MICHEL ONFRAY - CONTRE HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE VOL 16

FREUD (2) PAR MICHEL ONFRAY

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Artiste MICHEL ONFRAY
Nombre de CDs : 13


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La Contre-Histoire de la philosophie, qui présente toute l’histoire de la pensée occidentale sous forme de cours vivants de Michel Onfray, enregistrés en direct, consacre ses volumes 15 et 16 à Freud.
Ces deux volumes ont une résonance particulière au vu du débat sans précédent ouvert au sein d’une partie du public, des professionnels de la psychanalyse et de la presse, suite au livre de Michel Onfray inspiré par ces cours, qui a causé pendant l’année 2010 un véritable phénomène de société d’une ampleur inédite.
Les réactions virulentes suscitées par Michel Onfray proviennent toutefois avant tout d’un malentendu : ces cours ne sont pas là pour juger du bienfait ou non de la psychanalyse, mais ont pour but d’analyser du point de vue philosophique l’un des maîtres penseurs de la discipline : Sigmund Freud.
Ces péripéties médiatiques ne remettent pas en cause l’objet de la Contre-Histoire de la philosophie, qui demeure la relecture historiographique de toutes les pensées qui forgent notre héritage intellectuel contemporain."
Patrick Frémeaux

Faute de pouvoir voir clair, nous voulons, à tout le moins, voir clairement les obscurités.

Sigmund Freud

"Un des rares auteurs à avoir le génie de sortir durablement la philosophie des salles de classes."

Stéphane Floccari, Le Magazine Littéraire

Droits audio : Frémeaux & Associés en accord avec Michel Onfray, Grasset, Editions de Radio France, France Culture et l'Université
MICHEL ONFRAY n16 Freud (2)

13 cours enregistrés par Michel Onfray, philosophe, présentant une contre-histoire  de la philosophie en 13 CDs  à écouter.

CONTRE-HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE  N°16 
MICHEL ONFRAY Freud (2) 
Une coédition sonore de  Frémeaux & Associés France Culture - Grasset Université Populaire de Caen


La version intégrale des cours “Lorsqu’on a vécu longtemps dans l’ambiance d’une certaine culture et qu’on s'est souvent efforcé d’en découvrir les origines et les voies évolutives, on ressent un jour la tentation de tourner ses regards dans la direction opposée et de se demander quel sera le sort ultérieur de cette culture ainsi que les transformations qu’elle est destinée à subir”   
Sigmund FREUD 

Ces deux volumes ont une résonnance particulière au vu du débat sans précédent ouvert au sein d’une partie du public, des professionnels de la psychanalyse et de la presse, suite au livre de Michel Onfray inspiré par ces cours, qui a causé pendant l’année 2010 un véritable phénomène de société d’une ampleur inédite. Les réactions virulentes suscitées par Michel Onfray proviennent toutefois avant tout d’un malentendu : ces cours ne sont pas là pour juger du bienfait ou non de la psychanalyse, mais ont pour but d’analyser du point de vue philosophique l’un des maîtres penseurs de la discipline : Sigmund Freud. Ces péripéties médiatiques ne remettent pas en cause l’objet de la Contre-Histoire de la philosophie, qui demeure la relecture historiographique de toutes les pensées qui forgent notre héritage intellectuel contemporain.   
Patrick Frémeaux  

Une historiographie alternative “Faute de pouvoir voir clair, nous voulons, à tout le moins, voir clairement les obscurités.”
Sigmund Freud 


HISTOIRE D’UNE CONTRE-HISTOIRE PHILOSOPHIQUE DE LA PHILOSOPHIE
J’ai enseigné vingt ans dans l’éducation nationale en Lycée Technique après avoir refusé, une fois ma thèse soutenue, d’intégrer l’Université comme m’y invitait ma patronne de doctorat. Vingt années pendant lesquelles j’ai souhaité pratiquer la discipline avec des élèves gâchés par le système, exclus dès leur plus jeune âge et dirigés vers la rentabilité de matières qui ne leur plaisaient pas – la comptabilité, le secrétariat, le commerce. L’obligation de transmettre et de pratiquer une discipline pour laquelle ils avaient une prévenance légitime – vive les professionnels de la profession! – m’a contraint à une formule dont je n’ai pas fait mon deuil depuis : ne pas baisser la philosophie jusqu’à eux, mais les hisser jusqu’à elle... D’où ce projet d’Université Populaire animé par le même esprit. Avant sa création je tournais autour d’une formule qui conserve le meilleur de l’université et des rencontres informelles avec le public : la rigueur d’un contenu transmis dans les règles, le projet d’évolution dynamique de cet enseignement sur le modèle des cycles, la perspective initiatique inscrite dans la durée d’un séminaire annuel, le partage de trouvailles sur des recherches en cours; mais je voulais également conserver du café philosophique l’échange socratique ironique, l’usage d’une rhétorique soucieuse et respectueuse du questionnement de l’auditeur, la liberté intégrale et la gratuité absolue, dans tous les sens du terme (ni diplômes requis ou délivrés, ni droits d’inscription, ni contrôles), un genre de générosité consumée dans une dépense sans obligations ni sanctions.    

En même temps je souhaitais récuser la reproduction du système social auquel travaille presque exclusivement l’université – Platon, Descartes et Kant; la fabrication d’enseignants de philosophie ; le formatage idéaliste des formateurs à venir; la génération de l’esprit de corps, de caste et de ghetto – et m’inscrire aux antipodes du happening, de l’improvisation ou de la psychothérapie de groupe du café-philo : ni la logique tribale, incestueuse et normative de l’Université, ni le modèle médiatique du show-business qui pare l’improvisation sur de grands sujets des plumes de la philosophie avec citations évasives, références approximatives et saupoudrements légitimants... Depuis 2002, je place l’Université Populaire de Caen sous le signe de quelques philosophes dont la lecture m’accompagne depuis longtemps. Je n’ai pas envie d’une indexation à leur corps défendant mais d’un genre d’hommage rendu; je ne souhaite pas une prise d’otage, une captation d’héritage ou la revendication d’une filiation légitimante, mais des références qui valent comme autant de révérences, car je me suis nourri de ces pensées à la manière d’un affamé que ne rassasiaient pas les philosophes officiels de l’institution. A cette poignée de penseurs critiques, j’ai emprunté quelques notions utiles pour définir l’identité de cette Université Populaire.

