le modèle des cycles, la perspective initiatique inscrite dans la durée d’un séminaire annuel, le partage de trouvailles sur des recherches en cours; mais je voulais également conserver du café philosophique l’échange socratique ironique, l’usage d’une rhétorique soucieuse et respectueuse du questionnement de l’auditeur, la liberté intégrale et la gratuité absolue, dans tous les sens du terme (ni diplômes requis ou délivrés, ni droits d’inscription, ni contrôles), un genre de générosité consumée dans une dépense sans obligations ni sanctions.   

En même temps je souhaitais récuser la reproduction du système social auquel travaille presque exclusivement l’université – Platon, Descartes et Kant; la fabrication d’enseignants de philosophie ; le formatage idéaliste des formateurs à venir; la génération de l’esprit de corps, de caste et de ghetto – et m’inscrire aux antipodes du happening, de l’improvisation ou de la psychothérapie de groupe du café-philo : ni la logique tribale, incestueuse et normative de l’Université, ni le modèle médiatique du show-business qui pare l’improvisation sur de grands sujets des plumes de la philosophie avec citations évasives, références approximatives et saupoudrements légitimants...

Depuis 2002, je place l’Université Populaire de Caen sous le signe de quelques philosophes dont la lecture m’accompagne depuis longtemps. Je n’ai pas envie d’une indexation à leur corps défendant mais d’un genre d’hommage rendu; je ne souhaite pas une prise d’otage, une captation d’héritage ou la revendication d’une filiation légitimante, mais des références qui valent comme autant de révérences, car je me suis nourri de ces pensées à la manière d’un affamé que ne rassasiaient pas les philosophes officiels de l’institution. A cette poignée de penseurs critiques, j’ai emprunté quelques notions utiles pour définir l’identité de cette Université Populaire.

Étudiant en philosophie à l’Université de Caen, fin 1970, début 1980, j’ai lu et aimé les pages consacrées par François Châtelet à La philosophie des professeurs (1970). Lorsque je me suis retrouvé devant mes élèves, j’ai pu mesurer combien il avait raison de présenter la discipline potentiellement dangereuse pour l’ordre moral et social comme une matière dévitalisée par l’artifice d’une liste d’auteurs et de notions officielles d’un programme, l’ensemble visant la production en fin d’année d’une dissertation ou d’un commentaire de texte coefficienté dont la note, neuf fois sur dix catastrophique, disparaît dans le chiffre des autres matières.

Ma pratique en lycée technique m’a montré à satiété combien la philosophie agit tel un prétexte pour laisser croire à la libéralité d’un système qui autorise qu’on pense, certes, mais oblige cette pensée à se couler dans un moule qui la châtre sous peine de sanctions. A l’heure où, pour remédier à l’état des lieux, on surcharge et complète la liste des auteurs au programme avec des saints, des libéraux, des religieux, des mystiques, à quoi l’on ajoute une refonte des notions qui permet subtilement de supprimer la philosophie au nom de l’his­toire de la philosophie (moins dangereuse et plus facile à noter...), je ne souhaitais plus bricoler dans l’incurable. D’où ma démission...

Dans l’esprit d’un François Châtelet qui célèbre une philosophie critique, utilisable pratiquement dans le champ social et politique de son temps, il faut citer Jacques Derrida et son superbe livre : Du droit à la philosophie (1990). Où l’on apprend sur les conditions d’accès à la philosophie aussi bien pour les professeurs que les élèves (avec qui la mettre en scène?), ses usages scolaires et non scolaires, l’extrême réduction des lieux et des supports où elle se pratique (où et comment?), les instances qui légitiment les discours philosophiques (lesquelles et au nom de quoi?). Mais aussi, et plus important en ce qui concerne ce projet d’UP, ses analyses sur la possibilité d’une authentique philosophie populaire, débat dans lequel Kant propose déjà sa solution en invitant qu’on y tende – voire la préface à la Doctrine du droit, première partie de la Métaphysique des mœurs.

Ici comme ailleurs, la démocratie fonctionne comme un remède à la démagogie. Je tiens à cette idée qu’on peut tenir une bonne distance entre le discours professionnel des spécialistes qui s’adressent exclusivement à leurs semblables, formant ainsi une communauté d’autistes satisfaits, et les marchands d’idées dans le vent tout à la gestion et à la promotion de leur trajet mondain. Ni la poussière des archives, ni le plateau de télévision comme horizons indépassables de la pratique philosophique, mais un équilibre entre la bibliothèque et la diffusion publique du résultat de ses travaux et recherches. L’ensemble oblige au langage, à la forme et à la formule à même de rencontrer puis retenir le public désireux de philosophie.

Car il existe une réelle demande philosophique à laquelle il s’agit de proposer une offre digne de ce nom. Pour ce faire on lira avec bénéfice La demande philosophique (1996) de Jacques Bouveresse qui réactive les options kantiennes : oui à la pratique populaire de la philosophie, certes, mais avec d’extrêmes réserves et avec l’obligation impérieuse de ne pas sacrifier à la rigueur, à l’analyse et à la recherche. Du temps, de la patience, du travail pour les demandeurs et pour les acteurs de l’offre : à l’évidence le droit à la philosophie oblige à des devoirs à son endroit.

Contre l’époque qui se caractérise plus par la revendication des droits que par l’observance de devoirs, Jacques Bouveresse invite à articuler ces deux temps pour obtenir une force digne de ce nom. Je souscris à cette volonté d’exiger du demandeur pour seul contre-don à l’offre philosophique qu’on lui fait un engagement à se hisser jusqu’à la philosophie et non une revendication qu’elle descende au niveau où il se trouve.