Étudiant en philosophie à l’Université de Caen, fin 1970, début 1980, j’ai lu et aimé les pages consacrées par François Châtelet à La philosophie des professeurs (1970). Lorsque je me suis retrouvé devant mes élèves, j’ai pu mesurer combien il avait raison de présenter la discipline potentiellement dangereuse pour l’ordre moral et social comme une matière dévitalisée par l’artifice d’une liste d’auteurs et de notions officielles d’un programme, l’ensemble visant la production en fin d’année d’une dissertation ou d’un commentaire de texte coefficienté dont la note, neuf fois sur dix catastrophique, disparaît dans le chiffre des autres matières. Ma pratique en lycée technique m’a montré à satiété combien la philosophie agit tel un prétexte pour laisser croire à la libéralité d’un système qui autorise qu’on pense, certes, mais oblige cette pensée à se couler dans un moule qui la châtre sous peine de sanctions. A l’heure où, pour remédier à l’état des lieux, on surcharge et complète la liste des auteurs au programme avec des saints, des libéraux, des religieux, des mystiques, à quoi l’on ajoute une refonte des notions qui permet subtilement de supprimer la philosophie au nom de l’his­toire de la philosophie (moins dangereuse et plus facile à noter...), je ne souhaitais plus bricoler dans l’incurable. D’où ma démission...

Dans l’esprit d’un François Châtelet qui célèbre une philosophie critique, utilisable pratiquement dans le champ social et politique de son temps, il faut citer Jacques Derrida et son superbe livre : Du droit à la philosophie (1990). Où l’on apprend sur les conditions d’accès à la philosophie aussi bien pour les professeurs que les élèves (avec qui la mettre en scène?), ses usages scolaires et non scolaires, l’extrême réduction des lieux et des supports où elle se pratique (où et comment?), les instances qui légitiment les discours philosophiques (lesquelles et au nom de quoi?). Mais aussi, et plus important en ce qui concerne ce projet d’UP, ses analyses sur la possibilité d’une authentique philosophie populaire, débat dans lequel Kant propose déjà sa solution en invitant qu’on y tende – voire la préface à la Doctrine du droit, première partie de la Métaphysique des mœurs. Ici comme ailleurs, la démocratie fonctionne comme un remède à la démagogie. Je tiens à cette idée qu’on peut tenir une bonne distance entre le discours professionnel des spécialistes qui s’adressent exclusivement à leurs semblables, formant ainsi une communauté d’autistes satisfaits, et les marchands d’idées dans le vent tout à la gestion et à la promotion de leur trajet mondain. Ni la poussière des archives, ni le plateau de télévision comme horizons indépassables de la pratique philosophique, mais un équilibre entre la bibliothèque et la diffusion publique du résultat de ses travaux et recherches. L’ensemble oblige au langage, à la forme et à la formule à même de rencontrer puis retenir le public désireux de philosophie.

Car il existe une réelle demande philosophique à laquelle il s’agit de proposer une offre digne de ce nom. Pour ce faire on lira avec bénéfice La demande philosophique (1996) de Jacques Bouveresse qui réactive les options kantiennes : oui à la pratique populaire de la philosophie, certes, mais avec d’extrêmes réserves et avec l’obligation impérieuse de ne pas sacrifier à la rigueur, à l’analyse et à la recherche. Du temps, de la patience, du travail pour les demandeurs et pour les acteurs de l’offre : à l’évidence le droit à la philosophie oblige à des devoirs à son endroit. Contre l’époque qui se caractérise plus par la revendication des droits que par l’observance de devoirs, Jacques Bouveresse invite à articuler ces deux temps pour obtenir une force digne de ce nom. Je souscris à cette volonté d’exiger du demandeur pour seul contre-don à l’offre philosophique qu’on lui fait un engagement à se hisser jusqu’à la philosophie et non une revendication qu’elle descende au niveau où il se trouve. Dans la logique de ces aveux généalogiques je retiens de Pierre Bourdieu les analyses de l’intellectuel collectif développées dans le deuxième volume de Contre-feux (2001). Pour faire face à la pratique onaniste d’intellectuels soucieux de performances individuelles à même de permettre un positionnement dans le champ philosophique utile pour obtenir ensuite des bénéfices sonnants et trébuchants, l’intellectuel collectif suppose des actions communes, des associations d’égoïstes pour le dire dans les termes de Max Stirner : il s’agit de passer des contrats ponctuels pour travailler ensemble, puis agir, afin de produire des effets concrets sur le terrain politique et social du moment.
Michel Onfray
© 2008 Frémeaux & Associés - UP de Caen

Pour en savoir plus : http://perso.orange.fr/michel.onfray/ ou www.fremeaux.com ou www.franceculture.com
Pour nous contacter : [email protected]
Remerciements à nos partenaires de la première heure : Christian Majorel du Café Mancel. Philippe Duron, Maire de Caen. L’équipe du Musée des Beaux-Arts de Caen. Jean Lambert-Wild, directeur de la Comédie de Caen, CDN de Normandie et toute l’équipe du Théâtre.  Bruno Patino, Francesca Piolot et Véronique Vila de France-Culture. Le Conseil régional de Basse-Normandie. Diogène & Cie, avec Micheline Hervieu et François Doubin, Grasset, mon éditeur avec Christophe Bataille, et Frémeaux & Associés, mon éditeur sonore qui met ces cours à la disposition du public sur support sonore. Je n’oublie pas non plus mes partenaires et amis des premières heures : les enseignants bénévoles de l’UP : Séverine Auffret (Philosophie féministe), Gérard Poulouin (Philosophie politique), Gilles Geneviève (Atelier de philosophie pour enfants). Et celle sans qui rien de tout cela ne serait : Dorothée Schwartz, la cheville ouvrière et l’âme de cette UP.

Biographie : Michel Onfray est né le 1er janvier 1959. Auteur d’une cinquentaine de livres traduits en plus d’une vingtaine de langues dans lesquels il propose une théorie systématique de l’hédonisme : éthique (La sculpture de soi, 1993), politique (Politique du rebelle, 1997), érotique (Théorie du corps amoureux, 2000), pédagogique (Antimanuel de philosophie, 2001), épistémologique (Féeries anatomiques, 2003), esthétique (Archéologie du présent, 2003), métaphysique (Traité d’athéologie, 2005).


Ecouter N°16  MICHEL ONFRAY Freud (2)  CONTRE-HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE   (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.

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PRESSE

Michel Onfray et Alain de Mijolla : débat publié par l'Express autour de la parution de "Le crépuscule d'une idole. L'affabulation freudienne" par Michel Onfray, chez Grasset et "Freud" (Contre-histoire de la Philosophie) chez Frémeaux & Associés - UP de Caen - France Culture
Après Dieu, Michel Onfray déboulonne Freud, le freudisme et les freudiens. Les griefs qu'il récapitule en tête de sa conclusion (voir l'extrait ci-dessous) sont de trois ordres. Le premier est biographique : Freud aurait eu un comportement malhonnête. En deuxième lieu, sa thérapie n'a pas fait ses preuves. Progressiste ou révolutionnaire, Freud ? En aucun cas, objecte Michel Onfray, qui tient à le mettre également en cause sous l'angle politique. C'était un fieffé conservateur, gardien des bonnes moeurs et partisan de régimes autoritaires.

Au terme de cette analyse, une question s'impose : si Freud fut bien cet affabulateur accablé par un lourd dossier ; s'il a bien été un philosophe qui a détesté la philosophie pour mieux déployer sa pensée dans le seul cadre philosophique ; s'il a très tôt détesté les biographes parce qu'il savait que cette engeance ferait un jour l'histoire de ce qu'il s'est évertué, lui et ses amis, à présenter sous le signe de la légende ; si son odyssée fut celle d'un "aventurier", selon sa propre confidence, prêt à tout pour obtenir ce qu'il revendique obsessionnellement comme un droit : la célébrité et la richesse, la gloire et la réputation planétaire ; si sa revendication d'être un scientifique légitimé par la clinique cache la proposition subjective, personnelle et autobiographique d'une psychologie littéraire ; si sa grande passion fut l'inceste et qu'il a étendu son fantasme à l'univers entier pour en supporter plus facilement l'augure ; s'il a effacé les preuves du capharnaüm théorique et clinique de son trajet pour présenter sa découverte sous forme d'un continuum scientifique linéaire procédant de son seul génie ; si ses entreprises d'écritures autobiographiques, notamment l'Autoprésentation et Contribution à l'histoire du mouvement psychanalytique, fabriquent cette version féerique d'un homme génial découvrant tout seul le continent vierge de l'inconscient ; si la clinique freudienne fut une cour des miracles pendant des années, y compris celles du divan ; si le psychanalyste a sciemment falsifié les résultats cliniques afin de dissimuler les échecs de son dispositif analytique ; si le divan soigne dans la stricte mesure de l'effet placebo ; si l'épistémologie de Freud procède de la seule affirmation performative ; s'il a recyclé le vieux dualisme de la philosophie occidentale en opposant le corps et l'âme sous forme de plasma germinal physiologique et d'inconscient psychique, et ce afin de négliger le premier pour mieux célébrer le second ; si Freud a magnifié la causalité magique, notamment par un usage des facilités symboliques, au détriment de toute raison raisonnable et raisonnante ; si l'aventure viennoise se contente d'incarner, dans son temps, et selon les tropismes du moment, la vieille logique chamanique des sorciers, des mages, des guérisseurs et des exorcistes ; si le pessimisme de Freud lui fait tourner le dos à la philosophie des Lumières et l'installe du côté de ce qu'au XVIIIe siècle on appelait les Antiphilosophes ; si, de ce fait, on retrouve Freud soutenant le césarisme autoritaire de Dollfuss ou de Mussolini ; si l'on découvre dans son oeuvre matière ontologique à une phallocratie misogyne et homophobe et non à une pensée de la libération sexuelle - alors : comment expliquer le succès de Freud, du freudisme et de la psychanalyse pendant un siècle ?

La réplique d'Alain de Mijolla à Onfray
"Pour l'historien de la psychanalyse, auteur de l'étourdissant feuilleton Freud et la France, l'entreprise de Michel Onfray relance sans le renouveler un procès ouvert depuis 1915. Je n'ai pas l'habitude des polémiques car je respecte les auteurs pour les idées qu'ils expriment, même si, comme c'est le cas ici, je ne suis pas en accord avec elles. Dès le début de la découverte et de la propagation de la psychanalyse par Freud, les critiques et les oppositions se sont manifestées. Dans un premier temps, c'est la personne même de Freud qui a été l'objet de plaisanteries salaces, voire d'insultes l'assimilant à un pornographe, en particulier dans les milieux bourgeois de Vienne. Ensuite les critiques se sont progressivement portées sur les théories freudiennes qui étaient considérées comme fumeuses et mystiques, bien loin du solide bon sens et de la scientificité qui caractérisaient la pensée psychiatrique ou, plus directement, l'oeuvre de Pierre Janet en France. Je me bornerai essentiellement, ayant parcouru les flots d'objections que Michel Onfray déverse sur Freud et la psychanalyse, à lui montrer qu'il n'est pas un novateur en la matière. Mon livre se limitant aux années 1885-1945, je n'évoquerai pas les derniers auteurs de propos semblables, comme le professeur Debray-Ritzen, Gérard Zwang, l'abbé de Nantes, Le livre noir de la psychanalyse, etc., car ils sont plus récents. Je ne donnerai qu'un éclairage sur la nature des critiques qui n'ont guère changé de thèmes et se sont succédé depuis près de cent ans... Il n'y a rien de nouveau sous le soleil.

Laissons la parole à ceux qui ont peut-être servi de modèles à Michel Onfray. C'est un des défauts principaux de l'Histoire que de rappeler à chacun de ceux qui pensent avoir découvert l'Amérique qu'un certain Christophe Colomb est passé avant eux. Le désir d'originalité pousse au refoulement, parfois sous le masque de la méconnaissance, des leçons du passé et de leurs suites. Une discussion ouverte par Edouard Claparède en 1915 va marquer un des grands reproches que l'on fait habituellement à Freud. On critique sa notion de sexualité infantile qui lui fait écrire : "Dire que le plaisir de téter est un plaisir sexuel n'a à mon avis aucun sens." En 1922, le Dr Charles Trepsat, indulgent mais prudent, écrit : "J'estime qu'en présence d'un malade (tout au moins d'un Français ou d'un Latin), il faut faire de la psychanalyse sans le crier sur les toits, sans le dire au patient lui-même ; il faut penser toujours à ce procédé thérapeutique, l'employer quelquefois et n'en parler jamais."