Dans la logique de ces aveux généalogiques je retiens de Pierre Bourdieu les analyses de l’intellectuel collectif développées dans le deuxième volume de Contre-feux (2001). Pour faire face à la pratique onaniste d’intellectuels soucieux de performances individuelles à même de permettre un positionnement dans le champ philosophique utile pour obtenir ensuite des bénéfices sonnants et trébuchants, l’intellectuel collectif suppose des actions communes, des associations d’égoïstes pour le dire dans les termes de Max Stirner : il s’agit de passer des contrats ponctuels pour travailler ensemble, puis agir, afin de produire des effets concrets sur le terrain politique et social du moment.
Michel Onfray
© 2008 Frémeaux & Associés - UP de Caen

Pour en savoir plus
http://perso.orange.fr/michel.onfray/
ou www.fremeaux.com ou www.franceculture.com

Pour nous contacter
up.caen@orange.fr

Remerciements à nos partenaires de la première heure
Christian Majorel du Café Mancel. Philippe Duron, Maire de Caen. L’équipe du Musée des Beaux-Arts de Caen. Jean Lambert-Wild, directeur de la Comédie de Caen, CDN de Normandie et toute l’équipe du Théâtre.

Bruno Patino, Francesca Piolot et Véronique Vila de France-Culture. Le Conseil régional de Basse-Normandie. Diogène & Cie, avec Micheline Hervieu et François Doubin, Grasset, mon éditeur avec Christophe Bataille, et Frémeaux & Associés, mon éditeur sonore qui met ces cours à la disposition du public sur support sonore.

Je n’oublie pas non plus mes partenaires et amis des premières heures : les enseignants bénévoles de l’UP : Séverine Auffret (Philosophie féministe), Gérard Poulouin (Philosophie politique), Gilles Geneviève (Atelier de philosophie pour enfants). Et celle sans qui rien de tout cela ne serait : Dorothée Schwartz, la cheville ouvrière et l’âme de cette UP.

Biographie
Michel Onfray est né le 1er janvier 1959. Auteur d’une cinquantaine de livres traduits en plus d’une vingtaine de langues dans lesquels il propose une théorie systématique de l’hédonisme : éthique (La sculpture de soi, 1993), politique (Politique du rebelle, 1997), érotique (Théorie du corps amoureux, 2000), pédagogique (Antimanuel de philosophie, 2001), épistémologique (Féeries anatomiques, 2003), esthétique (Archéologie du présent, 2003), métaphysique (Traité d’athéologie, 2005).
LE PROJET 
La première version de l’Université populaire date de la fin du XIXe siècle, à l’époque de l’Affaire Dreyfus. Des professeurs, des intellectuels, des historiens, des écrivains, des philo­sophes y proposaient des cours gratuits à destination de ce qu’il était convenu alors d’appeler la classe ouvrière. La seconde version vise des objectifs semblables bien qu’actua­­lisés : démocratiser la culture et dispenser gratuitement un savoir au plus grand nombre. La culture y est vécue comme un auxiliaire de la construction de soi, non comme une occasion de signature sociale.

LES RAISONS
Le désir de savoir est considérable : les débats, les forums, les rencontres, les séminaires, les universités d’été, les succès de librairie des classiques latins ou des essais, la multiplication des collections d’idées chez les éditeurs, tout témoigne d’une authentique et pressante demande. L’offre oscille entre l’élitisme de l’université et l’improvisation des cafés philo, l’une reproduisant le système social et sélectionnant ceux auxquels elle réserve les places dans le système, l’autre réduisant souvent la pratique philosophique à la seule conversation.

LE PRINCIPE
L’Université Populaire retient de l’Université traditionnelle la qualité des informations transmises, le prin­cipe du cycle qui permet d’envisager une progression personnelle, la nécessité d’un contenu transmis en amont de tout débat. Elle garde du café philosophique l’ouverture à tous publics, l’usage critique des savoirs, l’interactivité et la pratique du dialogue comme moyen d’accéder au contenu.

LE FONCTIONNEMENT
La gratuité est le principe de base : pas d’âge requis, ni de titres ou de niveaux demandés, pas d’inscriptions ni de contrôle des connaissances, pas d’examens, ni de diplômes délivrés. Le cours est dispensé une fois par semaine sur une séance de deux heures : la première est un exposé argumenté, la seconde une discussion de celui-ci. Le cycle s’étend de mi-octobre à mi-mai. Il s’articule autour des vacances scolaires de l’Académie de Caen.

LES PERSPECTIVES
L’Université Populaire est une idée collective et non personnelle. La création de la première à Caen vaut comme invite à l’essaimage. Par ailleurs, l’augmentation d’une année sur l’autre des unités d’enseignements et la cooptation des enseignants se fait en relation avec l’initiateur du projet local. Une dizaine d’autres UP existent déjà sur le même principe.