Des attaques à la mesure de l'enthousiasme qu'elle éveille
Mais l'un des premiers ardents polémistes, en France, est le professeur Yves Delage, psychologue qui écrit en 1918, dans la revue La Table ronde: "Le psychoanalyste est un juge d'instruction, un inquisiteur doublé d'un érotomane et c'est parce qu'il a trouvé dans l'exercice de la psychoanalyse la satisfaction de sa manie érotique qu'il aime son mal, comme le dipsomane, le cocaïnomane, le morphinomane aiment leur poison." Il y reviendra en 1920, peu désireux de lâcher son os : "Freud restera le type d'un esprit faux qui, asservi à des conceptions systématiques, s'est laissé entraîner à attribuer un caractère universel à un facteur qui ne s'applique qu'à des cas particuliers, ce qui l'a entraîné à torturer les faits et les explications pour les faire cadrer avec son idée préconçue : il a attribué à la mentalité humaine une déformation tératologique dont il était la principale victime." Ce reproche sera souvent répété. Comme les remarques que fait, dès février 1923, Emile Adam dans sa thèse de doctorat en médecine : "Ce dogme (le mot est de M. P. Janet qui avec d'autres auteurs, en particulier des auteurs américains, a paru quelque peu étonné du "caractère mystique de ces études sur la sexualité") a ses rites et ses adeptes, nous allions dire ses prêtres." Il ajoute : "Aussi avons-nous été étonné de ne voir nulle part Freud faire allusion à la confession. Il déclare, dans La psychologie de la vie quotidienne, être israélite ; ce n'est point là, ce nous semble, une raison pour un psychologue averti d'ignorer la psychologie du catholicisme."

Les attaques vont de pair avec le début de la pénétration de la psychanalyse en France grâce à l'enthousiasme qu'elle éveille chez les littérateurs. D'où le concert de remarques du type de celle relevée dans Le Phare de Nantes sous le titre "Un nouvel asphyxiant" : "Le dernier en date, dont les émanations menacent de nous suffoquer, c'est la fameuse psychanalyse du fameux professeur Freud, Viennois de naissance, certes, mais d'âme combien boche." Quant aux littérateurs, "après avoir proustifié, on va freudifier... Naguère nous nous contentions de subir notre lot annuel du roman libidineux. [...] Maintenant outre que cela sera sale, ce sera embêtant." Israélite... Boche... Freud remarquera à propos de ces résistances, en 1925 dans la Revue juive: "Je ne peux, sous toutes réserves, que soulever la question de savoir si ma qualité de Juif, que je n'ai jamais songé à cacher, n'a pas été pour une part dans l'antipathie générale contre la psychanalyse. Pareil argument n'a été que rarement formulé expressément." Léon Daudet, le fils d'Alphonse, écrivain et éditorialiste de la revue monarchiste qu'il a contribué à fonder, L'Action française, bien connue pour ses opinions d'extrême droite qui feront le lit de la collaboration durant l'occupation par les nazis, déclenche un combat vigoureux. Il débute hardiment en février 1926 une série d'articles par celui intitulé "Un bobard dangereux : freudisme et psychanalyse" et annonce : "Je compte m'occuper ici du fatras de M. Freud, en sachant parfaitement que j'enfonce des portes ouvertes et que je piétine de la vaisselle cassée. "Il est des morts qu'il faut qu'on tue", dit un excellent aphorisme. [...] ce plagiaire de Freud, cet abruti - car c'est le seul terme qui lui convienne."

Deux jours plus tard, il précise dans "La putréfaction intellectuelle. Le cas de Freud" le point qui lui semble sensible : "La "tarte à la crème" - et quelle crème empoisonnée ! - de Freud, c'est le refoulement. [...] Mais où les symptômes de putréfaction intellectuelle apparaissent le plus nettement, c'est dans le pansexualisme de Freud." Un commentaire enthousiaste de ces articles, paru dans L'Express du Midi, ajoute : "Je ne pense pas que l'on ait fait suffisamment observer que le freudisme n'était au fond, sous son masque pseudo-scientifique, qu'une caricature odieuse et niaise du dogme catholique. [...] Il n'y a qu'une réponse à faire à tout ce qui vient de Bochie : celle de Mussolini." En effet, après la marche sur Rome en 1922, Mussolini a établi sa dictature en décembre 1925. Qu'en pensait Freud ? Il l'avait auparavant précisé en 1923 par une réflexion à Edoardo Weiss, son représentant en Italie : "Ne doutez pas que l'avenir appartiendra à la psychanalyse, même en Italie. Seulement il faudra attendre longtemps", et par une lettre à George Viereck en 1928, dans laquelle il évoque son incapacité à "éprouver une profonde sympathie [pour des]despotes tels que Lénine ou Mussolini". Sans doute ces termes complètent-ils sa réponse de 1933, avec l'envoi de Pourquoi la guerre ? : "De la part d'un vieil homme qui reconnaît dans le Duce le héros de la civilisation", au livre que Mussolini lui avait adressé avec les mots suivants : "A Sigmund Freud che renderà migliore il mondo, con ammirazione e riconoscenza." Il lui fallait certes saluer son appui aux recherches archéologiques, mais aussi avant tout préserver Edoardo Weiss et la psychanalyse des risques que leur faisaient courir les fascistes et l'Eglise catholique.

En 1939, c'est A. Savoret qui, dans son livre L'inversion psychanalytique, proclamera que "[la psychanalyse] fait des disciples de Freud des ennemis irréductibles de la religion, de la sainteté du foyer, de l'autorité spirituelle parentale. [...] La psychanalyse est liée aux Loges maçonniques et caractérisée par la "griffe" aisément reconnaissable qui a marqué ces fronts bas du Sceau de la Bête. [...] En ce qui concerne l'attitude antireligieuse, il est au moins curieux de constater le touchant accord, quant au fond, entre le Juif Sigmund Freud et le super Aryen Hitler".

Un ensemble de faits depuis longtemps réunis
Mon relevé s'arrête là car la guerre et l'Occupation font tomber un silence glacial sur Freud et la psychanalyse. Dans le prochain volume que j'entreprends, La France et Freud, 1946-1981, je rajouterai quelques couches à ces peintures grimaçantes qui sont balayées par le vent de l'Histoire.
Des alternances de mode et de rejet ont toujours marqué l'existence de la psychanalyse et je rappellerai que Freud, en 1914, avait déjà écrit : "Au cours des dernières années, j'ai pu lire peut-être une douzaine de fois que la psychanalyse était à présent morte, qu'elle était définitivement dépassée et éliminée. Ma réponse aurait pu ressembler au télégramme que Mark Twain adressa au journal qui avait annoncé la fausse nouvelle de sa mort : "Information de mon décès très exagérée". Après chacun de ces avis mortuaires, la psychanalyse a gagné de nouveaux partisans et collaborateurs ou s'est créé de nouveaux organes. Etre déclaré mort valait quand même mieux que de se heurter à un silence de mort."