CD 1 Le Nihilisme Européen
1/ La Guerre 14/18, une saignée de l’intelligence. 2/ Le Futurisme, une anticipation de la barbarie. 3/ Marinetti. 4/ Le futurisme et Bergson. 5/ Bergson, un philosophe emblématique. 6/ Trois discours de Bergson. 7/ Renoncer à la philosophie. 8/ Une histographie de la philosophie française. 9/ Une thématique de la philosophie française. 10/ La philosophie française, une arme de guerre.
CD 2 Politzer, Une vie philosophique
1/ Les débuts. 2/ L’étudiant. 3/ L’anti-bergsonien. 4/ Critique des fondements de la psychologie. 5/ Une vie militante, le PCF. 6/ La rencontre avec Maï. 7/ L’université ouvrière. 8/ Au quotidien, de 1930 à 1938. 9/ Le pacte Germano-Soviétique et le PCF. 10/ Le PCF et la résistance.
CD 3 Les Guerres d’un philosophe
1/ Politzer, philosophe communiste et résistant. 2/ Vie concrète. 3/ La revue «?L’université libre?». 4/ Vers la clandestinité. 5/ L’obscurantisme du XXe siècle. 6/ Révolution et contre-révolution. 7/ Après la mort de Bergson. 8/ Un appel à une renaissance de la philosophie. 9/ La fin d’une parade philosophique : le bergsonisme. 10/ Le réalisme de Bergson et nominalisme de Politzer.

CD 4 Deux obscurantismes du XXe siècle
1/ Descartes révolutionnaire. 2/ Descartes spiritualiste et idéaliste. 3/ Heidegger, la philosophie du moment. 4/ Heidegger et le nazisme. 5/ La phénoménologie une arme contre les Lumières. 6/ La construction du mythe de Freud. 7/ Une critique idéaliste de la psychanalyse. 8/ Une analyse dialectique de Freud. 9/ La crise de la psychanalyse. 10/ Le freudo-marxisme.

CD 5 Drame et psychologie concrète
1/ Une Critique de la psychologie abstraite. 2/ Une critique de Freud. 3/ La sociologie psychanalytique. 4/ La psychanalyse et le nazisme. 5/ La psychanalyse et la bourgeoisie. 6/ Le freudisme et le nazisme. 7/ Politzer et la psychologie concrète. 8/ La notion de drame et la psychologie concrète. 9/ Politzer et Maï, une fin tragique. 10/ Une pensée foudroyée.

CD 6 Nizan avec et sans Sartre
1/ L’analyse de Nizan selon Sartre, contexte. 2/ Une interprétation opportuniste. 3/ La position de Sartre vis à vis du PCF et de la guerre d'Algérie. 4/ Un Nizan «?sartrisé?». 5/ Nizan, du dandysme au fascisme. 6/ L’Écriture d’Aden Arabie. 7/ Nizan à L'ENS. 8/ L’expérience de Nizan à Aden. 9/ La psyché de Nizan. 10/ Nizan contre «?L’Homo Economicus?».

CD 7 Le petit soldat communiste
1/ Nizan, d’Aden à Bourg-en-Bresse. 2/ Le petit soldat du PCF. 3/ Le journaliste prolifique et cultivé. 4/ Le cas de Jacques Lacan. 5/ Le voyage en URSS de Nizan. 6/ Gide, l’anti-Nizan. 7/ Le voyage en URSS de Gide. 8/ Le «?Retour de l’URSS?» de Gide. 9/ Nizan lecteur de Gide. 10/ La mort soluble dans le communisme.

CD 8 La philosophie des chiens de garde
1/ La sotériologie d’un Marxiste. 2/ La philosophie libératrice. 3/ Le corps des philosophes. 4/ Pour une philosophie concrète. 5/ La disparition du réel. 6/ La vie mutilée. 7/ Les deux avenirs de la philosophie. 8/ Les matérialismes de l’antiquité. 9/ Platon ou Épicure. 10/ Un communisme épicurien.

CD 9 Un cartésianisme bolchevique
1/ Nizan et Politzer, un duo de penseurs libres. 2/ Une critique de Bergson soutenue par Nizan. 3/ Une critique de la critique. 4/ Contre Heidegger. 5/ Pour Descartes. 6/ Un portrait réaliste socialiste de Descartes. 7/ Descartes vu sous un filtre bolchevique. 8/ Descartes et la mort. 9/ La démission de Nizan du PCF. 10/ La fin d’une vie de réfractaire.

CD 10 Camus, l’anti-Sartre
1/ Camus, un socialiste libertaire. 2/ Un dispositif anti Camus. 3/ Le positivisme libertaire de Camus. 4/ Sartre et les régimes fascistes. 5/ Sartre, une douce occupation. 6/ Sartre, une résistance fictive et une collaboration réelle. 7/ Camus, un communiste anticolonialiste. 8/ Camus, un gramscien méditerranéen. 9/ Camus, un résistant discret et généreux. 10/ L’après-guerre.

CD 11 Généalogie d’un tempérament libertaire
1/ Camus, l’exercice d’une psychanalyse existentielle non freudienne. 2/ Le fils de la nation. 3/ Le fils d’un père choisi. 4/ La mort infligée. 5/ La boussole de «?un homme ça s’empêche?». 6/ Les racines maternelles. 7/ Le fils élu d’un professeur de philosophie. 8/ Camus dans les bras du PCF. 9/ Les contradictions de Jean Grenier. 10/ Conclusion.

CD12  Questions 1
1/ Les révolutions russes. 2/ Maintenir les légendes. 3/ L’URSS : la mise en scène de la réalité.. 4/ Lorsqu’une critique devient possible. 5/ Une logique religieuse. 6/ Un Bergson mal connu. 7/ Vitalisme et matérialisme. 8/ Dionysisme et Apollinisme. 9/ Le Strum and Drang. 10/ La phénoménologie d’Heidegger.