Comme leurs prédécesseurs, la plupart de ses adversaires publiés récemment voient dans la "Psychanalyse" un mode de pensée clos qui est totalement condamné à partir du moment où l'on trouve son maillon faible. Je ne m'accorde pas avec eux car j'estime que les idées de Freud nous conduisent à une mise en doute systématique, à la Montaigne, de tous les phénomènes psychiques et de toute explication, de quelque côté qu'elle vienne. A partir du moment où l'on met un point final au doute en affirmant : "Freud est un escroc", "les interprétations sont arbitraires" ou "la psychanalyse est...", on rejoint le "Tu es un voleur !" dans lequel Jean-Paul Sartre voyait une fermeture du destin de Jean Genet. A l'affirmation, par Michel Onfray, de la propagation d'une "version féerique d'un homme génial découvrant tout seul le continent vierge de l'inconscient", je répondrai par la réflexion que Freud fit en 1930 à Smiley Blanton, l'un de ses analysés. Il y reprochait à bien des critiques : "On dirait que pour eux l'analyse est tombée du Ciel ou sortie de l'Enfer, qu'elle est figée, tel un bloc de lave et non pas construite à partir d'un ensemble de faits lentement et péniblement réunis au prix d'un travail méthodique."

Je ne cite pas les réponses qu'après Freud les psychanalystes ont apportées aux attaques portées à la théorie et à la pratique de l'analyse. Elles sont tout aussi nombreuses. Je ne fais aussi qu'évoquer l'intérêt que je prendrais à rechercher chez ses détracteurs l'origine d'un tel attachement à Freud. La haine n'est-elle pas le second visage de l'amour ? Les pensées de Freud et leurs suites ont été le ferment subtil de l'évolution qui a ouvert aux cent années de leur parcours au coeur de la civilisation occidentale une liberté nouvelle de parole, particulièrement sur la sexualité adulte et enfantine, un chemin vers l'émancipation des femmes, une réflexion sur les motifs inconnus qui inspirent nos actes, sur la précarité de la vérité de nos souvenirs, sur d'autres façons d'écrire notre histoire... Le temps de la séance analytique en est le lieu permanent de redécouverte. J'emprunterai une autre conclusion à la sagesse arabe : "Les chiens aboient, la caravane passe."
 
Michel Onfray répond à de Mijolla : "Pas de haine contre Freud"
1. D'abord je souhaiterais rendre hommage à Alain de Mijolla qui a été le seul à accepter de débattre jadis avec l'un des auteurs du Livre noir de la psychanalyse à l'époque de la campagne de presse calomnieuse et indigne qui a accueilli la parution de ce remarquable ouvrage d'histoire des idées. Ensuite le remercier d'avoir bien voulu réagir sur quelques pages arrachées à un livre qui en comporte plus de six cents dans lesquelles il trouverait des occasions de réponse à quelques-unes de ses objections - par exemple, sur la dilection de Freud pour l'austro-fascisme de Dollfuss et celui de Mussolini, doublée d'une constante critique du communisme, sur sa collaboration avec le régime nazi pour que la psychanalyse puisse être maintenue dans le Reich, etc.

2. Que mes critiques ne soient pas neuves ? En effet. Et je n'ai jamais eu l'intention de me présenter comme novateur. Je rends d'ailleurs hommage dans ma bibliographie à ceux qui, Jacques Van Rillaer et Mikkel Borch-Jacobsen en tête, m'ont ouvert les yeux sur ce sujet. En revanche, j'offre une lecture qui, il me semble, n'a jamais été proposée et qui met en perspective la vie et l'oeuvre sur le principe nietzschéen qu'une pensée est toujours la confession autobiographique de son auteur. La "science" freudienne devient alors une banale philosophie existentielle - ce que n'est pas la science d'un Copernic ou d'un Darwin dans le lignage duquel Freud prétendait s'inscrire... 3. Que la haine soit l'autre visage de l'amour, qu'on me permette de douter... D'abord parce qu'il n'y a pas de haine chez moi contre Freud et la psychanalyse, ensuite parce qu'on peut critiquer sans haïr - une position épistémologique dont nombre de critiques des critiques de la psychanalyse semblent, eux, incapables...

Ajoutons que, pour faire un peu de casuistique, toute haine d'une victime juive contre son bourreau nazi me semble loin de signifier chez elle un autre nom de l'amour ! Il faut en finir avec ce genre de pseudo-argument freudien que le rien est l'une des modalités du tout, que le blanc est l'une des modalités du noir, que la critique (ouverte) de Freud est l'une des modalités (inconsciente) de l'amour de Freud... 4. Que toute critique de la psychanalyse soit à mettre systématiquement en perspective avec les critiques venues de l'extrême droite, du nazisme, de l'antisémitisme, de l'antimaçonnisme, du fascisme, du pétainisme est, qu'on me permette cette fois-ci d'utiliser l'argument d'Alain de Mijolla, une vieille technique qui déshonore ceux qui l'utilisent. Pétainiste, Kraus ? Nazis, Deleuze et Guattari ? Fasciste, Popper ? Antisémite, Wittgenstein ? Extrémiste de droite, Sartre ? Allons, soyons sérieux... On ne gagne rien à pratiquer l'amalgame sinon... éviter de débattre et passer sous silence les arguments qu'on aurait à opposer à son contradicteur s'ils existaient véritablement...