CD 13 Questions 2
1/ Un Jésus et un Saint-Paul. 2/ Un Marx et un Lénine. 3/ La question de l’obéissance. 4/ Les capacités de résistances au pouvoir. 5/ Le rôle des structures religieuses. 6/ La politique d’Épicure et l’ataraxie. 7/ L’avidité de pouvoir... 8/ Le jardin d’Épicure ou les micro-résistances. 9/ Pour des révolutions moléculaires. 10/ Les origines sociales des philosophes.

Ecouter CONTRE-HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE N°19 : ALBERT CAMUS - GEORGES POLITZE - PAUL NIZAN par MICHEL ONFRAY(livre audio) © Frémeaux & Associés2013 Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 La guerre de 14-18, une saignée de l'intelligence - Michel Onfray04'57
02 Le Futurisme, une anticipation de la barbarie - Michel Onfray06'00
03 Marinetti - Michel Onfray03'59
04 Le Futurisme et Bergson - Michel Onfray03'44
05 Bergson, un philosophe emblématique - Michel Onfray03'35
06 Trois discours de Bergson - Michel Onfray08'59
07 Renoncer à la philosophie - Michel Onfray04'01
08 Une historiographie de la philosophie française - Michel Onfray12'36
09 Une thématique de la philosophie française - Michel Onfray03'55
10 La philosophie française, une arme de guerre - Michel Onfray01'12
CD 2
01 Les débuts - Michel Onfray04'10
02 L'étudiant - Michel Onfray06'01
03 L'anti-bergsonien - Michel Onfray08'10
04 Critique des fondements de la psychologie - Michel Onfray03'06
05 Une vie militante, le PCF - Michel Onfray06'18
06 La rencontre avec Mai - Michel Onfray02'12
07 L'université ouvrière - Michel Onfray11'33
08 Au quotidien, de 1930 à 1938 - Michel Onfray02'33
09 Le pacte germano-soviétique et le PCF - Michel Onfray05'41
10 Le PCF et la Résistance - Michel Onfray02'35
CD 3
01 Politzer, philosophe communiste et résistant - Michel Onfray06'37
02 Vie concrète - Michel Onfray00'49
03 La revue L'Université libre - Michel Onfray04'14
04 Vers la clandestinité - Michel Onfray04'01
05 L'obscurantisme du XXe siècle - Michel Onfray09'21
06 Révolution et contre-révolution - Michel Onfray02'49
07 Après la mort de Bergson - Michel Onfray10'22
08 Un appel à une renaissance de la philosophie - Michel Onfray01'28
09 La fin d'une parade philosophique, le Bergsonisme - Michel Onfray05'59
10 Le réalisme de Bergson et Nominalisme de Politzer - Michel Onfray06'21
CD 4
01 Descartes révolutionnaire - Michel Onfray08'51
02 Descartes spiritualiste et idéaliste - Michel Onfray04'24
03 Heidegger, la philosophie du moment - Michel Onfray04'14
04 Heidegger et le nazisme - Michel Onfray06'07
05 La phénoménologie, une arme contre les Lumières - Michel Onfray08'30
06 La contruction du mythe de Freud - Michel Onfray04'41
07 Une critique idéaliste de la psychanalyse - Michel Onfray01'18
08 Une analyse dialectique de Freud - Michel Onfray03'10
09 La crise de la psychanalyse - Michel Onfray06'08
10 Le freudo-marxisme - Michel Onfray05'17
CD 5
01 Une critique de la psychologie abstraite - Michel Onfray05'24
02 Une critique de Freud - Michel Onfray04'08
03 La sociologie psychanalitique - Michel Onfray03'27
04 La psychanalyse et le nazisme - Michel Onfray05'18
05 La psychanalyse et la bourgeoisie - Michel Onfray02'52
06 Le freudisme et le nazisme - Michel Onfray06'59
07 Politzer et la psychologie concrète - Michel Onfray06'23
08 La notion de drame et la psychologie concrète - Michel Onfray10'37
09 Politzer et Mai, une fin tragique - Michel Onfray04'32
10 Une pensée foudroyée - Michel Onfray03'16
CD 6
01 L'analyse de Nizan selon Sartre, contexte - Michel Onfray04'47
02 Une interprétation opportuniste - Michel Onfray09'37
03 La position de Sartre vis a vis du PCF et de la Guerre d'Algérie - Michel Onfray02'25
04 Un nizan sartrise - Michel Onfray08'25
05 Nizan, du dandysme au fascisme - Michel Onfray03'16
06 L'écriture d'Aden Arabie - Michel Onfray03'07
07 Nizan à l'ENS - Michel Onfray04'31
08 L'expérience de Nizan à Aden - Michel Onfray02'45
09 La psyché de Nizan - Michel Onfray02'47
10 nizan contre l homo economicus - Michel Onfray10'42
CD 7
01 Nizan, d'Aden à Bourg en Bresse - Michel Onfray05'05
02 Le petit soldat du PCF - Michel Onfray02'35
03 Le journaliste prolifique et cultivé - Michel Onfray01'25
04 Le cas Jacques Lacan - Michel Onfray03'58
05 Le voyage en URSS de Nizan - Michel Onfray08'25
06 Gide l'anti-Nizan - Michel Onfray04'16
07 Le voyage en URSS de Gide - Michel Onfray02'34
08 Le retour de l'URSS de Gide - Michel Onfray14'54
09 Nizan, lecteur de Gide - Michel Onfray02'55
10 La mort soluble dans le Communisme - Michel Onfray05'47
CD 8
01 La sotériologie d'un marxiste - Michel Onfray05'08
02 La philosophie libératrice - Michel Onfray05'04
03 Le corps des philosophes - Michel Onfray04'19
04 pour une philosophie concrète - Michel Onfray04'46
05 La disparition du réel - Michel Onfray08'00
06 La vie mutilée - Michel Onfray03'05
07 Les deux avenirs de la philosophie - Michel Onfray02'59
08 Les matérialismes de l'antiquité - Michel Onfray06'25
09 Platon et Epicure - Michel Onfray04'36
10 Un communisme épicurien - Michel Onfray09'04
CD 9
01 Nizan et Politzer, un duo de penseurs libres - Michel Onfray04'22
02 Une critique de Bergson soutenue par Nizan - Michel Onfray03'18
03 Une critique de la critique - Michel Onfray02'16
04 Contre Heidegger - Michel Onfray05'36
05 Pour Descartes - Michel Onfray05'37
06 Un portrait réaliste socialiste de Descartes - Michel Onfray07'08
07 Descartes vu sous un filtre bolchévique - Michel Onfray07'09
08 Descartes et la mort - Michel Onfray04'17
09 La démission de Nizan du PCF - Michel Onfray08'20
10 La fin d'une vie de réfractaire - Michel Onfray03'57
CD 10
01 Camus, un socialiste libertaire - Michel Onfray07'48
02 Un dispositif anti-Camus - Michel Onfray04'00
03 Le positivisme libertaire de Camus - Michel Onfray06'41
04 Sartre et les régimes fascistes - Michel Onfray06'24
05 Sartre, une douce occupation - Michel Onfray02'41
06 Sartre, une résistance fictive et une collaboration réelle - Michel Onfray05'28
07 Camus, un communiste anticolonialiste - Michel Onfray02'33
08 Camus, un Gramscien méditerranéen - Michel Onfray07'12
09 Camus, un résistant discret et généreux - Michel Onfray06'05
10 L'après-guerre - Michel Onfray04'40
CD 11
01 Camus, l'exercice d'une psychanalyse existentielle non freudienne - Michel Onfray02'41
02 Le fils de la Nation - Michel Onfray04'40
03 Le fils d'un père choisi - Michel Onfray06'00
04 La mort infligée - Michel Onfray11'39
05 La boussole de un homme ça s'empêche - Michel Onfray04'38
06 Les racines maternelles - Michel Onfray06'51
07 Le fils élu d'un professeur de philosophie - Michel Onfray07'41
08 Camus dans les bras du PCF - Michel Onfray02'04
09 Les contradictions de Jean Grenier - Michel Onfray04'08
10 Conclusion - Michel Onfray01'58
CD 12
01 Les révolutions russes - Michel Onfray05'02
02 Maintenir les légendes - Michel Onfray02'52
03 L'URSS, la mise en scène de la réalité - Michel Onfray06'14
04 Lorsqu'une critique devient possible - Michel Onfray06'31
05 Une logique religieuse - Michel Onfray04'40
06 Un Bergson mal connu - Michel Onfray02'42
07 Vitalisme et Materialisme - Michel Onfray06'49
08 Dionysisme et Apollinisme - Michel Onfray02'21
09 Le Sturm and Drang - Michel Onfray05'55
10 La phénoménologie d'Heidegger - Michel Onfray10'14
CD 13
01 Un Jésus et un Saint-Paul - Michel Onfray06'55
02 Un Marx et un Lénine - Michel Onfray02'45
03 La question de l'obéissance - Michel Onfray04'46
04 Les capacités de résistances au pouvoir - Michel Onfray08'10
05 Le rôle des structures religieuses - Michel Onfray03'58
06 La politique d'Epicure et L'ataraxie - Michel Onfray03'30
07 L'avidité du pouvoir - Michel Onfray02'03
08 Le jardin d'Epicure ou les micro-résistances - Michel Onfray13'08
09 Pour des révolutions moléculaires - Michel Onfray05'16
10 Les origines sociales des philosophes - Michel Onfray03'55
« Albert Camus : la contre-enquête de Michel Onfray » par le Magazine Littéraire