Dès lors le débat n'est pas un débat. Face à toute critique de Freud, du freudisme et de la psychanalyse, les thuriféraires du Docteur viennois illustrent le réflexe pavlovien et bavent les mêmes insultes au premier coup de sifflet. Si j'étais freudien, ce qu'à Dieu ne plaise, je dirais que ce venin sous couvert de sagesse arabe n'est jamais que l'autre nom de l'amour que me porte Alain de Mijolla ! Mais comme je ne suis pas freudien, je consens à sa conclusion : "Les chiens aboient, la caravane passe" - en me réjouissant cette fois-ci que les chiens aient changé de côté.
Textes de Michel Onfray et Alain de Mijolla - par L'Express




Ecoutez Piste Titre / Artiste(s) Durée
CD 1
 
01 Sur un Freud irrationnel - Michel Onfray 02'25
 
02 Le déni du corps et l'éloge des causalités magiques - Michel Onfray 08'05
 
03 La thélépathie - Michel Onfray 09'59
 
04 Le spiritisme - Michel Onfray 05'24
 
05 La transmition de pensée - Michel Onfray 08'19
 
06 La superstition - Michel Onfray 02'38
 
07 La numérologie - Michel Onfray 05'09
 
08 La magie - Michel Onfray 04'24
 
09 La logique de l'équivalence - Michel Onfray 02'26
 
10 La pensée magique comme substitution à la pensée scientifique - Michel Onfray 02'11
CD 2
 
01 Glossolalie et psittacisme - Michel Onfray 09'08
 
02 Le contenu manifeste du rêve - Michel Onfray 05'24
 
03 Un exemple clinique - Michel Onfray 04'25
 
04 La négation - Michel Onfray 02'50
 
05 Les deux psychanalyses - Michel Onfray 02'52
 
06 Le cérémonial du divan - Michel Onfray 11'28
 
07 A qui s'adresse la psychanalyse ? - Michel Onfray 03'54
 
08 Les conditions du succès - Michel Onfray 04'56
 
09 Sur le charlatan - Michel Onfray 03'29
 
10 Une guérison accessoire - Michel Onfray 01'59
CD 3
 
01 Contre le pragmatisme américain - Michel Onfray 04'39
 
02 Le sens de l'argent - Michel Onfray 05'30
 
03 La névrose des pauvres - Michel Onfray 04'47
 
04 Le coût d'une analyse - Michel Onfray 08'03
 
05 Le rôle de la revendication pulsionnelle - Michel Onfray 05'14
 
06 La lettre à Binswanger - Michel Onfray 03'30
 
07 Le mensonge des guérisons - Michel Onfray 06'02
 
08 La construction d'une légende - Michel Onfray 03'29
 
09 La haine de Freud pour ses patients - Michel Onfray 01'32
 
10 La fiction au coeur de la doctrine - Michel Onfray 07'33
CD 4
 
01 Préambule sur la confidentialité des cas - Michel Onfray 10'16
 
02 Premier cas : Dora et l'hystérie - Michel Onfray 04'56
 
03 La guérison de Dora - Michel Onfray 03'33
 
04 Deuxième cas : le petit Hans et la phobie - Michel Onfray 05'55
 
05 Troisième cas : l'Homme au rat et la névrose de contrainte - Michel Onfray 03'29
 
06 Symptômes et guérison de l'Homme au rat - Michel Onfray 02'57
 
07 Quatrième cas : le Président Schreber et la paranoïa - Michel Onfray 08'04
 
08 Cinquième cas : l'Homme aux loups - Michel Onfray 02'39
 
09 Le célèbre rêve de l'arbre aux loups blancs - Michel Onfray 05'44
 
10 Le rétablissement de l'Homme aux loups - Michel Onfray 02'34
CD 5
 
01 Les légendes freudiennes - Michel Onfray 06'05
 
02 Une plaidoirie en machine de guerre - Michel Onfray 09'20
 
03 Sophisme 1 : l'illégitimité de l'individu non analysé - Michel Onfray 02'07
 
04 Sophisme 2 : la résistance comme névrose - Michel Onfray 06'11
 
05 Sophisme 3 : la suspicion d'antisémitisme - Michel Onfray 12'29
 
06 Un succés passé sous silence - Michel Onfray 03'28
 
07 Sophisme 4 : l'entourage de l'analyse discrédité - Michel Onfray 02'47
 
08 Sophisme 5 : le patient résponsable de sa non guérison - Michel Onfray 06'27
 
09 Sophisme 6 : le perfectionnement du psychanalyste - Michel Onfray 01'31
10 Conclusion sur une idéologie totalitaire - Michel Onfray 00'46
CD 6
 
01 Freud un libérateur - Michel Onfray 02'14
 
02 La tradition antiphilosophique - Michel Onfray 03'59
 
03 Le mal radical - Michel Onfray 04'46
 
04 Pessimisme et essentialisme chez Freud - Michel Onfray 10'46
 
05 Extraits des oeuvres complètes - Michel Onfray 06'21
 
06 L'économie libidinale en hédonisme - Michel Onfray 05'28
 
07 Des techniques de l'art de vivre - Michel Onfray 07'44
 
08 Les satisfactions substitutives - Michel Onfray 02'45
 
09 Critique de la libération sexuelle - Michel Onfray 05'27
 
10 L'apaisement du refoulement pulsionnel - Michel Onfray 02'15
CD 7
 
01 Une critique obsessionnelle de l'onanisme - Michel Onfray 06'44
 
02 Les effets nocifs de la masturbation - Michel Onfray 06'41
 
03 Un anti-hédonisme radical - Michel Onfray 03'12
 
04 Onanisme et fantasmes - Michel Onfray 11'55
 
05 Phallocratie et misogynie - Michel Onfray 07'59
 
06 Le complexe d'Oedipe chez la petite fille - Michel Onfray 02'42
 
07 La crainte de la castration - Michel Onfray 04'05
 
08 Le déterminisme comportemental des femmes - Michel Onfray 02'04
 
09 Sexualité clitoridienne, sexualité vaginale - Michel Onfray 02'21
 
10 La perversion de l'homosexualité - Michel Onfray 03'31
CD 8
 
01 L'effacement du politique - Michel Onfray 08'00
 
02 Sympathie pour l'austro-fascisme - Michel Onfray 02'09
 
03 La carrière de Dollfuss - Michel Onfray 05'22
 
04 La dédicace à Mussolini - Michel Onfray 09'18
 
05 Pourquoi la guerre, une ode à la guerre - Michel Onfray 06'39
 
06 L'élitisme aristocratique - Michel Onfray 02'12
 
07 L'antimarxisme - Michel Onfray 07'18
 
08 Théorie du César cynique - Michel Onfray 01'29
 
09 Le surhomme nietzschéen - Michel Onfray 03'21
 
10 La compromission avec l'institut Göring - Michel Onfray 04'17
CD 9
 
01 Les grands fondements freudiens - Michel Onfray 12'40
 
02 Pensée dialectique autour de ce succès - Michel Onfray 02'31
 
03 Première raison : l'entrée du sexe dans la pensée occidentale - Michel Onfray 03'44
 
04 Un regard freudien par-delà le bien et le mal - Michel Onfray 04'25
 
05 Deuxième raison : la revendication d'universalité - Michel Onfray 05'07
 
06 Le comité secret - Michel Onfray 03'13
 
07 Les sociétés - Michel Onfray 03'27
 
08 Les nombreuses publications - Michel Onfray 02'00
 
09 La grande messe des congrès - Michel Onfray 09'26
 
10 Introduction pour une troisième raison - Michel Onfray 03'14
CD 10
 
01 Introduction - Michel Onfray 02'49
 
02 Troisième raison : une nouvelle religion après l'effondrement moral de 14-18 - Michel Onfray 03'59
 
03 Biographie idéalisée de Freud et schéma chrétien - Michel Onfray 16'06
 
04 Doctrine freudienne et schéma chrétien - Michel Onfray 03'06
 
05 Machine de guerre et schéma chrétien - Michel Onfray 02'16
 
06 Quatrième raison : Freud et le nihilisme du 20è siècle - Michel Onfray 03'38
 
07 La psychanalyse et la pensée des avant-gardes : André Breton - Michel Onfray 04'01
 
08 Désinvestissement dans le politique, réinvestissement dans l'égo - Michel Onfray 03'26
 
09 Le malentendu du freudo-marxisme - Michel Onfray 01'45
 
10 Wilhelm Reich et Marcuse - Michel Onfray 09'16
CD 11
 
01 Les deux cahiers de Anna G. - Michel Onfray 03'36
 
02 Le bric-à-brac guérisseur - Michel Onfray 05'45
 
03 Le coup d'état freudien - Michel Onfray 04'38
 
04 Contre l'inconscient nouménal : l'inconscient matériel - Michel Onfray 05'53
 
05 Contre le monde virtuel de freud : le monde réel - Michel Onfray 06'38
 
06 La crise de la psychanalyse selon Georges Politzer - Michel Onfray 06'43
 
07 La psychologie concrète de Georges Politzer - Michel Onfray 04'24
 
08 La psychanalyse existentielle de Sartre - Michel Onfray 07'50
 
09 Les indices d'une méthode dans l'oeuvre de Sartre - Michel Onfray 05'10
 
10 Conclusion - Michel Onfray 01'34
CD 12
 
01 Sur la cure psychanalytique, un grand capharnaüm - Michel Onfray 11'08
 
02 L'aspect sécurisant d'une doctrine - Michel Onfray 01'09
 
03 L'inscription de la psychanalyse dans l'histoire - Michel Onfray 09'18
 
04 La psychanalyse de carte postale - Michel Onfray 05'09
 
05 Le freudo-marxisme - Michel Onfray 03'02
 
06 La déréalisation du réel - Michel Onfray 04'03
 
07 Les ancêtres de l'inconscient - Michel Onfray 05'22
 
08 L'épiphyse de Descartes - Michel Onfray 01'52
 
09 Le nisus - Michel Onfray 05'13
 
10 les promesses de l'astrophysique - Michel Onfray 06'20
CD 13
 
01 La dénonciation du pragmatisme américain - Michel Onfray 03'06
 
02 La tradition réaliste - Michel Onfray 04'01
 
03 Le mensonge chez Kant - Michel Onfray 05'20
 
04 Marx contre la pensée bourgeoise de Jeremy Bentham - Michel Onfray 02'20
 
05 Foucault et la pensée carcérale de Jeremy Bentham - Michel Onfray 12'52
 
06 Freud prisonnier de l'idéalisme européen - Michel Onfray 03'01
 
07 Analyse avec fin et analyse sans fin - Michel Onfray 09'57
 
08 Neuroscience et psychanalyse - Michel Onfray 03'27
 
09 L'âme immatérielle de la philosophie classique - Michel Onfray 02'47
 
10 La mort des agencements - Michel Onfray 05'26
"Alors : comment expliquer le succès de Freud ?" par L'Express

"Après Dieu, Michel Onfray déboulonne Freud, le freudisme et les freudiens. Les griefs qu'il récapitule en tête de sa conclusion (voir l'extrait ci-dessous) sont de trois ordres. Le premier est biographique : Freud aurait eu un comportement malhonnête. En deuxième lieu, sa thérapie n'a pas fait ses preuves. Progressiste ou révolutionnaire, Freud ? En aucun cas, objecte Michel Onfray, qui tient à le mettre également en cause sous l'angle politique. C'était un fieffé conservateur, gardien des bonnes moeurs et partisan de régimes autoritaires.
Au terme de cette analyse, une question s'impose : si Freud fut bien cet affabulateur accablé par un lourd dossier ; s'il a bien été un philosophe qui a détesté la philosophie pour mieux déployer sa pensée dans le seul cadre philosophique ; s'il a très tôt détesté les biographes parce qu'il savait que cette engeance ferait un jour l'histoire de ce qu'il s'est évertué, lui et ses amis, à présenter sous le signe de la légende ; si son odyssée fut celle d'un "aventurier", selon sa propre confidence, prêt à tout pour obtenir ce qu'il revendique obsessionnellement comme un droit : la célébrité et la richesse, la gloire et la réputation planétaire ; si sa revendication d'être un scientifique légitimé par la clinique cache la proposition subjective, personnelle et autobiographique d'une psychologie littéraire ; si sa grande passion fut l'inceste et qu'il a étendu son fantasme à l'univers entier pour en supporter plus facilement l'augure ; s'il a effacé les preuves du capharnaüm théorique et clinique de son trajet pour présenter sa découverte sous forme d'un continuum scientifique linéaire procédant de son seul génie ; si ses entreprises d'écritures autobiographiques, notamment l'Autoprésentation et Contribution à l'histoire du mouvement psychanalytique, fabriquent cette version féerique d'un homme génial découvrant tout seul le continent vierge de l'inconscient ; si la clinique freudienne fut une cour des miracles pendant des années, y compris celles du divan ; si le psychanalyste a sciemment falsifié les résultats cliniques afin de dissimuler les échecs de son dispositif analytique ; si le divan soigne dans la stricte mesure de l'effet placebo ; si l'épistémologie de Freud procède de la seule affirmation performative ; s'il a recyclé le vieux dualisme de la philosophie occidentale en opposant le corps et l'âme sous forme de plasma germinal physiologique et d'inconscient psychique, et ce afin de négliger le premier pour mieux célébrer le second ; si Freud a magnifié la causalité magique, notamment par un usage des facilités symboliques, au détriment de toute raison raisonnable et raisonnante ; si l'aventure viennoise se contente d'incarner, dans son temps, et selon les tropismes du moment, la vieille logique chamanique des sorciers, des mages, des guérisseurs et des exorcistes ; si le pessimisme de Freud lui fait tourner le dos à la philosophie des Lumières et l'installe du côté de ce qu'au XVIIIe siècle on appelait les Antiphilosophes ; si, de ce fait, on retrouve Freud soutenant le césarisme autoritaire de Dollfuss ou de Mussolini ; si l'on découvre dans son oeuvre matière ontologique à une phallocratie misogyne et homophobe et non à une pensée de la libération sexuelle - alors : comment expliquer le succès de Freud, du freudisme et de la psychanalyse pendant un siècle ?"
par Alain DE MIJOLLA - L'EXPRESS