Qu’est-ce qu’une vie philosophique ? Comment penser l’existence d’un homme, son engagement, la formation d’un regard sur le monde, vif et singulier ? Michel Onfray répond : «Le philosophe pense pour vivre et mieux vivre, il réfléchit pour conduire son action, il médite dans le but de tracer une route existentielle, il lit, écrit, afin de mettre en forme un chaos cartographié par le verbe. Pour lui, le verbe se fait chair, acte, action.»
La vie philosophique de Camus est brutalement interrompue le 4 janvier 1960, quand la Facel Vega de Michel Gallimard percute un platane entre Champigny-sur-Yonne et Villeneuve-la-Guyard. Camus a 46 ans. Tué dans l’accident de la route, il laisse dans la serviette posée sur le siège de la voiture le manuscrit du Premier Homme – et Le Gai Savoir de Nietzsche.
Quelle est la démarche d’Onfray pour aborder celui qui,par sa disparition soudaine, apparaît parfois comme le James Dean de la philosophie ? Onfray envisage tous les écrits et les livres de Camus sans distinction : romans,essais, théâtre, chroniques, discours, carnets et réflexions.Il croise la lecture de l’oeuvre avec les correspondances publiées ou inédites de l’écrivain. De Camus, on possède quatre correspondances principales : celle avec Jean Grenier,son professeur de philosophie à Alger, rencontré en1932, qui lui fait découvrir Bergson, Verlaine, la musique, à qui Camus dédiera La Mort dans l’âme, L’Envers et l’Endroit et L’Homme révolté ; celle avec le poète d’Oran, Jean Sénac,grand admirateur de Rimbaud et de Jean Genet ; celle qu’il a entretenue avec Pascal Pia, qui recrute Camus en septembre1938 à Alger républicain, lançant ainsi sa carrière journalistique, avant qu’ils ne collaborent, plus tard, à Paris-Soir, puis à Combat ; enfin, la correspondance avec René Char, l’autre grand solitaire, qui exprime dans une superbe lettre à Camus son admiration pour L’Homme révolté : « Votre livre marque l’entrée dans le combat, dans le grand combat intérieur et externe aussi des vrais, des seuls arguments – actions valables pour le bienfait de l’homme, de sa conservation en risque et en mouvement. » Croisant ses lectures aux biographies existantes,celle d’Olivier Todd, celle de Herbert R. Lottman, Onfray nous offre son portrait de Camus, en philosophe sensible et affectueux, fidèle et généreux, parfois fragile, hésitant, peu sûr de lui. Mais, en tout cas, loin de la légende fabriquée de toutes pièces. «Camus écrivait pour être lu et compris afin d’aider à exister», écrit Onfray. Qui est donc vraiment Albert Camus ? Philosophe, écrivain, journaliste, créateur d’une langue nouvelle, lecteur passionné, anarchiste positif épris de liberté, penseur anticolonialiste, disciple de personnemême si Proudhon lui est proche : « Camus fut un philosophe hédoniste, païen, pragmatique, nietzschéen – de plus, il était fils de pauvre et fidèle aux siens. Il avait tout pour déplaire aux faiseurs de réputation, tout pour me plaire aussi – et pour plaire à tant de lecteurs aujourd’hui. »Le livre qu’il consacre à Camus signe, pour Onfray, la puissance d’une rencontre, qui invite à déconstruire la légende pour retrouver à neuf le visage, le témoignage, d’un philosophe majeur du XXe siècle.
Pour Onfray, Camus, l’un des auteurs les plus lus dans le monde, s’inscrit dans le lignage français des philosophes existentiels, mais surtout pas existentialistes. Onfray refuse l’enfermement de Camus dans cette image convenue : « Camus n’est pas le philosophe existentialiste accablé par le non-sens du monde, mais le penseur d’un réel déserté par les dieux qui offre des raisons d’espérer,notamment dans, par et pour la révolte. » Camus incarne à la fois la lucidité – le diagnostic du nihilisme européen– et le courage, à travers la volonté de dépasser ce nihilisme par une philosophie positive et affirmative. On comprend la raison pour laquelle Onfray invoque Nietzsche,l’enthousiasme de la pensée, libérée de ses peurs, de ses entraves. Par le sens de la terre, de la vie, de la lumière,Camus construit une oeuvre tonique, dynamique, qui gagne sa légèreté par profondeur. « Qui n’entend ici le chant d’un Zarathoustra venu d’Algérie ? » Une vie philosophique, selon Onfray, définit une existence dans laquelle la sagesse de l’individu qui la professe se manifeste pleinement. Elle désigne un quotidien dans lequel un être vit selon sa pensée et pense selon sa vie. De quoi est faite la vie de Camus ? Le travail, la pensée,l’écriture, la parole, l’amitié, les rencontres, les choix, les défis tissent une vie philosophique comme adéquation entre l’oeuvre et l’existence, la réflexion et l’engagement.Être fidèle à Camus, c’est revenir sur les traces de son enfance : paysage, lieu, milieu, époque, puissance des jeunes années. Onfray propose une généalogie nietzschéenne du tempérament libertaire de Camus, quand la psyché de l’enfant se forme à travers des expériences aussi douloureuses que bienheureuses et douces. Il est vrai que Camus lui même donne une clé lorsqu’il écrit, en 1945 : « L’homme que je serais si je n’avais pas été l’enfant que je fus ! » L’enfance de Camus, qui mêle la lumière, le soleil et la Méditerranée,qui s’inscrit dans la passion du sport, du théâtre et des livres, fonde la constitution organique de cette sensibilité qu’Onfray qualifie de « tempérament anarchiste, ce mot caractérisant quiconque refuse de suivre autant que de guider». Dans Noces, Camus reprend et commente l’expression de Pindare, si précieuse aux yeux de Nietzsche : « Ce n’est pas si facile de devenir ce qu’on est. » Pourtant, toute la vie philosophique de Camus est entièrement tournée vers un seul impératif existentiel : devenir ce qu’il est. Onfray nous rappelle que le thème philosophique central de l’oeuvre de Camus est la folie du meurtre. Comment comprendre la mise à mort d’un autre ou de soi ? Camus se penche, tour à tour, sur l’écrasement de la rébellion Révolte dans les Asturies, l’attentat des nihilistes Les Justes, le crime menant à l’échafaud L’Étranger, le meurtre légal dans l’histoire L’Homme révolté, la folie sanguinaire du tyran Caligula, le suicide Le Mythe de Sisyphe ou les crimes de masse du totalitarisme La Peste ou L’État de siège. Il faut y insister : « Camus n’a cessé de réfléchir sur le crime légal, l’assassinat idéologique, le meurtre de soi, de son prochain,la mise à mort programmée, légitimée. » L’Ordre libertaire,c’est donc le portrait d’un homme constamment révolté devant l’injuste, devant l’injustifiable.Camus fait preuve d’un engagement sans tremblement. Il décrit, montre et rapporte, journaliste au plus beau sens du terme, explique Onfray, lorsqu’il présentifie ce qui, sans lui, nous demeurerait lointain, vague et imprécis. Philosophe libertaire et abolitionniste ? « Camus ne pense pas avec des idées, des concepts, mais avec des vérités concrètes. Il est un philosophe de la radicalité immanente ou, si l’on veut, un penseur radical de l’immanence. » Sa fidélité est présente à chaque instant.Fidélité dans ses combats, ses amours, ses souvenirs : abolir la peine de mort, résister à la guerre,dénoncer toute barbarie, travailler à l’humanité de l’homme, lutter contre l’injustice, donner la parole aux gens privés de mots, aimer la vertu des simples, préférer l’être austère des pauvres à l’avoir insolent des riches. Onfray peint Camus en écrivain pour qui les mots sont un choix existentiel, qui relève du vieux combat de toujours, quand on écrit avec son sang :« Camus considère la langue française et le savoir comme des conquêtes et non comme un dû. » Camus, l’anti-Sartre ? Il faut se rappeler, loin des traités philosophiques, de la parodie satirique que livre Camus en 1947 : L’Impromptu des philosophes. Légère dans sa forme, cette pièce de théâtre tourne en dérision l’intellectuel accablé, Monsieur Néant,comme en écho à L’Être et le Néant, l’essai phénoménologique de Sartre de 1943.
Dans ses Carnets, Camus commente : « Être et Néant. Étrange erreur sur nos vies parce que nous essayons d’éprouver nos vies de l’extérieur » « Cahier IV ». C’est dans cette fidélité à sa vie intérieure que Camus construit sa sensibilité philosophique et politique. C’est dans sa fidélité au monde de son enfance que Camus parle à la première personne,comme Marc Aurèle, Montaigne, Pascal, Rousseau,Kierkegaard ou Nietzsche. C’est dans cette fidélité aux valeurs élémentaires l’honneur, la dignité, la simplicité, le dépouillement, la fraternité qu’il raconte les émotions et les perceptions de l’Algérie : les bruits de la ville qui entrent dans les maisons par le balcon, l’odeur de viande grillée dans les petites rues, la lumière sur la baie d’Alger, la fraîcheur du soir qui transfigure les parfums, la mélodie d’une derbouka accompagnée par une voix de femme, les cris des enfants jouant dehors. « Dans cet ordre d’idée, Camus défendra un hédonisme libertaire porté par Noces pour l’hédonisme et par L’Homme révolté pour la pensée libertaire. »
De Noces, publié avant la guerre, à L’Été, recueil de textes de1954, le thème solaire s’impose à Camus. Autant dans son acception première, immédiate, sensuelle, que dans celle prise au dernier chapitre de L’Homme révolté, « La pensée de midi ». L’innocence et la beauté du monde, il suffisait initialement de les accueillir. Il faut maintenant savoir les conquérir. Onfray saisit au plus juste ce jeu d’ombre et de lumière, au coeur de la pensée, sous forme d’une antinomie radicale : « Saint-Germain-des-Prés et Belcourt, Hegel et les Grecs, la philosophie de l’histoire et l’exercice de la vie,le philosophe institutionnel et le philosophe artiste, le christianisme et le dionysisme, Rome et Tipasa – autrement dit, l’envers à l’endroit. »