"Onfray dénonce avec une belle ardeur les maladresses intellectuelles de Freud" par Joël Jégouzo

"On se rappelle les justifications de Michel Onfray à la présence de Freud dans sa contre-histoire de la philosophie : il s‘agissait toujours d’écrire cette histoire subversive de la philosophie et de la pensée, organisée surtout autour de l’articulation entre le XIXème et le XXème siècles. Dans le prolongement de Schopenhauer, voire de Nietzsche, Onfray rangeait Freud parmi les philosophes "vitalistes". L’intérêt du propos, c’était au fond l’aveu de ne vouloir s’arrêter qu’aux attendus de cette histoire, non pas dans une perspective scientifique mais subjective, comme si l’histoire ne pouvait plus, décidément, n’être autre chose qu’un propos de cantonade énoncé avec la plus grande liberté concevable. Armé de Nietzsche dénonçant le besoin de rationaliser les besoins, ce que visait Onfray n’était finalement pas Freud lui-même, mais ces philosophies entendues comme malentendus du corps.
Onfray reprochait aussi à Freud d’avoir brouillé sa biographie en manipulant Ernst Jones pour le contraindre à écrire, en définitive, une hagiographie. Que Freud n’ait pas été sincère, voilà qui pourtant aurait dû ravir notre contempteur, car illustrant à merveille ce que Nietzsche ne cessait d’affirmer : l’insincérité des savants. Mais était-il sincère en écrivant cela ? Et puis… la science s’écrit ainsi, peut-on le regretter ? (…)
Enfin, Onfray déplorait que Freud n’ait pas enfermé son inconscient dans une définition conceptuelle stricte. Mais là encore, le flou de la notion lui assura une sacré rentabilité épistémologique, tout comme en fit autant le flou qui aura entouré la plupart des grands concepts philosophiques, à commencer par le cogito de Descartes, dont Kant fit une critique si féconde qu’elle lui ouvrit les portes de nouvelles conditions de pensées, pas moins enfermées à leur tour dans des définitions dont la stabilité, à tout le moins, s’est montrée depuis précaire(…).
Onfray dénonce avec une belle ardeur les maladresses intellectuelles de Freud au labeur de fonder une science. Il a cherché, cru trouvé, s’est repris, tâtonnant, revenant sur ses positions, cherchant encore."
par Joël JEGOUZO - BLOG MINISTRE DE LA CULTURE




"Le culte narcissique du Moi que célèbre l’individualisme libéral." par Libération

"Si la psychanalyse n’est que l’autobiographie de Sigmund Freud, comme le soutient Onfray, elle révèle un homme bien peu… légendaire. Mais, depuis Freud, la psychanalyse, en dépit de toutes les critiques, a connu un essor considérable. On ne peut pas seulement expliquer son succès par le fait qu’elle a « fait entrer le sexe dans la pensée occidentale », qu’elle s’est instituée en «église» protégée par ses dévots, que le « freudo-marxisme » (Reich, Marcuse, les enfants de Mai 68…) lui a donné une patine « plus séduisante », ou qu’elle se trouve à présent en syntonie avec le culte narcissique du Moi que célèbre l’individualisme libéral. Ses praticiens, dont on ne peut pas penser qu’ils soient tous incapables de reconnaître un « effet placebo », peuvent attester son efficacité pour soulager les souffrances ou délier les « nœuds » qui empêchent de bien vivre. Ses concepts sont utilisés par tout le monde - y compris par Onfray, qui, par exemple, à propos du rapport de Freud à Nietzsche parle de « meurtre du père » - et elle est devenue l’une des langues de notre culture. Aussi n’est-il pas sûr que la bombe lancée par Onfray parvienne à la « pulvériser » : cela est aussi difficile que de vouloir éliminer les racines latines du français ou de l’italien."
(C) Libération - Robert MAGGIORI




« Une tradition plurimillénaire » par Philosophie Magazine

Philosophie Magazine : Mais n’y a t-il pas tout de même un effet thérapeutique de la parole ?
Michel Onfray : Oui, la parole, autrement dit la formulation, permet d’y voir plus clair en soi. La parole sur le divan produit des effets, bien sûr. De là à imaginer qu’il en va d’une vérité du freudisme dans sa totalité, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas, vous vous en doutez… Que parler fasse du bien ne prouve en rien que chaque homme ait envie de coucher avec sa mère et de tuer son père… Il y a dix ans, à l’Université populaire de Caen, j’ai consacré un cours à Antiphon d’Athènes, un sophiste qui soignait par la parole – et prenait de l’argent à ceux qui se confiaient à lui, lui racontait leurs rêves qu’il interprétait. Au Ve siècle avant l’air commune, Antiphon disait déjà qu’il soignait et guérissait par la parole. Les chrétiens savaient également que la parole apaise, calme, soigne l’âme. Voilà pourquoi elle joue un si grand rôle dans le dispositif de la confession auriculaire. Cet effet thérapeutique chrétien de la parole n’en est pas pour autant un preuve de l’existence de Dieu ! Les matérialistes de l’antiquité faisaient de la parole un simulacre, autrement dit un composé d’atomes, circulant dans l’air, pénétrant l’âme matérielle de celui qui écoute et modifie le propre agencement atomique du sujet. Que la parole soit une molécule qui soigne (ou détruit, lorsqu’on entend l’annonce de la mort d’un être qu’on aime, de la maladie d’une personne chérie, de la rupture d’une relation précieuse), l’idée est aussi vieille que la philosophie matérialiste et elle se retrouve chez Boris Cyrulnik qui a publié un très beau De la parole comme une molécule [Eshel, 1991, repris au seuil, 1995] qui va dans ce sens. Le logothérapeute est une vieille figure du sacré chamanique. Freud se trouve juste en bout de course d’une tradition plurimillénaire. Extrait d'un entretien avec Michel ONFRAY.
Propos recueillis par Martin DURU © Philosophie Magazine






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