Grec et païen, charnel héritier des Lumières, Camus écrit par profusion sensuelle et sollicitation de la chair. L’Ordre libertaire d’Onfray développe la leçon philosophique d’une oeuvre qui change la vie. Camus, philosophe des cinq sens ? Voir, entendre, sentir, goûter et toucher le monde. Oui, tout ça à la fois.
Depuis Esthétique du pôle Nord, écrit il y a dix ans, en 2002, depuis ce récit de voyage en terre de Baffin avec son père, pour fêter les 80 ans de celui-ci, on savait Michel Onfray voyageur nomade. Avec L’Ordre libertaire, on le découvre marin et explorateur, loin de l’image du philosophe sédentaire des jardins d’Argentan, sa Normandie natale. Déjà,son premier livre, Le Ventre des philosophes, en 1989, rapportait l’histoire de son enfance dans ce village bas-normand de Chambois, où son père travaillait la terre dans un combat de Sisyphe contre la pauvreté. On comprend l’attachement à Camus de Michel Onfray, qui nous révèle à travers lui un autre paysage, un autre motif qui lui tient à coeur : l’eau, la mer, le bleu de la Méditerranée. Plus qu’une mer, c’est un vertige grec et romain, littéraire et géographique,l’eau d’Homère, de Pindare, de Socrate, d’Ulysse et d’Augustin. Eau d’Europe et d’Afrique. Eau d’enfance et promesse d’adulte. « Camus ne touche pas avec le bout des doigts,mais avec la totalité de son corps nu. » L’hédonisme philosophique fait de l’homme un animal marin, un être de présence,au monde élargi, total, absolu. « L’Algérie, l’Espagne, la Grèce : Camus remonte les fleuves pour parvenir à la source », écrit Onfray, pour qui Camus rêve une Algérie grecque, entre tradition et hospitalité, éternité et cosmopolitisme.De la fierté kabyle, du sens berbère de la liberté, Camus converge vers la cité grecque et vers le socialisme dionysien. En homme du peuple qu’il est resté, Camus vit avec passion, dans ce mouvement d’ouverture, son expérience du théâtre et son activité de journaliste. Théâtre ou journalisme, ces mondes exigent la fraternité. Chacun a besoin des autres. Le premier univers associe le metteur en scène, l’auteur, les comédiens,le régisseur, les costumiers, le public. Le second rassemble les hommes, du directeur du journal jusqu’au typographe, autour d’une vigilance démocratique commune,qui s’offre aux lecteurs.
Lorsqu’il intègre Alger républicain comme rédacteur en chef à l’âge de 25 ans, Camus se veut, dans son vaste reportage « Misère de la Kabylie » – onze articles entre le 5 et le15 juin 1939 –, défenseur des minorités arabes et musulmanes,critique du mécanisme colonial, farouche opposant à la justice de classe, condamnant les erreurs judiciaires et les arbitraires de tous ordres. Bref, déjà, tout entier, Camus libertaire, celui qui défend le pacifisme et la liberté de critiquer. Tout annonce L’Homme révolté, le grand livre antifasciste, antitotalitaire, anticapitaliste. Onfray précise : « Dans Alger républicain, le 18 août 1939, il met en relation la montée du nationalisme algérien avec l’accumulation des humiliations, des frustrations, de l’exploitation. »
Onfray rapproche Camus d’écrivains comme Chestov, Berdiaev, Unamuno et Ortega y Gasset, autrement dit « des oeuvres qui pensent le monde dans la perspective de produire des effets philosophiques dans l’existence ». Il faut suivre le programme existentiel du philosophe, énoncé dans Le Premier Homme, publication posthume en 1994 :« Essayer de vivre, en un mot, ce que l’on pense en même temps que l’on tâche à penser correctement sa vie et son temps. » C’est ainsi que, sur le terrain romanesque, dans La Peste par exemple, Camus puise le matériau de son roman dans sa vie, pour le transfigurer et lui donner sens par la création littéraire. Ce qu’explique Onfray : « Le déroulement de la fiction coïncide avec celui de l’Histoire concrète. »
Camus n’épargne aucune des valeurs supposées sûres de son époque. Lui qui a découvert la vérité des choses dans la lumière nette et dépouillée de son enfance, il eut pour règle la liberté de ton et le courage d’oser, « dans l’assez affreuse société intellectuelle où nous vivons, où l’on se fait un point d’honneur de la déloyauté, où le réflexe a remplacé la réflexion, où l’on pense à coups de slogans comme le chien de Pavlov salivait à coups de cloche ». Précurseur du postanarchisme d’aujourd’hui, qui, selon Onfray, « aspire à une république immanente, horizontale, contractuelle », Camus témoigne de cette sensibilité antilibérale et antitotalitaire,qui fonde l’éthique individuelle de la responsabilité, comme une force radicale de résistance. C’est le mot du discours de Suède, le 10 décembre 1957, en clôture de la remise du prix Nobel : « L’art n’est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. » LE MAGAZINE LITTERAIRE






"Passionnant ? Oui, même quand il irrite !" par Lire

«(…) "Ma pratique en lycée technique m’a montré à satiété combien la philosophie agit tel un prétexte pour laisser croire à la libéralité d’un système qui autorise qu’on pense, certes, mais oblige cette pensée à se couler dans un moule qui la châtre sous peine de sanctions". On comprend que Michel Onfray n’ait pas que des amis. Sa rupture avec l’Education nationale et sa création de l’Université populaire de Caen ont suscité des jalousies. Pas uniquement. Les 300 000 CD déjà vendus témoignent d’un véritable engouement pour la pensée et la personnalité de ce philosophe. Jalousie, admiration. Ainsi va le monde dont le système est depuis toujours plus injuste que celui de notre enseignement. On peut rêver de le changer en reprenant l’histoire à son début et s’atteler à ce grand dessein en s’installant dans les marges de l’institution. Utopie ? Plutôt la passion rebelle d’un philosophe aux prises avec cette pulsion de mort dont il ne peut s’empêcher d’entendre la voix à travers l’histoire de la philosophie et notre civilisation judéo-chrétienne. D’où cette contre-histoire qu’il nous propose et qui se veut une réhabilitation de l’hédonisme. Magistral ? On ne lui fera pas cette injure. Passionnant ? Oui, même quand il irrite!» Jérôme SERRI – LIRE




« Une vie philosophique exemplaire » par César

Albert Camus écrivait en 1953 dans ses carnets : « Je demande une seule chose, et je la demande humblement, bien que je sache qu’elle est exorbitante : être lu avec attention ». « Pour lui rendre justice, croiser sa pensée et son existence, saluer une vie philosophique exemplaire, j’ai souhaité écrire ce livre après l’avoir lu avec attention » précise Michel Onfray. Où l’auteur entend mettre fin à une légende fabriquée de toutes pièces par Sartre et les siens, celle d’un Camus « philosophe pour classes terminales », d’un homme de gauche tiède, d’un penseur des petits Blancs pendant la guerre d’Algérie, Michel Onfray nous invite à la rencontre d’une œuvre et d’un destin rares. Puisque né à Alger, Albert Camus a appris la philosophie en même temps qu’il découvrait un monde auquel il est resté fidèle toute sa vie, celui des pauvres, des humiliés, des victimes. Celui de son père, ouvrier agricole mort à la guerre ; celui de sa mère, femme de ménage morte aux mots mais modèle de vertu méditerranéenne. A l’issue de quoi l’auteur entend montrer en quoi la vie philosophique d’Albert Camus, qui fut hédoniste, libertaire, anarchiste, anticolonialiste et viscéralement hostile à tous les totalitarismes, illustre de bout en bout sa morale solaire.
Par Franck TENAILLE - CESAR




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